CHAPITRE XIX
deux poètes, Émile Deschamps et Kristien Ostrowski 1 .
Depuis 1808, le Théâtre de l’Impératrice pouvait jouer par autorisation de M. le premier chambellan :
Le Dépit amoureux, corrigé par Cailhava;
Les Précieuses ridicules ;
L'Amour médecin ;
Le Sicilien ou V Amour peintre ;
Georges Dandin;
et la Comtesse d'Fscarbagnas.
Mais les grandes pièces en vers, les chefs-d’œuvre, Tartuffe, le Misanthrope, les Femmes savantes, appartenaient exclusivement à MM. les comédiens français. Or, le décret du 5 février 1810 sur la Librairie — article 39 — avait accordé aux comédiens des départements la permission de jouer les auteurs morts depuis plus de vingt ans : l’Odéon était donc, à cet égard, moins bien traité qu’une troupe de province. En 1811, ses administrateurs demandent que le Théâtre de l’Impératrice devienne une annexe de la Comédie-Française*, mais ils n’osent encore réclamer que M. de Pourceaugnac , qui n’a pas été joué depuis plus de dix ans au Théâtre-Français.
\. A propos de V Avare, traduit par M. Ostrowski de la prose du f Maître dans la langue do l’alexandrin, M. Francisque Sarcoy demande quelle est l’utilité de ces translations ? ■ Il est si simple — dit-il — de jouer l’Avare comme il a été écrit !» Et il ajoute : « Nous sommes toujours un peu étonnés de voir des hommes de talent s’atteler à cette besogne ingrate qui consiste à travestir une prose excellente en vers qui sont forcément médiocres. Il n’est pas moins vrai que ce travail a tenté nombre d’honnôtes gens ! » Chronique théâtrale (feuilleton du Temps, du 27 décembre 1875.)