‹ L'oeil [electronic resource]Chapitre 52 sur 60 · KvmïMiVT , Ucbcr Mijdriasis. Erlangen, I8'i · texte numérisé non relu

KvmïMiVT , Ucbcr Mijdriasis. Erlangen, I8'i

5° Amaurose ( gouVe sereine , sulïusio nigra , nevrosis- • '

retinœ). î '

J'appelle amaurose, l'affaiblissement ou la perte plus o» i f

moins complète de la vue, provenant d'un trouble dans les- 1 «

(1} SERRES , De la caulérisalion de la cornCe transparente , cl*. • m (Revue mOd. fr. et élr., 1 830, loin. HI, pag. 161). ti

•v. Il

fonctions de la rétine, du nerf optique ou des parties du cerveau qui lui donnent naissance : mais sans altération orjjaniquc appréciable pendant la vie, et sans symptômes inflammatoires apparents. Beaucoup d'auteurs ont considéré comme synonymes les termes d'amaurose et de paralysie de la rétine ou du nerf optique. Il est vrai , que lorsque cette paralysie existe, il y a amaurosc : mais cette dernière provient aussi quelquefois de la compression exercée sur les parties chargées de la transmission des images au cerveau, par des tumeurs développées dans ces parties mêmes ou dans celles qui, les environnent; et il est probable que très-souvent l'amaurose ne dépend que d une inflammation chronique de la rétine ou du nerf optique; inflammation qui nécessairement doit être obscure, puisque, si elle Tétait moins, la maladie ne serait plus une amaurose, mais prendrait le nom d'inflammation de la rétine ou du nerf optique.

-J'ai dit que dans l'amaurose l'affaiblissement de la vue n'était accompagnée d'aucune altération organique appréciable pendant la vie : c'est ce qui distingue cette maladie du glaucome, du fongus médullaire commençant, et des antres affections organiques qui entraînent la cécité. ïrèssonvcnt, après la mort même, on ne trouve aucune lésion organique, surtout lorsque l'amaurose a été de courte durée; dans les cas d'amaurose ancienne, par contre, il y a presque constamment une atropbie de la rétine et du nerf optique, une diminution de leur substance nerveuse : quelquefois ou trouve aussi ces parties tuméfiées, dégénérées; d'antres fois, enfin, on les voit comprimées par des tumeurs développées dans leur substance même, ou dans le tissu cellulaire de l'orbite, les os du crâne, la dure-mère, le cerveau. Il résulte de ce que nous venons de dire que, la cause prochaine de l'amaurose n'étant pas toujours la

même, les causes prédisposantes et déterminantes doivent Tarier. On a remarqué que les yeux bruns étaient plus disposés à Tamaurose que les yeux {jris et bleus ; la prédisposition a cette maladie existe également chez les individus sujets aux congestions vers la tête, aux constipations, aux rhumatismes , à la goutte. L'amaurose s'observe dans tous les â^es de la vie; elle est quelquefois congéniale, quoique rarement; chez les vieillards elle survient souvent comme effet de la décrépitude ; enfin , dans 1 âge mûr elle est occasionnée par une foule de causes, parmi lesquelles les principales sont les plaies et contusions de l'ceil et des parties environnantes, surtout de la région sourcilière; la dilacération ou le tiraillement du nerf frontal ou du soûsorbitaire; les commotions de la tête ; l'action sur l'œil d'une lumière trop vive (chez les astronomes, les voyageurs dans les régions couvertes de neige , etc.) , d'une chaleur trop forte (chez les forgerons, les ouvriers de verreries, etc.); l'exercice trop prolongé de la vue, surtout par les veilles, les observations a la loupe et au microscope; les congestions répétées vers la téte, produites souvent par des excès, de table ou par des vêtements trop serrés au cou et au bas-ventre, par l'usage prolongé des narcotiques et de quelques amers, tels que la centaurée, le quassia, le houblon, le café de chicorée; la suppressiop de la transpiration, d'éruptions cutanées, d'ulcères chroniques, d'hémorrliagies habituelles, d'un coryza; la rétropnlsion du rlumiatisme ou de la goutte; la présence des vers dans le canal intestinal . des calculs dans la vessie ou l'urèthre ; les accès hystériques, la grossesse, les pollutions trop fréquentes, la masturbation, le coït trop souvent répété; cnOn, les scrofules, la syphilis et les autres causes qu' favorisent le développement de tumeurs dans l'œil ou 5«i partie» environnantes.

Suivant la nature de ces causes , on a divisé Vamaurose en essentielle on idiopalhiqiie . sympathique ".t symptomaiique. Suivant son degré de développement , on a divisé ■la maladie en faiblesse de la uue , [hebeiudo visas), amblj opie, amaiirose incomjûèle et amaurose complète ; il y -a même des auteurs qui on fait de la faiblesse de la vue et de l'amblj'opie une maladie particidière ; mais elles ne sont fiffectivement que Tes premiers degrés de 1 amaurose , lesquels, à la vérité, peuvent persister plus ou moins longtemps, mais qui ne passent que trop souvent à l'état d'amaurose complète. Une distinction très-imporfante sous le rapport thérapeutique, c'est celle de l amanrose en couyeslive et nerveuse; cette dernière doit ensuite être subdivisée en amaurose par irritation nerveuse et amaurose paralytique. Ces noms indiquent suffisamment sur quoi est fondée cette division.

L'amaurose peut aussi présenter dilTérentcs variétés par -suite de sg complication avec d'autres affections; les plus fréquentes de ces complications sont celles avec la cataracte, le glaucome, la synchyse, Thydrophtlialmie. les ophtlialmieS chroniques , le staphylome de la sclérotique.

Le symptôme essentiel de l'amaurose c'est une diminution progressive de la vue ou une abolition complète de cette fonction. Cet affaiblissement de la vue est quelquefois le seul symptôme maladif, mais le plus souvent il s'accompagne de la vue de mouches volantes, d'étincelles ou de figures luisantes qui passent et repassent devant l'œil et troublent la vue ; tous les objets apparaissent comme à travers un voile ou un réseau ( visus reliculosus) ; le malade est tourmenté par des douleurs violentes dans la tête, du côté de Tœil affecté; ces douleurs persistent ordinairement jusqu'à ce que la vue soit, complètement détruite de ce côté; puis, se portent sur l'autre moitié du crâne, et

ne se dissipent que lorsque l'Emaiirose est également com- |ilètc au second œil. L'œil malade lui-même ne présente quelquefois rien d'anormal : mais le plus souvent la pupille est dilatée, immobile et moins noire que dans l'état normal , sans cependant que les milieux transparents fussent troublés. Ouclqiiefois la pupille est irrcgulièrc ; dans des cas assez rares elles est rétrécie. On a vu aussi l'iris conserver sa mobilité, ce qui fréquemment est dû à ce que I iris de l'œil amaurotique suit les mouvements exécutés par celui de l'œil sain ou peu affecté.

L'amaurose se développe plus ou moins rapidement; elle est quelquefois subite, surtout après des commotions violentes de l'œil , des coups d'apoplexie ; d'autres fois elle fait des progrès très-lents , reste même stationnaire à un degré peu avancé. Le plus souvent elle ne se montre d'abord qu'à un œil , mais affecte l'autre plus tard.

La marche et les symptômes qui viennent d'être indiqués, subissent différentes modiCcations , suivant les causes de l'amaurose ou sa nature congestive ou nerveuse. Les modifications occasionnées par les causes de l'amaurose sont nombreuses et se conçoivent facilement : c'est ainsi, par exemple, que l'amaurose par contusion de l'œil présente, outre la cécité, des lésions plus ou moins considérables k l'œil; celle due à la compression produite sur l'œil par une exostose de l'orbite, s'accompagne d'une déformation du globe de l'œil ou de la saillie de cet organe hors de l'orbite [exophtlialmie ): l'amaurose par rétrocession de la goutte occasionne des douleurs très-vives dans la région sus-orbifaire , etc. Outre ces symptômes locaux , les causes de l'amaurose produisent quelquefois encore des symptômes généraux qui méritent toujours la plus grande attention, parce que c'est souvent par eux seuls que le médecin parvient a découvrir la cause de la goutte sereine. Mais ce

qui n'est pas moins digjne d'attention , c'est la nature ou le caractère de l'amaurose. Nous avons dit plus haut que cette maladie pouvait être congfsstive ou nerveuse.

Jjuinaurose par congestion dépend , comme son nom l'indique, d'une congestion sanguine vers l'œil ou le cerveau, congestion qui occasionne probablement une certaine compression des parties nerveuses desquelles dépend la vision , d'où résulte alors le trouble de cette fonction. 11 est à présumer que dans bien des cas cette amaurose est produite par une inflammation chronique de la rétine.

Tout ce qui favorise l'alïlux du sang vers la tête dispose à cette amaurose. Le caractère congestif est également propre aux amauroses qui proviennent de la suppression d'exanthèmes, d bémorrhagies et de coryza habituels, de la rétrocession de la goutte et du rhumatisme.

L'amaurose par congestion se distingue par la couleur noire des mouches volantes ; lorsque le malade distingue encore les objets, ils lui paraissent d'une couleur plus foncée qu'ils ne le sont effectivement; le voile ii travers lequel il croit voir, devient de plus en plus foncé , jusqu'à ce qu'enfin la cécité soit complète. Au grand jour le malade voit mieux que le soir; il sent de la pesanteur et une douleur obtuse dans la région sourcilière. Le bord des paupières est ordinairement rouge h l'intérieur et la conjonctive oculaire parcourue par des vaisseaux injectés. La pupille est dilatée, et lorsque les deux yeux sont malades, la dilatation des deux pupilles est souvent inégale. Tout ce qui augmente l'afllux du sang vers la tête augmente l'amaurose, et par contre le malade se trouve mieux après des évacuations sanguines ou alvincs.

Si l'amaurose par congestion fait des progrès , elle se termine par l'amaurose paralytique.

h'amaurose nerveuse se subdivise en arnaurose par irritation nerveuse et en amaiirose paralytique.

Uamaurose par imMion nerveuse, ou par éréthisme , se manifeste surtout cliez les individus nerveux à iris Lieus ou gris, a la suite d'alTcctions morales tristes , d'évacuations abondantes de sang, de sperme ou autres; d'une application trop soutenue des yeux , surtout par l'observation de petits objets fortement éclairés. C'estcetle espèce d'amaurose que provoquent quelquefois les vers intestinaux , rbystérie, l'épilepsie.

Les signes qui distinguent l'amaurose par éréthisme, sont d abord les symptômes d une irritation nerveuse générale et ensuite les symptômes locaux. Cette espèce d'amaurose commence ordinairement par l'exaltation de la faculté visuelle; le malade voit les objets beaucoup plus distinctement qu'avant d'être malade ( oxyopie). et la imit il reconnaît les objets mieux, que ne le font les personnes bien portantes. Cette exaltation ne duré cependant pas ; elle occasionne la fatigue de l'œil , du larmoiement et de la pbotopbobie : cette sensibilité à la lumière peut devenir tellement forte, que le malade ne peut se servir de ses yeux que la nuit ou dans un appartement fortement obscurci, où il distingue alors encore ajsez bien les objets. Lorsqu'il peut regarder au jour des objets colorés , il les trouve plus clairs qu'ils ne le sont effectivement; il voit aussi des moiicbes volantes , des étincelles très-luisantes et qui présentent quelquefois tontes les couleurs de l'arccn-ciel [chnipsie). Peu h peu un brouillard clair enveloppe tous les objets ; le trouble de la vision et la vue d'étincelles qui au commencement faisaient des rémissions, deviennent permanents ; la pupille , qui était rétrécie , mais pouvait se dilater, devient irrégulière, immobile. Enfin les étincelles et le brouillard blancliâtre et luisant passent »

la couleur verte ou bleue , puis s'obscurcissent de plus en plus, jusqu'à ce qu'enGn le malade ne distingue plus rien et que l irrifation nerveuse se soit terminée par la paralysie.

li'amaurose paj'alytique peut non-seulement être la suite des deux précédentes variétés, mais aussi être primitive, et alors elle est surtout occasionnée par l'exercice trop prolongé de la vue , l'impression d'une lumière trop vive, la commotion de l'œil, la blessure de la rétine, l'action trop intense et trop souvent répétée de la belladone sur l'œil, l'abus des narcotiques, l'apoplexie, les pertes sanguines et spermatiques fréquentes , le marasme.

Cette espèce d'amaurose se caractérise par les symptômes suivants : nn voile noir couvre les objets et les fait paraître d'une couleur plus foncée que celle qu'ils ont elTectivement ;les mouches volantes sont également noires; le malade voit mieux lorsque la clarté est très-forte et que des inlluences stimulantes agissent sur lui; peu à peu la pupille se dilate, l'iris devient immobile, les mouvements du globe de 1 œil et des paupières perdent de leur vivacité, et lorsque l'amaurose est complète, l'œil est presque immobile. I^es vaisseaux sanguins de la conjonctive ne sont point injectés dans l'amaurose paralytique.

Les trois espèces d'amaurose qui viennent d'être décrites ne présentent pas toujours des caractères bien tranchés , et quelquefois il est difficile de dire a laquelle des trois appartient le cas qu'on a devant les yeux. Ces cas sont fâcheux , parce qu'ils laissent le médecin sans guide pour le traitement.

L'amaurose peut être confondue, surtout h son début, avec la cataracte conmicnçnnte et la cataracte noire : nous avons indit|ué h l'article cataracte, les signes dilTércntiels de ces deux maladies, L'amaurose se distinguo du glau-

comc par l'obscurcissenlcnt verdâtre dti corps vitré , qui est propre à la dernière de ces maladies. Les autres affections de l'œil ne peuvent être facilement confondues avec la goutte sereine.

Le pronostic de cette maladie est toujours tiès-grave : L'amaurose est une des maladies les plus rebelles ; aussi longtemps qu'elle est incomplète, on est déjà assez heureux lorsqu'on parvient à en arrêter la marche : lorsqu'elle est complète, on peut la considc'-er comme incurable. Celles qui offrent encore le plus de chances de guérison , sont les amauroses par irritation nerveuse, occasionnées par des accès d'hystérie ou d'épilepsie, les vers intestinaux, la grossesse; l'affection de i l'oeil disparaît alors quelquefois avec la cause qui lui a donné naissance. Les amauroses par congestion offrent déjà moins de chances de guérison. L'amaurose goutteuse et. les amauroses paralytiques sont les plus fâcheuses.

Le traitement de l'amaurose présente deux indications principales : combattre la cause de l'affection de l œil et remédier h cette affection elle-même. Je ne m'arrêterai point à la première de ces indications; chaque médecin doit savoir la remplir: il combattra lapoplexie, la goutte, le rhumatisme, lorsque ces maladies auront occasionné l'amaurose; il fera reparaître les exanthèmes dans les cas où la suppression de ceux-ci aura été la cause de l'affection de l'oeil; lofsquecelle-ci sera due h l abus des narcotiques ou des amers, il fera discontinuer aussitôt l'usage de ces moyens et employer les acides; l'amaurose rccormaît-elle pour cause des constipations opiniâtres, ce qu'on voit surtout chez les hypochondriaques, l'usage des laxatifs légers conviendra parfaitement; une cicatrice au front occasionne-t-elle le tiraillementdu nerf frontal et par suite l'amaurose. le meilleur moyen consiste à inciser la cicatrice asseï profondément

pour couper le nerf , et ii tâcher ensuite d'obtenir une cicatrice plus large; et ainsi de suite pour les autres causes de l'amaurose. Mais le plus souvent il ne suffit pas de combattre ces causes , que fréquemment nous ne découvrons pas même; nous sommes alors obligés de diriger nos moyens contre l'amaurose elle-même, en nous laissant guider dans le choix de la médication par le caractère de l'affection.

L'amaurose par congestion doit être combattue, suivant que l'aDlux de sang est plus ou moins considérable , par les saignées générales et locales, les applications froides a l'œil et à la tête, les sinapisrnes et les pcdiluves sinapisés , les sels neutres h l'intérieur, la diète et les boissons aqueuses. Après avoir diminué la congestion par ces moyens, on retire beaucoup d'avantage de l'emploi du tartre stibic en lavage, conjointement avec les sels neutres..

L'amaurose par éréthisme nerveux exige surtout que le malade soit mis dans des circonstances propres a améliorer son état nerveux général ; l'air de la campagne , la vue sur une prairie, les promenades peu fatigantes, les bains simples ou ferrugineux, l'abstinence de tout aliment indigeste, de toute boisson échauffante, la tranquillité d'âme, sont ce qui lui convient le mieux, et contribuent souvent bien plus h son rétablissement que les moyens médicamenteux. Parmi ces derniers l'eau de laurier-cerise, employée seule a l'intérieur ou conjointement avec les sels neutres, présente encore les résultats les plus favorables. La belladone, la pulsatille et l'aconit, tant préconisés, réussissent rarement. Les. toniques sont quelquefois indiqués par l'état général du corps. A l'extérieur on emploie les révulsifs *peu douloureux et peu irritants, les pédiluves, les sinapisrnes , l'onguent et î emplàtre stibiés. Sur l'œil même on fait plusieurs fois par jour des fomentations froides ; toute autre application serait nuisible.

L'amanrose piiraly tique doit être traitée à l'intéi-ieiir par les toniques et les excitants, principalement la valériane, l'arnica , les ferrugineux, aidés d'ini régime nourrissant. A l'extérieur on emploie les révulsifs les plus énergiques, les vésicatoires volants, la cautérisation syncipitale avec la poincnadc ammoniacale, le séton à la nuque, les cautères au bras, à l apopliysc mastoïdc. sur le sommet de la tête ; les moxas au front. Sur l'œil même on n'applitiue rien lorsque l'amaurose provient d'an état de faiblesse générale; mais lorsque l'amaurose dépend d'un alTaiblissement, d une paralysie de la rétine ou du nerf optique seuls, on emploie quelquefois avec succès l'électricité et le galvanisme, la cautérisation du bord de la cornée (1) , la strychnine en frictions , ou mieux encore par la méthode endermique dans la région sourcilière ou temporale (2) ; les frictions spiritueuses dans cette région, les vapeurs spiritueuses ou ammoniacales dirigées sur l'œil, les onguents de précipité rouge on blanc, ou de sublimé corrosif, introduits entre les paupières. Dans ces cas le malade devra être exposé aussi à 1 action vivifiante de la lumière.

Les règles que nous venons d indiquer pour le traitement de l'amaurose, suffiront pour classer cette foule do remèdes qu on a tour h tour vantés et abandonnes de nouveau ; elles serviront aussi de guide an médecin dans les cas complexes, où il est quelquefois si difficile de combiner nn traitement approprié. Ajoutons que, dans les cas

(l)SEnRKS^ ne la caulérisation de la çoriiOe irausparenle elc. (llevuc mi-dicale fraiiç, etrilraiig., I830,loni. III, pag. 161 ).

(3) Short, On ihe Ivcalment of umaurosis by strychnine. {The Edinbuigh incdical and surgical journal, October l830. — The Lancet ,\8Z'Ô — 1831 , vol. l,pag. 90).

assez nombreux ob il n'existe aucune indication précise , M. DcpuïTREN emploie h I Hôtel-Dieu un traitement qui consiste dans une saignée suivie d'un émétique, puis d un purgatif drastique : ensuite on passe un selon h la nuque, et aussitôt que la suppuration est bien établie, l'application de vésicatoires volants sur le front, les tempes, la région mastoïdienne. Chaque vésicatoire n'est maintenu en suppuration que pendant trois jours; puis on en applique au antre h côté du premier,. et ainsi de suite : quelquefois on a porté le nombre de ces vésicatoires jusqu'à . vingt , trente et même soixante. Au moyen de ce traitement on a réussi quelquefois à guérir l'amaurose ; néanmoins, avouons-le, nos ressources médicales sont encore bien insuffisantes contre cette terrible rnaladic, qui, dans le plus grand nombre de cas , prive l'homme de son bien le plus précienx . et le rend à chargea lui-même et à la société.

Trnka t>i.^rzo-v/itz. nistoriaama%iroseos,etc. Vi7idnh.,\'yS}. HoAREAU, Dissertation sur l'amaurose. Paris, 1802.

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RocNETTA, Piccherchcs sur les causes et le siège de l'amaurose. (Revue médicale franc, et étrang.. 1832, tom. IV, pag. 371 ). ' ' .

6° Héméralopie ( vue diurne, cccilé nocturne , amhlyopie crépusculaire, dysopia tenebrarnm ) c< 7!jyc/a/û^ie ( rwR nocturne, cécité diurne , amblyopia meridiana , dysopia Itiminis).

Il y a des auteurs qui ont appelé liémcralopie la privation de la vue pendant le jour, et nyetalopie celle pendant la nuit: mais communément on entend par héméralopie la vue diurne, ou la privation de la vue pendant la nuit, et par nyetalopie Tétat opposé.

li héméralopie est une maladie qui se développe sans cause connue, mais affecte le plus souvent des individus exposés au froid et à l'humidité; elle est endémique dans quelques contrées, et a régné épidcuiiquement eu différents endroits, entre autres a Strasbourg, 1787 etenl8o2.

Il existe deux variétés d'héméralopie. Dans l'une les malades jouissent de la vue pendant toute la journée, que l'endroit où ils se trouvent soit fortement ou faiblement éclairé, et ils deviennent aveugles subitement ou peu à peu àussitôt que le soleil se couche, et quand même ils se trouveraient dans un appartement bien éclairé; au soleil levant la vue revient h ces malades. D'autres, au contraire, jouissent delà vue non-seulement au grand jour, mais aussi la nuit lorsque l'appartement est bien éclairé; mais ils sont aveugles le soir et dans un endroit peu éclairé. Cette dernière variété de l'héméralopie n'est qu'une faiblesse de la vue, premier degré de l'amaurosc , et ne doit pas nous occuper ici.

Les yeux des héméralopes ne présentent rien d'anormal, sinon une légère dilatation de la pupille et une certaine lenteur dans les mouvements de l'iris. Il est rare que les malades se plaignent do pression daus l'œil et de céphalalgie

Abandonnée à elle-même, rhéméralopie se dissipe ordinairement au bout de quelques semaines ou de quelques mois; traitée convenablement, elle cède quelquefois dans l'espace de peu de jours.

Le caractère périodique de la maladie, l'ayant fait considérer comme une amaurose intermittente, a dû porter les médecins h la combattre par le quinquina et ses préparations ; mais ces moyens n'ont pas eu le succès qu'on en attendait, et jusqu à présent on a le mieux réussi par les éméto-cathartiques administrés de deux jours l'un jusqu'à la disparition de la maladie : on applique en même temps des vésicatoircs h la nuque ou derrière les oreilles, et on entretient une légère diapliorèse par des boissons sudorifiques. Si la maladie résistait à ces moyens, on emploierait la valériane à l'iiitérieur.ct l'on dirigerait sur l'œil des vapeurs du foie de bœuf cuit dans l'eau, du café, de l'ambre, du storax, remèdes qui ont été recommandés par différents auteurs.

La nyctalopie présente également deux variétés, dont l'ime n'est que le symplôme d'ime sensibilité exaltée delà rétine , d'une cataracte ou d'ime taie centrale de la cornée ; maladies. qui cmpêcbent la vue d'être aussi distincte le jour que la nuit, soit à cause de l'impression douloureuse que cause la clarté, soit à cause du rétrécissement de la pupille , qui a lieu sous l'influence de la lumière. Dans cette nyctalopie symptomatique les malades sont également aveugles la nuit lorsqu'ils se trouvent dans une chambre fortement éclairée, tandis qu'ils jouissent de la vue durant la journée, s'ils se tiennent dans un endroit suflîsamment obscurci. Je ne m'arrêterai pas plus longtemps à cet état symptomatique, dont le traitement varie naturellement suivant qu'il est occasionné par telle ou telle maladie.

La nyctalopie proprement dite ou essentielle est une

maladie très-rare, qui est caractérisée par l'impossibilité dans laquelle se trouvent les malades de se servir de leurs yeux pendant la journée, même dans un endroit obscur, à cause des douleurs et du larmoiement qui en résultent; tandis qu'ils distinguent très-bien les objets le soir et la nuit, même à une lumière artilîcielle très-forte.

Le traitement de la nyctalopie est le même que celui de l'héméralopie.

Simpson , Observations on hemeralopia or nociurnal bi'nidness. Glasgoiv, 1819.

H. C. E. Riciiteh , Diss. inaug. med. exhibens très hevieralopiœ s. cœcitatis nocturnœ congenitœ casiis , additis quibusdam adnotationibus hune morbum in universum speclantihus. Jen., 1828. (Radios , Script, ophlh. min., V, 3, pag. l73).

Capon , Dissertation sur la nyctalopie. Paris, l803.

Ephem. tiatur. curies. , dec. III , a. 5, 6, ohs. 5G.

7° Ilémiopîe ( visus dimidiatus , visus partialis, visus iuterruptus ).

Il arrive dans des cas assez rares que des individus ne peuvent voir que la moitié des objets qu ils Gxènt , soit la moitié supérieure ou inférieure, soit une moitié latérale : on en a même vu qui ne distinguaient que la partie centrale des objets, et d autres qui n'en distinguaient que la périphérie. Ces deux dernières variétés ont été nommées hémiopie centrale et hémiopie périphérique.

L'Iiémiopie se manifeste ordinairement sur un seul œil, et paraît provenir d'une paralysie partielle de la rétine, dont on a cherché h se rendre compte par la semi-décus-

sation des nerfs optiques (1) ; aussi survient-elle le pins souvent à la suite de coups portés sur l'œil , ou de commotions de cet organe. Quelques auteurs prétendent qu'elle peut aussi être due à des obscurcissements partiels des milieux transparents : on l a également observée dans I Lystérie et d'autres maladies spasmodiqiies , ainsi que dans plusieurs cas d'altérations organiques du cerveau. L'bémiopie n'étant qu'un sjmptôme , on dirige le traitement contre les maladies qui lui ont donné naissance.-

8° Dijjlopie ( vue double ).

L'anomalie de la vision, qui fait qu'on voit doubles les objets qu'on regarde, a été appelée diplopie. Elle dépend le plus souvent d'un défaut de parallélisme entre les deux yeux, du strabisme, et n'existe alors que lorsque le malade se sert des deux yeux , mais disparaît dès qu'il en ferme un ( voyez l'article Strabisme ). Quelquefois la diplopie tient à une déformation de la cornée, à des facettes de cette membrane; lorsque ces causes n'existent point, et que le malade voit double, lors même qu'il ferme un œil, la diplopie provient d'une lésion de la rétine ou du nerf optique ; d'une paralysie du centre de la rétine , suivant M. Pravaz (2). C'est d'une lésion analogue que dépend probablement aussi la vue triplé , dont on a observé quel-

(1) Pbavaz, Considérations sur quelques anomalies delà vision. ( Archives gen. de méd. , 1825, totn. Vlir , pag. 59). — Ejusd. Hi-iloire d'un cas d'hémiople , suivie de quelques réflexions. {Ibid., tora. IX, pag. 485).

(2) Archives gén. de médecine^ 1825, tom. Vîir, pag. 59.

ques cas. La maladie décrite par M. Reed (1) sous le nom de Monoclepsis , et qui consistait dans le trouble de la vue lorsque le malade se servait des deux yeux, tandis qu'en fermant un œil la vue était bonne, se rapproche de la première espèce de diplopie.

Le traitement de la vue double varie suivant ses causes; lorsque celles-ci sont cachées , le caractère congestif ou nerveux de la maladie guide le médecin comme dans l'amaurose (voyez cet article).

J. J. Klauhold , De visu diiplicaio. Argent. 1746. (Alb. Haller , Dispulalio7ies ad morboruvi historiam et curationem , etc., tom. I"^. )

9° Berlue [y\s\o phantasmatum ).

On entend par ce nom un trouble delà vision , qui consiste dans la vue d'objets imaginaires ou d'objets que, du moins, le malade seul aperçoit. Cette affection présente plusieurs variétés , qui ont reçu des noms différents.

a. La plus fréquente de ces variétés est celle qui a été appelée »J0wc/tcs volantes, myodésopuie, filaments ou nuages voltigeants, imaginations perpétuelles, scotomata, scotosis, visus reticulosus. I/es individus affectés de ce trouble de la vision croient avoir devant les yeux, soit continuellement, soit par intervalles, des Ulaments, un réseau. des nuages, des insectes, des taches de différentes formes, qui troublent plus ou moins l'intégrité de la vue, et se font surtout remarquer lorsque le regard est dirigé vers une surface blanche.

Il ne faut pas confondre avec cette variété de la berlue

(1) The Lancet, 1831 —1832^ vol. 1, pag. 167.

les taches et les filaments que voient les malades affectés d'obscurcissements partiels de la cornée ou du cristallin, ou chez lesquels le mucus, sécrété en trop grande abondance par les glandes de Meibomius, est étendu sur la surface antérieure de l'œil par les mouvements des paupières.

La cause prochaine des mouches volantes a été cherchée tantôt dans une congestion sanguine de la rétine, tantôt dans une névrose de cet organe ou du nerf optique, tantôt dans la présence de particules concrétées dans 1 humeur de Morgagni ou dans l'humeur aqueuse ; enfin, les recherches récentes du professeurNouDMASN d'Odessa(l), qui prouvent que des entozoaires infusoires existent quelquefois dans les humeurs de l'œil, pourraient donner lieu à une nouvelle explication des mouches volantes. Il est probable que chacune de ces opinions est vraie dans cer- , tains cas , et il serait a désirer que nous eussions des signes certains pour reconnaître dans chaque cas la nature de la maladie. Cette distinctipn serait très-importante par rapport au pronostic et au traitement de la maladie; car s'il est vrai que très -souvent les mouches volantes sont les précurseurs de l amaurose, et il est constaté aussi que, dans la très-grande majorité des cas, les mouches volantes restent au même degré pendant toute la vie, et que les malades s'y habituent même au point de ne plus y faire attention.

Une distinction qui, sans être absolument rigoureuse; présente cependant quelque utilité, est celle des filaments en fixes et en mobiles. Les premiers, qui ne chan-

(l) Mikrographische Beitrcige zur Naluri^eschichtc der wirbellosen Thierc. Berlin, 1832.

gent jamais de place par rapport au globe da l'œil , et restent immobiles aussitôt que l'œil cesse de se mouvoir, paraissent provenir le plus souvent d'une congestion dans les vaisseaux de la rétine, ou d'une altération partielle de cette membrane, et sont fréquemment le symptôme précurseur de l'amaurose. Ceux par contre qui voltigent , changent de place, lors même que l'œil est immobile? peuvent plutôt être attribués à une névrose de l'œil , d'autant plus qu'on les observe très-fréquemment chez les hypochondriaques et les hystériques.

Le pronostic des mouches volantes est beaucoup moins grave qu'on ne le croit généralement. Les malades sont toujours fort effrayés, parce qu'ils savent que l'amaurose commence habituellement par ce symptôme. Nous avons vu que, dans le plus grand nombre des cas, ces mouches volantes n'augmentent pas ; que même le malade s'y habitue au point de ne plus y faire attention.

Le traitement des mouches volantes varie suivant leur nature. Celles qui dépendent d'une congestion ou d'une altération organique de la rétine, et qui précèdent l'amaurose, sont à traiter d'après les préceptes énoncés à l'article Amaurose. Celles qui se manifestent chez les personnes nerveuses, hystériques, disparaissent ordinairement par l'effet d'un régime bien entendu , du séjour à la campagne, des médicaments antispasmodiques. Les mouches volantes qu'on observe si souvent chez les individus sujets aux constipations, sont quelquefois très-opiniâtres, mais diminuent du moins ordinairement par l'usage de légers laxatifs et d'un régime bien ordonné.

Lorsque la cause des mouches volantes est complètement cachée, et qu'elles ne sont accompagnées d'aucun autre symptôme, elles résistent à tous les moyens médicamenteux j le médecin se bornera alors à tranquilliser le

malade, et à lui conseiller de se distraire et de ne pas trop fatiguer ses yeux.

b. Une seconde variété de la berlue consiste dans la vue d'étincelles, de feux, d'éclairs, et a été appelée p'^o^ops je, pyropsie, vue pjyrojDiiç'Jtt'. Elle est toujours symptomatique, soit d'une ophtbalmie, soit de l'amaurose, soit d'une contusion ou commotion de rœil. soit d'une pression de cet organe.

c. Une affection qui a de l'analogie avec la précédente , et qui a reçu le nom de chrupsie , cJirotnopsia , se caractérise par la vue d'une ou de plusieurs couleurs , quelquefois de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel , que le malade a constamment devant les yeux, que ceux-ci soient ouverts ou fermés. Souvent alors tous les objets qu'il regarde, lui paraissent être autrement colorés qu'ils ne le sont en effet; c'est un symptôme très-inquiétant pour le malade, qui provient d'une contusion ou pression de l'œil , d'une cataracte commençante, ou se manifeste dans l'amaurose, surtout dans celle qui survient à la suite de l'opération de la cataracte.

d. Quelquefois, dans la cataracte et l'amaurose commençante, les malades voient tous les objets autrement qu'ils ne sont, défigurés, difformes ; c'est ce qu'on a nommé métamorphosie.

Tous ces troubles symptomatiques de la vue n'exigent d'autre traitement que celui dirigé contre l'affection principale.

G. ScnEiD, De quihusdam visus viliis. Jrgent., 1720. André*, TJeher dus Flockenschn\ (Guj^;ri5 u. Waltueu's Journal, Bd. S , II. l u. 3.)

10" Oxijopip. (galeropîa).

On a doimé ce nom à l'exaltation de la sensibilité de

la rétine, qui fait que tous les objets paraissent beaucoup plus distincts , que le malade peut même les reconnaître h une faible clarté, tandis qu'une lujnière un peu vive lui cause des douleurs. L'oxyopie se manifeste quelquefois dans l'amaurose commençante, d'autres fois on l'observe chez des individus qui sont restés longtemps dans des endroits obscurs , des cacliots, par exemple : dans le premier cas le traitement de cette affection consiste à combattre l'amaurose (voyez cet article); daas le second, les yeux doivent être habitués peu a peu à supporter l'impression de la lumière.

Il" Photophohie.

Nous avons déjà dit au commencement de cet ouvrage, qu'on appelle photophobie, la difficulté de supporter l'impression de la lumière. Cette affection est rarement idiopathique; le plus souvent elle accompagne les inflammations de l'œil : elle est surtout très-prononcée dans l'ophthalmie scrofuleuse; aussi est-ce en parlant de cette dernière maladie, que nous avons indiqué les moyens par lesquels on combat la photophobie et le spasme des paupières que celle-ci occasionne toujours (voy. pag. 160).

12' Achromatopsie ( chromatopseudopsia , chromatometablepsia , chromatodysopsia ).

Cette anomalie de la vision consiste dans l'impossibilité de distinguer certaines couleurs. Lorsqu'elle est idiopalhique, cette affection est toujours congéniale ; plus tard elle ne se manifeste jamais q<ie comme symptôme de la cataracte et de l'amaurose commençantes et du glaucome.

On a vu quelques cas où cette achromatopsie était corn-

plète , où le malade ne pouvait distinguer aucune couleur, tous les objets lui paraissant grisâtres. Ordinairement Tal:fection se borne à quelques couleurs que les malades ne peuvent reconnaître; par exemple, ils ne peuvent distinguer les différentes nuances de rouge, anomalie qui a été appelée aiierythroblepsia ; le plus souvent cependant c'est la couleur bleue que les malades confondent avec le vert : cette dernière variété a reçu le nom aîcjranoblepsia. Lorsque cette affection est idiopatbique , elle est incurable; lorsqu'elle est symptomatique, le traitement doit être dirigé contre la maladie qui lui donne naissance.

13o Myopie (dyspbobia, vue Lasse (et presbytie ( presbyopie ).

La myopie est un défaut de la vue, qui fait que l'individu qui en est affecté ne peut pas distinguer clairement les objets un peu petits, éloignés de ses yeux de plus d'un pied à un pied et demi. La presbytie est le défaut contraire ; l'impossibilité de reconnaître les objets rapprochés des yeux de plus d'un pied. Dans les deux cas la vue est fort bonne en deçà et au delà de la distance indiquée.

La cause prochaine de ces deux défauts réside peut-être quelquefois dans une altération particulière de la rétine ; mais le plus souvent elle consiste dans une conformation vicieuse du globe de l'œil. Lorsque les milieux transparents de l'œil sont trop denses ou ont des surfaces trop convexes, lindividu est myope; la réfraction des rayons lumineux se fait trop fortement, et le sommet du cône que forment ces rayons dans l'intérieur de l'œil, au lieu d'atteindre la rétine, tombe en deçà de cette membrane; les rayons dispersés de nouveau vont frapper isolément la ré-

tine, et occasionnent ainsi le trouble de la vue. Anssi l'individu, pour bien voir un objet, le rapproche-t-il de ses yeux ou le regarde- t-il h travers un verre concave ; dans les deux cas il rend plus divergents les rayons lumineux qui viennent frapper son œil, ce qui les empêche, dans l'intérieur de l'oeil, de se rassembler trop tôt, et fait par conséquent tomber sur la rétine le sommet du cône qu'ils forment ; condition essentielle pour la netteté de la vue. Les mêmes principes d'optique, dont nous supposons la connaissance , expliquent aussi la presbytie lorsque les milieux transparents sont trop peu denses , ou que les plans qui les limitent sont trop aplatis. Le sommet du cône lumineux tomberait alors derrière la rétine, si on ne facilitait aux parties transparentes la réfraction des rayons lumineux , en éloignant les objets ou en plaçant entre eux et l'œil un verre convexe.

La myopie est ordinairement un vice congénial, surtout fréquent chez les personnes qui ont les yeux saillants : on l'observe plus souvent sur les jeunes gens que sur les individus d un âge mûr et les vieillards, parce qu'à mesure que l'homme avance en âge, les humeurs de l'œil diminuent et l'organe s'aplatit au point que la myopie peut se perdre complètement. Ce vice est aussi occasionné quelquefois par l'habitude de regarder de petits objets de très-près, ou à travers des verres concaves; c'est ainsi que, durant les guerres de Napoléon, beaucoup déjeunes gens se rendaient myopes en s'habituant à porter des lunettes très-fortes , afin de se soustraire au service militaire. Enfin, la myopie est quelquefois due aussi à rydrophthalmie , maladie qui allonge le diamètre antcro-postérieur de l'œil. Les^yeux myopes ont souvent la cornée très-convexe, d'autres fois cette membrane paraît dans l'état normal ; la pupille est ordinairement dilatée.

La presbytie est rare chez les jeunes gens : on l'obscrTesurtout chez les vieillards par suite de la diminution des humeurs de l'œil et de l'aplatissement de cet organe, qui ont lieu dans un âge avancé. Les individus opérés de la cataracte deviennent également presbytes, ce qui se conçoit aisément quand on songe qu'après cette opération les ravons lumineux passent plus à travers le cristallin, corps convexe et dense qui augmentait de beaucoup la réfraction.

La myopie et la presbytie sont des défauts incurables ; la première cependant diminue souvent par les progrès de l'âge. Mais si la médecine est impuissante contre ces maux, la physique du moins indique le moyen de les rendre peu gênants ; c'est elle qui enseigne aux myopes de regarder les objets à travei s des verres concaves , et aux presbytes de se servir de verres convexes, pour bien distinguer les objets.

Le médecin oculiste est si souvent consulté sur les verres t dont les myopes et les presbytes doivent se servir, que quelques considérations sur ce sujet ne paraîtront pas su perflues.

Pour rendre la vue plus nette, les verres sont employés sous différentes formes, qui portent les noms de lorgnette, lorgnon, loupe, lunettes, etc. Les myopes et les presbytes se servent surtout de lunettes; c'est la forme la plus commode et la plus avantageuse, puisque par elle les verres sont fixc'S à la tête, dont ils suivent les mouvements, et que chaque œil , ayant son verre, est également exercé.

Les verres ordinaires sont faits de crown-glass ; ceux en flint-glass sont plus chers, mais préférables, parce que le llint-glass est plus pur et n'a pas la teinte verte du crownglass ; enfin, les plus beaux sont en cristal de roche dtï Brésil, mais reviennent très-chers.

Les verres h lunettes sont ou plans , ou convexes , on concaves. Les verres plans ne peuvent rendre la vue plus distincte; ils servent seulement à garantir les yeux delà poussière et de l'impression trop vive de la lumière : dans ce dernier but on les colore diversement. Les verres bleus ou azurés méritent la préférence sur les verts, qui souvent, quand on s'en est servi pendant quelques heures , font paraître jaunes et rouges tous les objets. Les verres convexes peuvent l'être sur les deux faces , et sont alors appelés biconvexes, lenticulaires ; ou ne le sont que sur une face, l'autre étant plane, ce qui constitue les verres plan-cunvexes ; ou enfin une face peut être convexe, et l'autre concave , de manière cependant que la concavité soit moins forte que la convexité; le verre est alors concave-convexe. Les premiers sont les plus forts ; les derniers sont les plus faibles, présentent l'avantage d'avoir plusieurs foyers , et de permettre par conséquent à la personne qui s'en sert de diriger ses regards de côté sans tourner la tête, ce qu'elle ne peut faire en se servant des autres verres, qui n'ont qu'un foyer. Ce que je viens de dire des verres convexes s'applique également aux verres concaves . qui sont aussi biconcaves, plan-concaves ou convexes-concaves. Les verres concaves-convexes et convexes-concaves ont été appelés périscopiques. On a nommé conserves les verres faiblement convexes ou faiblement concaves ; on devrait cependant réserver ce nom aax verres plans , destinés h garantir l'œil de la poussière ou de l'impression vive de la lumière.

Tous ces verres peuvent être diversement colorés pour les yeux irritables.

Sur chaque verre convexe ou concave il y a ordinairement un chiffre qui, suivant l'opinion presque générale? indique en pouces le foyer du verre; tandis que, suivant

M. JuNGKE» (1), il indique la longueur en pouces du rayon de courbure, ou, en d'autres mots, d un rayon de la sphère dont le verre représente un segment. Les numéros les plus rapprochés de l'unité sont nécessairement les plus forts.

En choisissant des verres, on fait bien de les essayer à chaque œil , pour voir si la force des deux yeux est la même. Si celle-ci était différente aux deux organes, il faudrait aussi se servir de verres à numéros différents. Si , au moyen du verre . l'œil voit distinctement et sans se fatiguer, on peut s'en servir sans inconvénient ; tandis que, lorsque le verre fatigue l'œil , il augmente la myopie ou la presbytie, et peut même occasionner une amblyopie.

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