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ment à leur développement chez les animaux inférieurs ; mais les phénomènes consécutifs à la fécondation de l’ovule inaugurent une direction organogénique toute nouvelle et qui devient celle de tout l’embranchement des Vertébrés. Cette direction évolutive apparaît pour la première fois dans le Vertébré le moins perfectionné, YAmphioxus. Ce Poisson (fig. 150), sans rendement cérébral, sans muscle cardiaque, sans organe de l’ouïe, à peine pourvu des organes de relation les plus rudimentaires, vit dans les grèves sablonneuses de la mer du Nord et de la Méditerranée. Ses œufs, très simples, après s’être détachés des parois de la chambre viscérale, tombent dans le courant d’eau qui vient des branchies et sont expulsés par le pore abdominal. L’embryon, de
Fig. 150. — L’Ampliioxus lancéolé et son organisation.
bonne heure, se développe en larve, puis en Amphioxus parfait. H y a ainsi une réminiscence de métamorphose que nous retrouvons parmi les Vertébrés, chez quelques Poissons, mais surtout chez les Batraciens.
Ajoutons que les plus graves discussions de philosophie naturelle s’agitent autour de cet être singulier que l’on croit représenter le trait d’union le moins obscur entre les Vertébrés au sommet, et les Invertébrés à la base du grand arbre généalogique.
Les Poissons sont presque tous ovipares, quelques-uns, surtout les Poissons cartilagineux, sont ovovivipares et les petits naissent vivants. Les œufs sont fécondés par la laite ou laitance, et le mode de fécondation constitue souvent un des traits de mœurs les plus caractéristiques du Poisson
L'ŒUF
Au moment de la fécondation, l’œuf est composé d’une sphère vitelline plus fluide que chez les autres Vertébrés. Elle est formée de trois substances; l’une d’elle se coagule par l’action directe de l’eau si l’ovule n’est pas fécondé, tandis que la coagulation ne se produit pas après la fécondation. On peut reconnaître de la sorte si les œufs de Saumon sont fécondés ou non. Si, au contact de l’eau avec le vitellus, les œufs restent clairs et colorés normalement, la fécondation a eu lieu; autrement, ils ne tarderaient pas à se troubler.
Quoique la coloration de l’ovule soit ordinairemen peu intense, on peut pourtant reconnaître dans la sphère vitelline des amas de gouttelettes huileuses, les corpuscules vitellins, et quelques globules de matières colorantes, verdâtres chez la Perche, jaunâtres chez le brochet.
Chez les Poissons cartilagineux, le vitellus ressemble comme composition plutôt au jaune de l’œuf des Oiseaux, mais les cellules vitellines contiennent des corpuscules quadrangulaires d’aspect cristallin.
La vésicule germinative des Poissons osseux ne s’étend pas au delà du tiers ou de la moitié du vitellus; elle est particulièrement élastique chez les Poissons cartilagineux, mais se brise facilement sous la pression.
Voilà les parties fondamentales de l’œuf, celles qui, plus tard, vont constituer et nourrir le jeune embryon. Mais tous les œufs de Poissons sont entourés et protégés par une membrane ou une coque plus ou moins dure, coriace et résistante.
Chez les Poissons osseux, la coque se forme autour de la sphère vitelline dans l’ovaire même. Le chorion, c’est ainsi qu’on nomme cette coque protectrice, se constitue dans la capsule ovarique à la fin du séjour de l’ovule dans l’ovaire. Souvent elle est doublée d’une deuxième couche analogue à la fine membrane qu’on trouve sous la coque de l’œuf des Oiseaux.
L’ŒUF1 DES POISSONS
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La membrane du chorion a généralement une structure poreuse, canaliculaire. Les canalicules extrêmement fins qui, par leur juxtaposition, forment le chorion, sont perpendiculaires à la surface comme chez les Saumons, ou un peu spiralés comme chez la Perche fluviatile. On démontre que ce sont de fins canaux ouverts par la possibilité de faire passer ;i travers, sous une légère pression, un peu de matière colorée du vitellus.
Chez la Perche, le Saumon, le Brochet, etc., les minuscules tubes marquent à la surface externe une multitude de petites facettes hexagonales, percées au milieu d’une ouverture. Ces ponctuations très élégantes et fines sont parfois groupées diversement et réfractent, comme chez le Gobius fluviatilis, fortement la lumière. Les œufs de la Palée sont revêtus d’un chorion élastique à surface granuleuse qui montre à la loupe une infinité de figures annulaires des plus délicates. D’autres fois, les œufs en paraissent tout veloutés comme s’ils étaient hérissés de fines aiguilles.
Le chorion des œufs de Perche est recouvert de villosités qui contribuent à les relier à la façon des œufs de Batraciens, mais à un moindre degré. Chez l’Épinoche, ces appendices villeux sont limités en grand nombre sur un point du chorion. Ils sont allongés en forme de poire et servent comme organes de fixation.
Le chorion présente une autre particularité de la plus grande importance, car elle rend possible la fécondation de l’œuf par la laitance. En un point de la surface, et cette découverte a été faite pour la première fois sur un œuf d’Epinoche, la coque est perforée d’une ouverture de faible diamètre appelée micropyle. Le micropyle se trouve au fond d’une dépression conique qui réfléchit un peu la membrane du chorion vers la sphère vitelline en face de la vésicule germinative. Chez les Saumonidés la dépression est assez grande pour devenir visible à l'œil nu ou armé d’un faible grossissemenl.
Un œuf tout à fait remarquable est celui du Belone, Poisson de la famille des Scombrésocidés à laquelle appartiennent les Poissons volants. Pans cet œuf, la sphère vitelline s’entoure d’une sorte de tégument supplémentaire résultant de l’enchevêtrement d’un grand nombre de fibres longues, un peu spiraléesi qui contournent la sphère vitelline en en faisant plusieurs fois le tour.
On voit dans quelques œufs une sorte d’albumen homogène entourer, sous une faible épaisseur, la sphère vitelline comme d’une enveloppe hyaline.
L’œuf des Poissons osseux, ayant acquis de la sorte toutes ses parties constitutives dans le tissu même de l’ovaire, s’en sépare et tombe dans la cavité ovarienne pour être expulsé ensuite. 11 ne l’est quelquefois qu’après s’étre enduit d’une sorte de glaire qui l’entoure complètement dans l’oviducte et réunit la masse des œufs en réseau ou en chaîne continue. Les œufs sont alors déposés en paquet ou en chapelet.
Les Poissons cartilagineux, s’ils sont ovipares au contraire, n’entourent leurs œufs d’une capsule solide ou membraneuse que dans l’oviducte qui leur sécrète, au moyen de glandes, une coque résistante, [cornée, souvent fort originale. Ainsi chez la Raie, cette capsule acquiert une structure fibreuse, une forme allongée en quadrilatère, une surface bombée, et se termine à chaque extrémité par deux cornes assez longues. Ouvert à une extrémité, cet étui bizarre permet à l’eau de baigner son contenu qui est, après la fécondation, le jeune embryon et de lui amener l’oxygène nécessaire à la respiration. L’œuf du Squale grande Roussette (, Squalus catulus ) est pourvu également de quatre appendices très longs, enroulés en spirale ainsi que de deux orifices respiratoires (fig. loi). Les Allemands appellent ces œufs vulgairement « Seemaeuse » ou « souris de mer » , à cause de leur forme étrange. Dans le Myxine glutinosa la coque, ovale, un
L’ŒUF UES POISSONS
peu allongée, est ornée aux pôles d’une houpette de vingtcinq à trente prolongements tubuleux, évasés en trompette. Les œufs de la Chimère arctique ont la surface ridée et velue.
Ces coques diversement ornées, tout en étant protec-
trices, servent encore a accrocher les œufs aux objets contre lesquels la ponte s’est effectuée.
Étant close de toute part, dure et épaisse, la coque des Poissons osseux, comme celle des Poissons cartilagineux, s’opposerait à toute imprégnation de la laitance et par conséquent à la fécondation, si, chez les premiers, elle n’était perforée du mieropyle,et si, chez les seconds, la laitance, prévenant la formation de la coque, n’avait
L’ŒUF
déjà atteint l’ovule nu avant son passage dans la portion glandulaire de l’oviducte.
D’une façon ou d’une autre les corpuscules mâles de la laitance s’unissent à l’ovule, soit après la ponte, soitavant, etdans ce dernier cas les Poissons sont ovovivipares comme la Raie, les Zoarces, la Torpille, quelques Squales, etc.
Dans les Poissons ovipares, où l’œuf est entouré d'une coque solide perforée d’un micropyle, les corpuscules, amenés par le hasard propice, grâce à leur nombre considérable, passent par le micropyle pour aller féconder le contenu de la coque. Leur entrée est suivie de près par la formation, entre la coque et la sphère vitelline, d’un espace clair appelé chambre respiratoire; bientôt tout le vitellus se sépare de la coque par suite de l’introduction d’une certaine quantité d’eau et peut dès lors se mouvoir librement dans l’œuf. La vésicule germinative s’est effacée, mais, aussitôt, les corpuscules vitellins viennent se rassembler en un point de la surface et constituer la première ébauche du jeune embryon. Celuici a d’abord une forme hémisphérique, puis il s’allonge en se séparant de plus en plus de la sphère vitelline qui finit par devenir une sorte d’appendice en sac. Les différentes régions du corps commencent à se dessiner : sillon dorsal, tète, extrémités.
Quand le jeune Poisson est arrivé à ternie dans sa coque, il naît, il éclôt; souvent alors ses mouvements, qu’on dirait des efforts impatients de naître à la vie, aident à briser les frôles enveloppes de l’œuf.
En quittant son petit habitacle, le jeune Poisson emporte pour quelque temps une provision de nourriture contenue dans une poche arrondie, la vésicule vitelline, remplie de la substance vitelline, du « jaune », et de gouttelettes huileuses parfois assez grosses. Cette poche, appendue au ventre comme chez la Truite ou le Saumon, ou bien cachée dans l’abdomen comme chez la Carpe, est sillonnée d’élégantes ramifications sanguines (fig. 152).
L’ŒUF DES J’OISSONS
La plante donne*, elle aussi, à ses enfants, aux graines, une provision viagère, l’albumen.
Le jeune Poisson absorbe donc peu à peu le contenu de la poche vitelline et grandit à ses dépens tout en s’exerçant à la chasse d’une proie facile. A ce moment l’alevin présente un des spectacles les plus intéressants :
Fig. 152. — Développement des Truites et des Saumons.
A. Œuf de Saumon. A'. Œuf montrant l’embryon ébauché. C. Œuf de Truite. D. Saumon au moment de l’éclosion, muni de sa vésicule vitelline. E. Le même, un peu plus âgé. F. Le même, plus âgé; la vésicule est entièrement résorbée.
on (( voit » vivre le jeune Poisson, on assiste au fonctionnement de tous ses appareils. La transparence des tissus qui composent son corps nous fait voir jusqu’aux battements de son cœur, ainsi chez la jeune Perche qui est alors d'n rte transparence de verre. Mais, insensiblement la vésicule se rapetisse, et finalement elle disparaît, au bout d’un temps très variable suivant les espèces.
La Carpe l’a absorbée après quinze à vingt jours, la