‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 114 sur 221 · A. Denis, VEnlr'acte, juillet · texte numérisé non relu

A. Denis, VEnlr'acte, juillet

demanda au ministre de briser la résistance qui lui était faite, en déclarant que le nouveau privilège détruisait l'ancien; le ministre refusa d'assumer cette responsabilité. Les réclamations, sous forme de papier timbré, fondirent sur Lireux, qui tint tête à l'orage avec une inaltérable bonne humeur, et, soit pour le rachat des droits, soit pour les frais de liquidation, donna plus de 60,000 francs en quelques mois. Si encore au prix de cette somme il avait élé dégagé du passé et maître de l'avenir! 11 n'en fut rien; il dut tenir non seulement les contrats faits avec les comédiens, mais encore jouer toutes les pièces reçues dans des temps misérables par son comité de lecture trop indulgent. Ces obligations furent cause de son désastre : il fit faillite. Si la subvention lui avait été donnée un an plus tôt, ainsi que l'avait demandé à la Chambre l'excellent 31. Vavin, il eut peut-être réussi.

Pauvre Lireux ! ce qu'il dépensa d'esprit, d'énergie et d'adresse dans le cours de sa direction est incroyable. Ses mots étaient cités. Un jour, Ach. Machanette lui demanda à jouer le Misanthrope: « Impossible, mon ami, dit-il doucement, j'ai le caissier! » A la première des Ressources de Quinola, Héléna Gaussin, chargée du rùle principal, se méprit sur les applaudissements ironiques du public et dit a Lireux en sortant de scène : « Avez- « vous vu comme je les ai empoignés?» — « Ah ! madame, « répondit-il, ils vous l'ont bien rendu ! » Et quelle inaltérable bonne humeur! personne plus que lui n'était capable de faire la suite du" Roman comique. Un soir de tragédie, les figurants n'avaient pas de souliers : « Qu'ils

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