‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 2 sur 97 · VI AVERTISSEMENT DES EDITEUR · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT DES EDITEUR

Mais comment réunir de nouveau tant J'ceuvres dispersées? Cette noble tâche, toute de conscience et d'obstination généreuse, a été accomplie au prix de mille ililTicultés dont on ne saurait se rendre compte, par un admirateur p;issionné du maître, M. Alfred Robaut, qui a consacré plus de vingt ans de sa vie à rechercher ses aaivrcs partout où il pouvait les rencontrer, en France et à FÉtranger, dans les monuments publics et dans les musées, dans les collections privées, dans les ventes, etc. Il en a relevé avec une exactitude scrupuleuse les dimensions, les provenances, la signature, les détails de composition, de couleur et d'harmonie. Non content d'en dresser ainsi le catalogue, il les a dessinées; et ses dessins, exécutés à la chambre claire par une main expérimentée, qui possède à fond le caractère du talent de Delacroix, sont d'une justesse absolue dans leurs petites dimensions. C'est dans ces dimensions restreintes qu'il était précieux de les avoir pour soumettre au public, en un seul volume et dans un format maniable, un ensemble si considérable de productions. Sulilsant pour rappeler nettement la composition de chaque ouvrage, et pour mettre en évidence les variantes entre les sujets plusieurs fois répétés, le procédé en croquis de .M. Alfred Robaut ne prétend point aux mérites spéciaux de l'interprétation par le burin ou l'cau-forte; sa seule prétention, pleinement justifiée, est d'être exact et clair.

Mais un catalogue, même illustré — c'est-à-dire une suite de documents dressés sur mi type uniforme — pouvait difHcilcmcni être présenté au public sans être accompagné d'un commentaire qui éclairât le sens, l'intention, la portée de Pœuvre cataloguée et répandit plus de lumière sur la vie com.me sur le talent de Eugène Delacroix. Le soin de ce commentaire a été confié à l'un des maîtres de la critique moderne, M. Ernest Chesneau.

Si heureuse que fût cette colla'boration, cùt-clle suffi à mettre en pleine, valeur un tel ouvrage, dont l'exécution matérielle offrait des difficultés exceptionnelles? L'introduction des vignettes dans le texte et l'extrême division de la matière typographique conipliquaient singulièrement la mise en pages et exigeaient une surveil- I lance incessante autant que savante. Un homme de troùt, à la fois érudit et peintre, i M. Fernand Calmcttes, qui s'est déjà distingué par la direction de grandes publi- i cations de librairie, nous a prêté un concours assidu et dévoué.

Nous avons également trouve un collaborateur très actif en notre imprimeur }

M. Claude Motteroz, qui a su former un personnel d'élite et s'assurer, par sa science (

technique et son amour du beau, une des premières places parmi les typographes j

modernes. |

M. Charles Gillot, qui, par ses recherches constantes, a su rendre plus délicat et 1

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icjiroJiiCîio'') des dessins de M. Alfred l^oh;uii. Nous lui adressons nos sincères remerciements.

Nous devons encore exprimer notre reconnaissance à MM. les collectionneurs, amateurs, artistes, conservateurs de musées, éditeurs et marchands, qui nous ont ouvert leurs galeries ou prêté leitr concours, et nous ont aidés à connaître et à reproduire des œuvres du maitrc ignorées. M. Maurice Tourneux, qui a bien voulu relire nos épreuves, nous a fourni quelques renseignements très utiles.

Rendons entin l'hommage qui lui est dû à Tamateur si regretté, à Thistorien consciencieux qui a ouvert la voie dans Tétude descriptive des œuvres de Delacroix. M. Adolphe Moreau, qui avait appris de son père à connaître et à aimer les maîtres modernes, a profité de sa haute situation de fortune et de son grand goût pour réunir dans ses collections quelques-uns des plus beaux tableaux de Delacroix et pour dresser Tinventaire des p^roduciions du même maître. Cet inventaire qui parut en 1873, est sans conteste le point de départ de notre livre; mais, venant après M. Moreau, aidés de son travail, les auteurs ont voulu éviter les critiques qui lui avaient été adressées, adopter un plan plus simple, faciliter les reclierches par des tables méthodiques, corriger des erreurs de détail et surtout combler des lacunes sérieuses en décuplant le nombre des ouvrages décrits.

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