DEUXIÈME CATÉGORIE
Sujets ayant la vue plus ou moins nellc au loin, mais incapables de maintenir l'attention à courte Uislance.
Cas OÙ la difficulté du maintien de la vision à courtedistance dépend de chaque œil considéré isolément. Symplomatologie de l'aslhénopie accomvnodative. — Signification de ces symptômes. Hypermétropie. — Fréquence de l'hypermétropie. Le médecin général doit être attentif à sa symptomalologie. — Chez les sujets âgés, l'hypermétropie se manifeste par la presbyopie prématurée. — Physionomie de l'hypermétropie. — Hypermétropie, complications. — Hypermétropie, traitement et hygiène. — Cas où la vision à courte dislance se maintient sans difficulté dès qu'on exclut un œil.
§ 42, Le sujet y voit suffisamment ou trèsbien de loin, mais il ne peut maintenir qu'un temps limité sa vision nette à courte distance. — La simple posilionde la question montre d'emblée que l'œil du sujet jouit, dans des circonstances données, d'un état de réfraction compalilDle avec la vision et de loin et de près ; faculté constante dans le premier cas, temporaire seulement dans le second.
Or, que veut dire ceci, que cette faculté de voir de près ne soit que temporaire? Cela signifie évidemment que les puissances qui procurent la vision rapprochée ne peuvent se maintenir longtemps en exercice. Or, quelles sont ces puissances? L'accommodation d'abord, la faculté de converger en se-
ANOMALIES FONCTIOiNNELLES 4S
condlieii; facultés qui, toutes deux d'ordre musculaire, impliquent par conséquent la possibilité de la fatigue ou de l'insuffisance.
L'impuissance signalée dépendra donc de chaque œil considéré isolément, ou bien du système (jui préside à leur convergence mutuelle.
Si le cas qui se présente appartient à ce second ordre de forces, il est clair qu'en excluant l'un des yeux de la vision (par un bandage ou un écran approprié), on soulagera le malade, qui deviendra apte aux occupations rapprochées ; il arrivera même assez souvent que cette remarque ne lui aura point échappé, et il vous dira spontanément qu'il se sent moins fatigué, et peut continuer plus longtemps ses occupations en se bouchant un œiL
§ 43. Cas où la difficulté de maintenir la vision à courte distance dépend de chaque œil considéré isolément. Symptomatologie de l'asthénopie accommodative. — Le trouble fonctionnel dont nous nous occupons ici, l'impossibilité de soutenir les occupations rapprochées, pèse le plus souvent sur chaque œil séparément, et se présente d'une façon presque constante sous les formes que voici :
« L'œil a une apparence parfaitement normale, ses mouvements sont réguliers, la convergence des axes optiques ne présente point de difficultés et
46 l'oeil l'acuité de la vision est très-satisfaisante. Néanmoins, dans toute occupation rapprochée comme lecture, écriture, couture, etc., et spécialement à la lumière artificielle ou dans un endroit mal éclairé, les objets, après peu de temps d'application, deviennent indistincts, troubles ; une sensation de fatigue et de tension survient, siégeant surtout au-dessus des yeux et nécessitant une suspension du travail. La personne ainsi affectée ferme alors involontairement les yeux, ou se frotte le front et les paupières. Après un moment de repos, «lie recouvre la faculté de voir distinctement, mais bientôt les mêmes phénomènes se reproduisent, et après un moindre intervalle que précédemment. Plus a duré le repos suspensif, plus longtemps peut durer la reprise du travail. Ainsi, après le repos du dimanche, le sujet commence la semaine nouvelle avec une nouvelle ardeur et une vigueur nouvelle suivies bientôt d'un nouveau désappointement. Si l'occupation ne porte que sur des objets distants, la faculté visuelle paraît normale et toute sensation pénible est éloignée. Si, au contraire, persistant dans son travail, ou s'efforce de dominer le sentiment de gène, les symptômes augmentent graduellement. La tension, au-dessus des yeux, fait place à une douleur véritable ; quelquefois une légère rougeur se montre, un Ilot de larmes s'écoule et tout devient brouillé ; le malade n'y voit plus
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devant lui, même à distance. Après un exercice trop soutenu, le malade finit par être obligé d'abandonner toute occupation assidue. Il est à remarquer que la douleur dans les yeux eux-mêmes, quelle que soit la durée de l'application, est de rare occurrence. » (Donders.)
§ 44. Signification de ces symptômes. —
Or, un état semblable, tout cet ensemble de symptômes, toutes les conséquences secondaires qui les suivent après un certain temps (et dont il sera question ci-après), l'expérience de tous les jours nous apprend qu'ils disparaissent comme par en- €hantement devant l'emploi du verre convexe approprié, dans les occupations rapprochées.
D'autre part, si, au moyen d'une goutte d'atropine, on paralyse l'accommodation chez le sujet qui présente ces symptômes, on reconnaît alors ^qu'il ne jouit plus de la visiqn nette à distance et "^(que, pour la lui rendre, il est indispensable de placer devant ses yeux un verre convexe plus ou moins fort. ■ -
Cet état, autrefois méconnu, ou vaguement désigné sous le nom (ïhyperpresbyopie, porte dans la science moderne celui ù'hyperopie ou d'hypermétropie 1 .
1. L'œil type (emmétrope) (fig. 4) est, avons-nous dit, (§ 11), celui qui, lors de l'absence de tout travail accom-
. l'oeil Si l'œil hypermétrope, paralysé dans son accommodation, ne peut plus y voir à distance que par le secours d'un verre convexe, on doit donc con-
modatif, a sa rétine au foyer exact des rayons parallèles. Or, si la majorité des yeux répond à cette condition, on en rencontre toutefois un bien grand nombre dont la ré-
Fig. 4. — OEil emmétrope.
line se trouve, par la construction même de l'organe, placée en avant de ce foyer {hypermétropes, fîg. 5), ou, au contraire, en arrière de lui [myopes, fîg. 6) ; et tou-
Fig. 5. — OEil hypermétrojio.
jours, cela est bien entendu, pendant le repos de l'accommodation.
Les premiers sont trop courts pour la longueur focale de l'appareil ; les seconds trop longs. On peut dire encore