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Mais les médecins et les philosophes qui, avant le xix° siècle, étudièrent la physionomie humaine ont défendu des systèmes bien différents, complètement oubliés aujourd’hui; l'imagination et même la superstition y remplaçaient les données physiologiques absentes. Nous ne voulons pas faire l’histoire de ces systèmes, qui n'ont plus d'intérêt actuellement. D'ailleurs, la thèse de Dupuy (Lyon, 1897) renferme un historique complet de la physiognomonie auquel nous ne pourrions rien ajouter. Nous indiquerons seulement les principaux auteurs de ces théories fantaisistes.

On peut les diviser en cinq catégories :

1° Aristole est le plus ancien physiognomoniste dont les écrits nous soient parvenus. Il juge les hommes d’après les analogies physionomiques qui les rapprochent de certains animaux. Il admet que ces analogies correspondent à des ressemblances au point de vue du caractère. Si amusante qu'elle paraisse, cette théorie fut défendue par Platon, puis par Polémon et Adamantius. J.-B. Porta la reprendra en 1588, le peintre Lebrun en 1667. Le dernier ouvrage qu'elle a inspiré est celui de Sophus Schack (1882).

Ce livre contient une série de dessins comparatifs de physionomies humaines, appartenant le plus souvent à des personnages historiques, et animales. I] nous intéresse surtout parce que l’auteur a cherché presque toujours dans l'expression des yeux les caractères de ressemblance entre l'homme et l'animal. C’est ainsi que Talleyrand y est comparé au renard.

eee « Nous retrouvons dans sa physionomie les yeux de renard à angle très aigu et dirigés obliquement en haut, avec une expression peut-être plus rusée encore que chez cet animal ». Kléber a les yeux du lion, Bernadotte ceux de l'aigle, Robespierre ceux de l'hyène. L’œil du chat se trouve chez les danseuses, les grisettes, les femmes coquettes et capricieuses qui vivent dans l’oisiveté. « Cette expression cst surtout remarquable chez une des plus célèbres danseuses des temps modernes, Lola Montez ». Dans l'analyse de la physionomie, l’auteur fait une part prépondérante à l'expression du regard: il y cherche toujours des analogies entre l’homme et l'animal. « J'ai vu nombre d'individus dont les yeux avaient si bien l'expression de ceux du renard qu'on s'attendait pour ainsi dire à voir surgir cet animal derrière les oreilles, sans que le reste de la physionomie offrit quelque caractère en harmonie avec le regard ».

2° Le moyen âge et le xvn° siècle voient fleurir la physiognomonie astrologique où métoposcopie. Nous citerons seulement les noms de Cortesio, Goclenius, Fuchs, Cardan, La Chambre, Perucchio. Ces auteurs décrivent quatre lignes du front qu'ils attribuent à l'influence occulte de différents astres. [ls les désignent sous le nom de linea Saturni, Jovis, Martis, Solis. Le sourcil gauche prend le nom de Vénus, le droit celui de Mercure; enfin ils décrivent une ligne intersourcilière qui est sous la dépendance de la Lune. Ils déduisent de règles obscures l'influence de l’astre sur la destinée de celui qui en porte le signe. Suivant

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