I.’ŒUF DES PLANTES PHANEROGAMES
lait de coco, dans lequel le microscope nous montre une infinité de noyaux de cellules flottants et qui n’ont pu se constituer en tissu.
Mais coupons en deux line graine de Tabac, de Raiponce, nous voyons à la base de la graine, et avec l’aide de la loupe, un petit corps conique, l’embryon, entouré de toutes parts par l’albumen ; partageons de même une graine de Haricot, de Fève, d’Àmandier, un gland de Chêne, un Pépin de Pomme, etc. : tout l’intérieur de la graine sera occupé par un gros corps, l’embryon, sans aucune trace d’albumen enveloppant. C’est que l’embryon, pendant son développement intraovulaire, grossit, s’allonge en absorbant peu à peu les parties
Fig-. 44. — Pépin de Pomme entier en E, coupé verticalement en F, comme exemple d’une graine exalbuminée.
de l’albumen dont il prend la place. Il déploie même, en ce faisant, une faculté des plus singulières, car il digère littéralement l’albumen d’alentour. 11 arrive de la sorte à entamer un tissu qui, comme celui de la Plante à ivoire, est tellement dur que la lame du couteau est impuissante à l’attaquer. Or, dans les graines comme celle du Tabac et de la Raiponce, qui sont albuminées , la croissance intraovulaire de l’embryon s’arrête avant qu’il ait digéré et déplacé tout l’albumen du sac embryonnaire; dans la graine du Haricot, de la Fève, etc., au contraire, ce développement ne cesse, momentanément, qu’après que tout l’albumen environnant est passé dans le corp de l’embryon et que l’embryon est arrivé à occuper toute la cavité du sac embryonnaire. Ces graines sont dites exalbuminées (fig. 44). La matière constitutive de l’albumen n’a pas pour cela disparu; elle est simplement déplacée dans le corps même de l’embryon et surtout dans les deux cotylédons, De petits qu’ils sont dans les graines albuminées, ils sont devenus fort gros dans les plantes que nous avons prises comme exemples,
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Tout en se comportant ainsi différemment vis-à-vis de l’albumen qui l’entoure, l’embryon, que nous avons laissé plus haut avec un ou deux cotylédons à peine ébauchés, développe peu à peu chacune de ses parties. Déjà à l’aurore de son existence et avant d’avoir quitté la mère, elles le font reconnaître comme une plante en miniature.
Voici, à la base même de l'embryon, là où il était soudé au fdet suspenseur, un petit cône arrondi : c’est la radicule , première ébauche de la racine future. Ce cône termine un petit organe cylindrique situé immédiatement au-dessous des cotylédons : c’est Yaxe hypocotylé ou tigelle , qui représente la tige naissante. Des deux côtés
de la tigelle, deux organes un peu aplatis, appendiculaires : les deux cotylédons , qui sont les deux premières feuilles de la tige transformées en magasin nutritif Fig. 45. — Une graine nue de (fîg.45).
Pois, pour montrer: c, les cot.y- Enfin, entre les deux colédons; r, la radicule; t, la ti- . , , . , . ....
gelle; g, la gemmule. tyledons,. et invisible par
conséquent du dehors, une protubérance, ou. plus souvent, une minuscule touffe de feuilles ébauchées avec leurs nervures et leur limbe déjà accusés. C’est le sommet végétatif de la jeune plantule, le premier bourgeon, la gemmule. Tous ces organes sont nettement accusés et faciles à voir dans une graine de Haricot ou de Pois qui sont 'des graines de plantes dicotylédonées.
Chez les Monocotylédonées, il ne se forme qu’un seul cotylédon qui prend l’apparence d’une grosse protubérance fendue d’un côté pour laisser passer la gemmule. Le cotylédon unique enveloppe parfois, comme dans la graine de Maïs, tout l’embryon et devient tout à fait ex centrique (fig. 46).
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Nous avons suivi jusqu’à présent exclusivement les destinées du sac embryonnaire et de son contenu. Les transformations que subissent les autres parties de l’ovule, après la fécondation de l’oosphère ne sont pas moins curieuses et importantes à connaître.
Le nucelle est très souvent complètement résorbé par suite des empiétements successifs du sac embryonnaire, qui finit ainsi par toucher les téguments. Quelquefois cependant, au lieu de disparaître, le tissu nucellaire se développe après la fécondation et devient, à l’instar de l’albumen, le rendez-vous de matières nutritives de réserve qui se déposent abondamment dans ses cellules et sont destinées d’ailleurs à jouer le môme rôle que l’albumen. Le tissu nucellaire ainsi transformé porte le nom de périsperme.
11 est tantôt farineux, tantôt oléagineux, et peut coexister avec l’albumen comme dans les Nymphœa , les Pipéracées, etc.
Si l’ovule est à deux téguments, la secondine est ordinairement résorbée, tandis que la primine ou tégument externe se transforme en organe protecteur de la graine mure. Il en est de même du tégument unique des ovules monoclilamydés ; si l'ovule est complètement nu, le nucelle subsistant se charge de ces fonctions protectrices.
Voilà un exemple bien fait pour nous faire comprendre une des grandes lois naturelles d’après laquelle la nature, toujours économe et avare de créations nouvelles, n’y a recours que quand tous les autres moyens pour arriver au même but ont été épuisés. Ainsi, après avoir fait partie du système protecteur de l’embryon dans l’ovule, le tégument, en se transformant pour ses nouvelles fonctions, va devenir protecteur de la graine. Au lieu de créer un organe spécial, la nature utilise l’organe existant, et, à défaut de cet organe, utilise aux mêmes tins le nucelle
Fig. 46. — Coupe d’une graine de Maïs, pour montrer l’embryon excentrique à l’albumen.
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en le transformant de la même façon. C’est en vertu de la même tendance économique que les pattes des Insectes se changent en appareils de la mastication, et que les teui I les des plantes deviennent des étamines et des Carpelles dans la fleur.
Nous ne saurions donner ici une idée de l’extrême variation que la nature apporte dans la transformation des téguments de Tovule devenant téguments de la graine ou spermoderme. Tantôt elle charge les cellules des matières pigmen-
u testa lisse et taires les plus brillantes ; elle en épaissit luisante du Poi- considérablement les membranes, qui vrier- deviennent dures et résistantes. Ou bien
les cellules du spermoderme deviennent charnues et l’enveloppe de la graine est comestible, comme dans la Grenade; ailleurs, elles restent sèches et entourent la graine d’une mince pellicule transparente ou papyracée. Ici, comme dans le Lin, le Coing, les cellules épidermiques du spermoderme se gélifient au contact de l’eau et produisent un mucilage fréquemment employé ; là, elles se prolongent en poils, soit sur toute la surface comme sur la graine du Cotonnier, soit sur des points circonscrits, et la graine parait huppée, empanachée, etc. Tantôt la surface est lisse queux du Mou- luisante (fig. 47), tantôt verruqueuse 10U' (fig. 48), variolée, réticulée (fig. 49),
tuberculeuse, même épineuse; ou bien elle est ornée d’aiierofts, de disques membraneux, d’appendices plus ou moins bizarres qui en font souvent un objet de curiosité.
Ajoutons que le spermoderme se laisse diviser quelquefois en deux couches cellulaires superposées dont l’extérieure, plus résistante et plus dure, porte ordinai-
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