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M L’ŒUF

Arrivé dans la cavité de 1 ovaire, il y trouve les ovules

Fig. 41. — Ensemencement du stigmate sur une fleur qui se féconde sur elle-même. On y voit les boyaux polliniques se mettre, à travers le style, en rapport avec le micropyle des ovules.

dans l’état où nous les avons laissés plus haut. Instincti-

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vement ou mue par une force d’attraction inconnue, l’extrémité du boyau pollinique se dirige sans faute vers le micropyle de l’ovule. Le chemin que le boyau pollinique doit ainsi parcourir sans appui, de la paroi ovariennejusqu’au micropyle, est parfois considérable, et c’est là précisément que nous admirons cette mystérieuse faculté de s’orienter dont il fait preuve. Quelquefois il est guidé par des papilles ou des poils du placenta, par un rebord du funicule ou par une touffe conductrice jusqu’à l’entrée du micropyle. À ce moment, l’extrémité du boyau peut déjà rencontrer le sommet du nucelleou l’extrémité allongée en bec des deux synergides; mais, le plus souvent, le boyau parcourt le micropyle, au bout duquel il rencontre la membrane du sac embryonnaire, quelquefois après avoir traversé un reste de tissu du sommet nucellaire. L’extrémité du boyau perfore la membrane du sac embryonnaire ou s’applique dessus à l’endroit où l’une des synergides se trouve en contact. Dans tous les cas, le boyau applique son extrémité contre une des synergides sans la perforer et y déverse une certaine quantité de son contenu protoplasmique. De claire qu’elle était, la synergide se trouble et se remplit d’un protoplasma dense, granuleux. Elle déverse à son tour une partie de son protoplasma nouvellement reçu dans la vésicule embryonnaire, sa voisine. Peu après, on voit apparaître dans celle-ci un noyau qui se dirige vers le noyau propre de la vésicule et se confond dans lui : la fécondation est opérée.

L’une des synergides est restée sans emploi; l’autre, qui a servi d’intermédiaire après avoir cédé une partie de son protoplasma, se contracte et devient flasque. Bientôt le micropyle se bouche et comprime le boyau pollinique, qui y reste engagé. Mais une fois la fécondation opérée, cette grande et pour ainsi dire solennelle cérémonie une fois accomplie, stigmate, style et tissu conducteur, boyau pollinique et synergides se flétrissent et môme dispa-

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Laissent. Le centre d’intensité de l’activité vitale s’est reporté sur la vésicule embryonnaire, devenue œuf.

Dés lors, les organes environnants travaillent uniquement pour le bien-être de cette cellule privilégiée : ils concourent à former la graine et le fruit. Dans les plantes annuelles, qui n’ont pas besoin d’amasser dans leurs organes des matériaux de réserve pour une autre période de végétation, mais dont l’unique préoccupation doit être l’avenir de l’œuf, toute la plante partage cette sollicitude pour le bien-être de la vésicule embryonnaire fécondée. Dès que l'œuf est formé, affluent de toutes parts des matériaux nutritifs vers l’ovule et s’y déposent, ou dans les environs, à l’état d’amidon, de matières grasses, de sucre, de cellulose.

Chez les Gymnospermes la marche de la fécondation n’est pas tout à fait la même, mais l’œuf résulte toujours de la fusion du noyau du boyau poil inique avec le noyau de l’oosphère.

Quel est maintenant le développement de l’œuf en embryon? Comment l’ovule devient-il une graine et l'ovaire un fruit?

La vésicule embryonnaire, blottie dans l’angle supérieur du sac embryonnaire commence le plus souvent par s’allonger dans le sens de l’axe du sac ; puis, ayant pris la forme d’une minuscule massue, elle se divise en deux cellules superposées par une cloison transversale. Chacune de ces cellules a une destinée différente, la cellule basilaire, en s’allongeant, se cloisonnera dorénavant toujours transversalement et produira une série de cellules superposées en filament qu’on appelle le filet suspenseur. On l’appelle ainsi parce que l’embryon, une fois développé, semble comme suspendu à ce filet au milieu du sac embrvonnaire.

La cellule capitale au contraire, après avoir gagné en épaisseur, se divise par une cloison verticale, puis par deux cloisons transversales en quatre quartiers disposés

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comme les quartiers d’une pomme coupée en quatre (fig. 42). Ensuite, par des divisions cellulaires successives qui s’établissent toujours avec une grande régularité d’ordre, mais qu’il serait trop long de détailler ici, la cellule capitale se transforme en un tissu qui est le jeune embryon et dans lequel on ne tarde pas à reconnaître une région épidermique, une région centrale et une zone mitoyenne. L’embryon a acquis peu à peu une forme globuleuse ; avec son filet suspenseur il ressemble à un minuscule bilboquet articulé (fîg. 45).

Bientôt cependant on voit apparaître autour du sommet de la petite boule deux mamelons qui grossissent et donnent à l’embryon la forme d’un cœur de carte à jouer (fig. 45). Ces mamelons sont les premiers vestiges des cotylédons naissauts: au nombre de deux chez les plantes dicotylédonées, il n’y en a qu’un seul chez les Monocotylédonées. Leur nombre est pris comme base de la première grande division qu’on a établie parmi les Phanérogames.

La vésicule embryonnaire ne se développe pas toujours de cette façon en embryon Tantôt le filet suspenseur est très long et il porte l’embryon profondément dans la cavité du sac, tantôt il reste très court, ne développe que quelques cellules en filament, ou bien ne se développe pas et confond ses cellules avec celles de l’embryon. Ici le rôle physiologique du blet suspenseur est devenu presque nul. Il n’en est pas de même dans quelques plantes comme les Orchidées, où le filet suspenseur devient une sorte de magasin nutritif, se trans-

Fig. 42. — Développement de l’embryon.

S. Paroi du sac embryonnaire.

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