I-'ŒUVRK DE DELAC:R0IX
po, ^'2K 522, ^2j : Frises et bandeaux
H. 2"6o, L. I i'"oo. — Cat. A. Moreau, pp. 211, 212.
«Au-dessus des archivoltes qui surmontent les bases réelles ou simulées pratiquées autour de la salle, s'étendent, sur chacun des quatre côtés, de grandes frises non interrompues. Eugène Delacroix y a développé une suite de décorations correspondant h celles du plafond, c'est-àdire des scènes relatives à la Justice, à l'Agriculture, aux Arts et h la Guerre. Les personnages y ont de moindres dimensions que les figures principales du plafond; ils so.nt peints dans une gamme assez mate qui fait songer aux plus belles tentures des Gobelins. Enfin, des bandeaux étroits, qui relient les frises à la corniche du plafond, portent, mêlées à des guirlandes de fleurs, des inscriptions latines choisies avec ce goût littéraire si pur et si classique qui distinguait Delacroix.» — Nous empruntons nos descriptions au livre déjà cité de M. Robaut. i'5« Sur la frise qui accompagne la Justice, se déroulent les sujets suivants : d'un côté, la Vérité et la Prudence assistent un vieillard occupé à écrire les lois; la Méditation s'applique à interpréter les textes : les peuples se reposent sous l'égide des principes protecteurs. De l'autre côté, trois vieillards siègent sur un tribunal; prés d'eux, la Force debout, figurée sous les traits d'une jeune femme presque nue, appuyée sur la massue, ayant à ses pieds un lion frémissant, semble prête à faire respecter leurs décisions.
Plus loin, un Génie vengeur exécute leurs ordres et va saisir dans leurs repaires les larrons et les sacrilèges, qui dérobent des trésors et cherchent à dissimuler les fruits de leurs rapines. Sur le bandeau on lit, au milieu : justitia; à gauche : leges incidere ligno (graver les lois sur la table' ; à droite : cui.pam p.ena premit comes (le châtiment suit de près la faute)».
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2" « Sur la frise correspondant à V Agriculture sont figure'es : d'un côté, la Vendange, par des faunes et des suivants de Bacchus qui célèbrent la fêle de l'Automne; de l'autre, la Moisson, sous les traits d'un robuste paysan qui se désaltère au vase écumant que lui présentent des femmes et des enfants. Une moissonneuse lassée s'est endormie sur des gerbes ; plus loin, h l'ombre, un Sylvain couronné de lierre s'exerce sur la flûte champêtre, un autre, sur le chalumeau ; ailleurs, un jeune garçon caresse une chèvre que retient un enfant. Sur le bandeau, en légende, au milieu : agricultura; à gauche : plenis spumat vindemia labris (la Vendange écume à pleines cuves); à droite : pacis alumna ceres (la Paix nourrit Cérès). «
Reprenons ici, avec Th. Silvestre, la question du dessin de Delacroix : <• Ilfaudrait remuer aujourd'hui, pour vider la question entre Ingres et Delacroix, les raisons jadis invoquées par les derniers imitateurs de Raphaël contre le Caravage et Ribéra, par les élèves du Poussin contre Rubens, par les fanatiques de David contre Prudhon et Gericault. Il est bien plus simple de s'en rapporter au bon sens et de reconnaître tout de suite que la Nature, ce maître à tous, dessine et colore h la fois avec une indivisible puissance. Oui, les meilleurs dessinateurs sont les plus grands coloristes, de même que les plus grands coloristes sont les meilleurs dessinateurs. Un professeur de pensionnat est capable de dessiner avec justesse la forme du premier objet venu et de copier la plus vaste des compositions; mais, pour cela, lui faut-il autre chose que la patience, la justesse de l'oeil, et, à défaut de cette justesse, une loupe, un compas, un pantographe? On prend pour un beau dessin une image proprement achevée jusqu'au moindre détail avec un crayon finement taillé; ce n'est la qu'une patiente chinoiserie, faite comme ii la pointe d'une épingle. Regardez ces beaux croquis de Rubens, écrits à grands traits, spontanément, rapidement, comme des paraphes, sous l'empire d'une forte impression : quelle vie, quel feu, quelle tournure! »
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3° 0 Sur la frise correspondant à Vlndustrie se de'roulent des actions variées ayant trait à l'industrie et au commerce : à gauche, des nègres échangent contre des denrées européennes les dattes, l'ivoire, la poudre d'or ; des nymphes de l'Océan, des dieux marins chargés de perles et de coraux, président à l'embarquement de navigateurs figurés par des enfants qui couronnent de fleurs la proue d'un navire. A droite, des métiers à tisser la soie, des fileuses, des femmes et des enfants apportent des cocons dans des corbeilles, et d'autres personnages sont occupés à les recueillir sur les branches mêmes du mûrier. Sur le bandeau, en légendes, au milieu : industria; à gauche : indi dona mauis (dons de la mer des Indes) ; à droite : Fuso STAMiNA TORTA LEvi (tils tordus par le fuseau léger). »
« Ah! Raphaël, Raphaël, quel grand dessinateur!» écrit encore Silvestre, « disent depuis plusieurs centaines d'années ceux-là surtout qui, ne voyant Raphaël que dans les détails, ne le comprennent pas. Faut-il donc s'étonner que maint critique routinier s'écrie : Delacroix ne sait pas dessiner! Dites qu'il ne dessine pas comme les autres et qu'il ne veut pas suivre de recette; mais nul n'a plus étudié, comparé, réfléchi. Il me faudrait une année pour dresser un inventaire raisonné de ses dessins, sans compter les feuilles volantes qu'il a, dans sa jeunesse, éparpillées par le monde. Je connais de lui des essais d'une obstination presque puérile et qu'il faisait uniquement pour réussir ou pour se prouver à lui-même qu'il était capable de réussir dans les travaux les plus ingrats. S'il lui arrive de commettre des fautes, et, si l'on veut, des énormités, il ne faut les attribuer nia l'ignorance ni au manque de réflexion : tout est en lui combinaison, parti pris et logique; il lui est sans doute difficile, avec sa nature fiévreuse, de ne pas marquer tous ses ouvrages d'un cachet d'emportement; mais soyez sûr que sa tête reste froide, lucide. Il est souvent très savant dans son art et, ce qui vaut mieux encore, doué de ce génie divinatoire qui trouve les choses du premier coup. »
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4" «Sur la frise correspondant à la Guerre on voit, d'une part, la fabrication des armes, à proximité d'arsenaux qui regorgent de glaives, de catapultes, etc., des forgerons gonflent leurs soufflets, attisent le foyer, aiguisent des épées, et martellent sur l'enclume des casques et des cuirasses. D'autre part, sont représente's les malheurs de la Guerre : des femmes emmenées en esclavage lancent au ciel des regards désespérés, leurs bras s'affaissent sous les liens.
Surle bandeau, en légendes, au milieu : bei.lum; à gauche : invisa m.\tribus ar.ma (les armes odieuses aux mères); à droite : gladios incude parante (l'enclume préparant les glaives).»
N°^ ^24, ^2^, 526, 527, ^28, ,'29, ^'50, 531 : Pilastres
H. 3 mètres, L. variant de o'"97 à i"'io. — Cat. A. Moreau, p. 212.
« Les piliers qui séparent les haies et qui soutiennent les archivoltes sont taillés en forme de pilastres. Pour en couvrir la surface haute et droite de peintures décoratives, Eugène Delacroix se trouvait en face du problème que Jean Goujon a si bien résolu dans ses adorables bas-reliefs d'angle de la Fontaine des Innocents. Il a pris un parti semblable et rempli les espaces étroits, dont il disposait, par des figures dont les mouvements accentués et en même temps les formes onduleuses donnent l'idée de vivantes arabesques. D'ailleurs il convenait à cet esprit fln et vigoureux, du moment où il avait h représenter sous des aspects nécessairement variés et dans des dimensions colossales, huit figures de fleuves et de mers, d'établir entre ces personnages allégoriques et les réalités géographiques auxquelles ils ré-
pondent, de profondes et délicates analogies. Il devait, par une ingénieuse association de formes et d'idées, nous rappeler les sinuosités des rivages, ciirva littora, leurs enfoncements et leurs brusques saillies, la puissance mobile et le parcours capricieux de ces masses et de^ ces cours d'eau qui répandent le mouvement dans le paysage comme la vie dans la nature. Les figures dites des fleuves sont peintes en grisaille; ce sont, d'ans l'ordre que nous avons adopté pour la description iiu plafond et des frises, d'abord les deux mers qui baignent les côtes de la France: oceanus irOcéani et mediterraneu.m .mare (la Méditerranéel, caractérisée par le type africain. Puis le.s six fleuves qui fertilisent la France : garumna (la Garonne) ; araris (la Saône); ligeris (la Loire); rhenus (le Rhin); sequana (la Seine); rhodanus (le Rhône'".
N°' ^p, ^jj, )j4, )j^ : Premières pensées du plafond
Dessins à la plume. — Inquarto. A M. Etienne Arago.
Rien n'est plus intéressant que de comparer ces premières idées aux sujets définitivement choisis et réalisés par l'artiste. On peut suivre les mouvements de sa pensée et, pour ainsi dire, surprendre les secrets de son génie.
Sa conception première n'est que l'expression matérielle du sujet.
Ainsi,laji(i//ce venge une victime en poignardant l'assassin ; la Guerre est symbolisée par un appel aux armes. De ce point de départ violent et presque vulgaire, l'intelligence du maître s'est élevée jusqu'aux visions les plus nobles et les plus sereines de l'art décoratif.
N°® ^^6, 5^7, ^^8, 5)9 : Premières pensées de la frise
A. Robautjdans les dimensions de : H. o"'2o5, L. o"'31io, pour le journal VArt, 187S.
Malgré l'extrême réduction de nos croquis, on pourra cependant comparer ces premières pensées aux compositions définitives reproduites plus haut. Pour la frise comme pour le plafond, le maître a substitué à des épisodes violents, à des mouvements tourmentés, des scènes tranquilles, des attitudes calmes, s'harmonisant mieux avec les lignes de l'architecture.
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N" ^40 : Croquis de chevaux
Dessin à la plume. — In-folio. — Garde-main avec morceau du bandeau sous corniche du « Salon du Roi ». — Publié en phototypographie par la Vie moderne, du 26 juin 1880 : H. o™i32, L. o"M40. — Non catalogué par M. Moreau.
Six tètes ou corps de chevaux reproduits en une feuille de croquis à la plume. En haut de la planche, on lit dans un cartouche, sur un commencement de frise du Salon du roi à la Chambre des Députés, l'esquisse des mi^ts a Matribus detestata ».
N"^ ^41, 542 : Deux études pour la frise
1° Dessin à la mine de plomb. — In-octavo. — Projet pour le rectangle de la Justice.
2° Dessina la plume. — In-octavo. — Allégorie de la / Force dans la frise de la Justice. — Gravé sur bois en fac-similé par Sotain, pour la Ga:{ette des Beaiix- •'^j Arts, tome XIX, i865. — Appartient à M. Burty. ^ «Il importe aussi, pour apprécier sainement la décoration de la Salle des Fleuves, de ne pas perdre de vue que nous sommes en présence de personnages héroïques surhumains. Nous ne devons point, par conséquent, leur demander les attitudes précises et les mouvements exacts que fournit le modèle à l'atelier. Notre imagination doit suppléer également à certaines bizarreries provenant de l'étroitesse du cadre dans lequel est emprisonnée l'immense allégorie. A tous ces titres, Delacroix a complètement et magistralement rempli le programme qu'il s'était imposé; aussi, quand on considère les dispositions particulières de la salle et les difficultés à vaincre, ceux qui connaissent l'œuvre entier de l'artiste estiment que, parmi tant de compositions grandioses, il n'en est pas qui donnent mieux que celles-ci une idée de l'étonnante souplesse et de l'incomparable puissance de son génie ».
Année 1884
N" <,4j ; Eftet de neige à Champrosay
Toile. — H. o™2i, L. o'"33. — N° 216 de la Vente posthume: 260 fr. à M. Filhs. — Appartenait, en 1877, à M. Choquet. — Non catalogué par M. Moreau.
« Champrosay, » écrit Delacroix, vingt ans plus tard, « est un village d'opéra comique; on n'y voit que des élégantes ou des paysans qui ont l'air d'avoir fait leur toilette dans la coulisse; la nature elle-même y semble fardée; je suis offusqué de tous ces jardinets et de ces pentes
maisons arrangées par des Parisiens. Aussi, quand je m'y trouve, je me sens plus attiré par
mon atelier que par les distractions du lieu. »
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N" ^4 : Vue prise à Champrosay
Carton. — H. o"Uj, L. o™26. — N° 219 de la Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
Effet général vert bleu; à mi-côte, en haut, à droite, un château devant le rideau d'arbres. Delacroix n'aimait que de cette sorte ce pays de Champrosay où cependant il allait a faire ses vendanges, car, — dît-il à madame de Forget, — j'ai du raisin». Mais si le pays ne lui plaisait guère, il n'en était pas de même de l'habitation. « Quand j'aurai 5o,ooo francs de trop, disait-il h M. Schwiter, j'achèterai un palais; il sera comme ma petite campagne de Champrosay, où je ne trouve pas le temps de mettre les pieds, et qui est remplie d'agréments. »
N"'' 545, 546, ^7 : Peintures décoratives à Valmont
Léda, Anacréon, Bacchus. — Trois essais de fresques. — A M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.
Ces fresques occupent des dessus de porte dans le corridor du premier étage de la propriété de Valmont. Elles furent peintes en 1S34, comme en témoigne le passage suivant de la lettre du 2 3 septembre adressée à M. F. Villot : « A propos, je dis que je n'ai rien fait, je me trompe. J'ai fait peut-être plus que je ne pense, car j'ai essayé de la fresque. Le cousin m'a fait préparer un petit morceau de mur avec les couleurs convenables, et j'ai fait en quelques heures un petit sujet dans ce genre assez nouveau pour moi, mais dont je crois que je pourrais tirer parti si l'occasion s'en présentait. Cela est plus commode que la détrempe. La difficulté consiste surtout à terminer et à arrondir convenablement les formes; mais je crois que le changement qui s'opère dans les tons n'est pas aussi considérable que dans la détrempe. Au reste^ c'est fort long à sécher, et, depuis 4 ou 5 jours que c'est fait, |e ne suis pas encore certain que les tons aient recouvré leur éclat. J'avoue que je serais singulièrement ragaillardi par un essai dans ce genre si je pouvais le faire sérieusement et en grand. Je crois le procédé beaucoup plus simple qu'on ne le fait. » — Nous reproduisons ici la Léda.
N"'' ^48, ^49, 550 : Croquis pour les fresques de Valmont
1° Croquis mine de plomb. — In-quarto ,vT, jTr T en hauteur. — Non p^/^^Ç0 catalogué par M. Moreau.
2° Croquis mine de plomb. — In-quarto en largeur. — Non catalogué par M. Moreau.
3" Croquis mine de plomb. — In-quarto en largeur. — Non catalogué par M. Moreau.
Nous n'avons reproduit qu'une des trois fresques qui décorent la vieille demeure de Valmont. Les deux premiers croquis que nous donnons ici rappellent suffisamment le sentiment des autres compositions. Quant au troisième, c'est la première pensée du premier.
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N" 5 5 1 ; Une rue à Mequinez
Toile. — Sans aucun détail. — Salon de 1834. — Cat. A. Moreau, p. 174.
N° ^ ) 2 : Portrait de Léon Riesener
Toile.
H. o"'52, L. o'"42. — Cat. A. Moreau, p. 235.
Il est représenté de face en buste, vêtu d'un habit bleu à boutons de métal. M. Philippe Burty a donné, en tète du premier volume de on édition des lettres de Eugène Delacroix, des Notes de Riesener sur le maître. En remerciant les personnes qui ont prêté leur concours 1 cette publication, M. Burty ajoute : a Pardessus tout, le concours de 1 éon Riesener, qui quitta brusquement la vie, presque au moment où 1 achevais ces lignes, m'a été utile. Nous avons souvent agité ensemble le projet d'une notice biographique que pour ma part je jugeais inutile, étant peu porté par mes habitudes de critique à me substituer à ceux qui peuvent prendre eux-mêmes la parole, et la série de ces lettres composant une réelle autobiographie, sincère et animée. Aujourd'hui, le bon et spirituel Léon Riesener n'est plus là pour m'encourager et me rectifier; j'ai jeté mon manuscrit au feu. Je crois ne pouvoir faire mieux que de transcrire ces curieuses notes que, dans sa modestie, le parent et l'ami d'Eugène Delacroix ne m'avait remises que comme matériaux. » Ce portrait fut exposé dans l'hôtel de Riesener, à la vente après décès de cet ami du maître.
N° 555 : Portrait de M. Bellinger
Toile. — H. o^âo, L. o'"5o. — Signé en clair .sur le fond. — Non daté. — Non catalogué par M. Moreau.
La redingote est grise. M. Bellinger, élève de la pension Goubaux, avait obtenu le deuxième prix de mathématiques spéciales au concours général. Nous avons déjà cité, au sujet du « père Goubaux », un passage des Souvenirs littéraires de M. Maxime du Camp. Celui-ci dit encore : « Il était sans doute absorbé par ses travaux littéraires, car on le voyait peu à la pension, du moins dans les classes élémentaires que je suivais; en revanclie, nous étions en rapport avec madame Goubaux, petite femme sèche, brune, alerte, qui passait souvent dans nos salles d'études et nous vitupérait lorsque nos blouses étaient déchirées, nos cheveux ébouriffés et nos mains tachées d'encre... Si mes souvenirs sont exacts, c'est en i83o que la pension Saint-N'ictor quitta la rue Chanteraine, abandonnant ses terrains à des néothermes qui ont disparu à leur tour pour faire place aux ateliers du tapissier décorateur de la ville de Paris. On nous transporta rue Blanche, dans une maison nouvelle dont le jardin s'étendait jusqu'à la rue de Clichy. Cette maison existe encore; elle a été un lieu de plaisirs publics. Aujourd'hui, elle abrite une sorte de théâtre. Quant h la pension Saint-Victor, elle a eu de glorieuses destinées, car de transformation en transformation elle est devenue ce grand collège Chaptal qui s'élève au point d'intersection de la rue de Rome et du boulevard des BatignoUes; l'œuvre de mon ancien maître, du a père Goubaux », a prospéré : ce qui tendrait h prouver que l'on peut être à la fois auteur dramatique et bon pédagogue. » (Maxime du Camp, Souve>:irs littéraires. Tome I.)
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N" ^ ^ : Mademoiselle de la Boutraye
Toile ovale. — H. o"'y3, L. o"'59. — Appartient à madame Millaud du Tillet, fille de M. le comte du Tillet. — Cat. A. Moreau, p. 233.
Elle est coiffée en cheveux avec le haut chignon formant coques sur le sommet de la tête et les boucles de côté encadrant l'ovale du visage. Elle est vêtue d'une robe blanche sur le corsage de laquelle descend une chaîne en fer de Berlin se rattachant à la haute ceinture de soie. M. Moreau, qui cite ce portrait, commet quelques erreurs. Mademoiselle de la Boutraye et non Boutrai, devenue comtesse Raymond du Tillet, a été peinte en 1834, et non en 1829. Nous allons citer, h propos du portrait en pied de Rabelais, l'opinion très juste de M. Lassalle-Bordes sur l'habileté de Delacroix h faire revivre sur la toile les traits et le caractère d'un personnage historique d qui ne posait pas devant lui. » M. Lassalle-Bordes, qui travailla longtemps auprès du maître, prétend que celui-ci éprouvait Il une grande torture à faire des portraits. » — Ce portrait parut, en 1878, à l'exposition des portraits historiques. (Catalogue Henry Jouin, n" 855.)
N°^ 5^5, ^56 : Portraits de madame et de M. Simon
" Toile. — H. o'"58, L. o'"48. — '|fo©^ Appartient à M. Choquet. — Voir un -i^l.^M autre portrait à l'année 1829. — Non
catalogué par M. Moreau.
2° Sepia — H. o'"i65, L. o'"i3o. — Non catalogue par M. Moreau.
/j^ Uj Le portraiten pied de madame Simon est une mer- ^^ Aeille de couleur et de lumière. Le coup de soleil sur le païquet est une note de peintre éblouissante, qui dcmontrt uni. fois de plus la variété infinie du talent de l'admirable artiste qui pou\ait s'arrêter à ces phénomènes purement pittoresques, au moment où il exécutait les grandes compositions décoratives du Salon du Roi. — Dans la sépia, M. Simon, omme nous l'avons dit ( voir n" 204), maître de ballet à l'Opéra, est représenté en costume de capitaine Bracassio, chef de forbans, dans le n Diable amoureux. «
N° ^ ^ 7 : Bouquet de fleurs dans un vase de grès
Toile, — H. o"'72, L. o"'92. • — Non signé ni daté. — Vente George Sand, 23 avril 1864 : 2,070 fr.; vente E. Carlin, 29 avril 1872 : 13,650 fr. — Cat. A. Moreau, p. 282.
<i Au lieu de simplifier en les généralisant les colorations locales. Delacroix multipliait les tons a l'infini et les opposait l'un h l'autre pour donner à chacun d'eux une double intensité. L'effet pittoresque résulte donc, chez Delacroix, des complications contrastées, u
N" ^)8 : Portrait en pied de Rabelais
Toile. — Grandeur nature. — Pour la bibliothèque de Chinon. — Gravé à Teau-forte par Célestin Nanteuil, pour la publication : le Musée, dans les dimensions de : H. o"M43, L. o"'o94. — Salon de
Ce portrait qui est tout à fait remarquable, même en tant que portrait, semble avoir e'té bien ignoré au moment où il aurait dû être rappelé, en 1882, lors de l'inauguration du monument de Chinon. Les curieux trouveront sur cette peinture un article très intéressant de Alexandre Decamps, dans le Musée, revue du Salon de 1834, page bj. Il est vraisemblable, dit M. Philippe Burty, que ce portrait ne fut pas jugé digne d'orner les galeries de Versailles. C'est pourquoi il fut donné à la bibliothèque publique de Chinon. M. Lassalle-Bordes le cite, à juste titre, comme un exemple de la supériorité de Delacroix quand il avait h reproduire les traits et le caractère d'un personnage historique qui ne posait pas devant lui.
Ensevelissement du Christ
Toile. — H. o'"325, L. o"'240. — A madame Boulanger-Cavé, à \'ersailles. — Non catalogué par M. Moreau.
Ce tableau a été préparé à l'aquarelle sur papier et retouché à l'huile. Sans le savoir probablement, Delacroix revenait ainsi au procédé usité par les peintres du xv siècle, qui n'adoptèrent pas immédiatement la pratique franche de la peinture à l'huile et procédèrent pendant longtemps encore par des glacis à l'huile sur une préparation de peinture à l'eau. Il n'est pas chimérique d'attribuer à cette méthode la parfaite conservation des peintures anciennes. Les vieux maîtres étaient extrêmement méticuleux en ce qui concerne la technique delà peinture; leurs scrupules au sujet des véhicules des matières colorantes étaient infinis. Leurs couleurs ne s'étant pas écaillées ni crevassées, cela prouve incontestablement qu'ils surchargeaient leur peinture aussi peu que possible. (Th. Silvestre.)
N° ^60 : Tigre au repos près de son antre
Toile. — H. o'"26o, L. o"'335. — A madame Boulanger- Cavé, à Versailles. — Non catalogué par M. Moreau.
Ceci est encore une mise en œuvre de quelque étude faite au Maroc. Aux enthousiasmes du maître pour le pays et la race, il est curieux d'opposer ce qu'en dit, dans ses Souvenirs littéraires, M. Maxime du Camp, parfois grand admirateur de Eugène Delacroix. « Je sortis de la provmce d'Oran et j'entrai au Maroc ; laid pays, lourde race, sans élégance, sans grandeur, sans goût. Des peintres, curieux de couleur et de contrastes, en ont reproduit quelques aspects et croient y avoir trouvé l'Orient; singulier Orient, que les véritables Orientaux appellent 0 le moghreb » le couchant. «
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 01 : Le prisonnier de Chillon
Toile. — H. o'"j3, L. o'"92. — Daté et signé à droite. — Salon de i835 et Exposition universeUe de
i855. ^ Lithographie par M. Alophe dans les dimensions de : H.o"M5i, L. o™225, et par Mouilleron dans les dimensions de : H. o'^igo, L. o"'245. — Vente de la duchesse d'Orléans, 18 janvier i853 : 4,700 fr. à M. A. Moreau. — ■ Cat. A. Moreau, pp. 82, i33, 175, 246. Ce tableau fut peint pour le duc d'Orléans. Il appartient aujourd'hui à madame veuve Adolphe Moreau. « Le temps a doré Je sa plus belle patine le Prisonnier de Chillon. Lié à une colonne par une chaîne rivée à une ceinture de fer. le malheureux voit mourir son jeune frère, attaché un peu plus loin, sans pouvoir rompre ses entraves ; le mouvement avec lequel il s'élance vers l'agonisant est d'une violence superbe; les fonds humides et froids font deviner de vagues arcades sous leur glacis bleuâtre et donnent une grande valeur à la figure principale, effleurée par un rayon tombant d'un soupirail. » (Théophile Gautier, Les beaii.v-jrts en Europe.) a La chaîne de fer est tellementtendue qu'onla dirait elle-même animée, près de se rompre. « (Th.Silvestre.l
N" 02 : Rencontre de cavaliers maures
Eau-forte (trait carréi. — H. o"'i84, L. o'"25i. — Voir à i833 le tableau refusé au Salon de 1834. — Vente posthume, trois épreuves: 79 fr. ; vente Villot, décembre 1875 : 59 fr. à M. GoupiL — Cat. A. Moreau, p. 21. —
Cette eau-forte a été publiée en report lithographique dans le Musée, revue du Salon de 1834, par Alexandre Decamps, Paris 1834, in-4"', avec cette lettre : En haut au milieu: « Le Musée »; à gauche: 0 Peint par Eugène Delacroix;» à droite: «Transport et lith. Delaunois»; au milieu : « Rencontre de cavaliers maures (tableau refusé au Salon.) » lia été fait aussi un cliché phototypographique dans les dimensions de H. o'^igi, L. o'"254, pour l'Art, livraison du 7 mai 1882. '
N° )àj : Rencontre de cavaliers maures
Dessin à la plume. — H. o'"i67, L. o"233. — Appartient à ^L Choquet. — Cliché phototypographique dans les dimçnsions de : H. o"'i70, L. o"'240 pour l'Art, livraison du 7 mai 1882. — Non catalogué par M. Moreau.
Sans changements importants avec l'eau-forte qui précède et dont l'exécution est plus serrée. En faisant ce dessin, son tableau sous les yeux, le maître se façonnait la main à la direction des malheureuses hachures, inévitables sur une planche de métal. Il faut dire aussi, à propos des eaux-fortes de Delacroix, dont le procédé peut sembler inférieur à côté des publications récentes, qu'on n'avait pas alors, ou plutôt on semblait avoir délaissé les « ficelles » pour teinter les valeurs graduellement et avec ce velouté qui rend si bien le gras de la peinture. — Delacroix a supprimé les cavaliers du fond, qui sont dans le tableau de 1 833 (voir n'' 469^
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N" (64 : Soldat m:iure
Aquarelle. — Signé, non daté. — Vente Villot, 1 i février i865 : 3o5 fr. — Cat. A. Moreaii. p. 291.
N"- 56^, ^'66 : Officiers turcs
1" Aquarelle. — H. o'"266, L. o"'i85.
— Signé au bas, à droite. — Appartient à M. G. Revenaz. — Non catalogué par 2" Aquarelle. — H. o'"i63, L. o'"24o.
— Signé au bas, à droite. — Appartient à M. G. Revenaz. — Non catalogué par M. Moreau.
montre 1 olhi.ier turc aidant son cheval à sortir d'un marais; le cht\ il csl bai brun pommelé; au fond, on aperçoit dans le lointain de n3mbri.u\ c^\ iliers qui passent un gué. — Dans le n" 1, l'officier est monté sur un cheval alezan qui avance au pas relevé.
« Rien n'est plus impertinent ni plus bête que de parler à un grand artiste, érudit et penseur comme Delacroix, des obligations qu'il peut avoir au dieu du hasard. Cela fait tout simplement hausser les épaules de pitié. Il n'y a pas de hasard dans l'art, non plus qu'en mécanique. Une chose heureusement trouvée est la simple conséquence d'un bon raisonnement, dont on a quelquefois sauté les déductions intermédiaires, comme une faute est la conséquence d'un faux principe. Un tableau est une machine dont tous ks systèmes sont intelligibles pour un œil exercé, où tout a sa raison d'être, si le tableau est bon; où un ton est toujours destiné à en faire valoir un autre; où une faute occasionnelle de dessin est quelquefois nécessaire pour ne pas sacrifier quelque chose de plus important. »
N°^ 07, 08 : L'ermite de Copmanhurst et le chevalier
1'^ Composition gravée à Taquatinte par 7 Prévost. — H. o"'420, L. o"'402. — Litho4raphiée par Menut - Alophe, pour 1 Artiste (1834) : H. 0^140, L. o"'i73. — Cat A. Moreau, pp. 86 et i i i.
Piemier état de la lithographie. En haut, au milieu : « l'Artiste »; en bas, à gauche ; « Eugi.ne Delacroix »; à droite : <i Lith. de Frey »; Ermite de C'ipmanhurst (Ivanhoe) », et sur la phneht a la plume « Alophe, d'après Delacroix. » Deuxicme état. En haut, au milieu : «Galerie delà Galette des Femmes »; en bas, même lettre, sauf h droite : « Imprimerie d'Auhert » au lieu de : « Lith. de Frey. " 2° L'épreuve gravée que reproduit notre second cliché n'a pas été cataloguée par M. Moreau. Il est possible qu'elle ait été prise sur la grande planche au moyen de « caches. »
LŒUVRE DE DELACROIX
N" ^69 ; Le jeune Clifford trouvant le corps de son père sur le champ de bataille de Saint-Alban
Lithographie. — H. o^iSS, L. o™222. — Composition analogue à celle de la Mort de Lara. — Vente Sensier .deuxième état) en lots : 3 fr. ; (troisième état) en lots : 2 fr. — Cat. A. Moreau, p. 49.
Premier état. Sans aucune lettre. — Nous tenons de M. Villot qu'il n'en a été tiré qu'une seule épreuve, la pierre ayant été cassée au tirage. Les épreuves des autres états ont été tirées sur une seconde pierre recommencée par Delacroix. Deuxième état. En haut: «L'Artiste »; en bas, à droite: « Lith. de Lemercier. Shakespeare, Henri V!»; à gauche: « Eugène Delacroix»; au milieu le titre. Troisième état. Le nom de Lemercier n'est pas visible sur les épreuves de cet état. Publié dans l'Artiste, tome VIIL année 1834.
« Pour Delacroix, la nature est un vaste dictionnaire dont il roule et consulte les feuillets avec un œil sûr et profond ; et cette peinture, qui procède surtout du souvenir, parle surtout au souvenir. L'effet produit sur l'àme du spectateur est analogue aux moyens de l'artiste. Sacrifiant sans cesse le détail à l'ensemble, et craignant d'affaiblir la vitalité de sa pensée par la fatigue d'une exécution plus nette et plus calligraphique, il jouit pleinement d'une originalité insaisissable, qui est l'intimité du sujet. » (Ch. Baudelaire.)
N" 570 : Hamlet et Tomhre
Croquis mine de plomb. • — H. o'"220, L. o"'iq5. — Fac-similé A. Robaut (n" 56) dans les dimensions de o"'220 sur o'^igS. — Vente posthume : i65 fr. à M. Alfred Sensier. — Voir la litho- ,., graphie n° 579. — Cat. A. Moreau, p. i36.
/y^ yfll^ ((L'ombre : Je suis l'esprit detonpère, condamné pour un certain temps à ÇifeiW-.^ ^ errer la nuit... Écoute, écoute, on ! écoute! Si tu as jamais aimé ton tendre père — Hamlet: O ciel ! — L'ombre: Venge-le d'un meurtre horrible et monstrueux. — H.\mlet : D'un meurtre '\.. Fais-le-moi vite connaître. »
N" ^71 : Hamlet et sa mère
Dessin aquarelle. — H. o™22, L. o'"i8. — Appartient à madame Pierret. — Non catalogué par M. Moreau.
Il ne faut pas confondre cette rencontre d'Hamlet et de sa mère, conim(: on le fait généralement, avec celle de la deuxième scène du drame. Delacroix nous montre ici la scène XI en présence de l'ombre invisible pour la reine, où celle-ci lui dit : « Pourquoi vos yeux sont-ils fixés dans le vide et échangezvous des paroles avec l'air impalpable ? Vos esprits regardent avec effarement .. que regardez-vous.' » et Hamlet répond: « Lui!... lui!... voyez comme sa . Ne vovez-vous rien ici? — Non, rien, si ce n'est nous-mêmes. »
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° ^72 : Insultes d'Hamlet à Ophelia
Croquis à la mine de plomb. — H. o'"24, L. o"Mg. — Fac-similé A. (Robaut n" 44), dans les dimensions de : H. 0^24, L. o™iq. — Vente posthume : i5 fr. à M. Albert de la Fizelière. — Voir la lithographie 11° .541 et le tableau à 1840. — Cat. A. Moreau, p. i36.
0 Si tu te maries, je te donnerai pour dot cette vérité empoisonnée: Sois aussi chaste que la glace, aussi pure que la neige, tu n'échapperas pas à la calomnie. Va-t'en dans un couvent. Adieu. Oui. si tu veux absolument te marier, épouse un imbécile; car les hommes sensés savent trop bien quels monstres vous faites d'eux. Au couvent, allons et vite! Adieu.» Et Ophelia répond: 0 Puissances célestes, guérissey-le ! Secourez-le, vous, cieux cléments! »
N° ^yj : Reproches d'Hamlet à sa mère
Croquis à la mine de plomb. — H. o'"24, L. o™r8. — Fac-similé A. Robaut (n'>45), dans les dimensions de : H. o"'24, L. o^iS. — Vente posthume: 20 fr. à M. Albert de la Fizelière. — Voir lithographie n° 546. — Cat. A. Moreau, p. i36.
« Cessez de vous tordre les mains ! Silence ! asseyez-vous, — que je vous torde le cœur! Oui, j'v parviendrai, — s'il n'est pas d'une étoffe impénétrable; — si l'habitude du crime ne l'a pas fait de bronze — et rendu inaccessible au sentiment. .) — La Reine : 0 Qu'ai-je fait pour que ta langue me flagelle de ce bruit si rude? « — Hamlet : » Regardez cette peinture-ci, et celle-là. » Baudelaire a cité quelque part des lignes de fienri Heine qui expliquent bien la méthode de Delacroix : « En tait d'art, je suis surnaturaliste. Je crois que l'artiste ne peut trouver dans la nature tous ses types, mais que les plus remarquables lui sont révélés dans son âme, comme la svmbolique innée d'idées innées, et au même instant. Un professeur d'esthétique a voulu remettre en honneur le vieux principe de l'imitation de la nature, et soutenir que l'artiste plastique devait trouver dans la nature tous ses types. Il a oublié l'architecture, n
N" ^'74 : Le crâne d'Yorick
Croquis crayon. — Cliché pour VArt, livraison du 3o septembre 1877. — H. o"'i65, L. o'"i8o avec ce titre : « Alas ! poor Yorick ». — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
N'' ^75 : Hamlet et Horatio
Sépia. — H. o"'2o, L. o"'i5. — Vente posthume, n" 104 bis, à M. Petit. — Appartenait à M. Monnerot. — Non catalogué par M. Moreau. C'est la même composition que celle du tableau catalogué sous le numéro suivant.
[.'ŒUVRE DE DELACROIX
N" ')'/()■. Hamlet et Horatio au cimetière
Horatio !
dos mille
Toile. — H. i'"oo, L. o'"8i. — Signé à gauche «Eug. Delacroix. " Daté i835. — Tableau refusé au Salon de i836. — Lithographie pour le journal V Artiste, en i836, dans les dimensions de o"'i87 sur o'"i4i. — Vente Edwards, 7 mars 1870: 21,000 fr. à M. Heine. — Cat. A. Moreau, pp. 1 12, 176 et 252.
Le jury a refusé ce tableau au Salon de i836. — Le fond est la reproduction du cimetière de Toulon, où Delacroix demeura en quarantaine en revenant d'Alger après son voyage au Maroc. Ce tableau* payé vingt et un mille francs à la vente Edwards, était sorti de l'atelier de Eugène Delacroix au prix de deux cents francs. — On connaît la fameuse scène du cimetière : « Hélas! pauvre Yorick!... Je l'ai connu,
c'était un garçon d'une verve infinie, d'une fantaisie exquise : il m'a porté sur son
fois. » (Voir plus loin,, n"* SyS, 592, 5q3, et à l'année iSSg.)