‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 14 sur 97 · I.(ZUVRE Di: DELACROIX XXXJX · texte numérisé non relu

I.(ZUVRE Di: DELACROIX XXXJX

t,cn;e rr:;,s avec u-lc,;: ou^ ,a ncrs]- active xuuca'c pLUi iViiiicr avtc le bon goût. La D/^.'u' de Prud'hon au Louvre est un motif de plafond très acceptable; le plafond du Salon de la Paix, à l'Hôtcl-de- Ville, malgré les ruines des premiers plans, était dans les mêmes conditions. Dans ses autres peintures décoratives, au Luxembourg, au Palais-Bourbon, Delacroix a observe la loi de légèreté aérienne avec une aisance d'autant plus grande que la disposition circulaire à base cylindrique des hémicycles et de la coupole lui permit de donner aux figures une assise horizontale solide, et de ménager au zénith les clartés et les transparences de la voûte céleste. Les terrains trop apparents, et les eaux qui s'écoulent, rendent déjà, dans les peintures de la galerie d'Apollon, la vraisemblance inadmissible; il en faut dire autant du saint Michel de Saint- Sulpice.

Eugène Delacroix, quand il lui appartenait de s'en affranchir, asuivi les errements de ses prédécesseurs. Ne voyons-nous pas Le Brun accrocher la tente de Darius à des arbres plantés dans les plafonds de "\'ersailles! Au Louvre, que de contre-sens de ce genre? Des foules, des batailles, les pyramides d'Egypte suspendues comme une menace imminente pour le visiteur! Evidemment, l'ornementation des plafonds exige une réforme radicale ou plutôt un retour aux lois décoratives que des peintres inférieurs, un Le Mo3'ne, un !Mignard et Boucher lui-même n'ont jamais enfreintes. La chute des vices de Paul Véronèse est un exemple illustre du nombre de figures que, dans cet ordre d'idées, le peintre peut mettre en niouvement, tout en restant dans la mesure de la logique et du bon sens.

Il faut conclure. Je demande la permission de reproduire ici quelques lignes d'une étude que je publiais au lendemain de la mort du maître (14 août i8h3). Je n'ai rien à changer de ce que je disais alors :

« L'œuvre de Eugène Delacroix contient la sensation, l'émotion constante, l'émotion aiguë qui conduit en un instant le spectateur par toutes les phases de l'activité intellectuelle surexcitée. L'idée fixe du maître, si je ne me trompe pas, a été de rendre pour ainsi dire palpables, visibles au moyen des couleurs et des formes, les combats qui s'agitent au secret des âmes. Que lui importe le sujet! C'est affaire au coloriste, chez lui, que de le traiter en grand artiste. Qu'il emprunte le décor du drame aux livres saints ou à l'antiquité grecque, à la Rome des empereurs ou à l'Italie du moyen âge, aux conceptions des

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