BOUTEILLES A COURANTS DE HAUTREUX
OUT fé Die PA)
l Le} ( PIN
(Aa
et d’un zéro de la vie végétale situé encore moins profondément, Il avait raison pour la vie végétale qui, ayant un besoin indispensable de lumière ne saurait descendre au-dessous de la limite relativement faible de pénétration de celle-ci. Il avait tort pour la vie animale qui existe à toutes Les profondeurs.
En 1842, Aimé exécutant devant Alger des sondages, établit très nettement la présence d’animaux entre 300 et 1 500 mètres. Ses plombs de sonde lui avaient en effet rapporté, souillés par la boue du fond, des méduses et des siphonophores. Aimé n’était rien moins que zoologiste ; 1l avait une antipathie instinctive pour cette science, ainsi que ses notes d'élève à l’école normale en font foi, mais son esprit était trop clairvoyant pour ne pas saisir l’importance de sa découverte et, dans son incapacité de donner un nom à ces animaux et de les décrire scientifiquement lui-même, hors d'état de les confier à un spécialiste parce qu’à Alger il n’y en avait pas, il se borna à les dessiner, à les décrire en véritable profane qu’il était, à déclarer que ces êtres vivaient bien sur le fond et à publier le document, Bien que le travail eût paru dans une publication officielle, elle n’attira pas plus l’attention que le reste de ses magnifiques recherches. L’océanographie a donné en France d’admirables fleurs, plus admirables qu'ailleurs, mais jusqu’à présent, le sol et le climat ne leur ont pas été favorables, car elle n’ont jamais fructifié.
Le câble télégraphique posé entre la Sardaigne et l'Algérie se rompit en 1860. La compagnie télégraphique anglaise chargée de le réparer en recueillit des fragments qui furent examinés par divers savants anglais. M. Milne-Edwards, en France, fut mis en possession de l’un d’eux et y reconnu la présence de coraux enveloppant le cäble et qui, solidement fixés, n'avaient évidemment pas été accrochés au passage entre le fond et la surface. Il garantit donc la présence certaine de la vie à 3 000 mètres. Depuis cette époque, grâce au perfectionnement des divers engins de pêche et aux progrès considérables de locéanographie, la mer a été fouillée dans toutes ses profondeurs : partout existe la vie, à la surface,
dans les eaux intérmédiaires et jusque dans les abimes. La vie
terrestre est rare et clairsemée, l'air où l'oiseau ne fait que passer n’est pas habité, seule la superficie des continents est peuplée, tandis que l'océan fourmille de vie dans l’épaisseur entière de sa masse.
La répartition des organismes dans la mer dépend, comme tout phénomène naturel, d’une foule de conditions : mouvement des eaux, nature du sol sous-marin, profondeur, lumière, température, salure, pression et d’autres encore. Chacune de ces conditions devra être étudiée à part ; 1l suffira de présenter ici une vue générale du sujet.
L'ensemble des êtres océaniques, animaux et végétaux, se classe en trois grandes catégories : le Benthos, le Nekton et le Plankton.
Le Benthos comprend les êtres vivant sur le fond, le Benthos sessile fixé complètement au sol, le Benthos vagile ou errant. Sa flore se compose d’algues vertes, de diatomées, defloridées, plantes sans racines et qui munies de simples organes de fixation, n’empruntent au sol qu’un appui. Parmi les animaux, on y connaît des foraminifères, des infusoires, des bryozoaires, des spongiaires, des astéries, crinoïdes, ophiures, échinides, holothuries, brachyopodes. Parfois le Benthos flotte à la surface comme les Lepas qui s’attachent aux morceaux de bois flottant, épaves entraïnées par les courants. Le Benthos abyssal ne compte aucune plante, car celles-ci ayant besoin de lumière, restent confinées au voisinage de la surface. Les yeux des animaux benthiques profonds sont en général dégénérés à cause de l'obscurité où ils demeurent ; en revanche leurs organes tactiles sont puissamment développés ; l'adaptation aux conditions principales du milieu, l’obscurité et l'absence de courants s’effectue. Presque toujours les espèces sessiles à l’état adulte font partie du Benthos vagile pendant leur Jeunesse, telles les spores des algues, les œufs des coraux, des bryozoaires, des actinies, les larves d’echinodermes.
Le Nekton est l’ensemble des animaux vivant à toutes les profondeurs et se mouvant de leur propre gré comme la plupart des poissons, des reptiles et des cétacés. Le passage n’est souvent pas très netentre le Nekton, le Benthos vagile et le Plankton constitué
par les êtres qui flottent dans l'océan indépendamment de leur volonté, livrés sans résistance aux conditions physiques et mécaniques de la mer. Au nombre des éléments principaux du Plankton, on citerait des diatomées, les noctiluques, globigérines, radiolaires, copépodes, ptéropodes, les salpes, les œufs de poissons et même certains petits poissons.
Le Plankton possède une flore et une faune; la flore est constituée par des spores d'algues vertes, blanches, rouges ou jaunes. Les sargasses arrachés aux rochers des Antilles et du golfe du Mexique, entraînés par le Gulf-Stream et accumulés dans la partie centrale calme du circuit, à l’ouest des Açores, sont du Benthos devenu Plankton.
Les animaux planktoniques ont le corps transparent, hyalin, afin d'être moins aperçus par leurs ennemis ; leur tissu renferme jusqu'à 98 p. 100 d’eau de manière à ce que leur poids spécifique soit à peu près identique à celui du liquide au milieu duquel ils flottent et qu'ils puissent suivre encore plus aisément les mouvements des flots. Leur squelette, s’ils en possèdent, offre une surface maximum pour une masse minimum. Le Plankton se divise en Plankton pélagique qu’on rencontre en haute mer, Plankton bathybique errant dans la profondeur et enfin Plankton intermédiaire. Cependant les différences n’ont véritablement et ne peuvent avoir de limites tranchées pas plus d’ailleurs que l’eau elle-même parcourue par des courants qui tantôt l’entraînent dans les profondeurs et tantôt la forcent à revenir vers la surface. En général, de jour, le Plankton s'enfonce jusqu’à 200 mètres environ et, la nuit, il remonte. On croirait que son coefficient de dilatation légèrement inférieur à celui de l’eau de mer lui fait laisser la place aux eaux chauffées par le soleil pendant le jour et le ramène à la surface avec les couches plus froides et moins concentrées par évaporation pendant lanuit. Le Plankton bathybique habite le fond et ne s’élève guère qu'à une centaine de mètres au-dessus.
La connaissance des lois qui régissent la distribution du Plankton est le problème capital de l’industrie rationnelle des pêches. La plupart des nations maritimes se livrent au dosage régulier du
nn) UR : ” f #
a £ > So É ER à é :
DES AIT ET LUE RU ES UDC ET. UPS LE NTILAER. cu 1
&. Len À
sont suivis à leur tour par des poissons carnivores et ceux-ci son pourchassés par les pêcheurs. Comme le Plankton qui mène la marche est à la merci des conditions physiques et mécaniques de : la mer, on comprend que ce soit en définitive celles-ci dont l’'économie est la loi des pêches. On parle beaucoup des migrations des è harengs ou des sardines; elles sont les mêmes que celles du Plankton dont parlent peu de personnes et qui sont la conséquence | fatale des variations des courants, de la température ou de la den- ie sité des eaux dont personne ne s'occupe. A