CHAPITRE XV
Comique, se faisait remarquer par son naturel, ainsi qu'Anselme Bert, qui allait se faire une situation auThéâlre- Français dans les rôles à manteaux.
Les nouvelles recrues étaient : Henri Luguet, le frère de Marie Laurent, un beau grand premier rôle venant faire confirmer à Paris ses succès de province Léon Beauvallet, un des fils du sociétaire de la Comédie-Française, le collaborateur de Lambert Thiboust, son camarade au Conservatoire, comme lui très médiocre comédien, mais écrivain spirituel et fécond. Qui encore ? Le jeune Lacbèvre, second comique, neveu de Bocage ; Baptiste, fils du grand comédien Baptiste aîné ; Bonnet ; Octave, le fils du père Lahire de la Chaumière, dont les étudiants d'alors ont gardé le gai souvenir, qui devait faire parler de lui plus tard comme prestidigitateur sous le nom de Clevermann ; Desroches (Taunus) aujourd'hui officier d'équipement, et enfin le jeune Larochelle, lauréat du Conservatoire, le directeur actuel du théâtre de la Gaité, comédien souple et utile, comique d'avenir, un vrai homme de théâtre, ardent, infatigable, que la perspective de doubler L. Monrose et d'arriver péniblement à une situation médiocre peut-être, engagea rapidement dans la voie directoriale. Longtemps directeur-acteur des théâtres de banlieue,
Larochelle fut assez heureux et assez habile pour réussir
4. Après avoir clé longtemps une des colonnes du théâtre de la Porte-Siiint-Marlin (direction Marc Fournier), cot excellent acteur partit pour Saint-Pétersbourg comme régisseur général. C'est aujourd'hui le directeur du Theatre-Déjazet. Il cherche à y acclimater la saine comédie.
dans cel aride el laborieux travail. On sait ce qu'il fit au théâtre Gluny et à la Porte Saint-Martin ; aujourd'hui le petit comédien de 1847 est devenu, de par son énergie et sa probité, l'un des hommes qui honorent le plus la profession.
Ces cinquante-cinq artistes étaient conduits par Jules Vizentini, frère du directeur, un enfant de la balle, blagueur, spirituel, qui, comme régisseur parlant au public, fit souvent preuve de sang-froid et d'esprit d'à propo*.
Le 30 septembre, réouverture par Isabelle de Castille et le prologue obligé : Le passé et l'avenir, un acte en prose et vers, de MM. Michel Carré et Charles Narrey. Promettre est le but de ce genre de pièces ; celle-ci remplit son programme ni mieux ni plus mal que les précédentes. On remarqua et on applaudit une critique assez vive de la littérature marchande. Un personnage (Jourdain) lançait sur le second Théâtre- Français des prophéties sinistres; un autre, représenté par Delaunay, lui répondait ainsi :
N'écoutez pas, messieurs, ce prophète menteur : C'est en vain qu'il nous raille et veut nous faire peur. L'Odéon, grâce au ciel, s'est armé de courage,
Et, certain de votre appui.
Peut braver l'indigne outrage De tous les mécontents déchaînés contre lui.
Le drame en cinq actes, en vers, de Jules Baget : Isabelle de Castille, qui finissait la soirée, fut un insuccès. L'auteur porta bravement le fer et feu dans ses tirades interminables, réduisit sa pièce a quatre actes, et se fit