LA FORMATION DU BASSIN DU CONGO
Il semble que dès le début de l'ère primaire, des terres importantes aient existé dans le sud du bassin ; plus tard, un soulèvement hercynien fit sortir des flots une grande partie de l'Afrique.
Déjà vers la fin de l'époque primaire, les divers mouvements auxquels avait été soumise la région que nous étudions, avaient provoqué la formation d'une vaste dépression entourée d'un fort relief montagneux.
Pendant la période de calme relatif qui suivit cette ère de dislocations, l'érosion amena la diminution des reliefs sur le pourtour et les pluies provoquèrent la formation de vastes nappes lacustres dans le bassin primitif, au fond duquel vinrent s'accumuler les produits de l'érosion (grès rouges).
Plus tard, la mer intérieure se vida et une nouvelle période d'érosion eût amené la disparition totale du relief si des dislocations n'avaient produit un aff'aissement de la plus grande partie du bassin accompagné de la formation d'une série de crevasses orientées sensiblement nord-sud, au fond desquelles s'alignent notamment les lacs qui bordent l'est de notre colonie.
Un nouvel affaissement de la partie centrale eiltraîna comme conséquence la formation d'un nouveau lac dans lequel s'accumulèrent les sédiments (grès blancs).
Pendant l'ère secondaire et même pendant l'ère ter-^ tiaire, le bassin du Congo présenta l'aspect d'une vaste mer.
Par suite d'un phénomène, au sujet de la nature duquel les géologues ne sont pas d'accord, les eaux de ce lac se déversèrent dans l'océan en élargissant avec énergie le canal de communication, de sorte que la mer intérieure ne tarda pas à voir son niveau s'abaisser rapidement. Une nouvelle période d'érosion eut pour résultat d'atténuer le relief et de transformer le bassin du Congo en une immense plaine où les eaux du fleuve et de ses affluents coulaient d'une manière paisible vers l'océan et s'y jetaient par un long delta dont la pointe se dessinait à peu près à l'endroit où fut édifiée la capitale actuelle.
Enfin, un dernier affaissement, moins important que les précédents et accompagné d'un relèvement des bords du bassin, rendit aux affluents supérieurs leur régime torrentiel.
Les eaux du lac en s'élevant, ne tardèrent pas à se frayer un nouveau passage dans la région des monts de Cristal, amenant ainsi l'évacuation, cette fois définitive, du bassin du Congo et laissant comme traces de ce dernier phénomène, d'immenses dépôts superficiels de sédiments que l'on retrouve encore à l'heure actuelle, sur le flanc des vallées.