SECTION II
CARONCULE LACRYMALE.
Inflammation de la caroncule lacrymale (encantliis, canthitis nasalis).
Cette maladie est toujours occasionnée par nn corps étranger qui s'est introduit dans la caroncule lacrymale. Elle se manifeste par la rougeur, la tuméfaction et la douleur de cette partie : la rougeur se communique à la conjonctive avoisinante; la tuméfaction, quand elle est un peu forte , empêche les points lacrymaux d'absorber les larmes, d'où résulte du larmoiement; la douleur est lancinante et se fait surtout sentir lorsqu'on touche la partie malade, et lorsque les paupières se fermerit.
Cette intlammatiou peut, au bout de quelques jours se résoudre, ou bien se terminer par suppuration, ou, epOn, passer à l'état chronique et faire naitre des fongosités ou le squirriie de la caroncule. Lorsque la suppuration va s'établir, les douleurs diminuent; du mucus en plus grande quantité est excrète par les glandes de la caroncule et forme des croûtes ; la rougeur et la tuméfaction augmentent, et enfin on voit apparaître, entre la caroncule et la membrane clignotante, un point jaune qui s'ouvre et donne issue au pus. Les accidens diminuent alors, et tout rentre dans l'ordre, h moins que la suppuration ne soit trop abondante ou de mauvaise qualité, et ne corrode la caroncule en partie [rhyas] ou en totalité {rhacos, rhacosis); ce qui est toujours suivi d'un larmoiement incurable, qui provient de ce que les larmes ne peuvent plus s'amasser dans le grand angle de l'œil. Quelquefois aussi, quand la suppuration est de mauvaise qualité, elle donne lieu à des
fïingfosités [encnntliis ftmgosa, mallgna), qui peuvent aussi naître sans suppurcition préalable.
l/indnration et le squhrhe de la caroncule ne suivent guère rencaiitliis qtie chez les individus cacochymes ; et il est très-rare que ce squirrhe passea Tétat carcinomateux.
lie traitement consiste d'abord <lans l'extraction du corps étranger, qu'on ne découvre quelquefois qu'au moyen de la loupe. On fait ensuite des fomentations froides, et on obtient ainsi la résolution de la maladie toutes les fois qu'on est appelé dès le commencement. Lorsqu'on aperçoit de la tendance à la suppuration, on la favorise par des fomentations émollienles qu'on continue après l'ouverture de l'abcès. La suppuration est-elle trop abondante ou de mauvaise qualité, on etnploie avec avantage le laudanum liquide de Syd^nham , appliqué une ou plusieurs fois par jour sur la partie malade au moyeu d'un pinceau : on empêche par là la consomption de la caroncule , ainsi que le développement de fongosités.
Quant au squirrhe delà caroncule, on peut l'abandonner à lui-même tant qu'il reste stationnaire; mais s'il commençait à être douloureux , à s'ulcérer, en un mot, s'il passait l'état de cancer, il faudrait se hâter de l'extirper, ce qui se fait au moyen d'un crochet avec lequel on saisit la caroncule, qu'on excise ensuite avec les ciseaux ou le bistouri. Des fomentations froides arrêteront l'écoulement du sang s'il était trop abondant, et la petite plaie guérira sans autre secours de l'art.