RL CS OME
ordres reçus au départ, obéir à ceux qui lui sont donnés en cours de route : tout est prévu pour lui ; il ne dirige rien, il exécute, jouant le rôle d’un mécanisme merveilleux.
Il n’en est pas de même pour l’automobiliste qui lui, non seulement assure une vitesse qui ne pourra jamais être constante, mais qui dirige sa voilure au milieu d'obstacles multiples et variés et dans leurs genres et dans leurs conditions d'apparition.
L'attention de l’automobiliste est toujours élevée, tant ses réflexes doivent être prompts. L’automobiliste roule, attentif à tous les signaux tant auditifs que visuels. Il apparaît d'abord qu'il importe pour lui de « voir », de bien voir.
C’est pourquoi nous nous proposons d'étudier au point de vue vision les différents éléments physiologiques permettant au conducteur de remplir ses fonctions avec le maximum de sécurité. Nous allons étudier successivement la vision centrale, la vision périphérique, la vision du relief et de la distance, la vision aux basses lumières et réserverons un chapitre spécial au borgne.
Nous verrons après, quelles améliorations ont pu être apportées à ces conditions physiologiques normales par des procédés artificiels.
Conditions visuelles nécessaires à l’automobiliste,
P, Mourgues
LE
Vision centrale.
En étudiant les nécessités visuelles de l’automobiliste, nous constatons que ce dernier, qui se meut à une vitesse assez élevée, doit avoir une certaine vision centrale pour être averti à l'avance des obstacles possibles.
La vision centrale est indispensable : elle joue le rôle « d'éclaireur » (Arnold Verrey de Lausanne). Le piéton qui va lentement peut à la rigueur se passer de vision centrale, à condition que son champ visuel l’avertisse suffisamment de tout ce qui l’entoure.
Si la vision centrale de l’automobiliste doit être supérieure à celle du piéton, c'est à cause de la vitesse qui l’oblige à prévoir.
A ses débuts, le chauffeur d'automobile conduit avec sa vision centrale : aussi, il hésite, il va lentement d’un côté à l’autre de la route ; mais, dès que, par accoutumance, il se libère de sa vision centrale, lui donnant le rôle de « vigie », la marche de sa voiture se fait plus assurée, plus ferme. Sa vision périphérique le garde suffisamment des enchevétrements de droite et de gauche que son acuité visuelle lui avait signalés quelques instants auparavant. La vision centrale est donc là comme éclaireur et non pour l'orientation, qui reste fonction du champ visuel.
Avant d'essayer de déterminer le taux d’acuité visuelle à exiger d’un automobiliste, il importe d'indiquer le sens des mots souvent employés par plusieurs auteurs.
Par vision binoculaire, nous entendrons la vision mesurée