‹ L'Oeil et la Conduite des AutomobilesChapitre 15 sur 32 · TRES · texte numérisé non relu

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de la distance et la vision du relief sont essentiellement le résultat d’un jugement cérébral et non d’une loi d'optique géométrique : nous utilisons nos impressions visuelles pour en tirer une conclusion mentale déduite ide notre expérience.

Nous redressons les images qui sont renværsées sur notre rétine et nous les agrandissons.

Voyons ce qui se passe en matière de relief dans la vision monoculaire, puis dans la vision binoculaire. Un œil isolé pourra apprécier la distance d'un objet et le relief en interprétant divers détails ; nous utilisons la grandeur des images rétiniennes et nous rapportons l'image perçue à des images de grandeur connue : de deux hommes, dont l’un paraît plus petit, nous tendons à admettre qu’il est plus loin. Les rapports des objets entre eux nous renseignent sur leur éloignement ; il en est de même pour les ombres portées, l'opposition des ombres et des lumières. Enfin, le déplacement parallactique des objets entre eux nous apprend que les objets plus rapprochés paraissent se déplacer sur le fond en sens inverse des mouvements de notre œil ou de notre tête, tandis que les objets plus éloignés paraissent par rapport aux plans antérieurs suivre les mouvements de l’œil et de la tête.

MM. Quidor et Marcel Hérubel ont démontré que la vision monoculaire permettait la sensation de relief ils ont insisté sur l’importance des images cérébrales, qui résultent de l'association de multiples images rétiniennes.

Il n’en est pas moins vrai cependant que le facteur principal de la vision du relief est la vision binoculaire, qui

entre autres, ajoute deux éléments dont on comprend toute

l'importance :

1° La variation de la convergence suivant la distance ; 2° L'interprétation mentale des images différentes de chacun des yeux.

La convergence nous renseigne de deux façons : par l'impression neuro-musculaire qu'elle nous donne et par la diplopie physiologique qui l'accompagne pour tous les points situés en deçà et au delà du point de convergence.

C'est dans le plan de convergence que nous projetons nos impressions visuelles, comme l'ont fait remarquer Hering, Nagel ét Polliot. Que cette convergence soit faussée, nous nous tromperons sur l'éloignement d’un objet.

Mais, indépendamment de la convergence pour toutes les distances, la vision stéréoscopique nous donne une impression de relief beaucoup plus forte que la vision monoculaire.

La capacité d'apprécier le relief d’après la différence entre les images fournies par chacun des yeux varie suivant les individus.

Elle résulte d’une synthèse entre tous les éléments visuels : acuité de chaque œil, fonctionnement de l'appareil oculo-moteur de convergence, enfin interprétation mentale des réceptions visuelles et projection en dehors d’une image cérébrale unique, etc. Mais l’addition cérébrale des images conjuguées des deux yeux demeure l’un des facteurs les plus utiles de l’appréciation du relief. Ce facteur découle de l'aptitude à saisir et à interpréter la différence entre les images fournies par chacun des yeux, aptitude variant d'un individu à l’autre.

Nous avons vu (observations ci-dessus) que dans l’ensemble, chez les individus doués d’une vision binoculaire normale, l’occlusion d’un œil modifie la vision du relief ; par contre, chez un sujet ayant pour une raison ou pour une autre un œil directeur, l’occlusion de l’autre œil est sans influence appréciable. C’est pour cette raison que Beyne aintroduit dans la vision binoculaire l’importante notion de l’acuité stéréoscopique.

« L’acuité stéréoscopique est mesurée par la plus petite

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