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les deux yeux ouverts. Cette vision est toujours un peu plus forte que la vision monoculaire, même quand cette dernière est égale aux deux yeux: c’est un fait bien connu.
Si par exemple pour l’œil droit nous avons une vision de 8/10 et pour l’œil gauche de 9/10, nous aurons une vision binoculaire de 10/10.
Une vision OD — 10/10, OG = 10/10 donnera une vision binoculaire de 11/10 à 12/10.
Certains ont voulu employer le terme d’ « acuité totalisée ».
Cette notation signifie que l’on totalise la vision mesurée séparément aux deux yeux.
Si pour l’œit droit V = 0,4 et si pour le gauche nons avons V = 0,3, il sera alors question d’une «€ acuité totalisée » égale à 0,7.
Ceei paraît être une notation facile qui peut sembler pratique à un mathématicien.
En réalité, il est peu rationnel et peu elinique, comme l'a bien fait remarquer M. Coutela, de considérer le total des acuités de chaque æil.
On doit considérer la valeur fonctionnelle des deux yeux séparés et non additionner les acuités : les valeurs fonctionnelles visuelles se combinent mais ne s’additionnent pas.
Dans l'exemple que nous avons pris plus haut, nous citons le chiffre de 0,7, qui est d'ailleurs celui qui est proposé par le Congrès d'ophtalmologie d'Amsterdam.
On pourrait croire que 0,7 est une constante mathématique au 1/19 près. Il n’en est rien : c'est un jeu de mathématiciens et non « un article pour biologistes », comme le dit M. Grelault.
En effet, en poussant à fond cette formule d’ « acuité lotalisée », on pourrait arriver vers une dernière conclusion qui serait 0,7 pour un œil et 0 pour Fautre, ce qui nous place devant le cas du borgne !
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De même : le sujet qui a 5/10 d’un œil et 5/10 de l’autre a bien à sa disposition 10/10 de vision répartis sur les deux yeux, mais il n'aura jamais une vision de 10/10. Il aura 6/10, car la vision des deux yeux est supérieure à celle d’un seul, mais il lui sera toujours impossible de lire les dix lignes de nos échelles opotomélriques : son acuité visuelle n’atteindra jamais la normale.
Et quand on pense à proposer un taux de vision centrale, on constate que, dans les états possédant une réglementation sévère,il existe une vision minima exigée qui est extrémement variable d’après les pays.
Cette variation va pour un œil de 10/10 à 3/10 pour l’autre de 10/10 à 1/20 et pour l’acuité totale de 20/10 à 35/100.
Ces différences extraordinaires paraissent s'expliquer par une connaissance insuffisante des nécessités de l’automobilisme, A la base des réglementations établies, n’a-t-on pas voulu rapprocher l’automobiliste du chauffeur de locomotive? Comme nous l'avons déjà dit, il n'existe pourtant aucune comparaison possible entre eux deux.
En effet, comme le fait remarquer M. Coutela au XVI° Congrès de médecine légale, au cours de sa discussion du rapport Simonin, il faut savoir insister sur les différences de conditions professionnelles du mécanicien et de l’automobiliste.
Ce dernier « dirige » sa voiture et doit pouvoir l'arrêter sur un faible espace, surtout quand il circule en ville.
Il suffit d'avoir fait un voyage sur une locomotive pour se rendre compte que le mécanicien de la machine à vapeur n’est que très exceptionnellement derrière son hublot, bien vite sali d’ailleurs, à Paffüt du disque qui doit lui montrer la voie libre ou barrée. Les mécaniciens connaissent bien leur route, ils savent que c’est en passant devant tel ou tel repère qu'ils doivent se pencher et que, à 1.000 ou 1.500 mètres, à tel endroit, ils apercevront le disque indicateur.