‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 29 sur 97 · L. o™24. — Appartient à M. le Docteur · texte numérisé non relu

L. o™24. — Appartient à M. le Docteur

Etude pour le groupe d'angci placé à la gauche de !a tîgure principale dans la Vierge du Sacré-Cœur de Nantes (v. n^ 35). Le 21 fe'vrier, Delacroix écrit à son ami, M. Soulier : « Je travaille à mon tableau depuis le commencement du mois de janvier. Il commence à se débrouiller, mais rinspiration me manque. Point de flambeau qui, du premier coup, ait jeté une vive lumière sur la route que j'ai à suivre. Je fais, je détais, je recommence et tout cela n'est point ce que je cherche encore. Il faut dire que la fièvre, qui m'avait quitté, m'a repris et m"a laisse beaucoup moins de temps pour le travail. »

Vierge Consolatrice des Affligés

■ , , Croquis lavis d'une première composition avec variantes du

'f/t^.:^'^^^ ^ tableau de Nantes (voir n'^ 35 et 3ô\ — Appartient à M. Choquct. c i'7^'.-:'>., :~~l Cette composition n'est point l'esquisse du tableau de Nantes, mais la 7 , . '>'~;-><" première pensée, très modifiée depuis, de ce tableau. Les variantes, en ; \' ;, '--5' effet, sont considérables. La Vierge, ici, n'est plus assise sur des nuages, -i-'j elley apparaît à mi-corps, le buste penché en avant. L'artiste a modifié , "'*' dans un sens tout opposé le groupe des figures du premier plan qui, .'•\i". . dans le premier pro|et, sont entières, et réduites au buste dans la çom- - '">y^., position définitive. Celle-ci a gagné ii cette double inversion un équilibre .__ c'.xi^M' J'^fis les rapports de proportion qui faisait évidemment défaut à l'en- ,,>-■--'"" -^-iTy^J^ semble que nous reproduisons. Nous rétablissons aussi le titre exact du ■"^' -- ' -^■^■-^-- - sujet, qui n'est pointc.Notre-Dame-des-Sept-Douleurs », dont les attributs devraient être un cceur percé de sept glaives. Tout ici, dans l'attitude de la \'ierge comme dans celle des figures suppliantes ou désolées, indique clairement la trente-cinquième invocation des Litanies de la Vie-ge : Consol.iiri.va/fHctorum.

N" J9 : Croquis d'après des maîtres italiens

Croquis à la plume. — H.o'"365, L. o™23o. — Autographié en facsimilé de même dimension.

Delacroix travaillait sans relâche, avec une égale et constante passion. Depuis ks créations de l'art antique, depuis les œuvres des maîtres des grandes écoles jusqu'aux moindres accidents de la vie et du mouvement dans l'homme et dans la nature, toute forme vue était aussitôt pour lui ^ une

trfig^c^ forme dessinée. Croquis ou pensées, au crayon ou à la plume, sans relâche, f/'^fj m il traçait sur des albums, sur des feuilles volantes ou sur des papiers h dessin, ^f (^ des notes de toute sorte. Un rapprochement, une remarque, une réflexion, ' ^' une forme, un mouvement traversait son esprit, et aussitôt il griffonnait à

la hâte, sur le premier papier venu sous sa main quelques mots ou quelques traits rapides et vifs que souvent il n'aura plus revus. On remarquera que la feuille reproduite ici e;t chai-gée de croquis en sens inverse.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

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N"' 40 : Porrr;nt de Eufrcne Dei;icroix

fll'ii':'' •i---'-^A:'.", '■' '! Toile. — H. o"'[o, L. o'"3i. — Non signé ni daté. — Vente il . ,-■ i Carrier, 5 mai 1875 : 5o fr. — Appartient à M. A. Robaut.

En ce porirnit. qui est le plus ancien des portraits peints de Eugène Delacroix, l'artiste s'est représenté en pied, vêtu d'un élégant costume dans le goùi de Vclazquez. Derrière la toiie. sur le chàfsis, E. Delacroix avait écrit au crayon (.Raveswood.), sans doute pour Ra\ens\vood, le nom de l'amant de Lucie de Lammermoor. Delacroix avait donné ce portrait h Carrier au moment où il venait de l'achever. — Non catalogué lors de la vente posthume de ce dernier, qui d'ailleurs passa inaperçue, ce portrait fut adjugé à un marchand au prix de 5o francs et racheté, le lendemain même, à un prix beaucoup plus élevé par M. Robaut. — Nous ne laisserons pas échapper l'occasion qui nous c-st offertt: ici de rendre hommage à la mémoire d'Hippolyte Carrier, miniaturiste distingué, homme d'un goût fin, sûr, qui "fut Tami des romantiques et parlait d'eux avec une chaleur commuuicative. Nouslui devons dvs renseignements sur ses contemporains.

N" AI : La Favorite

:^5:nr7 Aquarelle. — H. o'''i8, L. o"'i4. ■"' iSûfr.

Siané.

Vente Sakakine,

Tous les regards étaient, à cette date, tournés vers l'Orient. La lutte de la Grèce contre la Turquie passionnait la jeunesse. Tous les arts s'en inspiraient. Cette charmante aquarelle ainsi que le numéro 46, sont les premières traces que nous rencontrons dans l'œuvre de Delacroix de ce mouvement des esprits, qui devait lui inspirer un peu plus tard la glorification de la Grèce sur les ruines de Missolonghi.

En présence d'une telle variété de sujets et d'études de toute sorte, on demeure confonda. On se rend compte decette supériorité acquise au prix de l'incessante réalisation de tout ce qui présentait à ses yeux ou à sa

pensée un caractère esthétique. On sait maintenant que nul n'a plus dessiné que Delacroix;

)e pourrais dire dès maintenant que nul n"a mieux dessiné.

N° 42 : Un bonhomme de lettres en méditation

Lithographie. — H. o-^'i/S, L. o'''22i. — Ni signé ni daté. — Cat. A. Moreau, p. 70.

Caricrjure contre les écrivains de la presse monarchique et catholique. On jouait alors une pièce intitulée : le F.iu.v Bonhomme. De là l'entrée du mot (.bonhomme » dans la polémique contre l'ancien régime. Z,e Aliroi:- du 27 juin 1S21 termine ainsi l'explication de la lithographie : « Ne nous fatiguons pas, lecteur, a chercher une ressemblance particulière dans les traits généraux. Le personnage que vous avez sous les yeux est un être idéal. Composé de détails empruntés aux uns et aux autresj ce bonhomme est le type de la sottise, comme la \^énus de Zeuxis est celui de la beauté. » Les accessoires caractéristiques sont l'éteignoir, la robe de chambre, la perruque

L'ŒUVr<E DE DELACROIX

à la hrigadière, l'épee en crois avec un paranluie, uns bouteille d'eau miraculeuse, des livres bien pensants, et, au mur, le portrait de Marlborough. Dans l'article, il est fait allusion à Chateaub'riand et à des personnages désignés sous les nom.3 de marcjuis de Crochepatte, M. de Clopineau (Talleyrand \ Frère La Crescelle (probablement I.acretelle jeune, rallié à la Restauration), etc., etc. — Voir la lettre du 24 janvier 1SÔ2, adressée à M. Ph. Burtv, qui l'avait interrogé au sujet d'un certain Portrait de M. Jérôme iV. année i825). Nous reproduisons le passage de cette lettre relatif au Bonhomme de lettres. <• La caricature du Bonhomme de lettres n'est pas non plus de ma main. Je ne sçais >ic) quel accident a empêché de tirer mon dessin : il a été reproduit, mais maladroitement, par un de mes amis qui dessinait à peine. J'ai fait antérieurem.ent un ou deux dessins pour ètVe gravés dans le Xaiu Jjune. mais ils ont été arrangés au gré du directeur du journal. Tout cela est bien obscur et ne mérite pas de tixer l'attention. Il existe, je me le rappelle, un certain combat du Constitutionnel contre la Quotidienne qui est une affreuse lithographie de n:-.a façon et je ne scais si cela a paru. » (V. n" 45.)

N" 4} : Le Grand -Opéra

Sans date ni signature.

Lithographie. — H. o''''20o, L. o''-i4 — Catalogue A. Moreau, p. 67.

Cette caricature a paru dans le journal le Miroir, numéro du 26 juillet 1821. C'est donc bien à tort qu'on y veut voir une charge du grand Vestris, qui s'appelait lui-même le diou de la danse. Le célèbre danseur avait quitté le théâtre en 1781 et était mort en 180S- Si le personnage vieux, laid, couronné de roses, forcé de s'aider de balais en guise de béquilles pour prendre du parcours, qui figure ici est Vestris, ce serait donc Marie-Auguste, fils naturel du précédent et qui dansait encore k l'Opéra en iSr8, âgé de cinquante-huit ans. Comme, à cette date, il jouait le rôle de l'Amour dans le ballet de Psyché, les contemporains l'avaient surnommé le Père l'Amonr. t. Nous ne savons pas, disait' .'<? Sliroir, si le Grand-Opéra se vouera un peu plus au culte de Polymnie dès qu'il sera installé dans son local; mais, comrne jusqu'à ce jour, il n'a guère voulu sacrifier qu'à Terpsichore. nous le présentons au public appuyé sur ses b-iUets. »

N° 44 : Le Théâtre-Italien

Lithographie. — H. o"'2oo , L. o""i40. — Sans date ni signature. — Cat. A. Moreau, p. ôj.

Comme la précédente, cette caricature a para dans le journal le Miroir, celle-ci à la date du i3 août 1821. Elles sortent l'une et l'autre des presses lithographiques de C. Motte. On sait que Delacroix était passionné ce musique, il ne s'est pas abandonné ici à son humeur satii|ique. Pour svmboliser le Théâtre-Italien, il choisit Rossini jeune, déjà glorieux, emplissant la scène de son génie, co.-nme il l'occupe en cette image par l'attitude plaisante du grand écart. De? poches du maestro sortent de nombreuses partitions, et ce chacune de ses mains il soutient un de ses opéras; à gauche, le Barbier de Sévills; à droite, Othello; sa plus récente création s'échappe de son cerveau. A cette date, 182 r, c'est Mathilde de Sabran. Le Miroir reproche à son collaborateur (> M. Lacroix », de n'avoir pa; signé c cette nouvelle atircssion des détracteurs do l'ancien régime musical », et

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N" 45 : Duel polémique entre dame Qiiotidieniie et messire Journal de Paris

leur universel, en bonnet de coton et assis sous un dais

Lithographie. — H. o"'-20o , L. o"'296. — Sans dote ni signature. — Cat. A. Moreau, p. 68.

Cette caricature a paru dans le journal le Miroir du 20 septembre 1821. Le champion de la Quotidienne, monté sur Rossinante, coiffé de l'armet de don Quichotte, vêtu d'un costume troubadour de <. Jeanne d'Arc », est armé d'une lance et d'une plume de paon. Son adversaire a enfourché l'âne de Sancho Pança. Il est coiffé d'un pot surmonté d'une girouLlte et est armé d'une plume d'oie et d'une fourchette. Les journaux du temps sont témoins du duel qui a pour juge du camp le Aloni-

N" 46 : Cavalier turc au coup de feu

Toile. — H. o'"28, L. o^ai. — N"^ 79 de la Vente posthume, 35o fr. — Appartient à M. le Docteur Horteloup. Les « cavaliers turcs » sont nombreux dans l'œuvre du maître ; celui-ci est le premier. On pourrait, pour le distinguer des autres, l'appeler le Cavalier turc au coup de feu. Il est d'une allure superbe d'ailleurs et il semble que les plus beaux cavaliers turcs de Decamps soient inspirés de celui-ci. Delacroix professait, d'ailleurs, une grande et sincère estime pour le talent de cet artiste. Sollicité par M. Moreau père d'écrire pour la Revue des Deux -Mondes un article sur Decamps, il s'excusa de ne point le faire et ajouta : « Je crois que sa perte est trop récente (iSûo) non seulement pour qu'il puisse être )ugé complètement, mais aussi pour qu'un jugement ait tout l'intérêt qu'il pourrait avoir plus tard. — Permettez-moi d'ajouter que ce grand artiste a eu de son vivant la bonne fortune d'être goûté sans conteste du public et des artistes; pas une voix ne s'est élevée contre tous les genres de succès qu'il méritait et qu'il a obtenus. »

N° 47 : Une Mulâtresse

Toile. — H. G"' 80, L. o'"64. — Alusée de Montpellier.

Cette figure peinte, de grandeur nature jusqu'aux genoux, fait partie de la collection léguée à la ville de Montpellier par M. Alfred Bruyas. Cet amateur eminent avait entrepris, avec le concours de Théophile Silvestre, la rédaction et même l'impression d'un catalogue infiniment précieux de sa galerie. La mort successive des deux collaborateurs est venue interrompre leur œuvre commune. Le premier volume de ce catalogue seul a été imprimé, mais n'a pas été mis dans le comm.erce de librairie. Les bonnes feuilles appartiennent à la municipalité de Montpellier. — Pour la première fois que nous rencontrons une peinture de la collection Bruyas, nous ne pouvons nous abstenir de rendre hommage à cet amateur d'un goût si sîir et d'un caractère si généreux. Nous avons déjà emprunté à son catalogue une pensée de Delacroix sur Raphaël. Ajoutons-y celle-ci sur Michel-Ange : <i Pense au grand Michel-Ange; nourris-toi de ses grandes et sévères beautés! »

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Année 1822

N° 48 : Waverley

rdvèque d Durward,

s^-^O Dessin au crayon noir estompé. — H. o'''285 , L. o"'2ro. — Non .-. catalogué par M. Moreau. — Vente du 14 décembre 1S74 à l'hôtel ;, Drouot: 40 francs.

- Nous sommes tout près de conside'rer nous-r.ième comme excessif le scru- -S; pule de conscience qui nous fait cataloguer ici ce très médiocre dessin dont "'.■' l'attribution nous paraît fort contestable. En tout cas faudrait-il le reporter -a une date antérieure, et Walter Scott a-t-il mieu.N. inspiré Eugène Delacroix qu'en ce premier essai. Nous retrouverons plus loin : l'Ermite de ^^ — ;- Copman'nurst,Front-de-bœufet le Juif,Front-de-bœufet laSorcière,laniortde 2 Liège, la Fiancée de Lammermoor, Ivanhoë, l'Enlèvement de Rebecca, Quentin Redgauntlet, Richard Cœur-de-Lion.

Dante et Virgile

s-^^i~-V-^ Toile. — H. i™So, L. 2'"40. — Au musée du Louvre. — Gravé à l'eau-forte, par Bouruet : o'"i85 sur o"*225; par d'Henrict : o'''2i5 sur 0^279; lithographie par Célcstin Nanteuil 0^^482 sur o™65o. Nombreuses gravures sur , bois pour publications illustrées, notamment ^ r Illustration et YHistoire des peintres de toutes les écoles. — Cat. A. Moreau, pp. 89, 116, i32, 1 39, 167, 1S8 et 206.

Le titre complet de cette admirable composition qui fut l'œuvre de début de Eugène Delacroix au Salon de 1S22 est celui-ci: « Dante et Virgile conduits par Phlégias, traversant le lac qui entoure les murailles de la ville infernale de Dite. Des coupables s'attachent à la barque et s'efforcent d'y entrer. Dante reconnaît parmi eu.x des Florentins. » On sait quel fut le succès. Immense. Delacroix avait exécuté ce tableau en quelques semaines. Il écrit, en effet, le i3 avril 1S21, à son ami Ch. Soulier; «... Je sors d'un travail de chien qui me prend tous mes instants depuis deux mois et demi. J'ai fait dans cet espace de temps un tableau assez considérable qui va figurer au Salon. Je tenais beaucoup à m'y voir cette année, et c'est un coup de fortune que je tente. » — Le Salon n'eut lieu qu'en 1S22. Le tableau fut acheté par l'Etat <io!(fe cents frênes.

N"' 50 : Dante et Virgile

Toile. — H. o"'25 , L. o''34. — Réduction du précédent avec une légère suppression. Appartient à -NL Charles Narrey, à qui il a été légué par M. Alphonse Royer. qui l'avait luimême reçu de Eugène Delacroix.

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N° ^ I : Portrait du général Charles Delacroix

Toile. — H. o™3q , L. o'"20. — Appartient à la famille de NL Léon Riesener à qui Eugène Delacroix Tavait légué par testament. — Cat. A. Moreau, p. 228.

Le général, tête nue, en veste de coutil blanc, le col de chemise largement rabattu, est nonchalamment couché sur le gazon de son jardin, dans ce bien de famille, nous dit i\l. Moreau, qu'on appelait le Louroux et dont on aperçoit la maison basse dans le fond du tableau. Delacroix y séjourna en 1822 (voir lettre du iS août à M. Pierret, édition Burty) et y fit alors ce portrait. A ce propos, nous donnons ici la généalogie du peintre :

Claude Delacroix, régisseur du comte de Belval, et sa femme Marguente-Louise Flizc, décédés à Givry. en Argonne, eurent huit enfants dont l'aîné, Charles Delacroix, avocat au Parlement, ancien premier commis du contrôle des finances, préfet a Bordeaux et à Marseille, puis ministre des Affaires étrangères, eut lui-même quatre enfants : 1" Henriette, devenue madame Je Vcrnmae: 2'^ Charles, général, aide de camp du prmce Eugène, dont nous reproduisons le portrait ; 'i^ Henri, mort engagé volontaire à Friedland;4» Eugène Delacroix.

N° 52 : Académie

tous les élèves

Dessin au crayon noir rehaussé de blanc. — H. o™6o , L. o™45. — Appartient à M. Alfred Robaut depuis la Vente posthume.

Cette académie est datée au verso : « 1822, 3" trimestre, 23 septembre. — M. Meynier, professeur. — E. Delacroix, élève de M. Guérin. — Place 72. » bans les Notes sur Delacroix que Léon Riesener a fournies à M. Ph. Burtv, nous trouvons le passage suivant : « Ce fut mon père qui lui conseilla l'atelier de M. Guérin. Delacroix venait de perdre sa mère. 11 avait perdu son père beaucoup avant... Arrivant à l'atelier, bien élevé, il se lia avec Scheffer, Champmartin, les principaux élèves de Guérin. Le talent ne se développe pas inopinément; Delacroix m'a parlé de l'intluence qu'un certain Champion avait eue sur le talent de Géricault lui-même et de l'atelier Guérin. »

Grec en embuscade

Aquarelle. — H. o"'20, L. o™26. — Signé au bas, à droite. — Vente hôtel Drouot, avril 1881. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette aquarelle, comme la précédente, comme tant d'autres compositions de l'année 1823, met en lumière ce que j'appellerai les procédés d'entraînement de Eugène Delacroix; on y voit clairement par quelle succession d'efforts il préparait ses grandes compositions, comment il créait peu à peu le milieu ambiant dans lequel devait se développer en une floraison magnifique sa pensée pittoresque.

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N° 54 : Épisode des guerres entre les Turcs et les Grecs

Aquarelle, vrier 1 880

— H. o"'20 , L. o'"24. — Vente Boulanger, fé- 195 francs. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix préludait alors au Massacre de Scio, qui devait être la grande œuvre du Salon de 1824. Le i5 septembre il écrit à son ami Charles Soulier qui était alors à Naples : « ... J'ai moi-même quelques petites choses à te demander. Je me propose défaire pour le Salon prochain un tableau dont je prendrai le suiet dans les guerres récentes des Turcs et des Grecs. Je crois que dans les circonstances, si d'ailleurs il y a quelque mérite dans l'exécution, ce sera un moyen de me faire distinguer. Je voudrais' donc que tu m'adressasses quelques sites de ton pays de Naples, quelques esquisses pochées de sites marins ou de montagnes bien pittoresques. Je ne doute pas que ■cela ne m'inspire pour le lieu de la scène. »

N° ^ 5 : Lisette

Vente à l'hôtel Drouot en mai

Toile. — H. o"'25, L. o"'33.

Delacroix nerveux, fiévreux, bilieux, a toujours aimé le spectacle de la santé chez la femme. Une lettre du iS aoiit à M. Pierret en témoigne sous une forme amusante. Elle est datée du Louroux, propriété de son frère le général: « Je t'écris à une toise et demie de distance de la plus charmante Lisette que tu puisses imaginer. Que les beautés de la ville sont loin de cela! Ces bras fermes et colorés par le grand air sont purs comme du bronze... Dis à notre ami Félix iGuillemardetI que malgré son antipathie pour les bas bleus, je crois qu'il rendrait les armes à Lisette. Et, du reste, ce n'est pas la seule ; toutes ces paysannes me paraissent superbes. Elles ont des tètes et des formes de Raphaël et sont bien loin de cette fadeur blafarde de nos Parisiennes. Mais, hélas! malgré quelques larcins, nos affaires ont bien de la peine à avancer auprès de ma Zerline. — Sœr Amor! » (Edition Burty). Zerline, bas bleus, Lisette, il s'agit ici d'une servante.

Le déménagement de dame Censure

Lithographie. — H. o'"i95 , L. o'"355. ni daté. — Cat. A. Moreau, p. 70.

1 signe.

Caricature politique pour le journal Le Miroir, publiée le 1 1 février 1S22. D'un édifice dont la porte grillée est surmontée de l'écriteau Maison à louer s'éloigne une charrette traînée par un âne et dans laquelle s'opère le déménagement du personnel et du mobilier de la censure. Un diable cornu, ailé, griffu, conduit l'attelage qui n'en peut mais. Sur le chariot sont entassés, dans l'ordre suivant, un pain de sucre, une chaise, une masure, d'Outre-Zèle, Cadet-Roussel, un vieillard, une lourde oie, un anonyme. L'anonyme, c'est le diable. Les autres figurations ont la prétention de rappeler les noms des censeurs. Il est clair, par exemple, que la lourde oie qui pèse sur l'arrière-train de l'ànon est une allusion àM.de Lourdoueix. Àmsi des autres. — Des ciseaux ailés s'échappent des fenêtres de la maison à louer.

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N° 57 : La Leçon de Voltige

Lithographie. — H. o"'2o3 , L. o"'3oo. ni daté. — Cat. A. Moreau, p. 69.

Ni

f'.^^'vio Dans un cirque forain, un marquis, un chevalier et d'autres ^.^ personnages ridicules galopent en cercle et portent des bank nières sur lesquelles on lit : Vasselage, XIV» siècle, Coutume 4 de Gascogne, Droits du Seigneur, Capitaineries, etc. La plu- ^^ part des cavaliers sont désarçonnés. Au centre se tient un général à cheval assisté d'un écuyer debout auprès de lui. Le général porte un étendard avec ces mots : Gloire, Honneur, Patrie. — Cette caricature politique, dont les légendes seules rendent l'ironie saisissable, a paru dans le journal Le Miroir, du 8 mars 1822.

N" 58 : Les Écrevisses à Longchamp

Lithographie. — H. o"'20o , L. o"'3o7. — Ni signé, ni daté. — Cat. A. Moreau, p. 69.

Cette caricature politique, parue le 4 avril 1822 dans le journal Le Miroir, représente la promenade de Longchamp qui avait lieu le Vendredi saint dans l'avenue des Champs- Elysées. Le groupe principal se compose d'anciens émigrés en perruque et l'épéeen verrouil ou en costume troubadour, et d'une marquise à paniers et poudrée, portant un chapeau chinois en guise d'ombrelle. Ils sont tous montés sur une écrevisse qui nécessairement marche à reculons. Une autre écrevisse porte une chaise en façon de trône où siège un pain de sucre. Dans l'esprit de la caricature du temps, le pain de sucre désignait suffisamment le roi Charles X. A gauche, deux personnages au pied d'un arbre sifflent le cortège.

N° 59 : Gare derrière ! ! !

Lithographie. — H. o"'24o , L. o'"3io. — Ni signé ni daté. — Cat. A. Moreau, p. 69.

Caricature politique publiée par le journal Le Miroir, du 3o mai 1822. Une sorte de Croquemitaine ridicule en costume de général, coiffé sens devant derrière d'un chapeau à plumet flétri et tenant un bâton de commandement au poing gauche, s'escrime d'un cimeterre tout ébréché contre des quartiers de roc dispersés à ses pieds sur le sol. La malice fort pauvre de cette caricature consiste dans ce fait qu'en développant le bras, le matamore va frapper la montagne en forme de pain de sucre qu'il est chargé de défendre et derrière laquelle se dissimulent des personnages effarés. — Nous avons déjà vu que Delacroix n'avait, à juste titre, qu'une fort médiocre estime pour ces péchés de jeunesse. Mais en matière de catalogue et d'inventaire, on n'a le droit de rien omettre. Par ces faiblesses mêmes qui les rapprochent de nous, les grands artistes sont plus humains.

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Année 1828

N°6o : Portrait de Thaïes Fielding

Toile. — H. o'"32, L. o"'24. — N» 75 de la Vente posthume : 390 fr. à M. Piron. — ■ Vente Piron après décès, 21 avril i865 : io5 francs à M. le baron Rivet. — Cat. A. Moreau, pp. 229 et 3i3.

Thaïes Fielding, aquarelliste anglais, se lia d'intime amitié avec Delacroix pendant un séjour assez long qu'il fit h Paris à cette époque." Delacroix vécut quelque temps avec Fi'.-lding, raconte L. Riesener dans ses Notes publiées par M. Burtv. (I Pour faire du calélematin,on ajoutait de l'eau et un peu de café sur le marc de la veille dans l'unique bouilloire, jusqu'à ce qu'on fût forcé de la vider, De temps en temps, on avait un gigot en provision dans l'armoire, auquel on coupait des tranches pour les rôtir dans la cheminée. Mais un jour les deux amis partageant ce déjeuner se fâchèrent. Fielding disait très sérieusement qu'il descendait du roi Bruce. Delacroix l'appelait 0 sire ». Mais Fielding ne pouvait sur ce sujet admettre la plaisanterie et se fâcha pour toujours. » Pour toujours est de trop, car Delacroix s'afflige en 1823 du départ du 0 bon Thaïes » et quand notre maître à son tour ira à Londres en 1825, c'est avec les Fielding qu'il passera le meilleur de son temps.

N° 61 : Portrait d'enfant

Toil

Appartient à M. Soulier fils.

Ebauche intéressante où la tète seule et les cheveux sont à peu près terminés. Ce portrait passe à tort pour celui d'un enfant de Thaïes Fielding. — Fils d'un père et d'une mère artistes (le père était peintre de portraits, la mère peignait à l'aquarelle des fleurs, des animaux), les Anglais Fielding étaient quatre frères : Théodore, Copley, Thaïes et Nathan, tous artistes, aquarellistes de talent, quoique d'un mérite inégal; le plus célèbre est Copley ■ 787-1 85 5). Thaïes seul vint en France. Il n'était pas marié. Thaïes mourut de quarante-quatre ans.

N° 62 : Portrait de M. Soulier

dan

Aquarelle.— H. o"'ii5, L. o'"85o.

M. Soulier fut comme MM. Pierret, Piron, Guillemardet, un ami de la première heure. A propos d'une lettre du 10 décembre 181 8, qui fut adressée à M. Soulier par Delacroix, M. Ph. Burty ajoute : « M. Soulier le connaissait depuis 1816. 11 lui avait enseigné l'aquarelle, procédé de peinture alors presque inconnu en France et que lui-même avait appris, en Angleterre, de son ami Copley Fielding. » 11 était alors surnuméraire et secrétaire de l'intendant du Domaine extraordinaire. Horace Raisson, homme de lettres, journaliste, et qui fut l'un des collaborateurs de Balzac, était au de M. Soulier; c'est Raisson qui lui amena Eugène Delacroix.

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N° 6j : Portrait en pied de M. Soulier

Sépia.

fils.

H. o"26o, L. o-oiSS. — Appartient à M. Paul Soulier

dit qu'il était dans le

En manches de chemise et gilet blanc, les jambes croisées, le modèle, assis sur un tabouret de paille devant une table de bois blanc sur laquelle est posé un pupitre à musique, chante en s'accompagnant d'une guitare. Dans le fond, une autre guitare suspendue au mur et un chapeau de haute forme sur une seconde table. — Cet intérieur est sans doute celui que M. Soulier occupait alors. « l'humble chambrette, la plus haute de la place Vendôme, à l'hôtel du Domaine extraordinaire,» où Delacroix, Raisson et Soulier enluminaient " en s'amusant » le bois et le fer de dessins de machines destines à être joints à des brevets d'invention. C'était Horace Raisson qui avait eu l'idée de cet enluminage poum faire gagner quelques sols» h ses camarades. Nous avons mèriie bureau que AL Soulier et lui avait amené Eugène Delacroix.

N°64 : Portrait en buste de M. Pierret

Toile. — H. o™26, L. o"'20. — Non signé ni daté. — Apparpartient à madame veuve Pierret. — Cat. A. Moreau, p. 228.

Portrait admirable de simplicité savante et de caractère. Le visage, de face, entièrement rasé, a fourni au peintre une belle étude de modelé délicat et fin. Les cheveux sont ramenés en mèche épaisse sur le front. Le regard est doux sous les lunettes, le nez ferme, la bouche d'un beau dessin. Largement ouvert, l'habit laisse voir une haute cravate noire et un gilet de nankin à collet droit. M. Pierret était un ami d'enfance de Eugène Delacroix. La première des cinquante lettres publiées par M. Philippe Burty, et que le maître lui adressa, est datée du i i décembre 1817. Il mourut en 1854. Madame veuve Pierret a toujours mis la plus grande obligeance h communiquer les documents restés entre ses mains à tous ceux qui se sont occupés de Delacroix. Nous lui en adressons ici nos plus vifs remercîments.

N°65 : Portrait en buste de M. Leblond

Dessin à la mine de plomb. — H. o""!?, L. o"'ii. — Non signé ni daté. — Appartenait à madame veuve Leblond. — Cal. A. Moreau, p. 228.

Ce profil, un peu tourné vers la droite, avec l'œil largement ouvert, est intéressant surtout parce qu'il consacre le souvenir d'un homme qui fut, avec MM. Pierret, Henri Hugues, Félix Guillemardet, Champmartin, Piron, Soulier, Riesener, Comairas, Leliévre et, plus tard, M. Villot, des '^>siC'''"X plus anciens et constants amis de Eugène Delacroix. Son nom revient fré- " quemment dans la correspondance du maître avec les termes de la plus sincère affection. Il a dû lui-même recevoir bien des lettres de son illustre ami; il n'y en a pas une seule dans l'édition de M. Burty, qui n'aura pu en avoir communication.

N° 66 : Orpheline au cimetière

Toile. — H. o'"65,L. o"'54. — Salon de 1824. — Non signé ni date. — Appartient au docteur Gebaûer, héritier de madame veuve Leblond.

Assis de face, la tête penchée en arrière et tournée à droite, le modèle a les yeux levés vers le ciel, le cou et le haut de la poitrine découverts, la main droite posée sur les genoux.

Cette puissante étude a été faite au moment où Delacroix préparait "a grande composition du Massacre de Scio; elle rappelle le mouvement de la vieille femme grecqueagenouillée auprès du corps de sa fdle morte, dans ce tableau. Le maître y attachait une certaine importance, car il l'exposa au Salon de 1824. C'est à cette intention, assurément, paysage, un cimetière de campagne, pour motiver l'expression de la figure.

Jeune fille debout dans un cimetière

Toile. ^ H. on^4i, L. o^Sj. — Vente X'-% i'"'' mai 1874: 1,100 fr. — Non catalogué par M. A. Moreau.

L'orpheline est debout, le bras droit plié, la main il la ceinture; de la main gauche pendante, elle tient un léger bouquet de fleurs. Elle avance parmi les tombes éparses du petit cimetière d'un village dont on aper..oit dans le fond le modeste clocher parmi de molles verdures. Le paysage monte par de douces collines jusqu'à l'horizon. Nous pensons que Delacroix aura voulu traiter en soi le sujet qu'il avait, une première fois, adapté par occasion à une étude taite d'abord à toute autre intention. -- Voir le numéro précédent. — Combien n'est-il pas intéressant, grâce aux rapprochements amenés par l'ordre chronologique que nous avons adopté, de pénétrer, comme nous le faisons ici, dans l'intimité des conceptions d'un maitre, de

voir l'idée première accidentellement enfantée se développer et revêtir une forme définitive.

N" 68 : Portrait de M. X.

Dessin mine de plomb. — H. o"'i6o, L. o"'i25. — N" 32i de la Vente posthume. — Appartient à M. A. Robaut.

Dans son très précieux livre sur l'œuvre de Eugène Delacroix, M. Ad. Moreau a consacré toute une partie aux « Portraits peints et dessinés» par le maître, o En dressant la liste chronologique de tous ceux dont nous avons pu retrouver la trace et constater l'authenticité, dit-il, nous pensons avoir accompli un travail curieux à plus d'un titre. « Rien de plus juste. C'est là, en effet, un côté du génie de Delacroix fort peu connu. Quoiqu'il ait peint et dessiné un grand nombre de portraits, surtout dans sa jeunesse, comme ils étaient destinés à des amis très intimes, ils sont, pour la plupart, restés ignorés du public. Nul plus que lui, pourtant, n'aurait pu dire avec notre admirable La Tour parlant de ses modèles : 0 Ils croient que je ne saisis que les traits de leur visage, mais je descends au fond d'euxmêmes à leur insu et je les remporte tout entiers. »

L'ŒUVRE DE DELACROIX

Portrait de Eugène Delacroix

de Scio

Toile. — H. om35, L. o"'27. — Lithographie par Alfred Robaut : omio5 sur o'"o82. — Vente Constant Dutilleux, 1874 : 2,7 5o tr — Appartient à M. le baron de Beurnonville. — Non catalogué par M. A. Moreau. Ce portrait est l'un des premiers que le maître ait peints d'après lui-même. Celui qui est entré au Louvre en 1872, après la mort de Jenny Le Guillou, ancienne servante de Delacroix, est de 1829. On reconnaît l'époque du Massacre i puissance dans les lumières, la transparence dans les ombres sont les mêmes.

N" 70 : Portrait de Juliette Pierret enfant

Toile. — H. o"'22, L.

madame veuve Pierret.

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