CHAPITRE PREMIER
de la comédie , et le parrain était digne du lieu : c’était Molière, qui, le 11 décembre 1663, y vint en visite avec sa troupe. L’antique hôtel fut, ce soir-là 1 , le théâtre improvisé des deux dernières nouveautés du grand Comique : la Critique de l' École des femmes (l er juin) et /’ impromptu de Versailles (18 octobre) *.
Le Roi , jugeant qu’ « indépendamment de sa relation avec l'embellissement de la Capitale, le nouveau monument intéressait essentiellement la conservation et le progrès du premier spectacle de la Nation » , approuva et signa les plans présentés par de Wailly et Peyre. Un arrêté du Conseil du 26 mars 1770 en ordonna l’exécution sur l’emplacement choisi, Monsieur le prince de Condé offrant de céder le terrain nécessaire pour la construction de la nouvelle salle et des rues qui devaient en faciliter l’accès. (Archives nationales , H. 2177.)
4. A l’occasion du mariage du duc d’Enghien, fils aîné du princo de Condé, avec la princesse Anne do Bavière, ülle du feu princo palatin, célébré le matin môme dans la chapelle du Louvre. Le Roi, la Reine, Monsieur et Madame assistèrent à cette représentation.
2. Ils reçurent 400 livres pour cctto visite ( Registre de La Grange, p. 60). En réponse à la seconde de ces pièces, où Molière avait ridiculisé la déclamation des tragédiens de la Troupe Royale, et principalement de Montfleury, l’hètel de Bourgogne, théâtre rival do la a Troupe Moliérique /», représenta V Impromptu de l' hôtel de Condé, comédie en un acte et en vers de A. -J. Montfleury fils, qui parut imprimée le <9 janvier 1664.
Depuis, rhôtel do Condé fut souvent lo théâtre de fêles somptueuses : a 11 y eut hier au soir, écrivait M me de Sévigné le 9 février 1680, une fête extrêmement enchantée à l’hôtel de Condé. Un théâtre bâti par les fées, des enfoncements, des orangers tout chargés de fleurs et de fruits, des festons, des perspectives, des pilastres; enfin, toute cette petite soirée coûte plus de deux mille louis. »
En attendant, comme le théâtre de la rue des Fossés- Saint-Germain-des-Prés menace ruine, les Comédiens sollicitent et obtiennent de Sa Majesté la concession à titre provisoire de la salle des Machines , sise aux Tuileries (pavillon de Marsan) , et construite cent ans auparavant par Vigarani pour les représentations de la Psyché de Molière, Corneille et Quinault.
Ils y débutent le 23 avril 1770, et adressent bientôt un mémoire au Roi pour lui représenter que « leur ancien Ilôtel est dans une position plus avantageuse pour eux et pour le public qu’elle ne serait à l’hôtel de Condé; que la salle qu’ils viennent de quitter est susceptible d’étre réparée et de devenir d’un accès facile et commode, etc. ».
Leur demande ne fut point prise en considération un seul instant, puisqu’à la date du 29 septembre de la même année, nous voyons un arrêt du Conseil ordonner l’acquisition du terrain, tant de M. le prince de Condé que des propriétaires des hôtels de Provence et d* Angleterre, enclavés dans ledit terrain, et, à la date du 17 mars 1771, un autre arrêt fixant à 75,000 livres le prix de l’emplacement à céder par monseigneur de Condé, y compris l’indemnité à lui due pour le remboursement des deux hôtels susdits, ordonnant, en outre, que cette somme sera payée par la ville de Paris.
La disgrâce des princes du sang, dans laquelle fut enveloppé Monsieur de Condé , faillit porter un coup funeste au projet Peyre et de Wailly. L’architecle Liégeon, qui, en 1770, avait proposé d’établir la Comédie près le carrefour de Buci, rue de Seine, vis-à-vis celle du Colom-