J/ŒUF CHEZ LES VERS
garantie contre les accidents, elle est souvent spontanée et devient gemmiparité. Tel est le mode de multiplication normal de plusieurs Nais, et alors la portion caudale se garnit déjà de ses organes céphaliques avant qu’elle se soit encore détachée de la portion antérieure.
Voici enfin un dernier groupe de Vers. Ce sont d’un côté les Tubicoles qui, fixés le plus souvent contre les corps sous-marins, habitent chacun un tube de forme plus ou moins bizarre, de consistance cornée ou pierreuse; de l’autre, les Vers errants ou Néréides, marins aussi, doués d’instincts carnassiers, nomades et plus parfaits d’organisation. Tous se font remarquer par la beauté de leur liv rée et beaucoup par l’élégance de leurs formes. Pareils à des queues de paon étalées, à des crêtes d’amarante ou à des aigrettes soyeuses, leurs panaches de soies branchiales passant du rouge sanguin au carmin le plus tendre, bottent sur la tête ou s’échelonnent le long du dos.
Jusqu’aux œufs qui participent à cette belle coloration, car ils sont le plus souvent vivement colorés en rouge comme les œufs des Aplirodites, ou en jaune ferrugineux comme ceux des Térébelles.
Fig. 100. — Myrianide en voie de multiplication gemini p are ; de nouveaux individus se sont développés en arrière du premier.
La plupart de ces Vers sont ovipares; quelques-uns donnent naissance à des petits vivants qui se développent à l’intérieur de la femelle et ne peuvent en sortir que par la rupture de la paroi de son corps.
L’ŒUF
Les œufs sont pondus isolément ou agglutinés ensemble par une matière albumineuse. Les Serpules, qui habitent dans des tubes pierreux, collent leurs œufs, réunis en pelotons, contre les objets qui se trouvent près de l’ouverture de leur fourreau.
Beaucoup d’Annélides nomades prennent grand soin de leur couvée; loin de l’abandonner sur un corps étranger, ils la portent avec eux à découvert ou dans des poches spéciales. Ainsi les Syllides, les Grubies portent leur ponte attachée aux soies qui garnissent leurs « pieds ». L’Exogone dispose ses œufs en séries longitudinales à la face inférieure de son corps. Le Polynoe et le Cysionereis gardent leur ponte dans de petites pochettes et les Aphrodites en remplissent leurs élytres , sortes de boucliers situés à la face dorsale de leur corps. L’Autolyte, un Ver vivipare, porte sur soi une longue poche de forme elliptique où se rendent les œufs pour être couvés; car les jeunes y éclosent et n’en peuvent sortir qu’après la rupture des parois.
Tandis que les sangsues, les Lombric, etc., naissant avec la forme embryonnaire qui caractérise l’adulte, les Térébelles, Arénicoles, Néréides, etc., éclosent à l’état de larve et traversent, avant d’arriver à la forme adulte, plusieurs changements métamorphiques.
Ajoutons que quelques Annélides tubicoles et errants tels que l’Autolyte, la Protide, la Myriane, se multiplient par scissiparité spontanée et par gemmation (fig. 100), offrant de la sorte un exemple de génération alternante.