CHAPITRE PREMIER
DU DEVENIR
« Le temps fut toujours la mauvaise conscience de la métaphysique vide. » Philosophie de la Révélation, 28e leçon (XIV, p. 108).
Le temps dont il va être ici question n’est nullement la durée individuelle du psychologue. S’il s’agit du devenir théogonique qui aboutit à la conscience humaine, il est trop clair qu’il n’affecte qu’une réalité divine — puisque la conscience n’existe pas encore. Quant à l’histoire qui commence avec la création, elle a sans doute la conscience pour héroïne — mais cette conscience n’est pas la mienne, ni la vôtre : elle est elle-même l’objet d’une expérience métaphysique. Ou’est-ce donc que ce temps métaphysique qui traduit, à l’intérieur de la méthode spéculative une exigence des choses elles-mêmes ?