‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 133 sur 221 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

espèce d'illusion sur cette œuvre, fit la dépense de quelques flammes de Bengale par acquit de conscience : « Ce « que nous pouvons dire de cette tragédie, écrit Théo- « phile Gautier, c'est que nous y avons survécu. D'au- « 1res spectateurs ont donné à la fin signe de vie, mais « les malheureux n'avaient plus que le souffle » (Bouchet, Rouvière; M Uo Maxime.)

Le i2 mai, Arsène Houssaye donne une petite comédie en un acte, en prose : les Caprices de la marquise'. Ce badinage, écrit dans un style aimable, fut très bien accueilli. (Rcy, Baron; M ,ne Payre.)

Le iS mai, la Ciguë, comédie en deux actes, en vers, d'Émile Augier. Le directeur de l'Odéon avait deviné et lancé Ponsard ; d'où vient qu'il donna sans tambour ni trompette, sans convocation sérieuse de la presse, presque sans publicité préalable, cette charmante comédie, début brillant du plus illustre auteur dramatique contemporain? La Ciguë, refusée brutalement, dit-on, par Buloz à la Comédie-Française, semblait de ces pièces mort-nées qui réussissent devant les amis de l'auteur et qui disparaissent en quelques jours sans laisser de traces. Les journalistes, égarés dans la vaste salle de l'Odéon, prenaient des poses nonchalantes et résignées. « Nous étions comme Socrate, préparés au poison », dit Jules Sandeau dans son feuilleton de la Revue de Paris. Dès les premiers vers, on s'aperçut que l'on avait affaire à quelqu'un, et que le petit-fils de Pigault-Lebrun ferait

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