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Nous vivons actuellement sous le régime du phare route éclairant à 100 mètres au minimum à l’aide d’ampoules dont la puissance ne doit pas dépasser 72 bougies. et du phare code dont le faisceau lumineux ne doit en aucun cas s'élever au-dessus de 1 m. 10 pour les voitures de tourisme.

Ce serait parfait si tous les automobilistes étaient à la fois respectueux des lois, assez prudents et assez polis pour utiliser l'éclairage code quand cela est nécessaire.

Malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi, certains automobilistes augmentant la puissance lumineuse tolérée en survoltant leurs ampoules, et d’autres utilisant de bonne foi des phares codes homologués, continuant d'éblouir par excès de brillance.

Et les accidents ne sont pas rares, résultant directement soit d’une inobservation parfois criminelle du code, soit d'un éblouissement produit par brillance du phare code.

Nous nous proposons d'étudier le phénomène d’éblouissement, pour nous arrêter ensuite sur le phare code à brillance nulle, et terminer par une étude de la lumière sélective jaune et de l'éclairage des routes.

19 L’éblouissement,.

On dit qu'un phénomène lumineux est éblouissant, lorsquil nous empêche de distinguer des portions de l'espace dans lesquelles il ne se produit pas. j

On peut être ébloui par l'éclat d'une source lumineuse trop intense, supprimant momentanément la sensibilité rétinienne. Si nous portons nos regards sur le soleil, par exemple, et que nous regardions ensuite un objet moins lumineux, la rétine paraît aveugle sur toute la portion de sa surface ayant reçu l’image du soleil.

L'éblouissement survient encore par diffusion des rayons

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lumineux dans les milieux de l’œil; les rayons lumineux provenant d’une source de lumière assez intense, subissent une certaine diffusion dans les milieux de l'œil (humeur aqueuse, cristallin, corps vitré), et la source lumineuse paraît entourée d’un halo lumineux, d'autant plus intense et d'autant plus grand qu’elle est plus puissante.

L’éblouissement peut se produire par contraste.

Lorsque dans un point de notre champ visuel se trouve une source lumineuse intense, nous réglons l'ouverture de notre orifice pupillaire de façon à n’accepter sur notre rétine qu'une quantité de lumière incapable de nous aveugler. L’œil ainsi diaphragmé cesse de voir les objets moins lumineux qu'il percevrait avec une ouverture pupillaire plus grande. l

Autre cause d’éblouissement : notre œil n'étant pas chromatique, nous ne pouvons en même temps obtenir une image nette d’un objet polychrone pour les diverses couleurs qu’il émet, c’est pourquoi un objet très lumineux est vu entouré d’un halo qui devient perceptible quand ce halo se produit sur un fond moins lumineux que lui.

Enfin, signalons que lorsque l'œil reçoit en même temps de la lumière visible et des rayons ultra-violets, le cristallin et les milieux de l'œil deviennent fluorescents : une sorte de brouillard lumineux paraît interposé entre notre œil et les objets que nous regardons. Ce phénomène peu intense et très peu gênant que signale le D' J. L. Pech, professeur de physique médicale à l’Université de Montpellier, n’est réalisé qu'avec certaines sources lumineuses dont le spectre d'émission est riche en rayons ultra-violets (arcs électriques, lampes à vapeur de mercure, lampes demi-watt à verre transparent pour la lumière de Wood).

Quelle est donc la nature du phénomène dit d’éblouissement produit par les phares d'automobile ?

Les projecteurs d'automobiles munis de lampes élec-

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triques à filament de tungstène porté à une température d'environ 2.800 degrés absolus constituent des générateurs de toutes les radiations visibles et invisibles. L'utilisation de ces lampes produit un faisceau intense de lumière blanche qui même à grande distance aveugle.

Sans doute cette forte source lumineuse éblouit par son intensité, diminuant la sensibilité de la rétine, nous empéchant de voir par la loi des contrastes des points moins bien éclairés.

Mais généralement la voiture qui arrive sur nous se met en phares « code », l'intensité de la source lumineuse est considérablement diminuée.

Cependant, par contraste, le passage d’un éclairage maximum à un éclairage moindre nous gêne considérablement.

De plus, par des phénomènes de brillance il existe un « halo » qui entoure le réflecteur, ce qui constitue un champ d'éblouissement.

Ceci nous amène à considérer le phare généralement employé avec son système code à brillance réduite et à étudier un phare code réalisant une brillance nulle.

20 Le phare ordinaire.

Le réflecteur d'automobile est constitué par une surface présentant de nombreux foyers (miroir non aplanétique) et utilise une source lumineuse de valeur non négligeable.

On utilise des réflecteurs dit paraboliques.

La source lumineuse est fournie par une ampoule à deux filaments : un de ses filaments occupe le foyer de la parabole et donne par son incandescence un faisceau lumineux conique de faible ouverture et de grande portée, dit «éclairage route » (fig. 7).

Pour l'éclairage « Code », le même miroir parabolique

et la même lampe vont être utilisés, mais c’est un autre filament qui va jouer.

Il est décalé en avant, le plus près possible du premier et légèrement au-dessus de l'axe optique. De cette façon, le faisceau lumineux produit sera rendu plongeant. La para-

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Fig. 7.

bole devient ellipse et il est créé un foyer secondaire en avant et au-dessous de l’axe optique (fig. 8).

Ce filament est caché dans l'hémisphère inférieure de la lampe par une petite coupelle, ce qui fait que la partie inférieure du réflecteur n’est pas émétrice ; cependant l’ob-

Fig. 8,

servateur placé en face et théoriquement hors du faisceau code voit l'appareil optique, tout est visible pour lui : il y a brillance.

Et c’est ce phénomène de brillance qui éblouit encore,

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considérablement moins que dans le faisceau « route », mais suffisamment pour ne pas apercevoir un obstacle et ne pas distinguer les formes de la voiture qui vient sur vous.

Et il ya brillance parce qu'il est impossible de réaliser un miroir parabolique idéal, c’est-à-dire ayant un foyer géométrique réduit à un point sans dimensions et de placer à ce foyer une source lumineuse réduite à un point géométrique.… les réflecteurs paraboliques employés présentent un nombre considérable de foyers géométriques donnant une. sorte de lumière diffuse et tout point géométrique d’un réflecteur de ce genre fournit un nombre infini d'images constituant un halo qui entoure le réflecteur et constitue une brillance. Si l’on ajoute à cela l'effet du verre placé devant le réflecteur et la somme des réfractions que peuvent produirent des gouttes d’eau à sa surface, on comprendra que le phénomène de brillance ira en augmentant:

Et à propos du phare ordinaire il est intéressant de se rendre compte de la façon dont il se comporte vis-à-vis du brouillard. Du phare part un rayon qui va vers un obstacle qu'il éclaire. Pour être visible cet obstacle va absorber une partie de la puissance de ce rayon qui devra revenir à notre rétine pour l’impressionner.

Mais, déjà affaibli, ce rayon devra pour revenir de l’obstacle à notre rétine franchir une zone de brouillard.

Ce brouillard éclairé par notre phare va constituer un écran.

Ce rayon de retour sera donc affaibli non seulement normalement puisque l’objet éclairé n’a pas une intensité lumineuse égale à la source lumineuse, mais il sera encore affaibli par contraste puisque le brouillard éclairé va constituer un écran.

Ainsi si le brouillard est éclairé à O0 lux 2 et si l'intensité

du rayon de retour est inférieure à 0 lux 2, l'obstacle va devenir invisible.

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30 Phare code à brillance nulle,

Etudions maintenant le procédé employé qui a pu réaliser un phare code à brillance nulle.

En voici le principe :

Considérons notre phare parabolique et ses rayons émis se croisant au foyer F (fig. 9).

Fig 9.

Si nous cachons la moitié inférieure du réflecteur par un cache, va disparaître une partie des rayons.

Nous interceptons une partie des rayons qui donne naissance à une plage éblouissante (fig. 10).

Nous n’aurons plus en avant de F que la zone nFn2,

| 2 7 LIL È Fig. 10.

laquelle éclairera parfaitement la route du conducteur placé en 0: sans aveugler l'usager placé en O* (fig. 11).

On a là un code dont le faisceau ne dépasse pas les 1 m. 10 imposés. Mais il y a encore brillance, puisque l’ob-

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