I. Bryozoaires
N’avez-vous jamais recueilli des Floridées, des Varechs ou des Coralliaires au bord de la mer? Si, attirés par l’élétrance des formes ou la beauté des teintes, vous examinez
ces Algues en détail, vous trouverez bon nombre, et des plus belles, recouvertes de minces lamelles blanchâtres cornées-calcaires, élastiques et marquées de ponctuations
L’ŒUF DES MOLLUSQUES
ou de stries très fines et très élégantes. Ce sont des Illustres, des Eschares, etc., des animaux réunis en colonies nombreuses, qui appartiennent à la classe des animauxmousses ou Bryozoaires (fig. 122). Appliquez-y la loupe, et les ponctuations sériées se résoudront en autant de petites pochettes ouvertes ou fermées, peut-être surmon-
Fig. 12‘2. — Flustre.
tées d'un élégant panache de cils, superposées, juxtaposées, emboîtées et représentant, chacune, la loge d’un minuscule Brvozoaire. Vous verrez aussi que ces Flustres, colonies nombreuses, forment des expansions lamelleuses autour des larges Varechs, ou bien des tubes droits autour des liges ou des thalles arrondis. On a cal-
cillé que les Varechs, qui forment en majeure partie ces immenses prairies marines flottantes dont la mer des Sargasses est la plus connue, portent jusqu’à cent trente-cinq billions de ces Flustres, et chacune de celles-ci est composée de centaines de milliers d’individus!
Or, chacun de ces individus, simple point à l’œil nu, est un être qui se nourrit, sent et se multiplie pour son compte. Enfermé dans sa logette, il a une organisation fort simple, mais la présence d’un tube digestif à deux ouvertures l’élève au-dessus des Polypes et le range plutôt à côté des Mollusques. Il se reproduit par des œufs et se multiplie par des bourgeons.
A un endroit déterminé de la cavité interne du corps se développent des groupes de cellules qui vont former les œufs proprement dits. Ils sont pourvus d’un vitellus et d’une enveloppe. L’œuf fécondé arrive ensuite au dehors par un mécanisme encore fort peu connu, et donne naissance à une larve ciliée. Celle-ci nage librement et se développe successivement en une ou deux formes évolutives très bizarres que nous ne pouvons décrire ici. Ensuite elle se fixe contre une plante ou un rocher et, par une dernière métamorphose, devient Bryozoaire parfait. Celui-ci, à son tour, est l’individu souche duquel, par bourgeonnement, naîtront des individus fils. Mais, au lieu de se séparer de leur soüche, ceux-ci restent unis en association de plus en plus nombreuse et s’étendent de plus en plus autour de leur point d’appui. Ainsi naissent les expansions foliacées de la plupart des Bryozoaires, et entre autres des Flustres que nous avons récoltées avec nos Floridées et nos Varechs.