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CHAPITRE III

OVOGEIVÈSE ET SPEUMATOGEIVÈSE. COMPARAISOIV

DES PIIODUITS SEXUELS

Les produits sexuels sont le terme d’une évolution qui se déroule en trois périodes .

Dans une première période, dite période de multiplication, les cellules mères des éléments sexuels (gonies) se dilïérencient aux dépens de quelquesunes des cellules épithéliales qui recouvrent l’éminence génitale de l’embryon. Elles se multiplient par voie karyokinétique. Elle constituent les spermatogonies chez l’individu mâle, les ovogonies chez l’individu femelle.

Entre les deux sexes, une seule différence importante est à relever. Toutes les ovog'onies, que possédera le jeune être, se sont différenciées au moment de la naissance et dans les deux premières années de la vie. Les spermatogonies, au contraire, prolifèrent par mitose, pendant toute la durée de la vie sexuelle. Celles qui prennent naissance avant la puberté (ovules mâles) sont destinées à mourir: ce sont des spermatogonies abortives.

De la dernière division des gonies procèdent les cytes, ovocytes et spermatocytes, et la période d’accroissement de ces éléments constitue la seconde étape de l’évolution des produits sexuels.

Le cytoplasme acquiert progressivement un volume de plus en plus considérable, et le noyau subit des modifications identiques dans les deux sexes. Sa chromatine, disposée en réseau (1), se rassemble d’abord en un grumeau compact (synapsis), d’où se dégage un cordon. Ce cordon se développe dans tout le champ nucléaire et se coupe en segments, présentant une dualité des plus nettes. Ces segments sont parfois contournés en anneau ou en S de chiffre; ils sont caractéristiques du spermatocyte qui va subir sa première mitose de maturation. Dans l’ovocyte, au contraire, le noyau reprend, pour une très longue période, la structure réticulée. Cette structure, il ne la perdra qu’à l’époque de sa maturation.

(i)Dans le spermatocyte, le réseau se résoud en granules, qui se divisent chacun en quatre parties pour constituer les « groupes quaternes ». D’ahoid disséminés dans tout le noyau, ces groupes quaternes se rassemldent ensuite pour former un grumeau : le synapsis. Dans Tovocyte, les groupes (juaternes n’existent i>as, ou i)lutot ils ne se rencontrent que dans certains ovocytes en voie de dégénérescence (^^’ini^varter).

OVO(iENÈSE ET SPERMATOGENÈSE

Fig. i5. — Schéma de la spermatogenèse.

I. Période de division. Les cellules folliculeuses A (petites cellules épithéliales) donnent naissance par voie de transformation aux spermatogonies poussiéreuses B, qui, à leur tour, se divisent pour former les spermatogonies croùtelleuses, — 2. Période de croissance. De la dernière mitose des spermatogonies croùtelleuses, procèdent les spermatocytes D. — 3. Période de maturation. Le spermatocyte de premier ordi’e D se divise pour donner naissance à deux spermatocytes de second ordre E, qui, à leur tour, entrent en mitose. A la suite de cette seconde mitose de maturation, chaque spei'matocyte de deuxième ordre E se divise en deux spermalides F.

OVOGENÈSE ET SPERMATOGENÈSE

La maturation des produits sexuels est caractérisée par une double mitose. Le cyte de premier ordre se divise en deux cytes de second ordre ; le cy te de second ordre entre à son tour en karyokinèse. Comme cette dernière division s’effectue

Fig. iG. — Schéma de rovogenèse.

1. Période de division des ovogonies A; — 2. Période de croissance de Tovocyle B; — 3. Période de maturation. L’ovocyte de premier ordre B se divise i)onr donner naissance à l’ovocyte de deuxième ordre C et au premier globule polaire a. Puis l’ovocyte de deuxième ordre G entre en mitose, et de cette seconde mitose de maturation résultent l’ovule indr D et le second globule i)olaire a'.

sans période de repos, c’est-à-dire sans que le cyte de second ordre ait eu le temps de récupérer sa masse de chromatine initiale, on dit qu’il s’est produit un phénomène de réduction : les mitoses de maturation sont des mitoses réductrices.

Précisons les faits. Le spermatocyte de premier ordre se divise en deux spermatocytes de second ordre. Les deux spermatocytes de second ordre se divisent

OVOGENÈSE ET SPERMATOGENÈSE

à leur tour en deux spermatides, qui se transformeront en deux spermatozoïdes. Du spermatocyte de premier ordre procèdent donc, en définitive, quatre spermatozoïdes. Voilà pour les éléments mâles (fig. 15).

Comment les choses se passent-elles pour les éléments femelles ? L’ovocyte de premier ordre se divise. De cette première mitose dérivent fovocyte de second ordre et le premier globule polaire. L’ovocyte de second ordre entre immédiatement en karyokinèse. L’ovule et le second globule polaire naissent de la sorte (1). D’un ovocyte de premier ordre naissent donc un ovule et des cellules polaires, au nombre de deux, dans le cas assez rare que nous avons pris pour exemple (fig. 10) (2).

En résumé, d’un seul spermatocyte de premier ordre, cellule relativement petite, procèdent quatre spermatozoïdes, qui sont, tous les quatre, aptes à féconder un ovule. Par contre, d’un ovocyte de premier ordre procèdent les globules polaires, qui sont des éléments abortifs chez les vertébrés (3), et un seul élément capable d’être fécondé, l’ovule.

Si nous voulons comparer entre eux les produits sexuels, nous dirons que ce sont des cellules de même origine et de même valeur, mais des cellules qui, pour s’adapter à des fonctions spéciales, se sont différenciées.

Avant de pénétrer dans l’ovule, le spermatozoïde doit aller à la rencontre de cet ovule ; il est donc obligé de se mouvoir, et, pour ce faire, il s’est constitué un appareil de propulsion. Afiti d’augmenter la puissance de cet appareil, le spermatozoïde s'est allégé de toute surcharge : aussi n’emporte-t-il avec lui ni eau, ni réserves nutritives. Ce sont là les raisons de sa taille exiguë : le spermatozoïde compte parmi les plus petites cellules de l’organisme.

Quant à l’ovule, il est de taille relativement énorme, chez les mammifères, puisqu’il y est visible à l’œil nu. Il est immobile, et son cytoplasme est chargé de matériaux de réserve (eau, corps gras, albuminoïdes), qui lui permettent, lorsqu’il est en voie de division, de suffire à ses premiers besoins.

Mais les cellules sexuelles ne parviennent pas toutes à la période de maturité. Elles disparaissent en grand nombre, à l’une quelconque des étapes de leur évolution. A l’état physiologique, cependant, c’est surtout au début et à la tin de la vie sexuelle que ces « morts » se produisent ; elles semblent être extrêmement nombreuses, dans l’ovaire comme dans le testicule.

Pour féconder un ovule parvenu à maturité, des millions de spermatozoïdes montent du vagin jusqu’à la trompe (4). Mais un seul d’entre eux inter-

(1] Dans les deux mitoses de maturation, le fuseau des éléments mâles ne sort pas des cellules-filles ; dans les éléments femelles, le fuseau se forme à la surface de l’ovule et se trouve émis en partie avec les , globules polaires.

(2) Dans 9/10 des cas en elTet il ne se forme qu'un globule polaire chez la souris et le lapin. (3j Les globules polaires sont des œufs abortifs (Giard). On n’a jamais décrit leur

fécondation, chez les vertébrés tout au moins.

(4) Dans les espèces animales dont les spermatozoïdes sont immobiles, la fécondation est assurée par un mécanisme tout dilïérent. L’œuf des Diplopodes, par exemple, émet un prolongement qui capture le spermatozoïde, comme l’a montré Silvestri (Rie. labor anat., Roma, 189*^, t. VI, p. 26b).

OVOGENÈSE ET SPERMATOGENÈSE

viendra dans la fécondation pour apporter à l’ovule l’excitant capable de provocjuer la segmentation (1).

Consulter sur ce sujet :

1862. — Robin, Mémoire sur les gloli. pol. de l’ovule et sur leur mode de production. Comptes rendus Acad, des Sciences, j). 112.

1875. — Van Beneden, La maturation de r(eur, la fécondation et les premières phases du développement embryonnaire des mammifères, d’après des recherches faites chez le lapin. Bull. Ac. Roy. de niéd. de Bely., t. XL.

1880. — Van Beneden et Julin, La maturalion, la fécond, et la segm. de l’œuf chez les Eheiroptères. Arch. de hioL, [. I, p. 55i.

1895. — Laguesse, Poids de la chromatine (d des globules polaires. Bibliographie anal..,

t. III.

1898. — IIaecker, Die Beifungserscheinungen. Ergeh. der Anal, und Enlwick.., Bd. VIII, p. 847.

(1) Nous parlons ici uniquement des faits (pi’on observe chez les mammifères, caria polyspermie est un phénomène physiologique dans certains groupes zoologiques.

POTOCKI ET BHANC.A.

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