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LES PREMIERS BELGES AU CONGO

L'année même de la découverte du fleuve Zaïre, un géographe flamand. Martin Behaim, en dépassait l'embouchure vers le sud et atteignait une rivière à laquelle on donna le nom de rio dos Flamingos qu'elle porte encore aujourd'hui.

Il y a quelque 300 ans, un Belge, Pierre van den Brouck, s'établit sur les rives du Congo et s'y livra pendant quelques années au commerce de l'ivoire.

En 1651, quarante-cinq capucins, conduits par le Père Erasmus, de Furnes, se rendirent au Congo, suivis à deux années d'intervalle par les Pères Siller, d'Anvers, et Georges, de Gheel ; ce dernier, tué par les indigènes, mourut martyr de son zèle de propagande.

En 1873, une mission indépendante des Récollets franciscains dirigée par le Père Wauters, d'Anvers, accompagné des Pères Corluy, de Bruxelles, et Cocherat (d'origine française), se dirigea vers l'embouchure du grand fleuve, mais elle n'y séjourna que deux ans. Un frère du même ordre fut victime des aventures les plus extraordinaires : arrêté par des pirates en Palestine, il fut vendu en plein Sahara, puis, racheté par des négociants belges, il se mit en route pour la Guinée ; mais bientôt abandonné par ses compagnons, il rencontra des commerçants indigènes qui le conduisirent jusque dans l'Angola, d'où il s'embarqua enfin pour la Flandre.

LA CONXEPTION

Si à l'heure actuelle la Belgique est dotée d'un accroissement de territoire qui lui vaut une place enviable parmi les puissances coloniales, personne ne songera à contester qu'elle le doit à la télévision du Souverain éclairé qui, pendant près d'un demi-siècle, a guidé ses destinées.

Seul le recul de l'histoire assure aux hommes et à leurs œuvres une juste appréciation de la part qui leur revient dans la poussée de progrès qui lentement, mais sûrement, conduit l'humanité vers un meilleur devenir.

Le Roi Léopold II ne pouvait échapper à la règle commune ; mais peu de pionniers de la civilisation ont eu l'occasion d'éprouver à un degré semblable, l'amertume de l'indifférence et plus tard de la critique acerbe de leurs contemporains.

Déjà au mois de décembre 1855, le duc de Brabant prononçait au Sénat belge un discours dont le passage suivant est à noter : « Je percerai les ténèbres de la barbarie. J'assurerai le bienfait d'un gouvernement civilisateur à l'Afrique centrale. Et ce travail de géant, je le tenterai seul, s'il le faut ».

La question de l'expansion économique avait surtout le don de Le passionner.

La plupart de Ses discours au Sénat portent la trace de cette préoccupation et II n'était pas homme à s'en tenir aux paroles : l'amélioration des ports d'Ostende et d'Anvers, la navigation sur l'Escaut, l'extension des relations diplomatiques et commerciales de la Belgique dans les pays d'Extrême-Orient, doivent être attribuées pour une large part à Son influence.

Son discours du 17 février 1861 prend l'allure d'une véritable profession de foi dont le leitmotiv est cette idée d'expansion qui domina Son règne et lui imprima cette unité parfaite qui le caractérise.

Désireux de se rendre compte de visu des débouchés que pourraient fournir aux produits belges les pays

d'outremer, le duc de Brabant, après avoir visité la plupart des pays d'Europe, entreprit une série de voyages au cours desquels II parcourut l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, la Nubie, les Indes anglaises et la Chine. A Son retour, Il avait remis à Frère-Orban une pierre provenant d'un monument d'Athènes et sur laquelle II avait fait graver ces mots qui se passent de commentaires : « Il faut à la Belgique des colonies. »

Les rêves du duc de Brabant furent poursuivie par le Roi Léopold avec une constance et une ténacité qui ne faiblirent pas un instant, bien que la réalisation en fut contrariée tant par l'époque à laquelle elle fut tentée et qui lui était, en somme, défavorable, que par la répugnance instinctive du peuple belge à s'élancer vers l'aventure lointaine ; il est juste d'ajouter que le futur Souverain de l'Etat Indépendant était merveilleusement taillé pour la lutte : à une volonté de fer, Il joignait les qualités de doigté du diplomate ; au génie des affaires, un flair extraordinaire à choisir les hommes qui pouvaient le mieux servir Ses idées.

Léopold II peut être considéré comme le dernier souverain conquérant : Il a voulu a une plus grande Belgique » en assurant à ses sujets, je serais tenté de dire malgré eux, cette superbe colonie du Congo.

Il fut de son époque et sut comprendre que celle-ci n'excluait nullement l'héroïsme que bien des hommes considèrent comme l'apanage des temps disparus.

Tout en s'occupant d'une façon régulière de Ses devoirs constitutionnels, des grands travaux d'utilité

publique et des arts, le Roi suivait pas à pas et anxieusement les progrès des explorateurs qui faisaient tomber un à un les voiles qui cachaient le cœur de l'Afrique, à une époque où l'Europe savante commençait à peine à tourner ses regards vers le continent noir.

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