‹ L'océanChapitre 30 sur 76 · FA JO · texte numérisé non relu

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s ciment formé par le dépôt chimique lui-même. Il suffit d’enfouir | un morceau de fer dans le sable d’une plage mouillée par la mer pour obtenir de semblables conglomérats cimentés par l’oxyde | de fer.

Les poussières contribuent au remplissage de l'océan; elles sont

| d’origine cosmique, volcanique et terrestre. \ Les poussières cosmiques viennent des espaces planétaires; elles sont des météorites. Sur la terre comme au fond des mers, il À | existe de grosses et de petites météoriles ; seulement, sur terre, les grosses seules sont visibles et pour apercevoir les fines, perdues au. 4 milieu des débris de tous genres qui couvrent le sol, il faut des | circonstances exceptionnelles telles que la présence d’une couche de neige qui, de plus, permet de les recueillir. C’est ainsi qu’au | Groenland, Nordenskjüld a pu récolter sur de la neige qu’il lui Ê suffisait ensuite de laisser fondre et de filtrer, une poussière d’un minerai cobaltifère et nickelifère d’origine certainement météorique.

Dans les dépôts sous-marins, les poussières cosmiques se récoltent surtout loin des terres, au milieu des argiles rouges dont l’accumulation est très lente; elles sont de deux sortes, les sphérulites magnétiques et les chondres.

Les premières, attirables au barreau aimanté, ont environ 0,2 mm. de diamètre; elles sont souvent marquées d’une petite dépression ou cupule. Solubles avec difficulté dans l'acide chlorhydrique, elles sont constituées par une croûte noire enveloppant un noyau métallique. Cette croûte résulte de la vive oxydation subie par le noyau métallique dont la surface s’est fondue et oxydée en traversant avec une grande vitesse l’atmosphère terrestre. La cupule est l’indice de la contraction par refroidissement effectuée après la chute. Le noyau en fer métallique avec cobalt et nickel est malléable. En écrasant le globule dans un mortier, la croûte éclate, le noyau apparaît plus ou moins aplati par la pression du pilon et, pour en reconnaitre la nature métallique, il suffit de le mouiller d’une goutte de sulfate de cuivre dissous dans l’eau. Il se recouvre immédiatement d’une couche brillante de cuivre

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métallique. Parfois le noyau a entièrement disparu et il ne reste qu'un fragment d’une enveloppe oxydée qui souvent même s’est fondue et a pris la forme d’une petite bouteille sphérique avec goulot présentant une surface lisse ou rugueuse, plus ou moins mamelonnée. On trouve fréquemment des globules cosmiques dans des groupements de cristaux de phillipsite et dans l’intérieur de nodules mang'anésiens.

Les chondres, d'environ 0,5 mm. de diamètre, offrent l'aspect de grains grossièrement sphériques, brunâtres, à éclat bronzé et à structure lamellaire. Ils sont insolubles dans l’acide chlorhydrique et contiennent de la silice, de la magnésie et du fer. Une lamelle examinée au microscope montre sur un fond blane transparent, des séries d’inclusions brun foncé disposées en lignes parallèles. Les chondres ne se trouvent ni dans les roches éruptives, ni dans aucune roche terrestre, on ne peut donc leur attribuer qu’une origine cosmique. Au fond de la mer, ils se rencontrent dans les aroiles rouges, c’est-à-dire loin des terres, associés à des nodules manganésiens, mais non inclus dans ces nodules, à des dents de requins, à des os de cétacés, à des lapilli altérés et à des cristaux de phillipsite.

Les poussières volcaniques proviennent des volcans. Éparpillées dans l'atmosphère sur une immense étendue au moment de l’éruption, elles retombent ensuite sur le lit océanique. La dispersion se fait d'autant mieux que la plupart des volcans sont distribués sur le bord de la mer. Les cendres de l’éruption du Tambora à Sumbawa (11 avril 1815) dont le volume a été évalué à 318 kilomètres cubes, ont été portées à Ambaine à une distance de 1 900 kilomètres; celles du Krakatau, le 28 août 1883, ont couvert une aire de 1 000 kilomètres de rayon, équivalant à 32 fois la surface des Pays-Bas. Les parties les plus fines soutenues par la couche d’air adhérente qui fait corps avec elles, les suit dans leurs mouvements et les allège, se sont élevées à une hauteur de 50 kilomètres et sont restées plusieurs mois en l'air. Oxydées par les vapeurs aqueuses si abondantes pendant l’éruption, elles rougissent et l’on explique ainsi la vive coloration que présenta le ciel au coucher

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du soleil pendant les quelques jours qui suivirent immédiatement l’éruption.

Les poussières volcaniques éoliennes sont composées de quartz, de mica, d’amphibole, de pyroxène, mais surtout de ponces et d’obsidiennes en grains très fins, arrondis, elliptiques, aplatis, irréguliers, vert foncé ou brun rougeñtre quelquefois gris, jaunàtres, isotropes. Les ponces et les obsidiennes dont l'origine peut être aussi sous-marine, s’attaquent au fond de l’eau et se transforment en palagonite.

Les poussières terrestres sont surtout abondantes sous le vent des déserts, comme à l’ouest du Sahara où elles sont poussées à la mer par le vent d’Est. Cette poussière qui contient des grains de quartz très petits est surtout constituée par de la latérite qui lui donne sa couleur rouge caractéristique. La latérite est en quelque sorte l'argile rouge continentale; c’est le résidu final de décomposition des roches ferrugineuses attaquées par les agents atmosphériques. Les poussières du Sahara s’éloignent jusqu’à 2000 kilomètres de la côte : leur aire de dispersion commence un peu au sud du détroit de Gibraltar jusqu’à mi-chemin environ de l'Amérique, pour se continuer au sud, limitée par une ligne parallèle à la côte septentrionale du golfe de Guinée. On retrouve le même phénomène sur la côte nord du golfe Persique, le long de celle des Somalis près du cap Guardafui, enfin dans la mer Jaune, sous le vent du grand désert de Gobi. Les poussières s'élèvent à une extrême hauteur : on les a vues former des colonnes hautes de 600 à 1 000 mètres, ce qui explique l'énorme distance à laquelle elles sont entraînées.

La magnétite qu’on trouve dans les échantillons du sol sousmarin en faisant agir le barreau aimanté sur le résidu obtenu après attaque de l'échantillon par l'acide chlorhydrique étendu, n'a pas qu’une seule provenance. On sait qu'une partie est d’origine cosmique ou plus exactement est produite par l'oxydation à travers l’atmosphère des poussières cosmiques. Une autre portion résulte de la désagrégation des roches aussi bien volcaniques modernes que cristallines. On en trouve pour ainsi dire partout, La magnétite est à son maximum d’oxydation et par conséquent de stabilité

chimique; elle est en fragments très petits et sa densité élevée lui communique une remarquable puissance de résistance à toute destruction physique, chimique ou mécanique. Beaucoup de ces grains noirs sont en réalité non pas de la magnétite, mais de l’ilménite ou fer titané, du fer chromé et surtout de la fayalite dont toutes les propriétés sont les mêmes que celles de la magnétite, à cette seule exception près qu'elle laisse un squelette blanc de silice quand on l'attaque par un acide comme l’acide azotique ou même l’acide chlorhydrique chaud. La fayalite est un péridot sursaturé de fer, cet excès étant représenté par de la magnétite déposée en petits grains dans la masse même du minéral.

Noûs avons appuyé à de nombreuses reprises sur l'énoncé de la loi suivante : un phénomène naturel est la résultante complexe d'une foule d’influences diverses dont les actions se totalisent. Dans chaque cas particulier, l'intensité de chaque action considérée individuellement est susceptible de varier entre des limites très étendues sans que leur total qui est le phénomène lui-même perde le caractère général qui le distingue, de sorte que les détails seuls en sont modifiés. On se trouve en présence d’une véritable addition algébrique à un nombre de termes, sinon infini, du moins très considérable, positifs, nuls ou négatifs, selon les circonstances. Devant cette multiplicité des termes, la science ne peut que se borner à disséquer en quelque sorte une série de phénomènes analogues, afin de se rendre compte dans chaque cas, de l'influence exercée par tel ou tel terme d'importance primordiale de l’addition algébrique. Elle perfectionne ensuite la connaissance obtenue en procédant par voie synthétique expérimentale, en suivant les variations d’une variable unique après que les autres auront été rendues artificiellement constantes. Alors seulement elle se trouve en état non de prévoir, mais d'expliquer. Quand, par exemple, le météorologiste aura étudié séparément l'influence de la température, de la pression barométrique, de la vapeur d’eau, de la nébulosité, de l’altitude, de la disposition géographique des lieux et de tous les autres éléments du climat d’une localité déterminée, 1l ne

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