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L’APPAREIL GÉNITAL ET LE POST-PARTUM

^1. — Ovaires.

Après la parturitioii, les ovaires réintègrent assez rapidement leur place normale. An 3® jour, ils occupent les fosses iliaques. Dès le o® jour, ils sont audessus de l’entrée de l’excavation. Au 15® jour, lovaire gauche est de retour dans la fossette ovarienne. Le droit n’y parvient qu’un peu plus tard.

A la surface de l’un des ovaires, on trouve, mais d’une façon inconstante, un tubercule de 6 à 8 millimètres de diamètre, qui représente les restes du corps jaune de la grossesse. Ce tubercule disparaîtra par la suite, mais en laissant à sa place une profonde cicatrice, de forme étoilée. Comme cette cicatrice ne s’efface jamais, on peut, à l’autopsie d’une femme, déterminer rétrospectivement le nombre de ses grossesses, en comptant les cicatrices disséminées à la surface de ses ovaires.

§ — Trompes.

Comme les ovaires, les oviductes récupèrent, après l’accoucbement, leur situation, leur forme et leurs rapports. Epithélium et plis de la muqueuse tubaire sont le siège d’une désagrégation complète, qui se manifeste par la présence, dans la cavité de la trompe, d’un amas composé de cellules du tissu conjonctif et de lambeaux plus ou moins volumineux d’épithélium. 11 existerait donc une véritable caduque tubaire, bien différente, cependant, au point de vue histologique, de la caduque utérine (Fochier).

§ 3. — Utérus.

fo Péritoine utérin. — La tunique péritonéale de l’utérus, distendue par la grossesse, ne revient pas sur elle-même aussi rapidement que le muscle utérin. Elle forme à la surface de la matrice des replis, les replis de Duncan, qui s’effacent progressivement.

l’appareil génital et le post-partum

Muscle utérin. — La tunique musculaire de l’utérus s’atrophie, ou plutôt reprend sa structure primitive. Ses fibres diminuent simplement de longueur et de diamètre. Cette notion, avancée par Robin, a été confirmée par Helme (1889). I^e protoplasma cellulaire disparaîtrait par peptonisation, en provoquant de la peptonurie (Fiscbelj.

On a remarqué, d’autre part, que les fibres musculaires de futérus sont chargées de gouttelettes de graisse, au moment où l’organe entre en régression.

Kilian et Ilescbl avaient conclu à la dégénérescence totale du muscle utérin. « Une femelle, disait Kilian, qui a passé par la grossesse et l’état puerpéral possède, à la fin de celui-ci, un muscle utérin tout neuf. » Heschl écrivait de même : « De l’utérus qui existait avant l’accouchement, pas une fibre ne survit. » Kolliker, au contraire, pense qu’une partie seulement du muscle utérin disparaît par dégénérescence graisseuse.

Quant à Sanger et Mayor (1888), ils avaient bien reconnu la présence de granulations graisseuses dans les fibres musculaires utérines, mais ils admettaient que ces fibres ne se détruisent pas et qu’elles reviennent simplement à l’état normal.

On trouve donc de la graisse dans les fibres de futérus en involution, et nous ne croyons pas que les constatalions négatives de Helme sur l’utérus de la lapine, soient de nature à infirmer ce fait, qu’ont signalé de nombreux observateurs. Mais où les divergences commencent, c’est quand il s’agit de préciser la signification des gouttelettes adipeuses. Sont-elles fexpression d’une dégénérescence, c’est-à-dire d’une lésion irrémédiable de la cellule? ou, au contraire, sont-elles en rapport avec une surcharge transitoire, compatible avec la survie de la cellule? Cette dernière hypothèse nous paraît la seule acceptable.

Le tissu conjonctif du muscle utérin disparaît par dégénérescence granuleuse (Helme) ou hyaline (Polano). Tant que dure cette dégénérescence, les capillaires tromhosés sont entourés de leucocytes mononucléaires, qui fixent le pigment sanguin et le résorbent. De plus, Helme figure, dans la couche musculaire de l’utérus de la lapine, des cellules géantes multinucléées, que l’on rencontre pendant les derniers jours de la grossesse et les six premiers jours du post-partum. Ces cellules, qui, d’ailleurs, sont peut-être des cellules déciduales, Helme les considère comme les agents de destruction et de résorption du tissu conjonctif. Quant au tissu élastique, il s’atrophie ou dégénère.

Les vaisseaux, dont la grossesse amène l'hypertrophie et peut-être la néoformation, sont intéressés par le mouvement de régression qui frappe tout l’appareil génital. Les grosses artères sont le siège d’artérite. L’endartère entre en prolifération. Cette prolifération finit par amener l’oblitération du vaisseau, et quand le tissu jeune s’est transformé en tissu adulte, au vaisseau s’est substitué un cordon fibreux, qui lui-même finit par entrer en régression. Les artères de taille moyenne voient leur paroi musculaire s’atrophier. Quant aux petites artérioles, elles sont momenlanément fermées par la rétraction de futérus. De ces artères, les unes s’oblitèrent par artérite, les autres redeviennent perméables. Les sinus veineux intra utérins partagent le sort des petites artères.

UTÉRUS

3° Muqueuse utérine. — Si l’on ouvre un utérus qui vient d’expulser son contenu et qu’on examine sa face interne, on y distingue facilement la muqueuse du col de celle du corps. Une ligne déchiquetée, distante de o à G centimètres de l’orifice vaginal du col, marque la limite des deux muqueuses. C’est là que la caduque utérine s’est séparée de la muqueuse cervicale persistante.

a) Muqueuse du corps de l’utérus. — La face interne de l’utérus est rouge, saignante, tomenteuse, ulcérée. L’examen à l’œil nu y montre l’existence de deux zones. L'une de ces zones, large comme une paume de main, est d’un rouge noirâtre ; partout semée d’orifices vasculaires, elle est remarquablement anfractueuse ; c’est la zone d’insertion placentaire, V aire placentaire.

Tout le reste de la cavité utérine constitue la zone extra-placentaire, ou aire membraneuse ^ comme on l’appelle encore, en raison de ses rapports avec les membranes ovulaires. Elle est caractérisée par sa couleur pâle, sa grande étendue, sa surface plane, hérissée de filaments déchiquetés.

1° xiire membraneuse. — Aussitôt après l’accouchement, les restes de la caduque ou, pour mieux dire, les restes delà muqueuse se montrent couverts, çà et là, de bourgeons grêles, de taille et de forme irrégulière. Ces bourgeons sont constitués par des amas de cellules déciduales et par des vaisseaux déchirés, quelquefois béants. Ces deux ordres d’éléments sont dissociés par le sang épanché. Du coté du muscle utérin, la caduque se limite profondément par une ligne dentelée ; c'est au voisinage de cette ligne que s’observent les glandes utérines, ou plutôt les fentes aplaties et irrégulières qui les représentent encore. Ces lacunes sont revêtues d’une bordure épithéliale, plus ou moins discontinue.

\’ers le lO jour après l’accouchement, la caduque s’est amincie ; sa face interne est devenue lisse. Les bourgeons qui s’y dressaient ont disparu. Frappées de nécrose de coagulation ou de dégénérescence graisseuse, les cellules déciduales qui constituaient ces bourgeons se sont désagrégées, et le produit de leur fonte constitue les lochies. Quant aux lacunes glandulaires, elles se sont redressées : ce sont maintenant des tubes perpendiculaires au muscle utérin. Par glissement et karyokinèse, les cellules épithéliales qui les tapissaient incomplètement se sont étendues ; dorénavant, le revêtement glandulaire est continu et, par endroits, il commence à envahir la surface libre de la muqueuse. Le tissu conjonctif est semé de cellules rondes (1), et se montre encore infiltré de sang.

Trois semaines après l’accouchement, la muqueuse s’est encore amincie (1 millimètre). L’épithélium superficiel (2) est presque totalement régénéré ; le stroma de la muqueuse est formé de cellules fusiformes et de capillaires sanguins; il est encore infiltré d’hématies, de cristaux d'hématoïdine et de pigment. Six semaines après l’accouchement, quand la reslitulio ad integriim est presque

(1) Pour quelques auteurs, ces cellules rondes proviendraient de la division des cellules déciduales qui n’ont pas été frappées de dégénérescence.

(2) Barfurth, dans Tutérus post-partum, décrit les cellules é[)ithéliales comme réunies par des ponts d’union. Entre ces ponts d’union, il existerait des espaces intercellulaires, qui permettraient au sang épanché de se résorber plus facilement. (\'oir Barfurth, 1896, Zellücken und Zellbrücken in Uterusepithel. Verh. Anal. Ges., p. 28.)

l’appareil génital et le post-partum

achevée, la muqueuse utérine se montre encore pigmentée. Cette pigmentation est un des stigmates de la grossesse.

2° Aire placentaire. — Le premier jour après raccouchement, la zone d’insertion placentaire diffère peu de la zone membraneuse. Toutefois, elle est plus anfractueuse. Ses culs-de-sac glandulaires sont beaucoup moins nets que partout ailleurs. A sa surface, fait saillie, sous une couche de fibrine, un lacis de vaisseaux volumineux, de 1 à 4 millimètres de diamètre. Ces vaisseaux sont gorgés de sang, contournés et tassés par la rétraction de l’utérus. C’est à la présence de ces vaisseaux que la zone placentaire doit ses caractères essentiels. Cette zone ne se régénère pas autrement que la zone membraneuse. Nous nous bornerons donc à préciser l’évolution de ses vaisseaux.

Les artères et les veines se trouvent exclues de la circulation, après le décollement de la sérotine qu’elles irriguaient'; c’est pourquoi elles s’oblitèrent. Le sang qu’elles renferment se coagule. Le coagulum se dispose d’abord contre la tunique interne du vaisseau; de là, il se propage vers son centre.

Le trombus est constitué le 8® jour. C’est d’abord un simple feutrage de fibrine, parsemé d’hématies. Puis, peu à peu, l’endartère ou l’endoveine s’épaissit; son endothélium prolifère; ses cellules plates se transforment en cellules étoilées et anastomosées, qui pénètrent, sous forme de bourgeons, dans le trombus.

Ces bourgeons grandissent et se vascularisent ; leur tissu prend le type adulte ; alors la lumière du vaisseau, progressivement réduite, disparaît. Un cordon fibreux occupe désormais sa place. Il se montre, sur les coupes, comme un nodule transparent, faiblement coloré, à limites nettes, à contour plus ou moins onduleux. Ce nodule est encore très apparent, six semaines après l’accouchement.

b] Muqueuse du col. — De la muqueuse de cette région, nous dirons peu de chose. Elle s’est étalée et déplissée pendant le travail. Mais, quand futérus s’est rétracté, elle présente à nouveau des plis irréguliers, qui s’accentuent de plus en plus ; l’arbre de vie, d’abord méconnaissable, commence à se reconstituer vers le 8® jour. L’épithélium de revêtement est demeuré presque partout intact. Enfin, quand l’infiltration sanguine du chorion se sera résorbée, le col sera complètement reconstitué.

Consulter sur ce sujet :

1900. — Varxieh, La Pratique des accouchements {Obstétrique journalière). Paris, G. Steinheil, éditeur.

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