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Fourreaux servant d’abri. aux chenilles des Psychés

L'ŒUF

sèdent un aiguillon construit des memes pièces que l’oviscapte et la tarière. Cet aiguillon reçoit d’une glande voisine lin venin très irritant, que ces animaux emploient comme arme de chasse, de guerre ou de défense.

Assistons avec M. Fabre au combat singulier d’un Sphex et d’un Grillon. « Malgré ses vigoureuses ruades, malgré les coups de tenaille de ses mandibules, le Grillon est terrassé, étendu sur le dos. Les dispositions du meurtrier sont bientôt prises. Il se met ventre à ventre avec son adversaire, mais en sens contraire, saisit avec ses mandibules l’un ou l’autre des deux fdets abdominaux du Grillon, et maîtrise avec ses pattes de devant les efforts convulsifs des grosses cuisses postérieures. En même temps, ses pattes intermédiaires étreignent les flancs pantelants du vaincu, et ses pattes postérieures, s’appuyant, comme deux leviers, sur sa face, font largement bâiller l’articulation du cou. Le Sphex recourbe alors verticalement l’abdomen de manière à ne présenter aux mandibules du Grillon qu’une surface insaisissable, et l’on voit, non sans émotion, son stylet empoisonné plonger une première fois dans le cou de la victime, puis une seconde fois dans l’articulation des deux segments antérieurs du thorax. En bien moins de temps qu’il n’en faut pour le raconter, le meurtre est consommé et le Spliex, après avoir réparé le désordre de sa toilette, s’apprête à charrier au logis la victime dont les membres sont encore animés des frémissements de 1 agonie. » Le vainqueur transporte ensuite son gibier dans son nid souterrain, qui est déjà garni d’œufs desquels naîtront des larves friandes de nourriture animale, mais incapables elles-mêmes d aller se la procurer.

Le Cerceris bupresticides s’accroche au Bupreste étincelant et lui instille, au défaut de sa carapace, un poison subtil qui l’endort sans le tuer. Il transporte ensuite le Bupreste dans son nid souterrain, et le remise comme conserve pour les besoins de sa progéniture carnassière,

ARTICULES : CRUSTACES, ARACHNIDES, ETC. zzo

sur le point d’éclore. Les provisions étantjugées suffisantes, l’entrée du nid est barricadée, les larves éclosent et s’attaquent de suite aux provisions que les soins maternels leur ont mises à portée. Les femelles des Bombex apportent à leur nicliéede larves, au jour le jour, des Mouches qu’elles ont eu soin d’éthériser au moyen de leur dard à venin.

Les Guêpes solitaires construisent des habitations soit dans la terre, soit dans la tige des plantes. Ces habitations sont des nids cellulaires où chaque cellule reçoit un œuf et une certaine quantité de provisions pour la larve qui en éclora. Parmi les Abeilles solitaires, même instinct providentiel : le Mégachile tapisse l’intérieur de son nid de feuilles de rosier découpées à l’aide de ses mandibules ; l’Anthocope approvisionne le sien de découpures dans les pétales du Pavot. Ils savent aussi tous les deux fort bien boucher leur nid au moyen d’une rondelle de feuille, le restant de l’ouverture étant comblé avec de la terre. Le plus intéressant de tous est le Xylocope, ou Abeille charpentière (fig. 121). Il prépare à sa larve un nid dans le bois mort qu’il creuse à l’aide de ses mandibules, fonctionnant comme une scie. Ce nid a la forme d’un canal ou boyau, recourbé à son extrémité inférieure de façon à se rapprocher de la surface du bois. L’intelligente mère dépose au fond du canal un petit tas de provisions nutritives, et, sur ce las, un œuf. Si le nid doit servir de berceau à plusieurs larves, elle construit au moyen de sciure imbibée de sa salive une sorte de plafond qui délimite une première cellule. Ce plafond sert de plancher à une deuxième cellule, et ainsi de suite, de sorte que finalement le canal se trouve divisé en plusieurs étages habités chacun par un œuf, muni do son tas de provisions. L’œuf déposé tout au fond éclôt le premier; mais la larve, après avoir consommé ses provisions et acquis des forces, ne pouvant sortir par l’orifice d’entrée sans détruire la série des locataires plus élevés, se fraye avec ses mandibules un chemin au tra-

vers do la paroi du bois. C ost pour cette raison que la mère a sagement rapproché l’extrémité de son nid de la surface extérieure du bois. A mesure que les œufs des étages supérieurs éclosent, les larves prennent successivement le chemin de leur devancière, et finalement le nid est abandonné. Mais, à ce moment, la mère est morte

Fig.

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