‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 4)Chapitre 198 sur 217 · CHAPITRE XX. Î9I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. Î9I

Signalons encore les noms de M. Faucher, horloger, de l'acteur Perroud et du journaliste Charles Maurice, qui Grent actes de dévouement.

M. Villiers écrivit le quatrain suivant* :

a Beaux»arts, prenez le deuil : rOdéon est en cendre ! Thalie en pleurs gémit sur ses débris ; Et sur les sombres bords Eutcrpe a vu descendre Un de ses plus chers favoris* ! »

On devait jouer le lendemain samedi.

Les sociétaires de TOdéon trouvèrent un asile à la salle Favart, où ils restèrent dix-huit mois.

4. Dans une ode sur Tincendie de TOdéon (|)Cl. in-S de 45 pages, imprimerie de Dondey-Dupré, 1818], un M. Nogaret-Félix, «r âgé de quatre-vingt-onze ans », appelle l'Odéon :

« un temple

Digne des jours de Périclès »,

et les pompiers : « les auxiliaires d'Âmphitritel » t. Isouard Nicolo, mort le 45 mars 4848.

LE THEATRE-FRANÇAIS DE LA RUE FEYDEAU ET LE THEATRE-FRANÇAIS DE LA RUE DE LOUVOIS

Nous avons vu , le 23 décembre 1794 , les comédiens de Tex -Théâtre de la Nation, Mole, Dazincourt, Saint- Prix, Saint-Fal, M"" G)ntat, Devienne, etc., etc., quitter la salle du Théâtre de l'Egalité * et s'engager pour trois mois au théâtre de la rue Feydeau *, dont l'administrateur était Chagot-Defays. Ils y débutèrent le mardi 27 janvier 1795 (8 pluviôse an III) , par la Mort de César et la Surprise de VAmoury et y alternèrent bientôt avec l'opéra-comique et les concerts de Garât *.

4. Faubourg Germain, section Marat. ^ En 4794, Louis-Ie-Grand porte le nom de Collège de l'ÉgcUitë.

2. La salle Feydeau, bâtie en 4788 par Legrand etMoIino, avait été ouverte en 4794 et réunissait, sous le nom de théâtre de Monsieur, les opéras français et italien. En septembre 4792, la retraite des Italiens permit à la Comédie d*y alterner avec TOpéra-Comique. Elle a été démolie en 4829.

3. Ces concerts, devenus le rendez-vous du plaisir et de Pélégance, étaient très-suivis : Alphonse Martainviile ei René Ferrin firent repré-

Les temps n'étaient plus aussi sombres. Les théâtres regorgeaient de spectateurs : c'était une arène où les partis avaient leurs coudées franches, et ils s'en donnaient à cœur joie. Le Réveil du pevple avait détrôné la Marseilluise, désormais proscrite , et tous les passages qui flétrissaient le règne de la Terreur étaient applaudis. « Dans les loges paraissaient les beautés du temps , femmes ou amies des thermidoriens ; dans le parterre , la jeunesse dorée de Fréron (incroyables et merveilleuses , et plus tard les muscadins) semblait narguer par ses plaisirs . par sa parure et par son goût , c^s terroristes sanguinaires et grossiers qui, disait -on, avaient voulu chasser la civilisation ^ »

Non contents de triompher, les jeunes et turbulents réactionnaires se promirent de faire un outrage sensible aux quelques Jacobins qui , réunis dans les cafés , vers les quartiers populeux de Saint- Denis, du Temple, de Saint-Antoine, avaient menacé d'aller attaquer au Palais- Royal, aux spectacles, à la Convention môme, ceux qu'ils appelaient « les nouveaux conspirateurs » .

Le samedi 31 janvier, on donnait à Feydeau le Misanthrope et les Epreuves, de Forgeot. « Des jeunes gens, dit encore M. Thiers*, s'élancèrent au balcon, renversèrent le buste du saint (de Marat, l'idole du jour, le martyr de la Révolution, dont tous les lieux publics et parti-

senter à l'Ambigu, le 49 février 4795, un à-propos intitulé : Le Concert de la me Feydeau,

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