‹ L'océanChapitre 6 sur 76 · nid ve." in CS dy TELL ENT vw Ÿ VAS 5 tant · texte numérisé non relu

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Elles ne sont même pas rationnelles pour les zoolog'istes et le sont beaucoup moins pour ceux qui ne sont pas zoologistes. Pourquoi d’ailleurs faire intervenir dans une classification destinée à s’appliquer au globe tout entier un élément essentiellement local, l’être vivant dont l'existence en un endroit déterminé n’est pas même immuable puisqu'elle est la résultante d’une foule de conditions naturelles parmi lesquelles une seule étant modifiée suffit quelquefois pour motiver sa disparition.

Nous ne chercherons pas à nous livrer à une simple énumération des termes employés en géographie pour désigner les divers accidents des côtes et à donner pour chacun d’eux l'explication de ce terme. Ce serait œuvre de dictionnaire. Il convient moins d'expliquer que de permettre de découvrir soi-même l’explication et la genèse de chacun de ces accidents topographiques. Les phénomènes concernant les trois ou quatre premières régions présentent d’étroites relations communes. Là encore on retrouve une appheation de cette loi naturelle affirmant qu’un phénomène est une somme algébrique. Les caractères des rivages, des plages, de la région littorale et du plateau continental sont tous une fonction complexe des éléments suivants : hauteur de la côte, nature lithologique et géologique du terrain la constituant, marées, mouvements du sol, climat, voisinage d’un fleuve et, en dernier lieu, ce qui paraîtra presque paradoxal, l’action de la mer. En groupant ensemble par proportions relatives variables à l'infini ces diverses particularités, on obtiendra la côte avec ses caractères essentiels. En ce cas encore, les applications ne sont rien, la théorie est tout, car elle explique tout.

La côte est haute ou basse. Suivant sa nature lithologique et géologique, elle sera diversement attaquée par les agents atmosphériques, puisqu'elle n’est pas atteinte par les eaux de la mer. Celle-ci n’agira que comme un vaste espace découvert permeltant aux vents d'exercer toute leur action. Être haute ou basse est le caractère primordial d’une côte; cette influence se fait sentir sur tous les autres détails.

Si la côte est élevée, elle forme des falaises tantôt à pic quand

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la roche est homogène et résistante comme la craie de la haute

; Normandie, tantôt avec éboulis si la texture lithologique est diffé- | | rente dans l'épaisseur d’une même falaise comme près du Havre |

où la résistance est moindre à la base qu’au sommet ou encore

dans le cas où, du haut en bas, la roche est homogène, mais molle ï

et facile à délaver par les pluies comme dans le Boulonnais et

dans les falaises argileuses situées entre Villers et l'embouchure

de la Dives.

Selon le degré de résistance de la roche, l'usure due aux agents atmosphériques sera rapide ou lente, mais elle se traduira par la production de criques ou d’anses. En avant de ces anfractuosités, au pied même de la falaise, on observera souvent et surtout si la mer gagne sur la terre, des piliers, rochers isolés comme les Demoiselles de Fontenailles et tant d’autres dont nos plages françaises sont abondamment pourvues, des aiguilles, des pyramides et jusqu’à des îles.

En avant de la falaise sans cesse détruite par l’atmosphère, l'attaque de la mer donnera naissance à une plate-forme constituée par les matériaux enlevés à la paroi verticale, éboulés et aplanis par les marées et les vagues. Les falaises s’usent régulièrement sur leur tranche, tantôt plus, tantôt moins. On a évalué la perte moyenne annuelle de celles de Normandie à une bande de 20 à 30 centimètres de largeur.

D'espace en espace, ces falaises sont coupées par une de ces fentes pratiquées dans la masse même de la roche et auxquelles les géologues donnent le nom de diaclases. Ces fentes livrent passage à un courant d’eau alimenté par le drainage du terrain environnant. Si le ruisseau d’eau est petit, quelquefois intermittent, et n’existant guère qu’au moment des fortes pluies et si la fente est par conséquent très étroite, on a une valleuse. Une rivière plus grande comporte une vallée plus large et, presque toujours, une ville est posée sur la mer à l'entrée de la vallée comme par exemple Fécamp, Saint-Pierre-en-Port, Étretat, et de l’autre côté de l'embouchure de la Seine, Houlgate, Dives à l'embouchure de la Dives ou Ouistreham à l'embouchure de l'Orne.

Quand un puissant cours d’eau tel que la Seine, la Loire ou la Gironde débouche dans une mer profonde à fortes marées et à courants violents, le mouvement de l’eau, aussi bien celle sortant du fleuve que celle de la mer dans laquelle il se jette, maintient ouvert le lit de ce fleuve et il se fait un estuaire parce que les troubles apportés sont immédiatement entraïnés au loin. D’autres fois, l'estuaire est dû à une dislocation primitive du sol qui a creusé une vallée servant de thalweg aux eaux courantes. Dans ce cas qui est celui du Congo, la cassure apparente à travers le continent se continue à travers le lit océanique qui, lui aussi, est coupé par une vallée se prolongeant au loin sous les eaux.

Si la roche du rivage est dure, elle contient toujours des portions moins résistantes d’étendue variable qui s’usent davantage par l’action des agents atmosphériques et il en résulte les rochers de la Bretagne. Les côtes sont découpées par des criques variant de dimensions depuis le simple creux de rocher, plage minuscule où, à marée basse, les enfants s'amusent à ramasser les coquillages apportés par le flot sur le sable fin, jusqu’à de véritables petites mers intérieures comme la rade de Brest se continuant par le goulet et ensuite par l'Iroise, bordée au nord par d'innombrables rochers, îlots et iles, Quémenez, Molène, Ouessant, et, au sud, par la Chaussée de Sein terminée par l'ile de Sein. Les diaclases de la roche facilitent ce sectionnement. D’autres fois, les découpures offrent la forme de coins, fissures du terrain immergées à la suite d’un enfoncement lent du sol, et l’on a des rias, comme les baies du Vigo, de la Corogne ou du Ferrol, les calas des Baléares, les scherms de la mer Rouge, les calanques de Provence si pittoresques entre la Ciotat et Marseille.

Lorsqu'à ces caractéristiques se joint un climat rigoureux et l'existence antérieure de glaciers ayant occupé ces fentes et exaré verticalement leurs parois, il se produit des fjords comme ceux de Norvège, d'Irlande, de Terre-Neuve, du Groenland, ramifiés à l'infini, remarquables par la profondeur de la mer qui y pénètre et par leur fond partagé en cuvettes inégales. Tels sont les lochs d'Écosse, les inlets de Colombie. Une autre explication ingénieuse

de leur genèse a été donnée par M. de Drygalski qui y voit un gonflement et un éclatement de la roche dure constituant la masse du terrain consécutif à la disparition de la calotte glaciaire à la suite d’un réchauffement rapide du climat.

Les côtes plates possèdent aussi des fjords à caractères analogues bien qu’atténués. On citerait comme exemples les fjords de Suède et les schären de Finlande, enchevètrement de baies, d'îles et de petites falaises.

Les côtes plates ou basses sont remarquables par un certain nombre d'accidents topographiques spéciaux plus longs à expliquer qu’à comprendre, surtout lorsqu'on les a sous les yeux, soit en réalité, soit en dessins. J’ai été toujours surpris bien que j'en aie quelque habitude, du nombre de lignes, de pages nécessaires en géographie physique, pour décrire et analyser, malgré de réels efforts pour être court, ce qui se comprend immédiatement quand on le voit. Alors que je voyageais avec des compagnons sans la moindre éducation technique géographique : artistes, militaires, littérateurs, médecins, savants d’une autre spécialité que la mienne, combien de fois n’ai-je pas été émerveillé de constater devant un fait naturel, qu'ils en trouvaient sans hésiter l’explication, la genèse. C’est que la géographie physique n’est qu’une affaire de vue attentive et de simple bon sens. Je serais volontiers disposé à donner la même définition à d’autres sciences. Je m’arrète. J'ai peur d’être accusé de vouloir détruire trop de vénérations. Et cependant personne n’est plus que moi convaincu que des vénérations sont nécessaires et même indispensables, seulement j'estime qu'elles doivent être à leur place et attribuées aux choses et aux gens qui les méritent. Il ne manque mi des unes n1 des autres.

Le régime des côtes basses est influencé par les mêmes facteurs que les côtes élevées et, pour elles encore, il y a lieu de prendre en considération l’ensemble des nombreux facteurs qui les modèlent : marées, courants, climat, peut-être un peu moins la nature géologique et minéralogique de la roche du rivage, l’action des fleuves qui viennent y déboucher et les autres. Si la côte ofire des échancrures plutôt primordiales que creusées actuellement par

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