‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 40 sur 204 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dit-il, c'est celle de quelques particuliers; mais, messieurs, avant la liberté de pensée, il y a la question de circonstance ; si j'étais le maître, je ne vous donnerais pas l'autorisation que vous me demandez, ce n'est pas au moment où le peuple s'est soulevé tout entier, non contre le roi, mais contre l'autorité arbitraire, qu'il convient d'exposer sur la scène un des plus effroyables abus de cette autorité; j'en référerai à l'Assemblée^». L'Assemblée nomma trois commissaires qui, après examen, autorisèrent ; Ghénier, pour lever les derniers scrupules, soumit encore une fois sa pièce à la municipalité. Enfin, malgré des bruits menaçants pour l'auteur et ses interprètes % l'œuvre nouvelle parut devant le public le 4 novembre 1789. r -'''Chaque vers pouvant se rapporter de près ou de loin aux idées du jour fut souligné par de longs applaudissements ; on bissa la tirade du chancelier de l'Hôpital comme un air d'opéra. Les beautés de l'œuvre, son interprétation supérieure et ses nombreuses allusions firent de cette première une longue acclamation. Tout le côté gauche de la Constituante assistait à cette belle soirée. Mirabeau, présent, dut quitter sa place pour s'installer dans une loge, afin de mieux présider à la représentation. Talma eut un triomphe ; Saint-Fal, qui avait refusé le

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