CHAPITRE PREMIER
UNE ATHÊNBfi ANTÉDILUVIENNE
Nous lisons, dans Hérodote, ce passage significatif: « Les Pélasges apprirent des Libyens à sacrifier au dieu Neptune L >» Ces mots donnent lieu à plus d’une réflexion : nous voyons, en effet, dans la chronologie de Manéthon que, dès la deuxième dynastie, les Libyens étaient soumis aux Egyptiens. Ne seraitil pas étrange alors que les Libyens, dont le pays était une annexe de l’Egypte, eussent transmis ce culte aux Pélasges , sans la participation de leurs maîtres auxquels Neptune est resté inconnu?
1 Hérod., I. II, 50.
Cette communication n'a donc pu avoir lieu que par les rapports fréquents qui s’établirent dans la Scythie, entre les Libyens et les indigènes pendant les siècles qui suivirent la formation de la colonie. Do l’aveu de tous les auteurs de l’antiquité, l’influence égyptienne pénétra profondément les sociétés pélasgiquos dès leur début.
Diodore affirme que les Egyptiens se vantaient que les Athéniens étaient les fils d'une colonie de Sais et avaient été longtemps soumis à des princes égyptiens. Erechthée en fut un et les Grecs lui durent la connaissance des mystères d’Eleusis. Les Athéniens tenaient aussi des Egyptiens l’habitude de jurer par Isis L
Les Pélasges, dit Hérodote, apprirent des Egyptiens les noms des douze grands dieux et les deux peuples reconnaissaient l’identité de la plupart des divinités qu’ils révéraient 1 2 : ainsi Pan s’appelait Khem en Egypte , Vulcain ou Hephaïstos était le même que le dieu Phtah, Hermès s’identifiait avec Thot, Déméter ou Cérès avec Isis, Apollon avec Horus, Minerve avec Neith, Diane Hécate avec Isis Hektô, Bacchus avec Osiris, etc. Les deux nations honoraient du même culte les Cabires, ces dieux mys-
1 Diodore, 1. I, s. r.
* Hérod., 1. II, 50.
térieux du premier âge dont on a retrouvé la trace chez les Gaulois primitifs.
Pourtant, par une contradiction singulière, les dieux nationaux des Hellènes, Apollon. Diane, Junon, Vénus, Cérès, sont représentés, parles poètes, comme blonds. C’est la nuance noble et l’épithète xanthos, fréquente dans Homère, qualifie les dieux et les héros. Minerve a les yeux bleus. La couleur blonde dominait parmi les anciens Grecs, surtout chez les Doriens. Rien de plus différent d’ailleurs de la théogonie symbolique et majestueusement compassée des Egyptiens, que la mythologie vivante et libre de la Grèce. Il faut donc renoncer, pour ces peuples, à l’idée d’une descendance de la souche unique égyptienne. L’ethnologie s’y oppose absolument. Est-il admissible, nous le demandons, que les Cophtes, au teint de brique ou chocolat foncé que nous montrent des peintures datant de quatre à cinq mille ans, et qui sont semblables, par les traits et la nuance, aux Cophtes de nos jours, aient pu devenir, trois siècles après l’arrivée de l’Egyptien Danaüs dans le Péloponèse, les blonds Hellènes que décrit Homère dans l’Iliade? Mais tout se concilie du moment que l’on reconnaît le mélange des deux races dans une contrée où la race blanche était autoçhthone et les races rouge et noire adventices. Leur union a pu modifier les traits et la
couleur, mais non changer le type fondamental. Ceux qui ont été témoins, dans nos colonies d’Amérique et d’Afrique, des transformations graduelles et presque régulières accomplies par le croisement des races noire, rouge et blanche, se rendront compte, mieux que personne, des effets du mélange prolongé des colons africains avec les Scythes, sur les rivages du Pont-Euxin. Ce mélange devait même être depuis longtemps accompli, lorsque les migrations pélasgiques passèrent de l’Asie en Grèce et dans les autres contrées de l’Occident.
Ainsi les premiers Libyens, qui épousèrent des femmes blanches, engendrèrent la famille éthiopienne, le Cousch de l’Ecriture et des inscriptions d’Egypte. De celle-ci naquirent les Pélasges dont les plus anciennes tribus eurent le teint rougeâtre qui caractérise les métis du noir; c’étaient les frères de ceux que les Asiatiques appelèrent Erythréens, Phéniciens, Himyarites ou Edomites, dénominations qui, en des idiomes différents, ont toutes le sens de rouge l ,
A la suite de croisements multiples où la femme scythe, douée de l’attraction de la suprême beauté, apparaît comme la génératrice universelle portant en
1 II importe de remarquer que ces peuples se peignaient de
vermillon, couleur héraldique de la race de Cousch ; c’est là, croyons-nous, la raison déterminante du nom collectif qui leur
ses flancs robustes l’humanité nouvelle, naît enfin la famille hellénique. Déjà les nations, devenues nombreuses, ne s’unissaient plus qu’entre tribus d'une môme famille et s’éloignaient, soit par orgueil aristocratique , soit pour obéir aux prescriptions religieuses , des alliances étrangères. Les types variés des familles asiatique et européenne se fixèrent alors et, sauf les accidents d’atavisme, prirent définitivement les caractères qui les distinguent aujourd’hui.
Faute d'avoir aperçu nettement ces effets des croisements entre les principaux types humains, des écrivains de grande valeur ont été conduits à des interprétations erronées. Lorsque Justin rapporte que le scythisme régna pendant quinze cents ans en Asie, il ne veut pas dire que les Scythes barbares des bords de l’Euxin et de la Caspienne subjuguèrent les puissantes nations de la Babylonio et de la Syrie ; mais il comprend, sous ce titre, les peuples dérivés des Scythes, quoique profondément modifiés par l’immixtion éthiopienne, qui régnèrent, en diverses parties de l'Asie, sous les noms de Mèdes, d’Assyriens, de Perses et d’Araméens.
Un ethnologue anglais, Pink'erton, dont le. système
fut appliqué et qu’ils transmirent aux mers près desquelles ils vécurent ; mer d'Azof ou Erythrée, mer Rouge ou d'Edom, et qui s’étendit aussi au golfe Persique.
fit, au commencement de ce siècle, une certaine impression dans le monde savant, a établi, à l’aide d’une masse considérable d’autorités, que toutes les nations de l’antiquité étaient d'origine scythique. Il n’a voulu voir que des Scythes partout, non sans raison, mais le fait capital du croisement des hommes du Nord avec ceux du Midi lui a échappé, et ses déductions ont dû aboutir forcément à l’absurde.
Le mouvement rapide et fécond des alliances entré colons et indigènes, dès le début de l’établissement égyptien au Palus Méotide, suppose une tutelle équitable et bienfaisante de la part des chefs qui prirent la direction des tribus. La mémoire de cette période de paix et de concorde resta profondément gravée dans les souvenirs de l’antiquité, et elle a traversé les siècles, empreinte d’un charme qui s'est accru par la triste comparaison des divisions et des guerres qui. suivirent. Les mythographes qui, sous le voile de la fable, n’ont fait le plus souvent qu’enregistrer la tradition, appelèrent ce temps l'âge d’or. Auros, en grec ancien, c’est aour, soleil, dans les langues d’Orient. L'âge d’or n'est donc pas autre chose que le règne du soleil ou des fils du soleil. Ce qui achève de le démontrer, c’est qu’on disait aussi que ce fut le règne de Rh ée, fille de Cœlus : or Rhé ou Rha, en hiéroglyphique, signifie soleilv
Arrien vit, à l'embouchure du Phase, une ancienne statue représentant la déesse Ehée couronnée de tours et entourée d’attributs symboliques. Sous les traits de la divinité pélasgiquc, l’antiquité, sans s’en douter peut-être, honorait ainsi l’Égvpte, mère et institutrice des peuples.
Les Athéniens s’intitulaient Pélasges Cranaens. Puisque, comme l’affirme Platon, ils descendaient d’une des tribus échappées au désastre de l’Atlantide, on doit en conclure que leurs pères habitaient alors la Tauride avec les autres peuples de leur race, dans une partie du pays qui eut beaucoup à souffrir de l’irruption des eaux causée par l’efTondrement de la grande île.
Un des plus doctes des Pères de l'Église, Eusèbe dé Césarée, met ce point hors de contestation par une citation qu’il emprunte à un auteur dont les écrits ont été perdus pour nous : « — Les ancêtres des Athéniens, dit-il, furent en bulle à la colère divine qui les frappa d’un déluge terrible accompagné de tempête et de grêle. Ils faisaient alors partie, avec d’autres peuples, d'une colonie d’ Égyptiens L »
I Præsertim Alhenienses Ægyptiacæ cladis partem aliquam subire venus erat quod Ægyptiorum coloniam habitos esse cum aliis, lum vero Theopompus in Tricareno commémorât.
(Eusebe, Præparalio evangelica, 1. X, 10.)
Cet auteur est Théopompe ,• qui s’exprime ainsi dans un traité intitulé : de Tricareno. Or, cette appellation est précisément celle que le Palœphate donne à Hle où régnait Géryon, que, de son côté, Hérodote
appelle Érythie et qu’il place par delà le Pont-Euxin,
près des Colonnes d’Hercule. Ainsi que nous l’avons déjà remarqué, ce ne peut être que la Tauride ancienne ou île de Kertch ; Eratosthènes applique à Erythie les épithètes de Boréenne et de Zéphyrienne. En effet, sur la côte qui borde le Bosphore, les géographes anciens placent une ville de Zéphyrium, et au midi un cap Boreum , aujourd’hui Ak Boroun l .
« — Un jour, dit Platon, Solon engagea les prêtres de Sais à parler de l’antiquité, et se mit à leur raconter ce que nous savons de plus ancien : Phoronée, Niobé, le déluge de Deucalion, leur postérité, supputant le nombre des années et essayant de fixer l’époque des événements. Un des prêtres les plus âgés lui dit : « Solon, vous autres Grecs, vous êtes tous jeunes d’intelligence, vous ne possédez aucune vieille
1 Strab., III, 148. — Arrien, Périple de l'Euxin,
tradition ni aucune science vénérable par son antiquité. En voici la raison : le genre humain a subi et subira encore plusieurs destructions parle feu et l’eau et des moindres par mille autres causes. . .Vous, Grecs, ne parlez que d’un déluge, quoiqu’il y en ait eu plusieurs avant celui-là, et que, de la plus belle, de la plus vaillante race qui ait jamais existé, vous n’en faites pas mention, bien que toi-même et tes compatriotes vous tiriez votre origine d’une des familles de cette race échappée au commun désastre. Vous ignorez tout cela parce que les survivants et leurs descendants demeurèrent longtemps sans avoir la connaissance des lettres. Autrefois, avant la grande destruction opérée par le déluge, la ville d’Athènes excellait dans la guerre et elle était renommée par la perfection de ses lois. »
La fable hellénique confirme singulièrement ces paroles des sages de l’Égypte : elle raconte que les sept Atlantides étaient des nymphes savantes qui épousèrent toutes des héros et qui donnèrent le jour aux principales nations de la Grèce, et même à des peuples barbares. Ce sont elles qu'on honorait parmi les astres du ciel sous le nom de Pléiades, KfcXtattprê-* tresses h
l Diod., 1. III.
Le terme hébraïque, que nous traduisons par déluge, a, selon M. Gahen *, non-seulement le sens de bouleversement par les eaux, mais encore par la neige ou le feu. Il est donc fort présumable que le cataclysme oii périt l'Atlantide fut compté parmi les déluges dont les peuples originaires du bassin de l’Euxin conservèrent le souvenir. Ce serait, suivant de grandes probabilités, le même que le déluge d’Ogygès, le plus ancien de ceux dont les Grecs avaient eu connaissance, et ce nom même en serait peut-être un indice d’une bien haute antiquité, car il remonterait au temps où la langue grecque n’était pas encore formée. Dans la langue de TEdda, dite norrène parles philologues, laquelle doit être un composé barbare des idiomes primitifs de la Scythie, gygur signifie crater ignivomis, expression qui rappelle en propres termes la cause de la catastrophe 9 .
Ogygès, suivant la fable, fut un fils de Neptune, c'est-à-dire un vassal du prince souverain des îles Atlantiques, et il gouvernait Athènes lorsqu’eut lieu un débordement qui dévasta l’Akté. Il épousa Thébé, fille de Jupiter, de laquelle il eut deux filles, Aoulis et Télsinia (les Æoliens et les Telchines, deux peu-
1 Notes de la Genèse, c. vii.
2 Edda swmunda, Lexic. mythol., t 111.
pies pélasges), et deux fils, Cadmus et Eleusinus, qui représentent la branche phénicienne et coushite. Le mariage de la famille scythe avec les Egyptiens d’Ammon est clairement indiqué par ces appellations symboliques. Ogygès, pour prononcer exactement, Ogougkès, était un géant, ce qu’explique, en effet, le radical germanique auquel correspondent le gigas grec et latin et le Gog et Magog des Perses et des Arabes, termes qui, pour eux, servaient à désigner collectivement les tribus barbares du Caucase.
Nous pensons donc qu’en présence des preuves qui précèdent, on peut, sans hésitation, assimiler le déluge d’Ogygès avec le cataclysme où disparut File Atlantide et avec la grande inondation qui,, selon Strabon et Pausanias, ruina une ville du nom d’Athènes.
Si l’on en croit Platon, Athènes aurait été bâtie mille ans avant Saïs, ville du Delta égyptien, jadis appelée Tsân, dont la construction était attribuée aux Pasteurs, lorsqu'ils se rendirent maîtres de la basse Egypte. Tsân avait, selon la Genèse, précédé de cinq ans la construction d’Hébron par Abraham. L’invasion des Pasteurs remonte à vingt siècles avant notre ère; Athènes existait donc trois mille ans avant cette dernière époque. C’est dire assez qu'il ne peut
être question ici de l’Athènes du Pélopottèse, qui n’apparaît dans l’histoire qu'après le quinzième Siècle.
Strabon constate également qu’il y eut une Athènes antérieure au déluge : « Près du fleuve Triton, dit-il, existaient, au temps où Gécrops régnait sur les Béotiens, trois villes : Athènes, Eleusine etOgygie, qui furent détruites par les eaux l * . » Pausanias affirme le même fait, mais il ne parle que d’Athènes et d’Eleusis, et attribue leur destruction à un débordement du lac Gopaïs en Phocide ou en Béotie 3 .
Guillaume de Humboldt a constaté le premier l'habitude où étaient les peuples anciens d’imposer les mêmes dénominations aux localités des divers pays dans lesquels ils s’établissaient. C’étaient leurs propres noms, ceux des tribus et des familles dont se composait la nation, qu’ils attachaient partout où ils allaient, aux villes, aux fleuves, aux montagnes. Ne voyons-nous pas la même coutume régner aux Etats- Unis, peuplés d’émigrants de tous pays qui ont transporté, comme les vieux Pélasges, les noms de leurs bourgades d’Allemagne, d’Irlande ou de France à la patrie nouvelle qu’ils ont adoptée? 11 n’y a donc rien
1 Strab., 1 . IX, 407.
* ^ausau., 1. IX, c. xxiv.
d'étonnant à retrouver une Athènes et même plusieurs Athènes en Grimée et dans le Caucase. Lorsque d’autres colonies venaient rejoindre la première, il leur semblait, en retrouvant des appellations familières à leurs aïeux, n’avoir pas quitté leur pays natal. La confusion qui en résulta entre deux contrées distinctes et qu’aucune tradition écrite ne venait démentir, devint, après quelques générations, une réalité pour les peuples de la Grèce, et ils crurent fermement que leur race était originaire des contrées qu’ils habitaient.
Les traditions rapportent qu’à la suite du déluge d’Ogygès, il se fit, parmi les populations, un grand mouvement d’émigration. C’est donc à cette époque qu’il convient de faire remonter la dispersion des premiers Pélasges et leur établissement dans le Péloponèse, les lies de l’Archipel et les contrées de l’Asie- Mineure. Les Lyciens, dit Diodore, passèrent dans l’Asie-Mineure, sept générations avant le déluge de Deucalion, soit deux cent trente-trois ans. Or, suivant quelques auteurs, il y eut un intervalle de deux cent quarante-huit ans entre les deux déluges. Le déluge de Deucalion étant le même que celui de Noé, et les auteurs sacrés Axant généralement sa date à l'an 2328 avant notre ère, le déluge d’Ogygès aurait eu lieu en 2376;
C’est donc pendant la période qui s’écoula entre
\ la fondation de la colonie égyptienne au bord du Bos-
phore cimméricn et le cataclysme qui bouleversa les îles Atlantiques, que la tribu athénienne, née du mariage des colons africains avec la race blanche indigène, se trouva soumise à la domination des régents égyptiens. Platon l'atteste lorsqu’il dit que les prêtres de Saïs mêlaient souvent, dans l’histoire de l’Atlantide, les noms de Kékrops, d’Erichthonios, d’Erésichthon, premiers princes des Athéniens : « Us y joignaient des noms de femmes, car alors les femmes partageaient les travaux des hommes. »
Cette égalité de la femme avec l’homme, qui la rend apte à la dignité de prêtresse et de souveraine, est le point important qui distingue profondément la race blanche des familles asiatique et africaine. Aussi Minerve n’est-elle point un mythe à nos yeux et représente-t-elle une reine Amazone, initiée à la culture intellectuelle de l’Egypte, et résumant d’avance en elle les hautes qualités d’esprit, de générosité et d’indépendance qui ont caractérisé la famille athénienne.
Kékrops, dit la fable, fut un patriarche égyptien qui vint s'établir dans l’Akté et y construisit un fort. Le nom de ce personnage s’identifie singulièrement avec celui de Kékrophas, peuplade qu'Orphée place au
Palus Méotide, auprès des Taures l . Ce chef épousa Agraule, fille d'Acté, en d’autres termes, une Amazone chasseresse, reine des Aïolos ou Æoliens. Les populations scythes des montagnes accoururent en foule se ranger sous la domination sage et bienfaisante de l’étranger. Il leur enseigna à obéir aux lois, à honorer les dieux et à leur offrir en hommage des fruits et les prémices des moissons, au lieu des victimes humaines que leur immolait le sauvage Lycaon.
La population nomade que ce missionnaire de civilisation avait entrepris de policer eut pour dénomination particulière le vocable .4s. C’est, en effet, le nom d’une des anciennes peuplades du Bosphore cimméricn, que Pline appelle Ases ou Asiens, et dont le nom figure dans l’inscription votive que nous avons déjà citée : « Pairisadous, archonte du Bosphore, roi des As, des Méotes et des Thates. » Or, les historiens d’Athènes rapportent que le pays où cette ville fut primitivement construite s’appelait las; la Béotie, sur laquelle on disait que Kékrops avait aussi régné, portait également le nom de Souas.
La forteresse bâtie par Kékrops fut appelée Astù, et il la consacra è Saturne, dont le nom égyptien est
1 Argonaut., v. 1103 et seq.
Sev ou Seb. Le nom de Sebastû a désigné plusieurs cités fort anciennes : il y eut Sébaste de Cilicie, primitivement Eleusa, Sébaste de Cappadoce, près de l’Halys, d’abord appelée Cabira. Ce fut aussi le premier nom de Samarie , capitale du royaume d’Israël. Toutes ces cités appartinrent d’abord à la race coushite dont Seb ou Saturne fut le dieu spécial, comme Jupiter était le dieu national des Pélasges.
Faut-il retrouver le fort Sébastû de Kékrops dans le Sébastopol de nos jours, dont l’appellation aurait ainsi traversé cinq mille ans à peine altérée ? Cela n’est pas impossible, car il ne faut pas chercher ici Saint-Sébastien, qui n’offre aucun caractère local. Il y a tout lieu de croire que les préfets égyptiens et les chefs éthiopiens qui leur succédèrent ne négligèrent point d’occuper un port aussi sûr pour les navires et aussi avantageux comme position dominant le pays. Les environs de Sébastopol sont semés de grottes et d’antiquités de l’âge le plus reculé. Dans la vallée du Salghir, M. Dubois de Montpéreux a trouvé, sous un tumulus, des ossements humains avec des ornements en pâte verte, à damier, identiques à ceux que présentent les tombes égyptiennes. Chaque mort avait sur lui, soit le scarabée emblème de Phtah, soit le serpent replié en forme de Knou-
UNE ATHÈNES ANTÉDILUVIENNE. 2t7
phis 1 . Lorsque des travaux sérieux de fouilles et d'explorations scientifiques seront entrepris dans la Crimée, nous osons affirmer que les plus curieuses découvertes récompenseront ces efforts.
En supposant, toutefois, que l’acropole de Kékrops s’éleva sur cette hauteur de Malakoff, dont la prise coûta tant de sang à nos braves soldats, nous n’en conclurons point que ce fut là le siège de l’Athènes primitive dont parlent Platon et Strabon. Les repères fournis par les écrivains anciens ne s’accordent point avec cette solution.
« Athènes, Eleusine et Ogygie, selon Strabon, étaient voisines du fleuve Triton. » Nous ne pouvons rien déterminer tant que nous n’aurons pas éclairci la double question de savoir ce qu’était Ogygie et où était situé le fleuve Triton.
Les écrits mythologiques font mention assez fréquemment d’Ogygie, dont Strabon fait une cité, mais que les mythographes représentent tous comme étant une île. Il n’est pas bien difficile d’en fixer la posi- *
i Dubois de Montpéreux, Voy. autour du Caucase, t. V, p. 382
tion. Plutarque dit positivement que la fabuleuse Ogygie, qu’on cherche inutilement dans les tables géographiques, était située dans le Pont-Euxin, près du golfe Méotis, auquel elle ne le cède pas en étendue. Les habitants d’Ogygie, ajoute-t-il, prétendent que leur pays fait partie du continent, mais il est à croire plutôt que c’est une île, puisque l’eau l’ehtoure de tous côtés l 2 .
Ce ne peut donc être que la Grimée ou une partie de la Grimée. Rappelons-nous, d’ailleurs, l'itinéraire que suit Ulysse selon l’Odyssée: en quittant la demeure de Gircé, dans File d’Æa en Golchide, il visite l’Hadès proche de l’Océan et du pays des Cimmériens, puis il est jeté par la tempête dans l’ile d’Ogygie, oü habite Calypso. 11 aperçoit, en arrivant, la déesse assise au fond d’une grotte. Elle chante on filant avec un rouet d’or, auprès d’un feu de bois de cèdre. Or, sur la plage d’Europe du Bosphore cimmérien, un peu au sud de Panticapée (Kertch), s'élevait, dit P. Mêla, un bourg fortifié, du nom deNymphœum, bâti par Diane la reine des Amazones ; « on y voyait la grotte qu’avaient habitée les nymphes 9 . » Elle doit se voir encore, car la
Grimée présente une infinité de cavernes naturelles
1 Plutarch., Allant I. I, c. vin.
2 De situ or bis, 1. II, c. i.
et artificielles qui ont servi de retraite à de nombreuses générations.
Homère qualifie Calypso d'astucieuse fille d’Atlas; nous lisons dans le Timée que Neptune, ayant divisé l’Atlantide en dix parties, donna la meilleure a Atlas (at-el-As, le seigneur des Ases) et le nomma roi de ses autres fils, qui reçurent le titre d’archontes. Atlas se confond, dans les légendes de la Grèce, avec Ouranos ou Cœlus ; c’est comme eux un roi civilisateur des hommes. Il est le frère de Japet, le plus ancien des ancêtres des Hellènes et le père des sept Atlantides, mères des nations pélasges. Atlas est un géant, signe qui caractérise son origine scythique. Il soutient les colonnes qui portent le ciel, par allusion sans doute aux stèles d’Osiris ou d’Hercule. MM. Nagelsbach et Gladstone le qualifient de gardien de la porte de l’Océan L
Mais l'ile Ogvgie n’était point la Crimée tout entière telle que nous la connaissons. Cette péninsule, qui ne tenait pas alors au continent, fut primitivement divisée en deux îles. La partie orientale, désignée aujourd’hui sous le nom de presqu’île de Kertch, était l’île qu’habita Calypso ; ce fut aussi l'ile Erythie
1 Homerische Théologie , c. lxxx, 3. — Gladstone’s Ilomet', t. I, p 222.
où régnait Géryon. Le bras de mer qui séparait les deux îles était précisément ce fleuve Triton, dont la mythologie fait si souvent mention et dont nous cherchons la véritable situation.
Diodore, en décrivant la grande île Hespérie, où les Amazones bâtirent la ville de Khéronnèse, ajoute que cette cité était située à l’ouest du lac Tritonide, qui prend son nom du fleuve Triton. Cet auteur fait remarquer ensuite que le fleuve Triton disparut entièrement par suite de l'écroulement des terres qui se trouvaient entre lui et l’Océan 1 .
Minerve Athéné naquit, disent les mythographes, près du fleuve Triton, d’où lui vint son surnom de Tritonia et de Tritogenia. Ce fleuve et ce lac sont complètement inconnus dans l’Attique. Faute de savoir où le prendre, quelques auteurs ont donné ce nom de Triton au lac Maréotis, parce que ce lac est dans la Libye. Le Maréotis est bien connu. Sur ses bords s’élevait, au temps des Pharaons, la capitale des Libyens, Mark Niphaïat; mais jamais on n’ouït parler, dans ce pays, d’une ville d’Athènes. C’est donc ailleurs qu’il faut chercher le fleuve et le lac dont nous nous occupons.
Pomponius Mêla nous a laissé une description de
1 Diodore, 1. III. 28
ce cours d’eau : « Le fleuve Triton, d'environ 300 pas de largeur, est situé entre un golfe de la mer, dont l’étendue est de 100,000 pas, et un immense marais qui porte aussi le nom de Triton L »
Ces indications, assez précises, nous permettront de reconstituer l’état ancien. La moins grande des deux îles dont se compose aujourd’hui la Grimée se relie à la terre principale par un isthme de quatre à cinq lieues de largeur. Cet isthme est formé de terres d’alluvion très-basses, et l’on reconnaît sans difficulté qu'il dut y avoir jadis à la place un bras de mer qui faisait communiquer la mer Putride avec la baie de Gaffa, et dont la situation correspondait ainsi parfaitement avec la description de Pomponius Mêla.
Le fleuve Tritonide fut sans doute comblé, comme le dit Diodore i 2 , lorsque la grande île qui occupait la moitié de la mer d’Azof disparut de sa surface. Les terres délayées, entraînées par l’irruption de l’Océan Scythique, furent poussées dans le canal qui devint un marécage, lequel, avec le temps, se dessécha et se transforma en un terrain solide.
On voit que Mêla, qui vivait au temps de l’empe-
i De situ or bis, 1. VIII, 7.
9 Diod., 1. III.
LES PEUPLES PHÉHISTOHIQUES.
reur Claude, en croyant décrire une portion du globe existant, retraçait, en réalité, un état de choses disparu depuis vingt-cinq siècles. Sa description du monde n'est souvent qu'une compilation des écrits antérieurs, où figurent de fort anciennes traditions. A ce point de vue, elle est extrêmement intéressante.
11 résulte de la position du bras de mer appelé fleuve Trilon que, si l’Athènes tauriquc en était voisine, ce ne peut être la Sébaste de Kékrops, située beaucoup trop à l’ouest dans la Crimée. Pour qu’elle eût été renversée par l'irruption des eaux, il fallait, en effet, qu’elle se trouvât non loin du canal de communication entre l’Euxin et la mer d’Azof. C'est donc dans les localités adjacentes que la recherche doit être circonscrite.
Au sud, sur la mer Noire, à peu de distance de l’entrée du Bosphore, s’ouvre la magnifique baie de Caffa, ainsi appelée de la ville qui s’élève au fond du golfe. Les anciens la nommèrent Théodosie , mais les Turcs et les gens du pays lui ont rendu son nom primitif qui, de même que Caffa ou Joppé de Palestine, révèle une origine égyptienne ( cupha , cophtos).
Pline a dit, d’une cité de Caffa, qu'elle était plus ancienne que le déluge : f'affn nntiquior inimdatione ter-
rarum l * . Cette remarque no saurait s'appliquer au port de Palestine qui parait être beaucoup trop moderne pour avoir eu à souffrir du déluge, il ne peut, donc être question que de la Caffa de la mer Noire. Les rabbins prétendent que Noé demeurait à Gupha lorsqu'il s’embarqua dans l’arche pour échapper au déluge, « dont l'eau sortait bouillante de terre 9 . »
Lorsque l'explosion d'un volcan sous-marin engloutit nie Atlantide dans la région où s'étend de nos jours la mer Putride, les eaux se précipitèrent avec impétuosité et couvrirent les terres basses de la Tauride, dévastant les cultures, renversant les cités, entraînant les troupeaux et les hommes. Ceuxlà seuls, dont l’attention avait été éveillée par les signes précurseurs d'une catastrophe, eurent le temps de préparer leur fuite et d’échapper à une mort certaine en se réfugiant, soit sur des vaisseaux, soit sur les montagnes. ‘
A partir de Caffa, la côte méridionale de la Crimée, en allant vers l’ouest, se relève et, jusqu'au Criométopon, Front du Bélier, son promontoire le plus méridional dans la mer Noire, le littoral se développe sur une largeur de 10 à 1:2 kilomètres entre la mer et la
l Pline, 1 . Y, ch. xiii.
3 D’Herbclot, Bill, orient ., Tabari, ch. xlii.
chaîne des monts Petrophil et Karabiyaïla qui l’abritent des vents du Nord. La température égale et tiède de cette partie de la Crimée en fait une des régions les plus favorisées du globe. Toutes les cultures y prospèrent; l’olivier et la vigne y croissent en abondance à l’état sauvage. L’on compte jusqu’à vingt-quatre espèces de raisins dans les vignobles du pays.
C’est l’Akté des premiers Athéniens, Actæa Orythyia (Erithyia), synonyme de beau rivage, qu’il ne faut point confondre avec l’Attique axitxY), de l’Hellade. Le mot Akté dérive de Hekté, qualification égyptienne d’Isis ou la lune, dont les mythographes ont fait Hécate, la déesse nocturne des enchantements. Toute la contrée, ainsi que la race blanche scythiquo qui l’habitait, était placée sous l'invocation de la lune, comme la race rouge égyptienne le fut sous celle du soleil, dont elle se disait descendue. On sait que les sacrifices humains à Diane Taurique se prolongèrent fort avant dans les temps historiques. Le rivage d’Akté ou Hekté fut donc, à l’origine, le pays des peuples de la lune. Le vocable n’a même pas disparu de la contrée. L’ancien nom de Sébastopol était Aktiar, et celui de Balaklava, Ctenunten Aktiar. On peut en conclure que ce fut une appellation générique s’appliquant au littoral, depuis la forteresse de Ké-
krops jusqu’au fleuve Triton. Au delà, sur le Bosphore s’étendait l’Akté de Déméter ou Kérès.
En cheminant vers l’ouest, après Gaffa, on rencontre le cap Kiik Atlama, probablement Y Halmitis taurica d’Arrien; on arrive ensuite au cap Méganome, puis à la baie d 'Iamani, où est situé le bourg de Soudagh, à dix lieues de Caffa.
Or, d’après Arrien et Scymnus de Chio, qui ont tous deux décrit avec soin les côtes de la Chersonnèse, on comptait 200 stades ou 10 lieues de Théodosie à une ville du nom cYAthenæum qui, par conséquent, était située sur l’emplacement du bourg actuel de Soudagh. La proximité du fleuve Triton, l’identité des noms, sont de puissants motifs pour nous déterminer à fixer sur ce point la position de l’Athènes préhistorique.
Sans doute, il paraîtra extraordinaire que ce nom primitif ait pu se conserver intact jusqu'au temps d'Hadrien, par l’ordre de qui Arrien exécuta son périple de l’Euxin. On objectera aussi, avec raison, que des colons athéniens, venus à la suite de ceux de Milet, auront pu s’établir en ce lieu. Dès le cinquième siècle, Athènes eut des rapports commerciaux suivis avec la Crimée, et ses navires allaient y chercher les blés qui firent du Pirée un entrepôt général de céréales où la Grèce venait s’approvisionner. Il est
très-probable, comme l’indique la lorme Athenæon, qu’un sanctuaire fut consacré sur ce point à Minerve Athéné, protectrice d’Athènes. Mais ce serait encore là une confirmation de notre proposition, puisque l’usage antique était de considérer comme saint le lieu où la nation avait pris naissance; un temple à Minerve ne pouvait être mieux placé que sur l’emplacement de la cité dont on lui attribuait la fondation.
Le mont Tchcmenkaï, qui domine la baie de Soudagh, fut probablement le lieu où s’éleva la demeure bien fortifiée d'Erechthée l’Egyptien, que les auteurs ont confondue avec l'acropole de l’Athènes historique L La fable raconte en détail la fameuse contestation qui eut lieu, entre Neptune et Minerve, au sujet de la ville d’Athènes, récemment bâtie ou réparée par la déesse, et à laquelle chacun d’eux prétendait avoir le droit de donner un nom. Les mythographes grecs, animés de l’esprit de partialité propre aux races et aux nations, ont omis d’expliquer sur quel titre Neptune fondait sa réclamation. Nous sommes mieux à même aujourd'hui d’en rendre compte.
Platon nous a appris que ce fut Neptune (Potidon, seigneur de Put), qui régna le premier sur les îles
1 Odyssée, I. VIII. v. 81.
Atlantiques et qu’il distribua le pays entre dix chefs, ses subordonnés. Le prétendant croyait donc posséder, à titre de fief héréditaire, le territoire où s’étendait jadis l’autorité des rois ses prédécesseurs. On assure môme qu’Athènes s’était d’abord nommée Posidonie. Ainsi ce fut en vertu d’un droit légitime que le monarque libyen vint dans l’Akté planter hardiment son trident sous les murs de la cité nouvelle. Mais la fière Amazone, forte de sa lignée égyptienne et de son caractère de prêtresse, dont le serpent qu’elle portait, comme un éphod sur la poitrine, était le symbole, refusa de céder et porta le litige devant le tribunal des dieux. La contestation fut tranchée en faveur de Minerve.
Il n’est pas douteux que nous soyons ici en présence d’un événement historique et non d’un conte fait h plaisir. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que ces faits n’ont aucun rapport direct avec l’Athènes de l'Hellade, caron se sent transporté dans une toute autre région, celle où s’est déroulé le cycle mythologique.
Selon la chronologie établie parles marbres de Paros, aujourd’hui déposés au musée national de Londres, le second roi d’Athènes, après Kékrops, fut Granaos. Athènes comptait alors vingt mille habitants. Ce prince fut détrôné par Amphictyon, lequel
fut chassé à son tour par Erichthonios. Celui-ci avait été élevé secrètement dans le temple dont les filles de Kékrops étaient prêtresses. On le disait fils de Vulcain , c'est-à-dire de Phtah , le Cabire égyptien qu’on adorait à Memphis. Il institua des fêtes Athénées qui furent plus tard les Panathénées, lorsque, transportées dans l’Hellade, les Athéniens convièrent à leur célébration tous les peuples de la Grèce.
A ce roi succéda Pandion ; de son temps, l’abondance des grains et du vin fut si grande, qu’on disait que Cérès et Bacchus étaient venus dans l’Akté. Après lui, régna Erésichthon. Ce prince entreprit de faire abattre les épaisses forêts qui couvraient le pays , mais les prêtres de Cérès s’opposèrent à ce qu’on portât la cognée sur les arbres consacrés à la déesse, et, pour le punir de son sacrilège, il fut pris d’une faim dévorante qui le fit se ronger lui-même.
Le sixième successeur de Kékrops fut Erechthée, qui vint d’Egypte, probablement du pays d’Our ou d'Arménie, apporter des blés dans l’Akté, en un temps de grande disette. La reconnaissance des habitants le fit roi du pays. Il eut à soutenir une rude guerre contre Eumolpe, roi d’Eleusine et prêtre de Neptune. La victoire resta à Erechthée, mais Neptune irrité, dit la fable, le frappa de la foudre. Le dieu en* tr’ouvrit la terre de son trident, et Erechthée fut en-
glouti vivant dans un abîme. Le roi d'Eleusine périt aussi dans cette catastrophe.
Sous la forme symbolique habituelle aux récits mythologiques, il n’est pas difficile de reconnaître ici les indices de l’ébranlement %ous-marin par lequel Athènes, Eleusine et Ogvgie avaient été renversées. Que cet événement soit le même que le déluge d’Ogygès, premier roi de l’Akté, et qu’il se confonde avec le désastre de l’Atlantide, et avec cette autre catastrophe dont les Athéniens furent victimes au temps où ils faisaient partie d'une colonie d’Egyptiens, c'est ce qui nous paraît réunir toutes les probabilités. Ce sont autant de variantes de la relation d’un même événement, qui passèrent rapidement de bouche en bouche jusqu’aux extrémités de l’Asie. Les Egyptiens en furent les premiers informés ; il n’est donc pas surprenant que les prêtres de Sais, dans le récit qu’ils firent à Solon, aient mentionné les six rois antédiluviens d’Athènes que nous venons d’énumérer, et l’on ne peut qu’admirer la singulière exactitude des renseignements énoncés dans le Timée et le Critias.
Platon ajoute que la catastrophe où périt la grande île survint à l’époque d’une guerre entre ceux qui habitaient au delà des Colonnes d’Hercule et ceux qui vivaient en deçà. En considérant la position, par
rapport à la Grèce, ceux qui attaquèrent les Athéniens venaient du rivage oriental du Bosphore, c’està-dire du Caucase et des îles des Cimmériens etd’Ammon; c’étaient donc des Coushites, fils des premiers Atlantes, dont Neptune était roi, qui entreprenaient de déposséder les Pélasges scythiques de leur territoire. Tandis qu’ils combattaient sur le Bosphore, l’éruption du volcan sous-marin éclata et engloutit vainqueurs et vaincus.
LES MIGRATIONS