CHAPITRE XI
sans consulter les sociétaires fondateurs, ce qui était une faute, racheta toutes les parts au prix de 200 francs chacune, et assuma sur lui tous les risques. Celte décision sauva la situation ; on put rouvrir.
La seconde année, grâce aux engagements de Bocage, de M Ue Georges et de M n,c Dorval, au succès d'argent de la Main droite et la Main gauche, les affaires vont mieux; le public commence à croireà l'Odéon; puis arrive la Lucrèce de Ponsard. Le ministre comprit enfin les services que pouvait rendre le second Théâtre-Français : il demanda une subvention aux Chambres; les Chambres accordèrent 60,000 francs pour l'année l&lih . Au mois de juinl8û3, Lireux avait fait rentrer d'Épagny dans ses fonds et organisé définitivement l'Odéon. Hélas! avec la fortune arrivaient les soucis de tout genre. Le ministre ayant déclaré que la subvention ne serait payée qu'à un directeur entrepreneur, — une société n'offrant pas de garanties suffisantes, — Lireux provoqua la dissolution de la société. Les deux derniers sociétaires fondateurs, — car M rae Payre n'était pas un obstacle, et pour cause, — posèrent des conditions exagérées, inacceptables. Les comédiens qui avaient vendu à forfait leur part, voyant le bénéfice qu'on pouvait faire, a se demandèrent si leur directeur était resté dans la stricte légalité en traitant avec eux, et si une part dans les bénéfices ne leur revenait pas de droit; ils adressèrent une plainte au ministre, se réservant de porter
leurs griefs devant les tribunaux 1 ». Lireux, de son côté,