CHAPITRE III
L AMMOS
I 1. — L'aiiinios du lapin.
lo Formation de l’amnios. — Tant que l’embryon est petit, il apparaît comme un épaississement du blastoderme, jusque-là plus ou moins sphérique. Il siège à la surface de l’œuf, dont il occupe le pôle supérieur.
A mesure que l’embryon s’accroît, il s’enfonce, de plus en plus, vers le centre de l’œuf. 11 entraîne avec lui les portions du blastoderme qui lui sont adjacentes (blastoderme juxta-embryonnaire). Sa face dorsale apparaît alors au fond d’une dépression, d’une sorte de puits. La margelle de ce puits est entourée par la région du sac vitellin qui n’a pas suivi l’embryon dans sa descente (blastoderme para-embryonnaire). Blastoderme juxta-embryonnaire et blastoderme para-embryonnaire se raccordent sous un angle aigu. Ils forment un repli elliptique, dont le sommet fait saillie, à distance de l’embryon. A ce repli (repli amniotique), on distingue deux régions. Tune antérieure (repli ou capuchon céphalique)^ l’autre postérieure [repli ou capuchon caudal). Tel est, réduit à ses lignes essentielles, le mode de formation du repli amniotique.
Examinons maintenant, d’un peu plus près, comment se constitue l’amnios chez le lapin.
a) Capuchon céphalique. — L’amnios représente donc un plissement du blastoderme. Or, le blastoderme varie de constitution, aux diverses étapes de son évolution. L’amnios aura donc une constitution variable, suivant l’époque à laquelle il apparaîtra.
Ceci posé, disons que le repli céphalique se constitue le premier chez nombre de mammifères. Chez le lapin, il apparaît dans une région blastodermique, formée seulement par Pectoderme et par l’endoderme. Il est donc originellement didermique. En raison de son développement précoce, le capuchon céphalique a reçu le nom de pro-amnios.
Le pro-amnios apparaît vers le 8® jour, aux confins de 1 aire opaque. Sur les embryons vus de face, il revêt l’aspect d’un croissant clair, qui entoure, à distance, l’extrémité céphalique de l’embryon (200® h.). Un peu plus tard (210® h.), c est un
l’amnios
repli qui recouvre la tête de l’embryon. Entre l’embryon et le pro-amnios, il existe une étroite cavité: la cavité pro-amniotiqiie.
b) Capuchon caudal. — Quand le pro-amnios s’est constitué, on voit naître, à l’extrémité postérieure du germe, un repli qui se soulève peu à peu derrière le dos de l’embryon. Ce repli apparaît dans une région constituée par les trois feuillets du blastoderme. Les trois feuillets embryonnaires sont donc représentés dans ce repli, à peine accusé, qu’on appelle le faux amnios.
Mais le faux amnios est une formation en partie transitoire, constituée par la splancbnopleure et la somatopleure . La splancbnopleure en disparaît très vite, comme écartée par l’accroissement du cœlome. La somatopleure, au contraire, continue à se soulever, de plus en plus, sur la face dorsale de l’embryon. A elle seule, elle constitue le repli caudal.
Ce repli apparaît au niveau de l’aire transparente, à la limite inférieure de la zone pariétale. Sur les embryons vus de dos, il a la forme d’un croissant, et sa concavité est tournée vers la concavité du pro-amnios. Ce croissant est sombre, car, à son niveau, apparaît l’ébauche de l’allantoïde, ébauche qui épaissit d’autant le blastoderme.
2° Accroissement des capuchons amniotiques. — Le pro-amnios et la gaine caudale vont s’accroître fort inégalement. Le pro-amnios ne s’accroît que d’une façon insignifiante ; la gaine caudale, au contraire, prend un développement considérable : k elle seule, elle va constituer la presque totalité de l’amnios.
« Sur l’embryon de 211 heures, le sommet du repli amniotique (caudal) s’est élevé à la hauteur de la tête de la ligne primitive. Si, à ce moment, on regarde la gaine caudale de l’amnios par la face dorsale de l’embryon, elle se présente sous la forme d'un capuchon, recouvrant l’extrémité caudale de l’embryon (capuchon caudal de l’amnios). Le bord libre de ce capuchon, concave, se prolonge en haut, de chaque côté, par un pli longitudinal, qui s’atténue graduellement et finit par disparaître à la surface du blastoderme. Ce sont ces deux cornes du repli caudal qu’on désigne parfois sous le nom de replis latéraux de l’amnios. L’allongement de l’amnios semble résulter de la soudure progressive, sur la lignemédiane, de ces deux replis, qui, au fur et à mesure qu’ils se fusionnent en arrière, se prolongent en avant à la rencontre du pro-amnios. » (Tourneux.)
En somme, pro-amnios et gaine caudale constituent deux replis qui se regardent par leur bord libre ; ces bords libres sont concaves, ils délimitent un large orifice, à travers lequel on aperçoit le dos de l’embryon. Cet orifice se réduit progressivement du fait de la croissance des deux replis, et surtout du repli
caudal (i).
3® Fermeture de l’amnios. — Le capuchon caudal s’est élevé progressivement sur la face dorsale de l’embryon ; il se dirige vers le pro-amnios et le rencontre au début du 9® jour du développement.
(i) Cette croissance s’effectue par continuation du mécanisme qui a donné naissance aux replis et aussi ^o-âce à un processus de prolifération cellulaire.
l’amnios du lapin
Mais, sur ces entrefaites, l’extrémité céphalique de l’embryon s'est allongée et, devant elle, a repoussé le pro-amnios. Le sommet du capuchon céphalique se montre dès lors occupé, non plus par l’aire transparente, mais par la zone interne de Taire opaque. En d’autres termes, le pro-amnios a changé de constitution. 11 était formé par Tectoderme et Tendoderme accolés. Le voici représenté maintenant par Tectoderme et par le mésoderme, dans Tépaisseur duquel il existe, en outre, un prolongement du cœlome extra embryonnaire.
La constitution du repli céphalique et du repli caudal est donc identique. Ces deux replis vont se souder. La cloison qui résulte de cette soudure disparaîtra. Dès lors, le feuillet dorsal du repli postérieur se continue avec le feuillet homologue du repli antérieur ; le feuillet ventral de la gaine caudale se continue avec le feuillet homologue de la gaine céphalique. Les deux prolongements que le cœlome envoyait dans le pro-amnios et dans le repli caudal, s’ouvrent Tun dans Tautre et communiquent en arrière de la face dorsale de Tembryon.
Quant à la cavité amniotique, désormais close, elle se compose de deux parties distinctes, la cavité amniotique proprement dite (ou cavité de la gaine caudale) et la cavité pro-amniotique ; ces cavités communiquent entre elles au niveau du trou inter- amniotique ^ qui répond à la ligne de soudure des deux amnios.
L’extrémité céphalique de Tembryon, continuant à s’allonger et à s’infléchir en avant, refoule de plus en plus le pro-amnios, dont elle se coiffe, et semble ainsi faire saillie dans la cavité ombilicale par le trou inter-amniotique, dans les bords duquel rampent les deux veines omphalo-mésentériques.
C’est au ID jour que le pro-amnios présente son plus grand développement ; puis il se rapetisse progressivement, tandis que l’extrémité céphalique, primitivement engagée dans le pro-amnios, se retire en arrière dans le capuchon caudal. Le trou inter-amniotique se rétrécit de son côté, et bientôt (15® jour) il ne persiste du pro-amnios qu’une cicatrice étroite, interposée entre les deux troncs des veines omphalo-mésentériques (Tourneux). Comme l’ont montré van Beneden et Ch. Julin, c’est de la gaine caudale que procède tout Tamnios définitif.
40 Évolution ultérieure de Tamnios. — La cavité amniotique, jusque-là virtuelle, se distend par l’accumulation d’un liquide. Elle s’accroît au point de constituer la majeure partie de Tœuf, ainsi que nous aurons l’occasion de le constater ultérieurement. Elle finit par entourer Tembryon de toutes parts, et, comme elle est pleine de liquide, Tembryon peut s’y mouvoir sans difficulté : il est véritablement le « poisson de Tamnios ».
Du fait de la fermeture et de l’extension de Tamnios, une série de modifications se produisent dans Tœuf :
a) Avant V occtasion de F amnios^ la vésicule séreuse (1) était incomplète : elle faisait défaut au niveau du disque embryonnaire, jusque-là de niveau avec elle. A mesure que Tembryon descend dans Tœuf, les replis amniotiques s’élèvent pardessus le dos de Tembryon. Finalement, ils se réunissent et se soudent. De cette
(1) Ou sac vitcllin externe.
POTOCKI ET BRANCA
i3o l’amnios
soudure il résulte que l’œuf a régularisé sa forme et qu’il est entouré d’une enveloppe séreuse absolument complète. Cette enveloppe va se hérisser de villosités pour former le chorion.
b) La fermeture de l'amnios provoque, autour de lembryon, la formation d’une cavité pleine de liquide.
Avant la formation de l’amnios, l’embryon occupait la surface de l’œuf ou une dépression de cette surface. Après Tocclusion de cette annexe ovulaire, l’embryon
Fig. 59.— Coupes longitudinales schématiques de ramnios, montrant la formation de cette
membrane, ainsi que celle de la vésicule séreuse.
A, représente le stade le moins avancé; — gc^ gaine caudale; — pr, pro-amnios; — oa, ombilic amniotique; — sa, suture amniotique; — gc', cavité de la gaine caudale; — p^, cavité du pro-amnios; — n’a, trou inter-amniotique; — yca, partie de l’amnios formée par la gaine caudale; — pm, partie d’origine pro-amniotique ; — am, cavité de l’amnios ; — /, intestin; — us, vésicule séreuse; — cg-, cavité générale extra-embryonnaire. — Le mésoderme est indiqué par des hachures et un trait discontinu; l’endoderme est figuré par un trait continu mince; l’ectoderme est représenté par un trait continu épais (d’après Prenant).
occupe le centre de l’œuf. Il est donc complètement entouré par deux membranes de protection, concentriquement disposées : l’amnios et la vésicule séreuse. Ces deux membranes sont séparées Tune de l’autre par un prolongement du cœlome externe. Mais la croissance de l’amnios ne tarde pas à provoquer la réduction, puis la disparition de ce cœlome externe, de sorte que, finalement, l’amnios s’applique à la face interne de la membrane séreuse.
La membrane amniotique persiste jusqu’à la naissance. Elle se continue directement avec les téguments du fœtus, et l’on donne le nom d’ombilic cutané à la région où se raccordent la somatopleure de l’embryon et la somatopleure extra-embryonnaire. L’ombilic cutané va se rétrécissant sans cesse, au cours du développement, comme l’ombilic intestinal autour duquel il est situé. Ombilic
l’amnios du murin
cutané et ombilic intestinal sont séparés l’un de l’autre par la région du cœlome, au niveau de laquelle s’unissent le cœlome extra-embryonnaire et le cœlome intra-embryonnaire [ombilic cœlomique).
En résumé, Tamnios est une membrane ovulaire, qui prend naissance aux dépens de la partie du sac vitellin externe, contiguë à Fembryon. Il apparaît sous la forme de deux plis, qui font saillie sur la face dorsale de l’embryon. Ces plis convergent l’un vers l’autre, se soudent et délimitent un sac. Ce sac se remplit de liquide, s’agrandit et finit par envelopper complètement l’embryon.
Nous avons vu que, chez le lapin, les plis apparaissent l’un après l’autre ; ils ont d’abord une constitution différente : l’un est formé par l’ectoderme et l’endoderme : c’est le repli céphalique, ou pro-amnios ; l’autre, par la somatopleure : c’est le repli postérieur, ou gaine caudale. En dernier lieu, le pro-amnios prend la constitution de la gaine caudale, mais c’est de la gaine caudale que procède, en somme, l’amnios définitif.
' § 2. — [L’amnîos du murin.
Nous avons suivi jusqu’ici l’évolution de l’amnios chez le lapin. Le moment serait venu de nous occuper de l'amnios humain. Malheureusement nous ne disposons pas encore d’observations en nombre suffisant pour établir le mode d’apparition de cetamnios. Toutefois, d’après les documents épars que nous possédons, d’après un certain nombi'e de considérations théoriques, il semble à peu près démontré aujourd’hui que l’amnios humain est une formation massive, de tous points analogue à celle du murin (1).
Van Beneden, Frommel, Selenka avaient déjà entrevu ce mode de formation massive de l’amnios, mais sans en saisir l’exacte signification. Il était donné à M. Duval et à Hubrecht d’établir l’existence indubitable de cette genèse si particulière de l’amnios, dans leurs belles études sur le développement de la chauve-souris et du hérisson.
Chez le murin, l’ectoderme du disque embryonnaire s’épaissit, par prolifération de ses éléments, pour constituer un amas cellulaire plein : la masse amniotique.
La masse amniotique se creuse çà et là de vacuoles anguleuses, de siège variable, de forme irrégulière. Ces vacuoles s’ouvrent les unes dans les autres, et de cette fusion résulte une cavité régulière, symétrique : la cavité amniotique.
Le plancher de cette cavité est épais ; il garde sa disposition originelle : il représente l’ectoderme de l’embryon. Le toit de la cavité amniotique, au contraire, se disloque ; ses fragments se résorbent. A la cavité du stade précédent, succède une cupule, la fosse amniolique, qui rappelle « assez bien l’aspect classique de la gouttière médullaire ». On y trouve, en effet, un fond, ou planclier, et des bords qui proéminent sous forme de crêtes.
(i) Le murin est une variété de chauve-souris.
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l’amnios
Ces crêtes s’avancent l’une vers l’autre, au-dessus de la fosse’ amniotique^ qu’elles ne tardent pas à fermer : dès lors, la cavité amniotique est constituée. « Le développement de l’amnios, après avoir débuté sous une forme si singulièrement aberrante, va dorénavant se poursuivre selon le mode classiquement connu, pour la grande majorité des vertébrés munis d’unamnios. » (Duval.)
Fig. 6o. — Formation de Tamnios chez le murin (d’après Duval).
A, gastrula du murin avec sa cavité G. L’ectoderme du disque embryonnaire est en E.
B, l’ectoderme du disque embryonnaire s’épaissit pour former la masse amniotique M. A.
C, une cavité C s’est creusée dans la masse amniotique, qui présente maintenant un toit T et un plancher P.
D, dislocation du toit de la cavité amniotique : les restes de ce toit forment des replis qui s’avancent au-dessus de la fosse amniotique F.
E, stade plus avancé. Le mésoderme commence à pénétrer dans les replis amniotiques.
§ 3. — L’amnîos humain.
i" Formation de l’amnios. — D’après les travaux de Spee , de Mail, de Minot, il est probable que l’amnios humain apparaît sous une forme massive, comme chez le murin. Il se creuse secondairement d’une cavité qui reste close.
l’amnios humain
Sur un œuf de 6 millimètres sur 4 mm. 5, et dont l’embryon mesurait 400 [x, • Spee a vu que l’extrémité postérieure de l’embryon était rattachée au chorion par un pont de tissu mésodermique. Ce pont mésodermique n’est autre chose que la formation connue sous le nom de pédicule ventral ^Bauchstiel, de His). En arrière, ce pédicule logeait l’allantoïde ; en avant, il était excavé par la partie postérieure d’une vésicule arrondie, l’amnios.
L’embryon grandissant, il est vraisemblable que son extrémité céphalique s’abaisse dans la cavité de l’œuf, en entraînant l’amnios, qui tend à se dégager du pédicule ventral. Sur des embryons de 1 mm. 5, Spee a trouvé, en effet, que cet amnios s’était aplati et qu’il se prolongeait, par une pointe effilée, dans le pédoncule ventral.
Ces deux aspects de l’amnios sont-ils des stades successifs d’un même processus? Entre eux s’interpose-t-il un stade analogue à celui qu’on observe chez le murin? En d’autres termes, le plafond de la masse amniotique se rompt-il pour constituer les replis amniotiques, et l’amnios définitif est-il formé essentiellement par le repli céphalique, qui s’allonge d’avant en arrière pour se souder au repli caudal à peine ébauché? Ce sont là des questions qu’il est encore impossible de trancher d’une façon définitive. Dans cette seconde hypothèse, on expliquerait l’absence d'ectoderme, dans le segment du pédoncule ventral compris entre le chorion et l’amnios (segment externe de ce pédoncule), par la disparition de l’ectoderme qui recouvre le bord libre des deux replis amniotiques. Le feuillet utérin du repli céphalique compléterait la vésicule séreuse, en regard de la face dorsale de l’embryon.
Ce qu’il importe, en tout cas, de retenir de ces faits, c’est l’apparition précoce du mésoderme et la formation de l’amnios, avec son aspect de vésicule close, à un stade très reculé du développement.
2° Évolution de l’amnios. — L’amnios s’accroît, et sa cavité se distend par suite de l’accumulation d’un liquide, le liquide amniotique. Vers le milieu de la grossesse, ce liquide égale en poids le poids du fœtus. La poche amniotique s’étend, en envahissant toutes les parties de l’œuf qui ne font pas obstacle à sa progression.
Nous avons vu que l’amnios constitue une sorte de pédicule qui relie l’embryon à la membrane séreuse. Ce pédicule se raccorde à l’embryon par un anneau que nous avons appelé l’ombilic cutané : à ce niveau, l’épiderme de l’embryon se continue avec l’ectoderme amniotique, le derme de l’embryon avec le tissu conjonctif de l’amnios. Mais, à mesure que l’embryon grandit, l’ombilic cutané se resserre ou, plus exactement, il cesse de se développer, ou ne se développe qu’avec une extrême lenteur, en sorte qu’il paraît occuper une zone de plus en plus restreinte, sur la paroi abdominale du fœtus.
Si l’on sectionne, après congélation, un utérus à terme, il est facile de se rendre compte du trajet de l’amnios. Parti de l’ombilic du fœtus, l’amnios monte en engainant les éléments du cordon, jusqu’à l’insertion placentaire de ce cordon;
. il s’étale à la surface du chorion et ne le quitte plus. Avec lui, il tapisse la face
l’amnios
fœtale du placenta, arrive sur le bord de cet organe et, toujours en doublant le chorion, il passe sur la face interne du corps utérin qu’il recouvre de toutes parts. Comme l’amnios adhère au chorion (1) et que le chorion s’est fusionné avec la caduque utérine, il en résulte que les trois membranes se sont fusionnées en une enveloppe unique, commune à l’œuf, et quelles peuvent être, avec avantage, désignées collectivement sous le nom de membranes de l’œuf. Il faut rompre ces membranes pour pénétrer dans la cavité de l’œuf qu’occupe le fœtus. (Voir fig. 94.)
3*^ Structure de l’amnios. — La structure de l’amnios varie un peu, suivant qu’il recouvre le chorion ovulaire ou le cordon ombilical.
a) Partout où il s’applique sur le
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Fig. 6i. — Vue en surface de l’épithélium amniotique avec ses ponts intercellulaires sur un embryon humain de i44 jours.
(D’après Minot).
chorion (région membraneuse de l’amnios), l’amnios est constitué par un épithélium et par un tis.su de soutien, d’origine mésodermique.
L’épithélium est constitué par des cellules, disposées sur un seul rang. Ces cellules sont, au 2® mois, très larges (25 à 33 p.) et très aplaties. Elles diminuent progressivement de diamètre (10 à 12 [JL, au 7® mois), mais gagnent en hauteur ce qu’elles ont perdu en largeur. Au moment de la naissance, elles sont cubiques, et leur pôle libre s’accuse par un feston qui fait saillie dans la cavité de l’amnios. Ces cellules ont un noyau arrondi ; leur protoplasma est
semé de fines granulations graisseuses. Sur l’épithélium d’un amnios étalé, S. Minot figure même des ponts d union, jetés entre les cellules polyédriques du revêtement épithélial (fig. 61.)
Le tissu qui supporte l’épithélium est de nature conjonctive. Sur l’œuf à terme, on y distingue deux assises. L’assise superficielle est dense, d’aspect hyalin ; les éléments cellulaires y font presque complètement défaut. La couche profonde, plus lâche, est riche en cellules. Elle se confond avec le chorion. (Voir fig. 92.)
« Malgré les recherches les plus attentives, on ne peut trouver de fibres musculaires lisses dans f amnios des mammifères. Il est sans doute permis d’en inférerque si, chez les mammifères, l’embryon, en voie de développement, a besoin d’être soumis à certains déplacements rythmiques dans les eaux de famnios, les contractions des parois abdominales et les mouvements respiratoires de la
(i) L’adhérence du chorion à l’amnios n’est pas primitive, elle est secondaire, comme celle du chorion à la caduque. Elle résulte de l’effacement du cœlome externe, dans lequel s'est développé du tissu conjonctif. Ce tissu (magma réticulé de Velpeau, tissu intermédiaire de Bischoff, tissu inter-annexiel) assure l’union de l’amnios et du chorion.
l’amnios humain
mère doivent suffire pour produire des compressions alternatives de tout l’œuf, et par suite des déplacements du fœtus dans le liquide amniotique : il semble donc inutile qu’il y ait une contractilité propre de l’amnios. Dans l’œuf d’oiseau, au contraire, entouré d’une coque solide, on conçoit que les mouvements ne peuvent être imprimés au liquide renfermé dans les membranes que par la contraction de ces membranes elles-mêmes. » (Duval.)
D’après les classiques, l’amnios ne présente ni nerfs (Duval), ni vaisseaux. Toutefois, au voisinage du placenta, on pourrait y trouver, çà et là, au début de la grossesse, quelques vaisseaux issus du magma réticulé (Jungbluth, 1869). Ces vaisseaux, Waldeyer, Peyrot et Campenon les auraient également retrouvés; Wissosky ‘décrit même des cellules vaso-formatives dans l’amnios du lapin.
b) L'amnios qui revêt la surface du cordon présente quelques particularités structurales. Son épithélium est stratifié sur les fœtus à terme.
Kôlliker et Anna Holz signalent, sur le revêtement amniotique du cordon, quelques cellules cylindriques. Winckler (1868) a trouvé, d’une façon constante, sur 200 amnios qu’il a examinés à ce point de vue, des végétations de la grosseur d’un grain de millet. Ces végétations s’observent au point où l’ectoderme amniotique se continue avec l’ectoderme tégumentaire. On les nomme caroncules amniotiques. Quelques végétations ramifiées siègent à la surface du cordon. Ce sont les villosités du cordon (Alilfeld).
Le tissu de soutien de l’amnios se confond avec le tissu muqueux du cordon ombilical, sans qu’il soit possible de faire le départ de ces deux formations conjonctives.
4® Causes de la formation de l’amnios. — Si l’on recherche quelles causes ont pu provoquer la formation de l’amnios, on arrive à cette conclusion que l’amnios a été édifié par l’organisme, éminemment délicat, de l'embryon, pour se protéger contre les chocs extérieurs et contre les contractions brusques de l’utérus. Un sac plein de liquide, c’est-à-dire incompressible, devait répondre admirablement à ce but. C’est un sac de ce genre qui s’est différencié. Mais si Ton recherche la raison de l’édification de l’amnios, en dehors de toute idée de finalité, on n’arrive à trouver aucune solution satisfaisante.
3® Mécanisme de la formation de l’amnios. — « Chez tous les vertébrés supérieurs, il s’accomplit, à une époque reculée du développement, des inflexions de la tête de l’embryon, qui, pour se produire, doivent nécessairement entraîner vers l’intérieur de l’œuf les parties avoisinantes du blastoderme. D’autre part, la partie antérieure du corps de l’embryon et surtout les organes de la tête se développent rapidement et atteignent déjà un volume et un poids considérables, alors que l’extrémité postérieure du corps de l’embryon n’est encore qu’une simple lamelle. Enfin, c’est de l’extrémité postérieure de l’embryon que procède cette partie du mésoblaste qui envahit le blastoderme, en dehors de l’embryon.
« Ces circonstances permettent de concevoir la précocité relative de la formation de la cavité amniotique autour de la tête de l’embryon; si les inflexions céphaliques
l’amnios
et la formation du cul-de-sac antérieur du tube digestif s’effectuent avant que le mésoblaste ait envahi la région pré-embryonnaire du blastocyte, il doit nécessairement se former un pro-amnios, et l’on conçoit facilement que, celui-ci une fois formé, le mésoderme se soit étendu tout autour de la portion déprimée du blastoderme, sans envahir cette dernière, qui devient le pro-amnios céphalique.
« Dans notre opinion, ajoutent van Beneden et Julin, la cause déterminante de la formation de l’enveloppe amniotique réside dans la descente de l’embryon, déterminée elle-même par le poids du corps. C’est par une accélération du développement que la cavité amniotique en est venue à se former quand l’embryon ne possède encore qu’un poids insignifiant, quand il n’est encore qu’une simple lamelle didermique, avant que le mésoblaste soit constitué. La précocité de la descente de l’embryon finit par affecter l’apparence d’une simple invagination du blastocyte. »
Sur ce sujet, consulter :
1884. — Van Beneden et Julin, Rech. sur la format, des annexes fœtales chez les mammifères. Arc h. de bioL, t. V.
i8(j5. — M. Duval, L’embryol. des Cheiropt. Journal de l'Anat., p. 427.