SONDAGES A LA MAIN, PAR PETITES PROFONDEURS
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LE SOL OCÉANIQUE 145 ture, salure et courants, on comprend tout son intérêt. Murray ù affirme que les localités où on les trouve au fond diffèrent peu de . "14
celles où ils existent à la surface de telle sorte’ qu’à la seule inspection des foraminifères qu'il contient, on est en état d’affirmer de quel océan, Atlantique ou Pacifique, provient l'échantillon, | la latitude de son lieu d’origine et même sa profondeur. D'autre part, on ne saurait douter que pendant sa vie, un foraminifère ne soit emporté au loin par les courants et qu’il doit en être de même après sa mort tant que le sarcode encore existant et qui présente à la fois une grande surface et un faible poids spécifique offre une ‘% résistance faible à l’eau qui l'emporte. L’entraînement dure jusqu’au à moment où le sarcode étant détruit et les gaz produits disparus, la carapace qui est du carbonate de chaux, tombe verticalement 4 et rapidement sur le fond. Aussi rencontre-t-on souvent près des rivages des foraminifères pélagiques et inversement, dans les fonds |
abyssaux, des foraminifères côtiers, les uns et les autres chassés par les vents et les courants en dehors des limites de leur habitat ordinaire. On constate une fois de plus, en présence de ces contradictions d'opinions, combien l’océanographie a besoin encore de recherches exécutées par des spécialistes qui résumeront ensuite leurs longues et pénibles études en une loi dont l'énoncé ne tiendra peut-être que quelques lignes mais sur laquelle on pourra se fier.
Les radiolaires fréquentent surtout la haute mer et préfèrent les eaux chaudes et relativement tranquilles du Pacifique, quoique certains vivent dans des eaux à température ne dépassant pas 5 degrés. Ils sont abondants dans la portion sud-ouest du Pacifique et au milieu de l’archipel Malais ; il en existe dans l’Atlantique dont ils colorent lécèrement les eaux, mais dans cel océan, on a surtout affaire à des acanthomètres, radiolaires constitués par des piquants rayonnant autour d’un centre, très fins et par conséquent très difficiles à retrouver, sans compter que leur délicatesse facilite leur dissolution dans l’eau. Les polycystines à test treillagé résis-
tent mieux.
Ces organismes siliceux peuplent toutes les zones de l'océan et ‘ particulièrement l’extrème surface et l'extrême fond. Ceux de dE
la surface s’enfoncent de 20 à 30 brasses selon les conditions ambiantes. D'une façon générale, leur habitat est diamétralement inverse de celui des diatomées, car ils ne s’écartent guère de la zone tropicale. Pour les pêcher, il faut que la mer soit parfaitement calme, le temps modérément chaud, clair, quoique pas trop lumineux, bien que certaines espèces flottent sur la mer par plein soleil, ce qui est rare parmi ces animaux. Aussitôt que l’eau commence à être agitée, ils regagnent la profondeur et il en est de même lorsque l’eau s’adoucit ou est souillée de boue. Ils servent de nourriture aux animaux pélagiques, ptéropodes, méduses, céphalopodes et poissons dans les coprolithes desquels on les retrouve. Ainsi s'explique d’abord la dissémination des restes de radiolaires dans les fonds de régions au-dessus desquelles ils n’habitent pas, et ensuite la fréquence du phosphate de chaux dans les vases à radiolaires où sa proportion oscille entre 0,65 et 39 pour 100.
La vase à radiolaires couvre des aires d’étendue restreinte dans les portions tropicales de l’océan Indien et du Pacifique ; elle n'existe pas dans l'Atlantique. De couleur rouge, brune ou parfois simplement jaunâtre, elle est moins plastique que l'argile rouge à laquelle elle ressemble beaucoup. Sa composition chimique est assez variable; quelquefois elle ne contient qu'une quantité si faible de carbonate de chaux qu’elle fait à peine effervescence à l'acide, tandis que d’autres fois sa teneur s’élève à 20 pour 100. Elle renferme beaucoup d’oxydes de fer et de manganèse, — ce dermier en forme de nodules et particulièrement abondant à la partie supérieure des boudins rapportés, — ainsi que des fragments palagonitiques. En définitive, Murray a donné le nom de vases à radiolaires à des argiles rouges contenant de 20 à 80 pour 100 de squelettes siliceux et comme il admet que la silice en filaments très fins et d’ailleurs à l’état d’opale, c’est-à-dire très attaquable, est susceptible de se dissoudre lentement, on voit que les vases à radiolaires passent par degrés insensibles aux argiles rouges. Beaucoup de dépôts contiennent des radiolaires, nulle part à eux seuls ils ne forment un dépôt.
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Les éponges sont des zoophytes de la classe des Spongiaires. Leur corps est une masse parenchymateuse percée d’un système de canaux et soutenue par une charpente de spicules calcaires chez certaines espèces, siliceux chez d’autres. Les spicules calcaires sont simples ou présentent trois ou quatre rayons ; les spicules siliceux offrent la plus grande diversité et se présentent en filaments percés d’un canal central, en aiguilles, fuseaux, crochets ou ancres. Les éponges appartiennent au benthos et vivent jusqu’à 4000 mètres, mais comme leurs embryons nagent librement, leur aire de dispersion est assez vaste. Quoiqu’ils soient constitués par de l’opale contenant de 7 à 13 pour 100 d’eau et résistant mal à l’action dissolvante de l’eau, les spicules se trouvent dans tous les fonds marins, surtout siliceux. La vase à diatomées est particulièrement favorable au développement des éponges tétractinellides ; les éponges tétractinellides et monactinellides habitent plutôt les eaux peu profondes. La faune d’éponges des îles de corail est très riche.
Les ptéropodes sont des mollusques céphalophores nus ou recouverts d’une coquille calcaire extrêmement mince et peu résistante ; ils sont munis de nageoires en forme d'ailes développées de chaque côté du cou et leur bouche est armée de puissantes mâchoires. Ces animaux qui se nourrissent de radiolaires peuplent surtout les mers chaudes, la mer des Caraïbes, par exemple, et les courants chauds ; dans les mers froides, ils sont rares et privés de coquille. Pélagiques, ils montent le soir à la surface pour redescendre ensuite dans la profondeur au moyen de leurs ailes. On les trouve vivants depuis la surface jusqu’à 4 500 mètres; leurs dépouilles, abondantes dans beaucoup de sédiments tropicaux peu profonds, deviennent de plus en plus rares à mesure que le fond s’abaisse. On n’a jamais vu de ptéropodes au-dessous de 4200 mètres, ce qui fait supposer que leur coquille se dissout dans les eaux abyssales. Elles manquent dans les fonds de mers polaires et dans les sédiments devenus couches géologiques.
La vase à ptéropodes s’étend entre 712 et 2788 mètres, dans
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l'Atlantique, entre l'Amérique et l'Afrique, près des Antilles, des Açores et aux îles Fidji dans le Pacifique ; son aire totale est de 15 millions de kilomètres carrés. Sa teneur en calcaire est comprise entre 52 et 98 pour 100 et elle renferme environ 30 pour 100 de coquilles de ptéropodes mélangées à des dépouilles de foraminifères souvent recouvertes de manganèse. On y trouve de 2,41 à 2,44 pour 100 de phosphate de chaux ; après une attaque à l'acide, elle laisse 20 pour 100 de résidu insoluble. Elle se distingue de la vase à globigérines à laquelle elle passe d’ailleurs par degrés insensibles, par la présence caractéristique des dépouilles de ptéropodes et par une plus faible proportion de résidu insoluble.
Quelle que soit la nature d’un dépôt marin, son dernier terme de transformation est l'argile appelée habituellement argile rouge, désignation erronée parce que sa couleur est très variée, de sorte qu'il vaudrait mieux la nommer argile océanique ou abyssale. Elle est le dernier terme de la décomposition de toutes les matières organiques et minérales qui entrent dans la masse des eaux océniques. De transformation en transformation, tout concourt à sa création, troubles de fleuves, matériaux minéraux erratiques, plantes continentales, restes de plankton, de nekton, de benthos, poussières volcaniques, continentales et cosmiques. Sa couleur correspond à la diversité de sa composition ; bleue quand elle est riche en matières organiques, en sulfure de fer et en matières bitumineuses, grise quand elle contient plus de 20 à 25 pour 100 de calcaire, brune quand elle renferme beaucoup de manganèse comme l'argile du Pacifique, rouge lorsque le fer, cessant d’être réduit aux dépens de la matière organique complètement usée, a pu prendre son maximum d’exydation au contact de l'oxygène dissous. L’argile atlantique affecte la dernière teinte. Son élément essentiel est l'argile pure, silicate d’alumine hydraté en particules infiniment lénues, amorphes et isotropes, incolore si elle est dépourvue de fer, ce qui n’arrive jamais au fond des mers, et d’autant plus rouge qu’elle renferme une proportion plus forte de ce métal peroxydé.
L’argile océanique est molle, plastique, d’un toucher gras ; cal-
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cinée elle rougit fortement et lorsqu'on la traite par un acide dilué, c’est encore la couleur rouge qu’elle présente. On comprend que sa teneur en calcaire soit extrêmement variable : tantôt elle atteint jusqu’à 20 pour 100, tantôt elle n’est que de 1 à 2 pour 100; théoriquement elle ne devrait contenir aucune trace de calcaire. Lorsqu'on l’étudie avec soin au microscope avant de la passer à l'acide, on y trouve des restes de foraminifères pélagiques, plus rarement de foraminifères benthiques comme Miliolina et Textularia, des coccolithes, des rhabdolithes, des restes d’échinodermes, de mollusques, de poissons, de céphalopodes, rarement des ptéropodes et des coccosphères, des cristaux d’une zéolithe appelée phillipsite. Après action de l’acide, on y reconnait des restes siliceux tels que des spicules d’éponges donnant une teneur moyenne de 2,4 pour 100 de silice, des grains de manganèse, des fragments ponceux et volcaniques, des feldspaths, de l’augite, de l’hornblende, de la magnétite, des esquilles vitreuses en grains dépassant rarement 0,05 millim. de diamètre, souvent décomposés et anguleux, enfin de la palagonite. Sa surface, sur le fond, est parsemée de gros nodules manganésiens, d’os tympaniques de cétacés et de dents de requins, les uns recouverts d’un enduit manganésien épais de 2 centimètres, à côté d’autres ne portant pas trace d’enduit, preuve de l'énorme lenteur de la déposition.
Le professeur J.-Y. Buchanan donne à l'argile rouge une origine un peu différente. Ayant remarqué que ces matières chauffées dans un tube fermé dégageaient toujours une odeur empyreumatique et une vapeur se condensant en un liquide alcalin, il admet que les êtres habitant le fond de la mer se nourrissent de la boue abyssale, la font tout entière passer à travers leur corps et s’assimilent leurs parties nutritives. La vase rejetée mélangée de matière organique vivante, réduit les sulfates de l’eau de mer en sulfures. Ceux-ci, en contact à leur tour avec oxyde ferrique de la vase, le réduisent en sulfure ferreux avec séparation de soufre donnant sa couleur bleuâtre à la vase non en contact avec l’eau. Ce soufre libre se reconnaît par le traitement de la vase au chloroforme. En arrivant enfin au contact de
l’eau contenant de l’oxygène libre, le sulfure ferreux s’oxyde et la portion superficielle de la couche de vase rougit. On remarquera toutefois que cette explication s’applique non à l'argile rouge en général, mais à la mince pellicule rouge qu’on trouve assez fréquemment à la surface des fonds marins vaseux.
On voit combien est variable la composition de l'argile abyssale ; elle passe par degrés insensibles à l’état de vase à globigérines, ou à radiolaires, ou à ptéropodes. Pour mieux dire, chacune de ces vases, quelle que soit sa nature, se transforme en argile. On comprend tout le vague de la désignaüon d’argile qui classe sous le même nom une formation couvrant 135 millions de kilomètres carrés et en fait le plus vaste des fonds marins. En réalité, on ignore où elle commence et où elle finit car, sauf dans les fonds sableux côtiers, l’argile existe plus ou moins abondante, plus ou moins avancée en oxydation, dans tous les fonds vaseux. Cette diversité est un des plus puissants motifs d'adopter une classification purement mécanique et chimique.
La même imprécision subsiste quant à la profondeur. On admet qu’elle se trouve entre 4 099 et 7223 mètres. L’apparente préeision de ces chiffres est regrettable ; elle est éminemment fausse, car elle tend à laisser croire que l'argile rouge présente une unité soit chimique, soit de texture qu’elle ne possède en rien. Quel océanographe oserait distinguer le sédiment recueilli à 4 099 mètres et celui qui aurait été recueilli au voisinage du premier, à une profondeur moindre de quelques mètres ? Rien n’est plus à craindre en science que la pseudo-précision.
On a cru devoir donner des indications sur le degré de ténacité de l'argile abyssale et affirmer que sa portion superficielle au fond de la mer est plus ou moins fluide, tandis que sa ténacité augmente rapidement à mesure qu’on pénètre dans l’épaisseur du dépôt. On a prétendu obtenir une mesure de cette ténacité en notant la profondeur où y aurait pénétré le tube du plomb de sonde et en donnant des chiffres. Là encore on est en présence d’une pseudoprécision. A-t-on eu le soin d’opérer en chargeant. toujours également le plomb de sonde et en l’envoyant avec la même vitesse ?
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Est-on sûr de sa parfaite perpendicularité? Si l’on n’a pas agi ainsi, ce qui est le cas, que signifient les chiffres donnés ?
Si on consent à accepter toute cette imprécision dans la désionation d’un fond, faudra-t-il admettre la grande profondeur où il se trouverait toujours ? Au sud-est du Portugal, j'ai examiné des argiles à 26 pour 100 de calcaire, parfaitement homogènes, récoltées par 1 737 mètres seulement. L’argile océanique est accumulation des parties les plus fines entrées dans la mer, quelle que soit leur origine, se maintenant très longtemps en suspension à cause de leur finesse et ne descendant sur le sol que sur les aires océaniques au-dessus desquelles les eaux, grâce à l'absence de courants de surface et surtout de profondeur, les laissent descendre lentement et s’entasser. C’est leur extrême division non moins que le grand repos où sont plongées ces particules qui fait de ces argiles le siège de réactions chimiques encore mal connues et qui aboutissent à la création de minéraux tels que la phillipsite. Si les argiles se trouvent en général dans les grandes profondeurs, ce n’est pas à cause de la profondeur même, mais parce que les régions les moins agitées des océans se trouvent presque toujours le plus loin possible des terres, là où sont aussi, presque toujours les plus grandes profondeurs.
Marray s’est appuyé sur le fait de l'existence de l'argile au-
dessous de 4 000 mètres et de l'extrême lenteur de sa déposition
prouvée par la présence de dents de requins, les unes recouvertes d’un épais enduit manganésien, les autres sans enduit, pour supposer que vers 4 000 mètres, le calcaire est dissous, probablement par l’acide carbonique dissous lui-même dans l’eau en contact immédiat avec le sol. Il invoque encore, à l’appui de sa théorie, que la pluie de foraminifères venant de la surface devant être uniforme sur l'océan tout entier, doit tomber aussi bien sur les aires argileuses que partout ailleurs. Si donc le calcaire manque sur ces régions, c’est parce qu'il y a été dissous. Murray observe encore que près des îles volcaniques, déjà à 2000 mètres, les espèces de foraminifères à coquille mince disparaissent dans les fonds et enfin que la vase à globigérines traitée à l’acide, laisse un résidu
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offrant absolument l’aspect de l'argile rouge. Aucune de ces raisons n'échappe aux objections. Il n’est pas prouvé et il n’est pas probable que les foraminifères soient également distribués dans toute la masse des eaux océaniques, au-dessus de tous les points du lit marin ; dans l'Atlantique, en des régions non volcaniques, on trouve de vérilables argiles bien avant 4000 mètres, alors que dans le voisinage, à une plus grande profondeur, se rencontrent des dépôts riches en calcaire. Si les foraminifères passés à l'acide laissent un résidu d'argile rouge, il faut remarquer qu'il s’agit, non de coquilles vivantes qui, par le même traitement ne laissent absolument aucun dépôt, mais de coquilles mortes et poreuses qui, ainsi que je l’ai reconnu par une série d’analyses, jouissent, quelle que soit leur espèce, de la propriété de tous:les corps poreux, même la ponce, de condenser à la surface de leurs pores, les grains fins d'argile en suspension dans les eaux ambiantes. Est-il possible, sans aucune preuve directe, d'admettre un dégagement continu d’acide carbonique sur toute l’aire recouverte par l'argile abyssale, aire évaluée par Murray lui-même aux trois cinquièmes de la surface totale des océans ? Comme dernière objection à la théorie de Murray, on répondra que malgré les nombreuses analyses des échantillons d’eaux de fond prises au-dessous de 4000 mètres, souvent immédiatement au-dessus de fonds argiïleux, aucune preuve certaine n’a jamais été fournie soit de la présence d’un excès de carbonate de chaux à l’état de bicarbonate, soit d’un excès d’acide carbonique. Jusqu'à ce que des analyses précises en décident, il y a lieu de soutenir que l’hypothèse de la disparition du calcaire au delà de 4 000 mètres est erronée et que l'argile abyssale est le résultat d’un triage mécanique précédé et suivi d’une diagenèse très avancée des minéraux contenus, dans les régions de calme maximum des eaux sus-jacentes depuis le fond jusqu'à Ia surface.
La question de l’origine de la craie ancienne a vivement préoccupé les géologues. Sir Wyville Thomson, le premier, frappé de la ressemblance que présente la vase à globigérines avec la craie ancienne qui fourmille, elle aussi, de foraminifères faciles à isoler
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par lévigation et à distinguer ensuite au microscope, a pensé que l'océan actuel se recouvrait d’une formation crétacée identique à celle qui se formait il y a des milliers d'années sur le sol de la mer crétacée. Je passe sous silence les conséquences capitales si nombreuses résultant de cette opinion et touchant à la similitude d’une foule de conditions extérieures de climat, de température, de profondeur, d’agitation ou de calme des eaux, et d’autres encore, à notre époque et à l’époque crétacée. L'hypothèse semble parfaitement admissible. On a objecté que les espèces de foraminifères anciennes et actuelles différaient. Il est vrai que la craie ancienne est particulièrement abondante en textulaires, mais dans nos mers, selon la région, il y a prédominance sur le fond de telle ou telle espèce particulière de foraminifères. On citerait comme exemple les vases à biloculines de l'océan Glacial Arctique remplaçant les vases à globigérines du reste de l'Atlantique. En outre, on a reconnu dans les dépôts actuels et dans la craie, dix-neuf genres identiques et entre autre la Globigerina bulloides. La craie ancienne, passée à l'acide, démontre par l'examen de son résidu minéral l’extrème calme des eaux au sein desquelles elle s’est déposée, tranquillité que vient corroborer l'étude des fossiles cré-
tacés et en particulier de certains oursins observés par M. Janet,
dont les plaques très délicates, détachées par la décomposition consécutive à la mort de l’animal, pendant que le sol était immergé, se retrouvent les unes à côté des autres dans la roche émergée et durcie. Les fonds actuels contiennent de la silice disséminée sous forme de spicules, de débris de radiolaires ou de diatomées ; dans la craie ancienne elle est groupée en rognons de silex distribués en bandes horizontales. C’est le résultat de phénomènes postérieurs à l’'émersion des couches crétacées et dus au suintement d’eaux supérieures dissolvant le calcaire et la silice et permettant le groupement de cette dernière autour de centres d’attraction en bandes parallèles dont les caractéristiques, épaisseur et écartement, sont fonctions de la masse de silice distribuée dans la vase ancienne, à la vitesse de suintement de l’eau et à l’énergie des forces moléculaires. Le calcaire dissous, transporté par l’eau descendante et redéposé
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ensuite, a donné la compacité et le degré d’induration que prés la craie et qui manque aux vases calcaires marines actuelles.
reuses et non preuves qu’on appellerait volontiers de sentiment du
genre de celles qui ont été formulées par des géologues peu familiers avec l’océanographie, — je ne fais aucune difficulté à admettre une remarquable analogie générale entre la craie ancienne et les vases à globigérines actuelles. | RE
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