PÉDONCULE VENTRAL
§3. — Pédoncule ventral.
A riiistoire de l’allantoïde, nous rattacherons l’histoire du pédoncule ventral. Nous savons que l’embryon humain ne se sépare jamais complètement des enveloppes de l’œuf. Un pont mésodermique, épais et court, part de l’extrémité inférieure de l’embryon (face ventrale) ; il se termine en s’étalant à la face interne du chorion. Ce pont mésodermique n’est autre que le pédoncule ou pédicule ventral (Bauchstiel, de His). (Voir fig. 98, 1.)
Sur une coupe transversale, il est facile de se rendre compte des rapports et de la constitution du pédoncule ventral. Sur les trois quarts de sa surface, le pédoncule ventral est entouré par le cœlome; sur le reste de son étendue, il est en rapport avec la cavité de l’amnios. La face du pédoncule qui regarde la cavité amniotique est tapissée par un ectoderme épaissi, que Ilis regarde comme un rudiment de la moelle épinière. L’endoderme est représenté, dans le pédoncule, par l’étroit canal allantoïdien. Tout le reste du pédoncule ventral est constitué par du tissu mésodermique, dans lequel courent deux veines et deux artères. Les veines sont larges et situées près de l’amnios ; les artères sont petites et flanquent, de chaque côté, le canal allantoïdien.
La genèse du pédoncule ventral a donné lieu de la part de Kôlliker, de Ilis et d’Hertwig à des interprétations différentes.
Dans la conception de Kôlliker, le cul-de-sac allantoïdien s’enfonce dans un épais bourgeon mésodermique. Ce bourgeon mésodermique s’engage dans le cœlome et se soude au chorion. En un mot, le pédoncule ventral est en rapport avec le développement de l’allantoïde; il se constitue par la soudure de l’allantoïde et du chorion.
Pour His, au contraire, l’allantoïde n’est pour rien dans la formation du pédoncule ventral. Elle n’entre dans la constitution de ce pédoncule qu’au cours du développement. His, en effet, n’admet pas a que l’embryon humain se sépare d’abord de la partie de la vésicule blastodermique employée à la formation du chorion, pour s’unir, à nouveau, plus tard à cette même vésicule ». Pour lui, le pédoncule ventral « a la valeur d’une pièce d’union ininterrompue, jetée entre l’ébauche embryonnaire et la partie choriale de la vésicule germinative primitive».
Ces deux opinions exclusives, Hertwig tente cependant de les concilier. « Ainsi que semble nous l’apprendre l’embryon de Coste, l’origine du pédoncule abdominal est, avant tout, en connexion avec un mode de formation un peu spécial de l’amnios. De cette circonstance que l’amnios se termine en pointe en arrière, et que cette pointe s’étend jusqu’au chorion, il résulte que, chez
postérieure du corps, et qu’en même temps il se maintient, au point de ferme-
(1) Nous avons dit plus haut quelles restrictions il convient de faire à cette notion de la fermeture de l’amnios.
l’allantoïde
ture, une union entre cette enveloppe et le cliorion. L’aire embryonnaire ne reste donc pas directement unie au chorion, comme le pense iïis, mais indirectement, par l’intermédiaire de l’amnios.
(( En second lieu, l’allantoïde, dont le mode de développement, un peu différent chez l’homme de ce qu’il est chez les autres mammifères, résulte peut-être de la particularité qu’offre l’amnios dans son mode de formation : l’allantoïde, dis-je, intervient dans la constitution du pédoncule abdominal. Il me semble que c’est ici qu’il convient d’entrer dans quelques considérations sur la question de l’allantoïde de l’homme, question dont on s’est beaucoup occupé dans ces dernières années.
« A une période très reculée du développement, lorsque le cul-de-sac postérieur du tube digestif commence à se former, il se développe, aux dépens de sa paroi ventrale, une saillie cellulaire renfermant une petite évagination de l’endoderme secondaire. Cette saillie allantoïdienne ne pénètre pas librement dans le cœlome, comme chez les autres mammifères, mais elle prolifère au plancher du cul-de-sac postérieur du tube digestif, entre l’extrémité postérieure de ce dernier et son point de continuité avec l’amnios. Elle se trouve ainsi unie à l’amnios jusqu’au point d’union de ce dernier avec le chorion. L’évagination endodermique que renferme la saillie allantoïdienne s’allonge ensuite et se transforme en un canal allantoïdien étroit. Sa masse de tissu conjonctif, plus puissante, amène les vaisseaux ombilicaux jusqu’au chorion, s’étale ensuite à la face interne de ce dernier et s’engage dans les villosités de la séreuse de de Baër.
« L’allantoïde, au lieu de se développer librement pour atteindre la séreuse de de Baër, utilise, pour y arriver, l’union qui existe déjà entre cette séreuse et l’embryon, c’est-à-dire le prolongement effilé de l’amnios. Ce mode de développement de l’allantoïde provient donc peut-être de ce que l’extrémité postérieure de l’embryon, chez l’homme, est fixée à la séreuse de de Baër par la suture amniotique, ce qui fait que, pour atteindre la séreuse, l’allantoïde n’a à parcourir qu’un espace très restreint. » (Hertwig.)
Sur ce sujet, consulter :
1876. — Dastre, Rech. sur l’allant, et le chorion de quelques mammif. xinn. des Sc. nat.^ série VI, t. III.
1896. — Keibel, Zur Entw. d. menschlicli. Urogenitalapparales. Arch. f. Anai. ii. Phys,