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LE CHORION

§ 1. — Le chorîon chez le lapin.

Nous avons vu que le sac vitellin, qui constitue, tout d’abord, la région extraembryonnaire du blastoderme, est formé par l’endoderme et l’ectoderme accolés. Plus tard, le mésoderme apparaît et s’interpose entre les deux feuillets primaires du blastoderme. Il se clive ensuite, à la faveur d’un processus que nous avons étudié. Sa lame somatique s’accole à l’ectoderme et, de cette union résulte la somatopleure ; sa lame splanchnique s’applique contre l’endoderme pour former la splanchnopleure.

Nous savons encore que la splanchnopleure extra-embryonnaire représente un premier sac et que la somatopleure représente un autre sac, extérieur au premier. Le sac intérieur est le sac vitellin intestinal, ou vésicule ombilicale; le cœlome le sépare du sac vitellin cutané, qu’on appelle encore vésicule séreuse de de Baër, membrane subzonale (1) de Turner.

La vésicule séreuse est mince et parfaitement lisse. Elle va bientôt s’épaissir chez le lapin, se couvrir de villosités chez l’homme. La vésicule séreuse ainsi modifiée constitue le chorion. Le chorion n’est donc autre chose que la membrane cellulaire la plus superficielle de l’œuf.

Chez le lapin, la vésicule séreuse se sépare de la vésicule ombilicale, et nous avons fait remarquer que cette séparation ne s’effectue jamais sur l’hémisphère inférieur de l’œuf (2). D’autre part, chez le lapin, l’amnios procède du chorion qui, de ce fait, mérite le nom de chorion amniogène (Bonnet). Le chorion, c’est la vésicule séreuse, « moins la portion de cette vésicule qui a formé l’amnios ». Une fois les replis amniotiques soudés entre eux, le pont de tissu qui relie l’amnios et le chorion disparaît : le cœlome extra-embryonnaire occupe, dès lors, la face dorsale de l’embryon.

(1) A cause de sa situation au-dessous de la membrane pellucide.

(2) L’hémisphère supérieur de l’œuf est formé d’une somatopleure et d’une splanchnopleure ; dans l’hémisphère inférieur, le mésoderme fait défaut, l’ectoderme et l’endoderme sont accolés.

POTOCKI ET BRANCA

LE ClIORION

Le chorion, avons-nous dit, est constitué par la somatopleure extra-embryonnaire, mais c’est principalement sur l’ectoderme que portent les modifications les plus importantes dont le chorion est le siège.

Sur les embryons de la fin du 7® jour, deux bandes d’aspect tigré se développent, à droite et à gauche, dans faire opaque, en regard de la région postérieure du disque germinatif, à quelque distance de l’embryon. Ces crêtes ne tardent pas à se réunir, en regard de l’extrémité caudale de l’embryon ; elles simulent dès lors un fer à cheval (van Beneden et Julin). Ce « fer à cheval placentaire » est la seule région de l’hémisphère supérieur de fœuf qui s’épaississe et se soulève en

Fig. 65. — Embi*yon de lapin au 9» jour avec son aire opaque (grossissement de 8 diamètres). Une vaste lacune, ou perte de substance ectodermique tient la place de l’ensemble des croissants ectoplacentaires, l’ectoplacenta étant demeuré attaché aux cotylédons utérins (d’après Duval).

replis irréguliers. Ln dedans du fer à cheval, se trouvent fembryon et la zone lisse centro-placentaire ; en dehors de lui, la zone lisse péri-placentaire.

Quant à l’hémisphère inférieur, il porte, çà et là, de petits bourgeons, qui, du reste, n’arrivent jamais à constituer de véritables villosités, car cet hémisphère s’atrophie et se résorbe sans s’être vascularisé.

C’est par le fer à cheval placentaire que fœuf se fixe à l’utérus : une coupe de cet épaississement nous montre que fectoderme chorial est constitué par deux couches superposées : 1® une couche profonde, où les éléments sont nettement individualisés (couche cellulaire); 2® une couche superficielle, formée d’une masse protoplasmique commune, semée de noyaux, disposés sur un ou plusieurs rangs. Cette couche (couche plasmodiale, plasmodiblaste) s’est déjà différenciée quand le blastocyte se fixe à la paroi utérine.

Sur les embryons de la fin du 9® jour, le bourrelet allantoïdien s’est d’abord accolé, puis soudé à la face profonde du chorion : ainsi a pris naissance un allantochorion, qui constitue la première ébauche du placenta.

LE CIIORION CHEZ l’iIOMME

§2. — Le chorîon chez riiomme.

1® Historique. - Coste avait soigneusement distingué un premier, un second, un troisième cliorion, et cette distinction est encore reproduite dans nombre de livres classiques.

Le premier chorion de Coste est représenté par la couche d’albumine dont 1 œuf se revet, pendant qu’il effectue la traversée de la trompe. Le second chorion

Fk;. C6. — L’œuf de Reichert.

1, vu de face pur l’un des pôles; — 2, vu de prolîl.

de Coste est constitué par la somatopleure exlra-embryonnaire. C’est lui qu’on qualifie de chorion amniogène (Bonnet). Le troisième chorion, ou chorion définitif, n’est autre chose que le second chorion, doublé de la couche vasculaire de fallantoïde (allanto-chorion).

Toutes ces distinctions ne sauraient être maintenues. Le premier chorion de Coste n’est pas une membrane cellulaire : ce n’est donc point un chorion. D’autre part, il n’y a point lieu d’étudier séparément un second et un troisième chorion, un chorion amniosfène et un allanto-chorion. 11 est vraisemblable, en effet, que l’amnios ne résulte pas, chez l’homme, d’un plissement du chorion. D’ailleurs, les embryons les plus jeunes qu’on ait eu l’occasion d’examiner, étaient

LE CIIORION

pourvus d’un amnios et d’une allantoïde, logés tous deux dans le pédoncule ventral. On ne saurait dire, par conséquent, laquelle de ces deux formations précède l’autre. Deuxième et troisième chorions sont donc une seule et même chose. En définitive, il est inutile de distinguer plusieurs chorions ; aussi nous contenteronsnous de qualifier la membrane choriale de chorion vasculaire, quand les vaisseaux allantoïdiens auront pénétré dans ses villosités.

Il importe encore de relever un fait : c’est la disparition précoce du prolongement cœlomique, qui s’interpose entre l’amnios et la face profonde du chorion. Voilà pourquoi l’amnios adhère intimement à la face profonde du chorion.

2*^ Morphologie du chorion. — Selon toute vraisemblance, chez l’homme comme chez les Chéiroptères, « la fixation du blastocyte se fait très tôt par une

Fig. ()7. — (Æiif humain de 55 millimètres, expulsé 53 jours après la fin des règles. Poids: 25 grammes. Pièce jihotographiée dans l’eau i = i (d’après Varnier).

surface lisse et unie » (van Beneden). Quand les villosités apparaissent à sa surface, f œuf est inclus dans la capsule que lui forme la caduque utérine.

Sur les œufs jeunes, étudiés par Breuss (10 jours) et par Reichert (14 jours), l’équateur de l’œuf est entouré d’une large ceinture de villosités.

Sur les embryons de lo à 20 jours, les deux zones polaires du blastocyte se montrent hérissées de fins prolongements (Ahlfeld, Kollmann, Spee).

L’œuf de 2 à 3 semaines est déjà totalement recouvert de villosités. Il a l’aspect d’une vésicule, transparente et velue ; il ressemble à un « teignon » (Varnier).

Le chorion s’accroît très rapidement; il limite une cavité ovalaire spacieuse, que remplissent incomplètement l’embryon et les annexes. Les villosités sont vascularisées sur les œufs de 4 semaines (van Beneden). La surface extérieure

LE CIIORION CHEZ l’hOMME

de l’œuf est enveloppée à distance par la caduque. Dans l’espace qui sépare la caduque du chorion sont tendues les villosités choriales. Et, comme ces villosités sont légèrement écartées les unes des autres, il existe, entre elles, des espaces connus sous le nom ^'espaces intervilleiix.

A partir du second mois, les villosités ne semblent plus augmenter de nombre (Minot). Celles qui sont tournées du côté de la caduque réfléchie commencent à s’atrophier. Celles qui sont en regard de la sérotine s’accroissent, au contraire ; leurs branches se multiplient, et leur évolution se poursuit vraisemblablement pendant toute la durée de la grossesse.

Un peu plus tard (3® mois), il y a lieu d’établir une division très nette dans le chorion. On y rencontre, en effet, une région villeuse et une région unie, ce qui permet de distinguer un chorion toii/fïi (chorion frondosum), en rapport avec la sérotine et un chorion lisse (chorion lœve), en rapport avec la caduque réfléchie. Le premier est très vasculaire : il contribue à former le placenta ; le second a perdu ses vaisseaux: il entrera dans la constitution des membranes de l’œuf.

Telle est, dans ses grands traits, l’histoire du chorion. 11 importe maintenant d’étudier la morphologie de la villosité et de passer en revue les particularités de structure que présente le chorion.

3® Développement des villosités choriales. — Les villosités choriales sont représentées tout d’abord par des évaginations du chorion. Ce sont des bourgeons creux (Coste) en forme de cylindres épais et courts, de nature épithéliale. Ultérieurement, ces bourgeons s’allongent, se transforment en masses pleines et renferment un axe central de tissu conjonctivo-vasculaire, qui sert de support à l’épithélium. Enfin, les villosités se ramifient.

Leurs branches de division se montrent sous deux aspects. Ce sont parfois des boutons épithéliaux qui s’allongent en tiges grêles, terminées par une extrémité renflée; elles sont exclusivement de nature épithéliale. D’autres fois, il s’agit de cordons épais, de forme cylindrique, présentant un squelette conjonctif et vasculaire, revêtu d’épithélium. Entre ces types extrêmes, il existe une série de formes intermédiaires.

Les divisions des villosités affectent, avec la caduque, des rapports différents. Les unes restent libres de toute connexion avec la sérotine. Les autres pénètrent dans la sérotine {villosités- crampons), mais cette pénétration n’est pas profonde : pendant toute une partie de la grossesse, il est facile de séparer la caduque du chorion, sans déchirer les villosités (Spee).

Les villosités varient d’aspect avec la région du chorion qu'elles occupent. Nous avons vu déjà qu’il y a lieu de distinguer un chorion touffu et un chorion lisse, en raison de révolution inverse dont les villosités choriales sont le siège, à partir du second mois de la grossesse. Les villosités du chorion touffu changent de forme, au cours du développement, comme l’avait vu Seiler dès 183:i. Leur évolution a été bien étudiée par Minot.

I. Chorion touffu. — a) Au moment de leur apparition, les villosités choriales sont épaisses et courtes; elles vont grandir et se ramifier.

LE CIIODION

b) A la 12® semaine, les villosités ont pris un aspect caractéristique. Sur un tronc principal, sont implantés, sous un angle plus ou moins aigu, des branches nombreuses, subdivisées elles-mêmes en rameaux. Tronc, branches, rameaux simulent souvent des massues, à pédicule rétréci. La taille des villosités ne varie pas moins que leur forme. Des branches de la villosité, les unes sont plus volumineuses que le tronc qui les porte; les autres sont, au contraire, très petites et réduites à de simples nodules, au niveau desquels répithélium est épaissi.

Fig. G8. — Évolution des villosités (d’après Minot).

1, branche terminale d’une villosité choriale (embryon de 20 semaines); — 2, villosité du placenta au 5' mois; — 3, villosités du placenta à terme. Les petits points noirs représentent les îlots de prolifération; — 4, villosité abortive du chorion au 2' mois.

c) Au cinquième mois, la villosité a une forme moins irrégulière. Sur le tronc principal s’insèrent, à angle droit, les branches de la villosité. Ces branches sont cylindriques; à leur base, elles ne sont plus étranglées « en concombre ». Leurs extrémités flottent librement, pour la plupart, dans l’espaceinter-chorio-décidual.

cl) Au neuvième mois, chaque villosité est représentée par un tronc d’où divergent une dizaine de branches, longues et grêles; ces branches, largement écartées les unes des autres, portent, çà et là, de courts bourgeons, qui sont des branches arrêtées dans leur développement. Enfin, disséminés sur le tronc principal comme sur les branches, il existe de très petits îlots, dont l’examen au microscope démontre la nature épithéliale : ce sont les îlots de prolifération.

LE ciiORiON CHEZ l’homme l5l

Tels sont les aspects successifs que présente la majorité (1) des villosités du chorion touffu. Ces aspects, on les retrouve aisément sur les coupes du chorion. Sur le chorion jeune (1 à 3 mois), les villosités sont larges et assez éloignées les unes des autres. Leurs branches sont de taille irrégulière, mais il n’existe qu’un nombre restreint de petites branches. Plus tard (7 à 9 mois), les branches des villosités sont petites et de taille presque uniforme.

II. CnORiOxN LISSE. — Jusqu’au deuxième mois, les villosités du chorion sont partout identiques à elles-mêmes. A partir de cette époque, certaines villosités s’atrophient : elles cessent de croître et de se ramifier; leurs branches deviennent de moins en moins nombreuses et finissent par disparaître. Ces phénomènes régressifs s’observent sur toute la partie du chorion que double la caduque réfléchie, et qu’on nomme, dès lors, le chorion lisse. Cette expression, d’ailleurs, ne

saurait être prise à la lettre : car quelques villosités .persistent, en effet, pendant

toute la grossesse, sur la région du chorion lisse voisine du placenta.

4° Structure du chorion. — Simple transformation de la somatopleure, le chorion comprend, dans sa structure, deux couches : l’iine conjonctive et vasculaire, d’origine mésodermiqiie, faiilre épithéliale et d'origine ectodermique.

Fig. G9, — Le revêtement éi)ithélial d’une villosité jeune (d’après Spee),

1, couche plasmodiale ou syncytiale ; — 2, couche cellulaiie; — 3, axe conjonctif de la villosité.

a) Couche épithéliale. — La couche épithéliale est représentée, tout d’abord, par des éléments polyédriques, à noyau clair, disposés sur une seule rangée.

Chez les embryons humains de G à 8 millimètres, il existe déjà deux assises épithéliales. Tune superficielle [couche plasmodiale), l’autre profonde [couche cellulaire],

La couche superficielle ou plasmodiale est formée d’une nappe protoplasmique opaque, très vivement colorée, dans laquelle on n'observe aucune limite cellulaire. Cette nappe est semée de petits noyaux, très irréguliers et très colorables, qui sont disposés sur un seul rang (plasmodium). Sur sa face libre, ce plasmode présente bientôt une bande colorable, très étroite, au sein de laquelle une striation verti-

(1) Nous disons: la majorité, car, à un stade donné, on trouve toujours quehiues villosités qui se sont arrêtées dans leur évolution. Au 9® mois, j)ar exemj)le, il existe encore des villosités courtes et é})aisses, comme l’a montré Jassinsky.

LE CIIORION

cale se différencie. La substance intercalée entre les stries disparaît. Les stries prennent alors l’aspect d’une bordure en brosse, comme l’ont établi Keibel (1889) et Spee (1889 et 1896).

La couche profonde ou cellulaire de l’épithélium chorial est formée de gros éléments, nettement limités, disposés, le plus souvent, sur un seul rang. Ces éléments, de forme polyédrique, portent en leur centre un noyau clair, volumineux, sphérique ou ovoïde. Par leur pôle superficiel, ils sont contigus à la couche plasmo. diale; par leur pôle d’insertion, ils reposent sur l’axe conjonctif de la villosité (1).

Les assises épithéliales du chorion modifient leur aspect, au cours du développement, et il y a lieu d’examiner ce que deviennent la couche plasmodiale et la couche cellulaire, dans les divers territoires du chorion.

a) Couche plasmodiale. — Au niveau de la membrane choriale, la couche plasmodiale a gardé, par endroits, sa structure typique ; ailleurs, elle s’est un

peu épaissie. Çà et là, on trouve, à la place qu’elle occupait, une substance transparente, hyaline, de couleur jaunâtre. Cette substance, très réfringente, fixe avec énergie les colorants nucléaires, tels que le carmin ou l’hématoxyline. Elle est répartie en strates, qui courent parallèlement à la surface choriale, et son épaisseur au

veloppe. On y trouve, inclus de loin en loin, des noyaux et même des cellules. C’est la fibrine canalisée de Langhans. Elle provient du sang, comme font avancé Langhans et Ruge, et tout récemment quelques autres histologistes. Elle serait un produit de dégénérescence des épithéliums du chorion, pour d’autres observateurs.

A la surface des villosités, la couche plasmodiale se dispose en un revêtement continu. Ce revêtement, mince par endroits, présente, çà et là, des épaississements, connus sous le nom ééilols de prolifération. Ces îlots sont allongés ou renflés, sessiles ou pédiculés. Ils sont toujours nombreux et de taille exiguë. On les interprète comme des rameaux de la villosité dont l’évolution ne s’est pas achevée. Certains de ces îlots se fusionnent. On les trouve à côté de ces larges territoires et de ces colonnes de fibrine canalisée qui prennent point d’appui sur le tronc des villosités, et qui, à partir du 4® mois, s’étendent de la membrane choriale à la caduque, à travers toute l’épaisseur du placenta.

La couche plasmodiale fait défaut à l’extrémité des villosités-crampons qui pénètrent dans la caduque. Elle est remplacée là par un tissu hyalin, qui s’étale encore sur toute la surface déciduale. Ce tissu a toutes les apparences de la

(i) Rappelons qu’on trouve souvent, dans l’épaisseur de cette couche, des globules sanguins dont la signification est encore mal établie.

gmente à mesure que le placenta se dé-

Fig. 70. — (^oupe d’une villosité au 2® mois de la grossesse, avec sa couche cellulaire et sa couche syncytiale. En un point de sa surface, la couche syncytiale s’est épaissie pour former un « îlot de prolifération ».

LE CHORION CHEZ l’iIOMME

tibrine canalisée. Il n’en diffère que par un point : on n’y trouve jamais de lacunes anastomosées (1).

3“ Sur le chorion lisse, à partir du 7® mois, le plasmode fait complètement défaut, si ce n’est au voisinage immédiat du placenta. Nous avons vu, au contraire, que la couche plasmodiale persiste sur presque toute l’étendue du chorion touffu.

P) Couche cellulaire. — 1° La couche cellulaire de la plaque choriale de place en place, des épaississements qui présentent de grandes variations de nombreet de volume. Ces épaississements font saillie dans les espacesintervilleux. A leur niveau, les éléments épithéliaux se sont stratifiés ; les cellules épithéliales les plus superficielles tendent à perdre leur contour, et çà et là elles se continuent, par des transitions insensibles, avec la couche plasmodiale.

2° Sur les villosités^ la couche cellulaire commence à disparaître, à partir du premier mois delà grossesse. A da-

isolés (Zellknoten de Langhans et de Katschenko).

3° Au niveau de \diZone lisse du chorion^ la couche cellulaire, « primitivement simple, devient stratifiée. Cette stratification, d’abord localisée (fin du 2® mois) sous la forme d’îlots, devient continue au 4® mois ». Les éléments, disposés sur deux ou trois couches,

« établissent entre le chorion et la caduque réfléchie une adhérence complète » (Langhans). Ils se distinguent toujours des cellules déciduales par leur taille plus petite, leur noyau très colorable et par les granulations volumineuses dont est chargé leur cytoplasme (Kôlliker).

En résumé, fépitliélium chorial est primitivement disposé sur une seule assise; plus tard, il comprend deux couches, qui présentent une évolution inverse : sur le chorion lisse et sur la plaque choriale, la couche cellulaire existe à peu près seule, et elle s’épaissit par endroits; au contraire, c’est la couche plasmodiale avec ses îlots de prolifération qui constitue, à elle seule, le revêtement de la villosité.

b) Couche conjonctive du chorion. — La couche conjonctive du chorion procède du feuillet somatique du mésoderme. Elle est originellement représentée

ter du 4® mois, cette couche n’est plus représentée que par quelques nodules

Fig. 71. — Coupe d’une villosité, au lèrme de la grossesse. L’épithélium est réduit à la couche syncytiale. On remarquera l’énorme développement des vaisseaux sanguins.

(1) Minot suppose que la couche plasmodiale s’est étendue sur la caduque. Elle a subi la dégénérescence fibrineuse. De là résulte cette bande de tissu hyalin qu4 s’étend, comme un vernis, à la surface du tissu décidual.

l54 LE CIIORION

par des cellales conjonctives, aplaties parallèlement à la surface du cliorion.

Sur le cliorion lisse, l’évolution de la couche conjonctive en reste à ce stade. Sur le cliorion touffu, le tissu conjonctif élabore des fibres, et il se répartit en deux zones. La zone superficielle, contiguë à l’épithélium chorial, est riche en fibres, pauvre en cellules ; la zone profonde, adossée à famnios, est, au contraire, pauvre en cellules et riche en fibres conjonctives.

Le squelette conjonctif des villosités procède du tissu conjonctif de la plaque choriale. Ce squelette est d’abord constitué uniquement par des cellules anastomosées en réseau. Plus tard, des fibres conjonctives y apparaissent ; encore ne se développent-elles que sur les troncs des villosités.

Le cliorion, d’abord avasculaire, est irrigué par des vaisseaux. Ils proviennent des vaisseaux allantoïdiens et pénétrent jusque dans les villosités (4® semaine). Quand le cliorion s’est différencié en un chorion lisse et en un chorion touffu, les vaisseaux disparaissent du chorion lisse. Le chorion touffu accapare la totalité du sang des vaisseaux ombilicaux.

Sur les pièces injectées, il est constant de voir une branche, émanée des artères ombilicales, monter dans la villosité, se ramifier parallèlement à son grand axe et, finalement, se résoudre en capillaires. Ces capillaires courent au-dessous de l'épithélium chorial ; ils convergent dans une veine unique, mais volumineuse, qui descend dans la villosité et se jette ensuite dans les branches d’origine de la veine ombilicale. L’appareil vasculaire de la villosité fait donc partie d’un système vasculaire absolument clos.

La couche plasmodiale du chorion s’interpose partout, entre les vaisseaux du fœtus et la circulation maternelle (espaces intervilleux). Elle suffit pour empêcher le mélange du sang fœtal et du sang maternel ; mais sa minceur est telle qu’elle n’apporte aucun obstacle aux échanges osmotiques qui doivent s’opérer, à son niveau, pour assurer la nutrition du jeune être.

O® Rôle et signification de l’épithélium chorial. — Au cours de son évolution, le revêtement épithélial de la villosité se présente sous trois aspects. C’est d’abord un épithélium polyédrique, disposé sur une seule couche. Plus tard, il y a lieu de distinguer une couche cellulaire et une couche plasmodiale. Enfin, au terme de la grossesse, le revêtement épithélial est réduit à un simple vernis, constitué par le plasmodium.

L’origine de l’épithélium polyédrique des villosités ne prête guère à discussion. Cet épithélium n’est autre que l’ectoderme de l’allanto-chorion.

L’origine de la couche cellulaire et de la couche plasmodiale, en revanche, a donné matière à de nombreuses interprétations. On admet aujourd’hui que la couche cellulaire (Duval, Minot, van Beneden, Léopold, Peters, Webster, etc.) se transforme pour donner naissance à la couche plasmodiale. Deux faits, entre autres, plaident en faveur de cette interprétation. En premier lieu, dans les grossesses ectopiques, le chorion est revêtu d’une double assise cellulaire, et l’on n'a plus la ressource d’invoquer l’origine utérine des assises épithéliales. En second lieu, il existe des formes de passage entre la couche cellulaire et le plasmodium,

LE CIIORION CHEZ l’iIOMME

comme l’ont constaté nombre d’auteurs : (Katscliensko (1885), Marchand (1898), Rudolf Spuler (1899) et Peters (1899).

Le plasmodium résulte donc de la transformation de la couche de Langhans. Voilà le fait brutal, aujourd’hui bien établi.

Ce fait, Peters tente de l’interpréter, en disant que cette transformation est la conséquence d’une action chimique corrodante, exercée par le sang maternel. Le sang maternel pourrait donc modifier l’organisme fœtal.

De son côté, le placenta fœtal serait capable d’apporter de profondes modifications à l'organisme maternel. On sait depuis longtemps qu'au niveau du placenta s’effectuent les échanges indispensables pour entretenir la nutrition du fœtus et pour en assurer la croissance. Mais l’épithélium chorial ne se comporterait pas seulement comme ces membranes animales, qui sont le siège de phénomènes d’osmose, c’est-à-dire de phénomènes physiques, et dont le rôle est purement passif. Le plasmodium du chorion est un tissu vivant. On trouve dans son épaisseur des globules sanguins, plus ou moins altérés ; on constate à sa surface des dépôts fibrineux. Et l’on se pose actuellement la question de savoir si le plasmodium n’est pas capable de détruire le sang maternel, pour utiliser directement la fibrine, le fer, les sels minéraux, qui sont les résidus de cette destruction. Les modifications du sang qu’on observe chez les femmes enceintes cadreraient assez bien avec une pareille interprétation.

Consulter :

1888. — Van Beneden, C. R. Soc. bioL, 3 novembre.

1889. — Keibel, Zur Entw. d. mensch. Plac., Anat. Anzeig., Bd. IV.

1889. — Spee, Beobachtungen an menscli. Keimscheibe. Arc/i. /'. Anat. ii. Phys.

1896. — Spee, Neue Beobachtungen über selir frulie mensch . Eier. .4. f. Anal.

Voir aussi la bibliographie du placenta.

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