Arabes du Maroc
1° Sépia. — H. o'"32, L. o"'24. — Vente Pierret, 1879. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Croquis et aquarelle. — H. o^iô, L. o"'i4. — Vente posthume : 5o fr. à M. Charles Desavary. — Appartient à M. Rouart. — Non catalogué par M. Moreau.
« J'éprouve que les sensations s'usent h la longue, et le pittoresque vous crève tellement les yeux à ""~ chaque pas, qu'on finit par v être insensible. On a
apporte avant-hier un paquet de lettres. C'était un piéton e.xpédié de Tanger, car on n'a aucun moyen de communiquer dans ce pays où il n'y a ni routes, ni ponts, ni bateaux sur les rivières. Nous avons h rester ici environ une dizaine de jours. » (Mequinez, 20 mars.)
N°'4ii, 412 : Arabes du Maroc
mettre en colère, et 1
1° Ebauche d'aquarelle. — H. o™25, L. o^iS. . __. -■ .1- — Appartient à M. Arosa. — Non catalogué ""^^vB^^-\ par M. Moreau.
M-— 2° Aquarelle. — H. o"'28, L. o™2i. — Vente ^'^'^^^KW-^es. posthume. — Non catalogué par M. Moreau. ^U.v,';aas-^ V'^S " Js suis escorté, toutes les fois que je sors, d'une Wte bande énorme de curieux qui ne m'épargnent pas -:d: ^ les injures de chien, d'infidèle, decaracco, etc., qui "v'^w'' ^^ poussent pour s'approcher et pour me faire une "-t^»"^*^ grimace de mépris sous le nez. Vous ne sauriez vous imaginer quelle démangeaison on se sent de se laut toute l'envie que )'ai de voir pour m'exposera ces gueuseries. »
(Mequinez, 2 avril.) Ces hostilités persistèrent assez longtemps.
N"*' 413, 414 : Arabes du Maroc
1" Croquis et aquarelle. — H. o"'29, L. o'"36.
— Vente Riesener, i8-q : 53 fr. — Appartient
à M. Alexandre Dumas fils. — Non catalogué
par M. Moreau.
2°Croquis et aquarelle. — H. o"'22,L.o"'i7. — V% Vente Carvalho, 1875 : 47 fr. — Non catalogué :W par M. Moreau.
(( Je ne vous parle pas de toutes les choses curieuses que je vois. Cela finit par sembler naturel à un Parisien logé dans un palais mauresque, garni de faïences et de mosaïques. Voici un trait du pays: Hier, le premier ministre, qui traite avec Mornay, a envoyé demander une feuille de papier pour nous donner la réponse de l'empereur. Avant-hier, on lui avait envoyé une selle en velours et en or qui est inestimable, u (Mequinez. 2 avril.) — Les deux premiers croquis sont sur la même page.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
Il3
N""" 41^', 416 : Arabes du Maroc
1° Aquarelle. — H. o'"25, L. o"Uy. — Il en existe une copie de même dimension vendue à Fhôtel Drouot le 25 mars 1876 : 23 fr. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Lavis. — In-folio. — Vente posthume ^partie du n" 371. — Vente Sensier, dé- .-^cembre 1877, dans un lot. — Non cataloi gué par M. Moreau.
« Même de monter sur la terrasse vous expose à des pierres ou à des coups de fusil. La jalousie des Mores est extrême, et c'est sur les terrasses que les femmes vont ordinairement prendre le frais ou se voir entre elles.i)(Mequinez, 2 avril.)
N"^ 417, 418 : Arabes du Maroc
1° Aquarelle. — H. o"'2o, L. o'"3o.
— Vente posthume n° 526. — Appartient à M. Philippe Burty. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Croquis et aquarelle. — ■ H. o'"i7, L. o™24. — "Vente posthume, à M. le comte Doria. — Non catalogué par M. Moreau.
« Je vous ai mandé dans ma première lettre que nous avions eu l'audience de l'empereur. A partir de ce moment, nous étions censés avoir la permission de nous promener par la ville ; mais c'est une permission dont moi seul j'ai profité entre mes compagnons de voyage, attendu que l'habit et la figure de chrétien sont en antipathie à ces gens-ci, au point qu'il faut toujours être escorté de soldats, ce qui n'a pas empêché deux ou trois querelles qui pouvaient être fort désagréables, à cause de notre position d'envoyés. » (Mequinez, 2 avril.)
.<^*i^5S3£îSïfc^
N"" 419, 420 : Jeunes Juives du Maroc
i" Croquis et aquarelle. — H. c"28, L. o"'i8. — Vente y/^ posthume. — Non catalogué par M. Moreau. ^^ 2° Aquarelle. — H. o"'24, L. o^'ip. — Vente posthume. — j?w Ventes Forget et Sensier. — Non catalogué par M. Moreau.
n J'ai passé la plupart du temps ici dans un ennui extrême, à cause qu'il m'était impossible de dessiner ostensiblement d'après nature, même une masure. » (Mequinez, 2 avril.) — La difficulté surexcitait donc étrangement la passion du dessin chez Eugène Delacroix, car nulle époque de sa vie ne fut, je crois, plus féconde pour l'étude que celle de ce voyage. Les impressions qu'il rapporta lui fournirent la matière de ses plus belles productions.
N''42i ; Jeune lionne marchant
a pris en celle-ci a
Toile. — H. o"'235, L. o"'325. — Lithographie par A. Robaut pour le catalogue delà vente Dutilleux, en 1874, dans les dimensions de : H. o'"o85, L. o""! i3 : i,53o fr. à M. Jacob. — Non catalogué par M. Moreau.
( On nous a envoyé l'autre jour des chevaux pour le roi (on vient de m en envoyer un), une lionne, un tigre, des autruches, des antilopes, une gazelle, etc., et une espèce de cerf qui est une méchante bête qui
grippe une de ces pauvres autruches et l'a embrochée de ses deux cornes, ce dont
trépassé ce matin. » (iMequinez, 2 avril i832.)
N°42 2 : Les murs de Tanger
___ , Croquis à la plume, à la salive et au doigt. — H. o"'io, L. fcsév^iS^^ o'"26. — Fac-similé par A. Robaut, tiré uniquement à deux épreuves d'essai. — Vente posthume. — Appartient à M. A. ?^ Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.
n Le climat de Tanger est délicieux; il n'y fait pas à beaucoup près aussi chaud qu'en Espagne surtout dans l'intérieur de l'Andalousie. Ma santé va toujours, mais la vôtre ? Ecrivez-moi toujours ici, peut-être n'y serai-je plus dans deux jours. •> (Tanger, 5 juin.)
N° 423 : Rivages de Gibraltar
Aquarelle. — H. o'"i6, L. o"'24. — On lit : « Côte d'Afrique, détroit de Gibraltar, 23 janvier. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
(( Je reviens de l'Espagne, oii j'ai passé quelques semaines; j'ai vu Cadix, Séville, etc. Dans ce peu de temps, j'ai vécu vingt fois plus qu'à Paris... J'ai retrouvé en Espagne tout ce que j'avais laissé chez les Mores. Rien n'y est changé que la religion; le fanatisme du reste y est le même.» (Tanger, 5 juin.)
N" 424 : Babouches — Étude
Toile. — H. o'"i3, L. o'^iq. — Vente posthume n" 221 : ih5fr.,à M. de Calonne. — Donné par M. de Galonné au peintre Ricard. — Vente Ricard , à M. Sensier. — Vente Sensier, 3 décembre 1877 • 785 fr., à M. Wilson. — Vente Wilson, mars 188 r : r,32ofr. — Non catalogué par M. Moreau.
La couleur des babouches est jaune jonquille garni de rouge vermillon, avec un ornement de perles bleues. Même exquise association de tons que dans les études du même genre faites par le maître, et notamment le Détail de harnachements . (Voir ci-dessus le n° 405.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°' 42^, 426 : Croquis du Maroc
1° Croquis aquarelle.— H. o"i2C), L. o"M8. — Vente posthume. — Appartient à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Croquis aquarelle. — H. o"'26, L. o"'i7.— Aubas : « Marchand de Fez. » — Vente posthume.— Appartient à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau. « Je suis revenu ici depuis trois jours et j'y suis en attendant l'ordre de revenir. Nous passerons parOran avant de toucherla belle patrie. Quand l'idée de retour me vient en tète, je l'écarté;
qui vais-je trouver mort ou infirme à jamais?Quelles nouvelles révolutions nous préparez-vous?
N°^427, 428,429,4^0,4^1 : Croquis du Maroc
goux, mars 1882
1° Marocain assis. — Sépia. — H. oi^iv, L. o"'25. — Appartient à M. Petit. — Non catalogué par M. Moreau.
2" Vieil arabe à cheval. — Croquis à la mine de plomb. — H. o'" 18, L. o^a i. — Vente posthume; vente Forget. — Non catalogué par M. Moreau.
3" Aquarelle. — H. o"'i5o, L. o"'o6o. — Vente posthume. — Appartient à M. le duc d'Aumale. — Non catalogué par M. Moreau. 4° Sépia. — H. o'"2o5, L. o'"4oo. — A M. Gebauër-Leblond. — Non catalogué par M. Moreau.
5° Dessin rehaussé, d'aquarelle. — H. o"'3oo, L. o"'2ro. — Vente posthume; vente Jehan Gi- — Non catalogué par M. A. Moreau.
N" 4P : Intérieur de cour à Tanger
Aquarelle. — H. o"'29o, L. o'"26o. — Choisie par M. Devilly, de Metz, dans les études du Maroc, en vertu d'un article du testament de Eugène Delacroix. — Non catalogué par M. Moreau. Les boiseries de l'architrave sont de couleur vert pomme avec ornements alternés de blanc et de brun. A gauche, les nattes appliquées au mur sont Çj d'un ton fauve relevé de noir. Le dallage des murs est de couleur brique. fe^ Au centre, le sol est carrelé de faïence en blanc relevé de vert et de brun. j^^^^^^^^ Tout en haut, on voit une bande de ciel bleu. On lit de la main du ' "~ ■ maître; 0 Intérieur de cour moresque à Tanger, i832.» — Voici l'article
du testament de Delacroix : « Je lègue à M. Devilly, de Metz, une répétition ébauchée du Christ portant sa croix, plus un dessin à son choix dans mes études du Maroc. »
L'ŒL'VRE DE DELACROIX
N° 43 3 : Costumes de Tanger
Aquarelle. — H. o™i8, L. o"'26. — Lithographie par Andrieu. — Cat. Moreau, p. 128.
La lithographie inédite, sans aucune lettre ni signature, est de M. Andrieu. Elle reproduit une aquarelle de mêmes dimensions, que M. Andrieu a choisie parmi les dessins du maître, après le classement qu'il en opéra, aidé des personnes que nous avons déjà citées plus haut. 0 Je te le dis, vous ne pourrez jamais croire a ce que je rapporterai, parce que ce sera bien loin de la vérité et de la noblesse de ces natures. L'antique n'a rien de plus beau. Il passait hier un paysan qui était foutu comme tu vois ici (quelques croquis rapides commentent le texte); pliis loin, voici la tournure qu'avait avant-hier un vil More auquel on donne vingt sous. Tout cela en blanc, comme les sénateurs de Rome et les Panathénées. » [Lettre à M. Pierret, 1 832.1
N''434: Une vérandah au Maroc
Croquis à la plume. — H. o"'io, L. o"'24. — Reproduit en fac-similé inédit dans les mêmes dimensions par M. A. Robaut et tiré à deux épreuves d'essai seulement. — Vente posthume: vente Sensier. — Non catalogué par M. Moreau.
N° 43 ^ : Conversation arabe
Dessin à la plume. — H. o"' 1 1 , L. o"'24. — Vente posthume à M. Ro-
^ fB haut. — Fac-similé n° 52 de la publication de M. A. Robaut. — Cliché
4%y\ f$$i?f\ phototypographique avec trait carré et addition des détails d"études
^^^^„Aj^i^ que fournit le dessin original : H. o'"i8o, L. o"'242, pour le jour-
^*"^ na\ VA i-t, 1882. — Cat. A. Moreau, p. i36. C'est un groupe de plus à ajouter aux personnages consulaires. Brutus, Catons, Cicérons raccommodeurs de savates qui enthousiasmaient le regard du maître.
N" 436 : Vue des hauteurs d'Alger
Dessin gravé sur bois en fac-similé dans l'Illustration, août
i865. -^ H. o'"045, L. o^iio. — Cat. A. Moreau, p. 149.
Ce dessin a été publié dans la Ga:;ette des Beaux-Arts, numéro du
i" août i865, accompagnant un excellent article de M. Philippe
"^~- Burty n Eugène Delacroix au Maroc. » Voir aussi, du même
auteur, Maîtres et Petits Maîtres, p. 'il et suiv. — Ce joli dessin est l'un des derniers, sinon
le dernier dessin que Delacroix ait fait sur la terre d'Afrique avant de rentrer en France.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°457 • Cimetière à Alger ou à Oran
1 AyS' .-.M Croquis à la mine de plomb. — H.o'"!-, L. o'"ij. — Don ■^^È^WP^MM^ ?^ '^^ Jennv Le Guillou à Constant Dutilleux. — Non catalogué ^^^^^ '^^^^^^- P'ir M. Moreau.
'S^lf\Ù^M^ <• Je suis ici depuis ce matin seulement. Nous sommes partis de ^^/""^^^k Tanger, il y a plus d'un mois; mais nous devions voir Oran et en- -^ ■ îiî«' i-S^r^^^!^-. suite Alger, dont nous arrivons. Je ne suis pas fâché d'avoir ^§^S;~r*^=-'i^3^2r' été à même de comparer ces lieux-là avec mon Maroc, et, en -" "t:i^j -■ ■■ bonne conscience, quoique le temps de mon voyage ait de beau-
coup dépassé ce que j'avais calculé, il aura été curieux de voir tant de choses diverses.» (Toulon 5 juillet.) » — Un des derniers croquis de Delacroix sur la terre d'Afrique est un cimetière. En arrivant à Toulon, pendant l'insipide quarantaine, c'est un spectacle semblable qui s'impose à ses regards. « Il y a la perspective agréable de trois cimetières propres à enterrer les gens qui meurent autant d'ennui, je pense, que de peste.»
N°^ 4^8, 439 : Aquarelles d'Alger
1° Aquarelle. — Vente Paul Blacque, 8 mars 1866 : 190 fr.; Vente Diaz, janvier 1877: 255 fr. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Aquarelle. — H. o"'24, L. 0^27. — N°428 de la Vente posthume : 635 fr. — Vente du 24 mars 1876 : 400 fr. à M. Guénot. — Non catalogué par M. Moreau.
La jolie petite juive du n" 488 porte un costume ravissant; le jupon est vert foncé et rose dans le bas. n A propos, je reviens d'Alger; j'ai vu Oran, l'Andalousie, les dames de Cadix et de Séville; franchement elles valent à elles seules le voyage et l'on revient si on^ peut. Me voici pourtant, point engraissé, ce qui ne vous surprend pas ; point maigri, c'eût été plus difficile. » (A. M. Frédéric Villot. — Toulon, 7 juillet i832, en quarantaine.)
Personnages d'Orient
I" Aquarelle. — H. o'"i65, L.
o'"20o. — Signé vers le haut à droite: « Eug. Delacroix.» — Vente Bocquet, 1879 : 260 fr.
2° Aquarelle. — H. o"'2o, L. o'"27.
— Vente Burty, 1874: BqS fr.
Ces deux aquarelles ne figurent ni l'une ni l'autre dans le catalogue de M. A. Moreau. Dans la première, il cherchait déjà les mouvements de figures assises qui devaient jouer un si grand rôle dans le tableau liei Femmes d'Alger.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 442 : Arabe étendu par terre dans la campagne
Aquarelle. — H. o"M5o, L. o"'225. — A M. Soulier tils. — Non catalogué par M. Moreau.
C'est chez M. Soulier père, le vieil ami de Eugène Delacroix, que cette aquarelle a été improvisée un soir. Elle n'est ni signée, ni datée, mais elle est très soignée. Le personnage, étendu de tout son long auprès de maïs et de cactus, regarde devant lui avec indifférence. Sa tunique blanche est bordée d'un bleu clair
et vif. Au second plan un cavalier précédé d'un autre Arabe passe lentement devant un
fond de montagnes. Un coin de bucolique au Maroc.
Année i833
N°* 445, 444, 44^ : L'appartement du comte de Mornay
1° Toile.— H. o"78, L. o"'65. — Signé au bas à gauche. — Salon de i833. — Appartenait a M. de Mornay. — Vente du 29 mars 1877, retiré à 4,450 fr. — Cat.A.Moreau,pp.i73, 234, 328.
2° Toile. — H. o"'4o, L. o"'32. — Etude du précédent. — Gravé à Teau-forte par Martial Potémont pour le catalogue de la vente Wilson: H. o"M7i, L. o"i 26. — Vente posthume : 1,800 fr.; vente Wilson, 26 avril 1874 : 5, 200 fr.; mal catalogué sous le titre de « Intérieur de la chambre de M. Delacroix dans sa jeunesse. » — Appartient à M. Ch. Pillet. — Car. A. Moreau, pp. 173,215. 3° Aquarelle.— H. o'"3i, L.0^23. — Variante légère du précédent. — Partie du n" 571 de la vente posthume « Intérieur d'un appartement avec deux portes » : 100 fr. à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.
Dans la grande toile, Delacroix a peint les deux portraits réunis de M. le comte de Mornay et du prince Anatole Demidoff dans l'appartement que M. de Mornay occupait rue de Verneuil. Le premier est assis dans un fauteuil, il est vêtu d'une robe de chambre en étoffe de l'Inde de couleur rose, se détachant sur un rideau d'un ton rouge pompéien. Le second, en visite, est assis sur un canapé. Des tableaux et.des panoplies orientales ornent les murs.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N''446 : M. Frédéric Villot
Toile. — H. o"'2o5, L. o'"i 5o. — Cat. A. Moreau, p. 235.
Delacroix fit en i833 cette réduction du portrait de i832. Voirn" SyS. Comme on le voit, la copie réduite présente des modifications sensibles. D'abord les proportions de toiles ne sont pas les mêmes. En outre ici la tète est un peu plus inclinée, le canapé monte un peu moins haut et l'expression de la physionomie est moins cherchée que dans le grand portrait pour lequel, d'ailleurs, le modèle a posé un bon nombre de séances, tandis qu'il n'a point posé du tout pour ce petit portrait. Frédéric Villot était un véritable amateur, un grand curieux d'art; il avait étudié, pratiqué tous les procédés de peinture et de gravure, et je crois aussi la musique; un des premiers, sinon le premier, il forma une collection d'albums et de bronzes japonais. Comme conservateurdes peintures au Louvre, il montra un grand goût éclectique dont la tradition ne lui a point survécu; son principal titre à la reconnaissance de tous ceux qui s'occupent de l'histoire de l'art est sa rédaction des « Notices des tableaux du Louvre. » Marie-Joseph- Frédéric Villot naquit à Liège, département français de l'Ourthe.le 3i octobre 1809; il est mort à Paris, le 27 mai iSyS.
N" 447 : Portrait de M. Heurtaux
Toile ovale. — H. o^ôo, L. o^So. — Signé et daté sur le fond : i833. — Non catalogué par M. Moreau.
M. Heurtaux, élève de la pension Goubaux, obtint le second prix de version latine pour la classe de troisième au concours général. — Pendant l'impression de ce volume ont paru les Souvenirs littéraires de AL Maxime Du Camp auxquels nous empruntons les lignes suivantes sur la pension Goubaux : « Cette pension était dirigée par un homme qui eut quelque notoriété et remporta plus d'un succès dramatique. Le père Goubaux, comme nous l'appelions alors, quoiqu'il n'eût guère que trente-cinq ans, semblait avoir multiplié les pseudonymes pour dérouter la curiosité : Pierre Aubry dans le Courrier français, Hautefeuille à rOpéra-Comique, Dorival dans différents petits recueils oubliés aujourd'hui, Prosper Dinaux au théâtre : on s'y perdait. C'était un humaniste distingué; il avait traduit une partie des œuvres de Cicéron et les odes d'Horace comme tant d'autres et aussi infructueusement. Il était alors célèbre au « boulevard du Crime », car on y jouait souvent Trente ans ou ta Vie d'un Joueur, gros drame émouvant et moral qu'il avait machiné avec Victor Ducange. Il ne devait pas s'arrêter en chemin : je retrouve son nom dans Richard d'Arlington de Alexandre Dumas, dans Louise de Lignerollesde Ernest Legouvé, dans Latre'aumont. dans les Mystères de Paris, dans le Juif errant de Eugène Sue ; il donna seul le Morne au diable. »
N" 448 : Portrait de M. de Verninac
Toile. — H. o'-'SS, L. o™40. — Cat. A. Moreau, p. 235.
Ce portrait, qu'il ne faut pas confondre avec celui que nous avons cité plus haut 111° 36 1), fut légué par Eugène Delacroix à madame Duriez de Verninac.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 449 : George Sand en costume d'homme
Toile camaïeu. — H.o'"25, L. o"'2i. — Gravé au burin par Calamatta. — H. o"'io8, L. o'"o84. — Appartient àM. Charles Buloz. — Vente après décès de M. Buloz : 7,000 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 1 10, 235.
Notre croquis est fait d'après la gravure. La peinture montre plus de mouvement dans la coiffure; une mèche vient sur la pommette droite et, au lieu d'être bouclés au bas intérieurement, les cheveux sont légèrement retroussés extérieurement; le graveur a 0 arrangé «. — En écrivant son testament, Eugène Delacroix se souvint de son ancienne et constante amitié pour madame George Sand et lui légua un petit 0 couteau turc, un serpent en plomb qui lui avait été donné par madame Dorval, et une grande esquisse représentant le Sabbat de Faust jCtTet de nuit.)» En 1842, Delacroix passa une partie del'été à Nohant. —Cette peinture a figuré h l'Exposition des portraits historiques du xix"^ siècle, ouverte en i883 à l'Ecole des Beaux-Arts.
N'' 450 : Tète de jeune femme
Toile. — H. o"'42, L. o^SS. — Signé à gauche, daté i833. — Vente Villot, i i février i865 : 145 fr. — Cat. A. Moreau, p. 283.
N°4^i : Bouquet de fleurs
Toile. — H. o'"59, L. o'"49. — Daté i833. — Vente Villot i865 : 325 fr. — Non catalogué par M. Moreau.
N° 4P : Grec à cheval
Aquarelle. — Signé, non daté. — Vente du 29 avril i856 : i25 fr. à M. Berville; vente J. Reiset, 25 février 1860 : 121 fr. à M. Leroy. — Cat. A. Moreau, p. 289.
N*" 4P : Charles-Quint au monastère de Saint-Just
Lithographie. — H. o"'i i5, L. o'"i48. — Voir les années i83i, 1837 et 1839. — Vente Parguez, 1861 -.4 fr. ; vente Dubois, 1866 : 6 fr.; vente Villot, décembre 1875 : 4 fr" 5o c. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 48.
En haut, au milieu : « Bagatelle (Journal de France) n» 3i à droite ; <■ Lith. de Engelmann », au milieu le titre.
, en bas, à gauche : 0 Delacroix 1
N°4)4 : Portrait de madame Frédéric Villot
Nous Villot
Eau-forte d'après nature. — H. o^oSS, L. o^^oSo. — Très rare.— Signé à droite : Eug. Delacroix », daté à gauche i833. — Vente De La Combe, 2 février (deuxième état) : 25 fr.; vente posthume (deux épreuves du deuxième état) : 10 fr. — Cat. A. Moreau, p. 19.
Dans le premier état, l'ombre portée de la main sur le menton n'existe
pas, il n'y en a qu'une seule épreuve.
Dans le deuxième état, l'ombre de la- main est exécutée au moyen de
hachures de pointe sèche et de simples points, ons parlé du dessin de bague que Delacroix avait composé en i83i pour madame fit aussi pour elle en 1846 un modèle de Saint Rémi destiné à une nappe d'autel.
N°45 5 • Christ au roseau
Eau-forte. — H. o"'i5o,L. o^ogo, — Vente posthume (deuxième état): 14 fr. ; vente Burty, 1874 (troisième état) : 6 fr.; vente Villot, décembre i 875 (deux épreuves du premier étati : 28 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 20.
^X\S "'(jM Premier état. En bas, à gauche : « Eug. Delacroix », pas de date à droite;
^K' î%."V?i V ' '^'^ qu'une salissure produite par un défaut de brunissage sur le cuivre.
Sî'V^'^M^?' Epreuves d'essais.
^^ ' I-Oai» Deuxième état. En bas: « Eug. Delacroix », à droite : « i833 » avec des
r >^ isj^—^r-.^ contre-tailles dans le fond exécutées par Villot. Troisième état. En bas, même lettre et en plus au milieu : « Cabinet de l'Amateur. » Cette pièce a paru, en 1844 dans la treizième livraison du Recueil intitulé : Cabinet de l'Amateur et de l'Antiquaire, dirigé par M. Piot. Elle est la reproduction d'une sépia exposée au Salon de iS3i et que nous avons cataloguée, en l'année i83o, sous le n" 334.
N° 40 : Lion debout
Lithographie. — Très rare. — H. o"'i 5o, L. o'"i4o. — Héliogravé pour l'ouvrage de M. Moreau dans les dimensions de : H. o™\ i3, L. o'"i33. ^ Vente Villot, décembre 1875 : 5 fr. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 32.
L'animal est vu de face, la tête penchée en avant, la crinière hérissée, les pattes tendues comme s'il s'arrêtait, subitement surpris, et au moment de se rassembler pour s'élancer sur une proie. A gauche, de simples hachures occupent le fond. — Dans le catalogue de la vente après décès de Frédéric Villot. en décembre iSyS, cette lithographie est cataloguée au n" 446, sous le titre » Lion, la tète baissée. » Nous n'avons pas jugé à propos de modifier le titre adopté par M. Moreau. Nous avons pris au contraire, cette licence pour quelques-unes des planches qui suivent, les indications venues de M. Villot nous ayant paru beaucoup plus conformes au sujet.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 457 • ^^ë^ agenouillé sur des nuages
Eau-forte. — H. o^oôg, L. o"'o86. — Vente De La Combe, 3 février i863 : 8 fr. ; vente posthume, février 1864 (deux épreuves): 7 fr.; vente Villot, décembre iSjS, n° 386 (deux épreuves du premier état chine et blanc) : 6 fr. 5o c. à M. A. Robaut. — Cat. Se ^' Moreau, p. 19.
^^r*^'- Premier état. Sans trait. — Deuxième état. Avec trait carré.
Cette composition devait servir de frontispice à une suite d'eaux-fortes
état de projet. Sur la banderole on lit : « Eaux-fortes, par Eugène Delacroix. »
N° 458 : Seigneur cuirassé tenant une épée
Eau-forte. — H. o^ioô, L. o^oôô. — Signé à droite. — Vente posthume (premier état, deux épreuves) : ijfr.jvente Villot, décembre 1875 (premier état, deux épreuves extra sur chine) : 11 fr. Soc. à S M. A. Robaut.
Premier état. H. o"'io6, L. o'"o66. — Sans trait carré et sans lettre. Deuxième état. H. o"'ioo, L. o'^'oôo. — En haut à droite le monogramme E. p. dans un rond et le numéro 2. En bas, au milieu : « Un homme d'armes du temps de François i"'' »; à droite : 0 Imp. Delâtre, Paris. Publication Cadart. » L'une des épreuves de M. Villot était sur japon jaune d'or.
N°459: Un forgeron
rappor Villot, de i83
Eau-forte. — H. o«'i63 L. o"'098. — Vente Villot, décembre 1875, (une épreuve du premier état et une épreuve du deuxième état, ensemble) : 25 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 24.
Premier état. H. o'"i63, L. o'"098. — Sans aucune lettre ; bavures sur les marges ; dans celle du bas, h droite, un croquis d'oiseau à la pointe ; et dans celle du haut, à droite, une académie d'homme. Deuxième état. Mêmes dimensions. Sans lettre. Croquis effacés. Troisième état. H. o"'iôo, L. o"'096. En haut, à droite :1e monogramme E. D. dans un médaillon et le numéro 4; en bas, h droite ; « Imp. Delàtre, Paris », au milieu : «Forgeron.» Publication Cadart. Cette gravure est un essai en manière noire. 0 C'est h M. Villot que Delacroix dut de faire la connaissance des procédés techniques de la
""^ •?-'.;■ '■ '. gravure h l'eau-forte. Les premières planches des deux amis sont le résultat d'un travail commun. Ce mélange des deux collaborateurs
intime qu'il devient difficile de discerner la part afférente à chacun, et qu'il faut s'en
ter, sans y croire aveuglément, h la signature. » (Préface du catalogue de la vente 18-5.) Le rédacteur ajoute ; « Je ne parle que des tout premières planches. A partir
2, le travail de M. Delacroix devient plus personnel et plus reconnaissable. »
LŒUVRE DE DELACROIX
N" 460 : Soldat allemand
Delàtre.
Eau-tbrte. — Signé dans le ciel à gauche en haut. — Voir l'aquarelle de 1829. — Vente De La Combe 1 premier état) : 28 fr.; vente posthume (deux épreuves du deuxième étatl : 4? fr.; vente Villot, décembre 1875, (premier état, une épreuvei : 49 fr.; (deuxième état, une épreuve): i4fr. — Cat. A. Moreau,p. 2d.
Premier état. H. o"'iS2. L. o"M 34. Sans trait carré. Le personnage seul au milieu de la planche. Tirée à quatre épreuves. Deuxième état. Mêmes dimensions. Le bras droit qui tient la bride, le cheval et les figures, ont été ajoutés à la pointe sèche. Troisième état. H. o^iyS, L. o'"i34. En haut à droite, le monogramme E. D., dans un rond, et le numéro i ; en bas, h droite : « Imp. Paris » , au milieu : « Un seigneur du temps de François i^''' 'i.
N''46i : Une Juive d'Alger
Eau-forte. — H. o"'2oo, L. o'"i54. — Signé à gauche en haut « Eug. Delacroix, i833. » ■ — Vente De La Combe (premier état): 6j fr.; vente posthume (deuxième étatl : 8 fr.; vente Villot, décembre 1875 : i5 fr. 5o à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 23.
Premier état. H. o"'200, L. o'»i54. Sans aucune lettre, malgré le trait carré; certains travaux du tapis et des accessoires paraissent nettement dans le bas de la marge de droite.
Deuxième état. H. o"'2o8, L. o'»i52. Tous ces travaux disparus. Troisième état. En haut, h droite, le monogramme E. D., dans un rond, et le n" 3 ; en bas, h droite : « Imp. Delatre, Paris »; au milieu : " Juive d'Alger. Publication Cadart ». Il y a une erreur dans les dimensions fournies par M. Moreau et que nous avons données; celles du premier et du deuxième état sont lesmèmes.
N" 4Ô2 : Arabes d'Oran
pg:g,^^g-^__-^^ ---^ggi Eau-forte retouchée en 1847. — H. o"'i5o, L. o"'2io. — Signé fi":^"-"^ ;~- - i7=.:wî5s^ sur le terrain à droite : «Eug. Delacroix.» — Vente posthume (deux épreuves du deuxième étatl : 23 fr.; vente Burty, 1877 [deuxième étatl: gfr.; vente Villot, décembre 1875 [deux épreuves du premier état) : 19 fr. 5o c. à M. A.Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 25.
;__^l Premier état. H. o"'i3o, L. o"'2io. — Sans trait carré. Sans
g^!^ aucune lettre; des travaux de roulette accentués dans le côté gauche
du ciel et sur le terrain du premier plan, qui ont été très atténues
dans les épreuves du deuxième état ; en bas, au milieu, à la pointe: » Arabes d'Oran u.
Deuxième état. Mêmes dimensions. Le vêtement du second personnage s'enlève en vigueur.
Troisième état. H. o"M45. L. o"'i90. Trait carré. En haut, à droite, le monogramme E. D.
dans un rond, et le n" 5 ; en bas. à droite : p Inip. Delàtre. Paris », au milieu >• Arabesd'Oran ■'.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 463 : Étude de femme vue de dos
Eau-fone. — H. o""i i3, L. o"'i63. — Signé «Eug. D."à gauche en haut de la planche, au milieu des hachures du fond. — Vente posthume (cinq épreuves du deuxième état) : i i fr. 5o c. ; vente Villot, décembre 1875 (deux épreuves du deuxième état) : 14 fr. à M. Goupil; vente His de la Salle, janvier 1881 (une épreuve du premier état) : 23 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 24.
Premier état. H. o™i33, L. o™i63. — Sans trait carré. Eau-forte pure. En haut, à gauche, h peine quelques hachures dans le fond. Les épreuves blondes de ton laissent voir dans le fond et autour de la tête et des cuisses tout le travail des hachures. Les épreuves de cet état ont été tirées presque sans marges (o™o3o sur la largeur et o"'020 sur la hauteur). Deu.'iième état. Mêmes dimensions. En haut, à droite, dans le fond, des hachures qui forment une teinte et équarrissent le sujet de ce côté; h gauche, quelques travaux de roulette. Troisième état. H. o'"i 10, L. o'°i6o. En haut, à droite, dans un petit rond, le rnonogramme E. D. et le numéro 6 ; en bas, au milieu : « Etude de femme vue de dos. Publication Cadart. » Les planches de cuivre de cette gravure et des six autres qui précèdent étaient restées inédites du vivant de Delacroix. M. Villot père les avait gardées. Elles figurèrent h sa vente en i865, et furent adjugées à MM. Cadart et Luquet, au prix de 812 fr. On les a tirées alors avec une marque particulière et un titre.
N'' 464 : Costumes du Maroc
Aquarelle. — H. o"'i8, L. o'"3o à o'»35. — Salon de i833. — Cat. A. Moreau, p. '174. On va retrouver sous la rubrique de l'année i833 un grand nombre de motifs fournis ii Delacroix par ses souvenirs du voyage au Maroc. Il peut se faire que plusieurs de ces oeuvres aient été exécutées dans le courant de l'année i832 ; mais celle-ci étant déjà très chargée de travail, nous sommes autorisés à supposer que le maître ne s'est pas rigoureusement arrêté dans cette reprise de souvenirs au 3i décembre. Nous en avons un témoignage éclatant dans l'exécution du célèbre tableau des Femmes d'Alger. D'ailleurs, comme on le verra, un certain nombre de ces œuvres sont datées, et, par conséquent, il n'y a point de doute sur l'époque de leur exécution.
N°^465, 466 : Costumes de Tanger
1° Autographie à la plume. — H. o'"i90, L. o'"23o. — Signé au bas, à droite : « Eug. Delacroix, i833. » — Vente Villot, décembre 1875 : 6 fr. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 33.
Ce croquis à la plume, imprimé sans trait carré, est rare. '"^ 2» C'est la même idée et la même disposition, à peu près, qu'en un tableau vendu à l'hôtel Drouot en 1873. Un jeune marchand juif. ^ debout, déploie une bande d'étoffe qu'il semble offrir à un vieux Maure à longue barbe assis devant lui sur une pierre dans la campagne.
L'ŒIVRE 1)K DELACROIX
N" 467 : Famille juive
Aquarelle. — H.o'"i8, L. o"'3oà o"Ki5. — Salon de i83?. — Cat. A. Moreau.p. ijS.
N" 468 : Fantasia arabe
Toile. — H. o"'5q, L. o'"73. — Signé et daté i833. — Gravé à Teau-forte par Le Guay pour VArtisie, dans les dimensions de : H. o"'i62, L. o'"222. — Variante du tableau de i832. — Vente Van-Isacker, i5 mai i852 : 1,060 fr.; vente M. B.,3o mai i855 : 1,405 fr. à M. Getting; vente San Donato, 21 février 1870: t3,ooo fr. à M. Louis Lefebvre, de Roubaix. — Cat. A. Moreau. pp. 102, 268 et note.
Nous avons reproduit un passage de la lettre du 16 mars, où Delacroix note les sensations désagréables que lui causaient les coups de fusil que la fantasia lui tirait à la figure. Il ajoute encore : «Tout cela nous donnait une colère mêlée de comique que je me rappelle à présent avec moins d'humeur. »
N" 469 : Rencontre de cavaliers maures
Toile. — H. o^^Sr, L. i"'oo. — Voir à Tannée 1834 pour la gravure à Peau-forte par Eugène Delacroix. — Tableau refusé au Salon de 1834. — Cat. A. Moreau, P- 177-
Nous invitons les amateurs à se méfier d'une mauvaise copie de ce tableau traitée en frottis, et qui circule dans le commerce. L'original était en novembre iSSi, chez MM. Arnold et Tripp.
Jamais Delacroix ne s'est plus complètement livré en apparence au génie de l'esquisse qu'en cette admirable composition. Mais il suffit d'observer le merveilleux équilibre de ce groupe furieux, que l'on pourrait inscrire dans le champ géométrique d'une médaille, pour être convaincu une fois de plus que la main du maître n'improvisait que sur des thèmes longuement médités. Les chevaux se heurtent et l'un d'eux se dresse sous le choc en même temps que sous l'effort de son cavalier pour l'arrêter. Dans ce mouvement la puissante silhouette du cheval bai brun s'enlève sur un fond de collines qu'éclairent les fumées d'un combat et les clartés opalines d'un ciel gris très doux où passent des bleus de turquoise. Sur ce premier groupe se découpe le profil allongé, élégant du cheval gris blanc dont le poil soyeux et fin laisse passer, comme des lueurs roses, les transparences de la peau. Le geste des cavaliers, celui surtout de l'homme dont on n'aperçoit que la tête et le poing, est d'une audace de vérité extraordinaire dont on ne retrouve d'exemple que dans Rubens. Et c'est à Rubens aussi que fait penser l'éclatante variété des rouges que Delacroix s'est plu à multiplier dans cette précieuse composition, étincelante et joyeuse comme l'œuvre d'un peintre coloriste, vivante comme l'œuvre d'un grand dessinateur du mouvement, solide et forte comme l'œuvre d'un maître statuaire.
L'ŒUVRE DE DEl-ACROIX
iS33
N" 470 : Arabes causant
Aquarelle. — H.o'"i4, L. o"'28.
Cat. A. Moreau, p. 290.
Vente Baroilhet. 12 avril 1862 : i85 fr. —
N" 471 : Même sujet
Autographie à la plume. — H. o'"2io, L. o™25o. — Sans
aucune lettre, signature ni date. — Vente De La Combe (pre-
état) : 41 fr.; vente posthume (deuxième état, avec les
les de Tanger )) ) : 10 fr. ; vente Villot, décembre 1875
(deuxième état) : 5 fr. 5o à M. C. Paul Perrier.
Premier état. En bas, au milieu, dans la marge, croquis assez peu distincts dont un représentant une petite tète d'enfant. Deuxième état. Sans les croquis.
'— "^ ' n Pour ces choses de souvenir, les premiers croquis ne doivent être
ni trop cherchés, ni retouchés. » (Eugène Delacroix.)
N° 472 : Deux Arabes causant
« Eug. Delacroix de
et des chines de différents formats. Il n
Sépia. — H. o"'i3, L. o'"20. — Gravé à Peau-forte par Frédéric Villot en 1845, dans les dimensions de o'"o97 sur o'"i42. — Vente Villot, 11 février i865: 600 fr.à M.Lecesne. — Cat. A. Moreau, pp. loi et 291.
Les deux figures, l'une de face, l'autre de profil, sont assises sur le sable dans l'attitude et avec la mimique de la conversation. Dans le fond, une chaîne de collines. — La planche de M. Villot porte en bas à droite : Fréd. Villot sculpt. 1845. » Cette planche a été tirée sur des papiers a pas eu de retouches.
N" 47 3 : Un Arabe
Dessin. — H. o"'3i, L. o"'20. — Photolithographié par Arosa : H. o"^3io, L. o™20o. — Non catalogué par M. Moreau.
Il est vu presque de face, incliné en avant, les bras tombant, les mains croisées et enveloppé dans son burnous. L'attitude est étrange, l'expression 'iv 'U' \ / puissamment caractérisée. Delacroix, parlant de l'Afrique un jour, disait à \"^ 1 1 f Théophile Silvestre, qui l'a rapporté dans son livre. Les artistes vivants : V \ y\ / ) " L'aspect de cette contrée restera toujours dans mes yeux; les hommes de cette forte race s'agiteront toujours, tant que je vivrai, dans ma mémoire ; c'est en eux que j'ai vraiment retrouvé la beauté antique. » Il confirmait ainsi, bien des années après son vovage au Maroc, l'impression qu'il en avait gardée et qu'il exprimait si vivement au moment même dans ses lettres à ses amis.
N"'474' 47) : Muletiers de Tétium
.■.''j':kn 1° Dessin à la mine de plomb. — H. o'"io,L. o'"28. — Vente Susse, 1844 : 60 fr. — Cat. A. Moreau,p. 289. 2° Autographie à la plume. — H. o"i20, L. o"'26o. — Vente posthume (avec les «Femmes d'Alger») : 12 fr.; vente Dubois (seulei : 10 fr.; vente Langlois (seule): 6 fr. 90 c; vente Villot, décembre 1875 (premier étatl : 5 fr. à M. Perrier. — Cat. A. Moreau, p. 48.
La pierre de notre n» 2 et celle des n Femmes d'Alger » furent
vendues ensemble i23 fr. à M. le directeur de la Galette des
Beaux-Arts. Notre cliché est fait d'après l'autographie. Il y a une légère variante dans le
dessin à la mine de plomb. Les deux états ne différent que par l'addition, au bas. à gauche.
des mots : « Gazette des Beaux-Arts », et à droite : « Imp. Bertauts, Paris. »
N" 476 : Femme de Tanger
Autographie à la plume. — H. o"M90, L. o™2 5o. — Signé à gauche : « Eug. Delacroix, i833. » — Vente De La Combe : 12 fr. ; vente Dubois : 14 fr.; vente posthume, 17 fr. — ■ Cat. A. Moreau, p. 32.
La femme est debout, vue de dos, tournant la tète vers la gauche, les bras ouverts et étendant du linge sur une corde supportée par de longs piquets. Un jeune garçon est assis par terre; derrière lui on voit un grand vase déterre à deux anses. Sur le sol divers accessoires. Le fond est occupé par de rapides hachures diagonales. — Ce dessin sur papier autographique, tiré comme le précédent, sans trait carré, est rare.
N° 477 : Jeune femme du Maroc
Dessin à la plume. — H. o™i6,L. o"M 5. — Signé en rébus : un 2, un la, une croix. — Vente Villot, 1 1 février i865 : qr fr. à M. Choquet. — Publié en 1882 dans le journallM;-?, par procédé phototypographique avec trait carré, dans les dimensions de : H.o'"i70, L. o"'i55, numéro du 23 avril 1882, avec le titre : « Jeune femme du Maroc. » — Cat. A. Moreau, p. 292.
La femme est jolie et de type européen; mais il faut se rendre à l'évidence du costume.
N" 478 : Femme d'Alger
Croquis à la plume. — H. o"'i i , L. o"'i4.- — Non catalogué par M. Moreau.
Galerie Bruyasau Musée de Montpellier.
l/ŒUVRF. nr. DELACROIX
rS3:
N" 4J9 : Femmes d'Alger
Deuxiimc état.
lauche
Autographie à la plume. — H. o"'i6o, L. o'"22o. — Signé à gauche en bas : « Eug. Delacroix, i833. » — Vente posthume (deux épreuves du premier état avec une épreuve des « Muletiers de Tétuan » ) : 12 fr.; vente Villot, décembre 1875 ipremier état) : 10 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 49.
Premier état. En bas. au milieu, le titre seul : « Femmes
d'Alger « de la main de Delacroix.
K Gazette des Beaux-Arts ». à droite: « Imp. Bertauts, Paris. »
N" 480 : Femmes d'Alger
Croquis aquarelle. — H. o"'2i5, L. o'"28o. — Appartient à M. Christophe. — Non catalogué par M. Moreau.
a Oui, ce sont bien là les intérieurs garnis à hauteur d'homme de carreaux de faïence formant des mosaïques comme dans les salles de l'Alhambra, les fines nattes de jonc, les tapis de Kabviie, les piles de cous.çins et les belles femmes aux sourcil.s rejoints par le surmeh, aux paupières bleuies de khôl, aux joues blanches avivées d'une couche de fard qui, nonchalamment accoudées, fument le nargilhé ou prennent le café que leur offre dans une petite tasse à soucoupe de filigrane, une négresse au le Gautier, Les Beaux-Arts en Europe.^
Femme d'Alger
Pastel. — In-folio. — Photographié par Braun. — Appartient au Musée du Louvre. — Non catalogué par M. Moreau. 0 L'Afrique a produit sur M. Eugène Delacroix une impression '^ï^"'j^-\ ' ^''^'^ ^^ durable; s'il n'est pas resté, comme Marilhat et
lg,?^^^^^S^»!x ' Decamps, Arabe ou Turc à tout jamais, occupé sur son divan
à égrener le chapelet de ses souvenirs d'Egypte ou d'Asie et dédaigneux comme un musulman de la civilisation des giaours, il le doit a la mobilité ardente de son esprit trop compréhensif pour se borner à une seule sphère et qui a des fenêtres ouvertes sur tous les horizons ; le haschisch oriental n'a causé chez lui qu'une hallucination passagère, et de ce soleil vertigineux, le hàle tombé, il n'a gardé qu'un rayon. Le désert ne l'a pas absorbé dans sa grandeur morne et leatement recouvert de son sable, et pourtant de ce court voyage au Maroc il a rapporté un monde complet. » (Théophile Gautier, Les Beaux-Arts en Europe. » — Au bas de la page, à droite, Eugène Delacroix a noté quelques indications pour la couleur de la jupe; elles sont intéressantes h recueillir ; i< Teinte plus rougeâtre au frisan ;sici du jour et sur les tournants: au milieu, violet. »
L'CEUVRE DE DELACROIX
N" 482 : Femmes d'Alger dans leur appartement
tint po de Ver, cemme
Toile. — H. i'"77j L- ^'"37. — Autolithographié par Sirouy : H. o^iSS, L. o'"235. — Gravé à Peau-forte parCélestin Nanteuil : H. o""i63, L. o"'262. — Gravé au burin par Waltner : H. o'"244, L. o™3i4. — Salon de 1834. — Au musée du Louvre. — Car. A. Moreau, pp. 128, i/S, roo, 2o5.
Delacroix faillit ne pas livrer ce tableau à l'Administration qui avait fait avec lui le prix do 3,000 fr. pour cette œuvre, quand il apprit qu'un peintre fort me'diocre,mais protégé de Lamartine, M. Decaisne, recevait 4,000 fr. pour un tableau, « l'Ange gardien ». Le ministre insista auprès de Delacroix en lui disant que le roi lui-même avait fait le prix de son tableau, et le maître se ur battu. 11 faut dire cependant qu'on lui commanda immédiatement, pour le musée saiUes, l'Entrée des croisés à Constantinople. — C'est Lamartine qui attribuait innont à Delacroix de pauvres peintures de M. Vinchon, et l'accablait d'éloges.
N" 48^ : Femme arabe
Dessin à la plume. — H. o"'27, L. o"'i7. — Fac-similé par A. Robaui. — Reproduit dans le journal L'Exposition de Toulouse, i865, dans les dimensions de: H. o'"27, L. o'" 17. Reproduit aussi dans le journal L'Art, en 1 883. ^Appartient à M. Ph. Burty. — Cat. A. Moreau, p. i36.
Evidemment ce dessin a. été fait sous l'empire du rapprochement qui s'établissait dans l'esprit de Delacroix entre les nobles attitudes de la statuaire antique et de la réalité contemporaine, où le climat impose l'usage des draperies flottantes. On comparera ce dessin à celui des femmes à la fontaine, de i832, que nous avons catalogué, au n" SgS, sous le titre « Femmes juives arabes. »
N" 484 : Chasseurs arabes
beau mensont
Aquarelle. — H. o'"240, L. o"'2i5. — Lithographiec à la plume par A. Robaut : H. o'"o98, L. o'"o90. — Vente posthume n° 426 : 6i)0 fr. ; vente Constant Dutilleux, mars 1874 : 835 fr.; vente Marmontel, janvier i883 : 455 fr. à M. Tabourier. — ■ Non catalogué par M. Moreau.
C'était une des aquarelles les plus importantes et les plus terminées de la vente posthume de Eugène Delacroix. L'attitude de la figure principale est d'une hardiesse singulière et faite pour effarer les partisans de cet art que l'illustre critique anglais John Ruskin appelle n l'art des poses et du C'est ce qui faisait dire il H. de la Madelène : c La vie, voilit ce qu'il cherche.»
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 48) : Chasse au tigre
Aquarelle gouachée. — H. o'"2d, L. o'"31-). — Appartenait a M. Riesener. — Voir la « Chasseaux lions» de i858. — Non catalogué par M. Moreau.
Il n"y a pas trace dans la correspondance de Eugène Delacroix qu'il ait assisté a aucune chasse de cette sorte ; mais il avait vu, observé, note dans son infaillible mémoire tant de violentes chevauchées, qu'il y aura facilement trouvé les éléments nécessaires d'une telle composition. Quant aux tigres, n'oublions pas que l'empereur du Maroc avait envoyé à M. de Mornay, pendant que Delacroix était avec celui-ci à Mequinez, un tigre précisément que le maître ne se sera pas fait faute d'étudier. Nous avons cité, en son lieu, la lettre qui a trait h cet envoi.
N°^ 486, 487 : Chevaux arabes
i" Lavis. — In-quarto. — Galerie Bruyas au Musée de Montpellier. — Non catalogué par M. Moreau. 2" Aquarelle. — H. o"'i8, L. o'"22. — Signé à gauche, non daté. — Vente Susse, 10 janvier i856 : 69 fr. à M. Adolphe Moreau. — Cat. A. Moreau, p. 289.
Quoique nous réunissions les deux études sous la même rubrique.
nous devons prévenir le lecteur qu'elles n'ont rien de commun.
Notre croquis est fait d'après le dessin de la galerie Bruyas. —
Le cheval est bien un cheval arabe, mais transporté, peut-être né, dans quelque ferme de France, dont on aperçoit les bâtiments dans un bouquet d'arbres. — Je ne sais pas un artiste, même en Angleterre, où il y a d'excellents dessinateurs de chevaux, capable de fixer d'une main plus savante un mouvement plus souple, plus équilibré, plus naturel dans sa grâce fugitive et comme saisie au vol.
N"" 488. 489 : Marocain et son entant
1" Toile. — H. o'"235,L. o"'3io. — Signé au bas à droite. — Vente Wilson, mars i88t : 900 fr. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Aquarelle. — H. o"'22, L. o'"29.
— Vente A. Carrier, 5 mai 1875 :
5oo fr. à M. Paschal. — Non catalogué par M. Moreau.
L'aquarelle avait été choisie par A. Carrier parmi les dessins du maître, au classement desquels il avait concouru, en vue de la vente posthume, avec MM. Dauzats, Pcrignon, Schwiter, Andrieu, Dutilleuxet Burty, désignés à cet effet par le testament. — «Quand on n'a d'abord pu ressaisir ce que la mémoire représente vaguement, il faut faire d'autres croquis du même sujet et les refaire jusqu'à ce que l'on ait retire l'image du fond de sa mémoire. »(E. Delacroix.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 490 : Juif drogman du consulat
Aquarelle. — H. o™34, L. o™26. — Signé et daté en haut à droite, i833. — Appartient à M. Petit. — Cat. A. Moreau, p. 174.
Par son importance et par le soin tout particulier que Delacroix y a apporté, on doit supposer que cette aquarelle a été exposée et que ce serait bien l'oeuvre qui figure sous le n'^ GSy au livret de l'Exposition de cette même année. Une sorte de drogman porte la main gauche à une gibecière et la famille juive l'écoute attentivement. C'est une de ces nombreuses scènes de mœurs locales que le vif regard du maître saisissait au passage dans les rues de ces villes du Maroc où il ne lui était point permis de s'arrêter, poursuivi comme il l'était par la curiosité importune et même hostile des indigènes. Nous avons eu déjà l'occasion de faire remarquer que les obstacles a\ aient ete un puissant aiguillon pour l'activité du maître.
N° 491 : Soldat de la garde de l'empereur du Maroc
Aquarelle. — H. o"'r6, L. o'"25. — Signé. — Gravé à Peauforte par F. 'Villot, 1845 : H. o™i63, L. o"'23o. — Vente Villot, i865 : go fr. — Voir à 1848 variante. — Cat. A. Moreau, p. loi.
n Nous avons eu un passage de rivière, bien entendu sans ponts et sans bateaux, qui peut être comparé au passage du Rhin pour la quantité de coups de fusil qui nous accueillaient. Mais tout cela n'était rien au prix de notre réception dans la capitale. On nous a d'abord fait prendre le plus long pour nous faire juger de son importance.» (Mequinez, i832.)
N" 492 : Soldats endormis dans un corps de garde
Aquarelle. — H. o^iS, L.o™3o ou o"^35. — Salon de i833. • — Cat. A. Moreau, p. 174.
Eugène Delacroix a traité plusieurs fois ce motif. On verra plus loin (n" 507) une autre aquarelle faisant partie de l'album de M. de Mornay. Voir aussi, a l'année 1841, le tableau appartenant à M. le duc d'Aumale.
Dans les extraits des souvenirs manuscrits de M. de Planet, publiés par Th. Silvestre, nous relevons les observations suivantes de Delacroix sur les Maures : 0 Ils ont les lèvres déformées, la bouche grande, le nez avec un méplat incliné au bout du cartilage, les yeux grands et beaux, le nez aquilin et ordinairement bien fait. Les femmes ont de l'or partout ; cercles, bagues, bracelets, gros pendants d'oreilles en forme de croissant, etc. » (Voir les impressions de Eugène Delacroix au Maroc, dans VHistoire des Artistes vivants, rééditée depuis, sous le titre Les Artistes français, par Th. Silvestre, ouvrage auquel nous avons fait déjà plusieurs emprunts, en nous proposant de retourner à cette source précieuse.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°493 : Kaid Mohammed-ben-Abou
Eau-forte. — H. o™i lo, L. o"M7o. — Signé en haut, à droite, «Eug. Delacroix, i833.» — Vente posthume (premier état) 17 fr.; vente Burty, 1874 (premier état): 2 5 fr.; vente Villot, décembre 1875 (deuxième état) : 3 fr. 5o. — Cat. A. Moreau, p. 2 i.
Premier état. Sans aucune lettre ni trait carré. ^JiL Deuxième état. En haut, à droite, « les Artistes contemporains », ^5^ en bas « Chef Maure à Mekinez, par Eug. Delacroix. »
Le Kaïd est accroupi sur des tapis, son café est posé à terre, près de lui, sur une tablette. Aux murs sont accrochées une petite armoire entr'ouverte et des armes. 0 Le modèle avait ordinairement une rare intelligence de mes moindres intentions; mon croquis fait, il le prenait, le tournait et le retournait en tous sens avec la curiosité du singe qui cherche à lire un papier, et le remettait en place, riant de pitié pour moi. »