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C. Filet suspenseur. A. Le jeune embryon. P. Syncrgide

L'ŒUF

forme même en organe qui va au loin, hors du sac embryonnaire et de l’ovule, chercher un supplément de nourriture. Ainsi dans un Phalænopsis (Orchidées) le filet suspenseur, après s’être cloisonné verticalement, développe ses cellules en longs hoyaux qui remontent le long de l’embryon et l’entourent comme d’un réseau de fils. Dans YAnacamptis pyramidalis , YHerminium monorchis (Orchidées), le filet suspenseur s’allonge démesurément, passe par le micropyle de l’ovule et va se greffer sur le funicule et sur le placenta, en insinuant

bas, id. d'un embryon dicotylé.

entre les cellules de véritables suçoirs. Le filet suspenseur se comporte de la sorte en véritable parasite au bénéfice de son maître, l’embryon, car il lui transmet les matières nutritives qu’il soustrait aux organes attaqués. Dans quelques plantes de la famille des Légumineuses, le rôle de magasin nutritif que le filet suspenseur est appelé à jouer, est si nettement accusé, qu’on voit l’embryon se développer seulement après que le filet a déjà acquis beaucoup de volume et qu’il a bourré ses cellules de matières nutritives. Alors l’embryon grossit à son

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tour en absorbant ces matières et vide en quelque sorte la masse du litet suspenseur qui joue le rôle de nourrice.

Il arrive parfois, mais les exemples sont rares, que dans un sac embryonnaire une synergide, ou même les deux, ressentent l’action fécondante du boyau polliniquc concurremment avec la vésicule embryonnaire. Elles com-

mencent par se développer comme un véritable embryon naissant, mais bientôt restent en arrière de croissance sur la vésicule embryonnaire et finalement disparaissent. On n’a pas encore cité d’exemple où un sac embryonnaire ait renfermé deux embryons jumeaux, de taille et d’importance reproductrice égales.

Pendant que l’embryon se développe, la cavité du sac embryonnaire devient le siège d’une rapide formation d’un tissu spécial, nutritif, appelé albumen. Dès le moment de l’imprégnation de l’oosphère, les parois du sac embryonnaire, grâce à la couche de protoplasma remplie de noyaux qui les tapisse, se couvrent de cellules de plus en plus nombreuses. Ces cellules, en se multipliant, finissent par se toucher au milieu du sac et à se constituer en tissu qui remplit complètement la cavité. Ailleurs, le tissu de l’albumen s’établit par des cloisons qui vont directement d’un côté de la paroi du sac à l’autre, en le partageant en plusieurs grandes cellules qui se subdivisent à leur tour en cellules plus petites. L’embryon se trouve ainsi de bonne heure enfoui dans un tissu naissant qui, le plus souvent, se consolide de jour en jour davantage.

Ce tissu est destiné à offrir à l’embryon, dès sa naissance, soit à l’époque de la germination, ou bien pendant toute la période intraovulaire, des matières nutritives pour les besoins de son développement. Car les Phanérogames sont vivipares, et pendant tout le temps que la jeune plantule reste incluse dans l’œuf jusqu’à sa délivrance, elle vit, respire et se nourrit.

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De toutes parts affluent donc vers le sac embryonnaire des matières de réserve : amidon et glycose, matières grasses et oléagineuses, cellulose, etc. Par le funicule de l'ovule, elles se rendent dans les cellules de l'albumen pour y être emmagasinées.

Si ces matières de réserve sont de l’amidon, les cellules de l’albumen se bourrent d une infinité de grains de forme diverse suivant les plantes. L’albumen devient alors farineux ou amylacé comme dans les céréales, que l’Homme cultive précisément à cause du développement et de la qualité de leur albumen. Est-ce de la matière grasse, les cellules minces de l’albumen se remplissent de gouttelettes nombreuses d’apparence huileuse, comme dans les graines de Colza, de Ricin, de Melon, de Sésame, etc., et l’albumen, dit oléagineux , est encore exploité industriellement. Enfin, au lieu de se loger dans la cavité cellulaire même, les matières nutritives peuvent s’accumuler dans la paroi de la membrane à l'état de cellulose et épaissir celle-ci en raison de leur abondance. Amidon, matières grasses, sucres et cellulose sont en effet des substances chimiquement très apparentées et qui physiologiquement peuvent se remplacer. La paroi des cellules de l’albumen, au lieu de rester mince et molle, s’épaissit alors considérablement et se fortifie parfois, comme dans la Plante à ivoire, à tel point que l’albumen acquiert la dureté de la corne, de l’ivoire, du marbre. On lui donne le nom d’albumen corné , éburné, ou ruminé. On conçoit qu’il puisse y avoir des sortes d’albumen où deux, ou même trois de ces états peuvent coexister.

Cependant il arrive que le tissu de l’albumen n’envahit pas entièrement la cavité du sac embryonnaire et qu’il n’en revêt que les parois. La noix de Coco fournit l’exemple le plus connu. La cavité de la noix, qui est celle du sac embryonnaire, n’est revêtue que sur ses parois d’une substance tissulaire blanche et compacte, tandis que le milieu est occupé par un liquide lacté, le

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