‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 44 sur 97 · HAMLET — SUITE DE SEIZE COMPOSITIONS · texte numérisé non relu

HAMLET — SUITE DE SEIZE COMPOSITIONS

Lithographies. — Vente Langlais, treize pièces sur chine ( première publication ) : 100 fr. — Vente De La Combe, treize pièces sur chine (première publication) : i5i fr. — Vente posthume, treize pièces en un cahier complet ( première publication et plusieurs cahiers incomplets) : 80 fr. — Vente Piron, treize pièces sur blanc (première publication] : 80 fr. — Vente Soleil, seize pièces sur blanc (dont les treize de la première publication) : 70 fr.; treize pièces dépareillées: 60 fr. — Vente Th. Gautier, 16 janvier 1873 : t25 fr. Tirage moderne, épreuves tachées d'eau. — Vente Villot, 10 décembre 1875 : 62 fr.

Les seize pierres, avec quatre épreuves de chaque pierre tirées chez Lemercier, ont été achetées par M.Paul Meurice, à la Vente posthume, au prix de 2,o5o fr. — M. Paul Meurice en a fait tirer deux cents exemplaires, puis, les pierres ont été sciées et encadrées.— • L'ouvrage eut donc deux éditions. La première parut seulement en 1843.

Sur la couverture on lit : « Hamlet ; treize sujets dessinés par Eug. Delacroix. A Paris, chez Gihaut frères, éditeurs, boulevard des Italiens, 5. Lith. de Villain, rue de Sèvres, 19. » Cette publication avait été faite pour le compte personnel de Delacroix. Le tirage ne comportait que quatre-vingts exemplaires dont soixante sur blanc et vingt sur chine, lesquels étaient épuisés au décès de l'auteur. Il en a été tiré à l'origine quelques épreuves sur chine dont le format dépasse le trait carré d'un à deux centimètres. Elles sont très recherchées quoiqu'elles portent la lettre. Il y a plusieurs états. Le premier, sans lettre aucune, a été tiré h très peu d'exemplaires sur chine et sur blanc. Le deuxième, avec lettre, tiré sur grand format porte : « Imprimerie Villain ». Le troisième , avec lettre, est sur papier blanc. Le quatrième a été tiré avec la lettre effacée ou cachée au moyen d'un papier mince dont on distingue l'empreinte; il est sur chine avec l'adresse de l'imprimerie Bertauts.

Deuxième édition, 1864. — Cat. A. Moreau, p. 61. Sur la couverture on lit : 0 Hamlet. Seize sujets dessinés et lithographies par Eug. Delacroix. Paris, Dusacq et C", Michel Lévy frères, Pagnerre. M.D.CCC.LXIV. » Les trois sujets ajoutés avaient été exécutés en même temps que les treize premiers; mais Delacroix, en 1843, n'avait pas voulu qu'il fussent publiés et s'était contenté d'en faire tirer quelques épreuves d'essai sans nom d'imprimeur et sans lettre. Bien que les treize planches de la publication originale continuent à porter dans le second tirage les mots : « Lith. de Villain », ce tirage a été exécuté chez M. Bertauts.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° ^77 : La reine s'eftbrce de consoler Hamlet

■iQf). — Cat. A. Mo-

Lithographie. — 1834. — H. o"'253 , reau, p. 61 .

Signé en bas, à droite, sur la planche: « Eug. Delacroix, 1834.» En légende : « Cher Hamlet, écarte cette sombre apparence et jette un regard ami vers le roi. — Hamlet, acie I, scène IL » — Hamlet est debout au milieu d'une salle de réception du château; sa mère, à ses côtés, lui jette un regard inquiet ; au fond, Polonius, Laertes, et des seigneurs de leur suite. — On connaît la situation dramatique. .■Vu début de la scène, le roi l'a exposée. « Quoique la mort de notre cher frère soit encore de fraîche date et qu'il pût paraître que nos cœurs fussent accablés sous le chagrin, avec une joie en quelque sorte déroutée, le bonheur dans un œil et la douleur dans l'autre, mêlant les réjouissances aux funérailles et les cantiques funèbres h l'hymne nuptial, nous avons pris pour femme celle qui fut autrefois notre sœur.» Hamlet persiste à porter le deuil de son père; sa mère lui dit : oTu sais que c'est la loi commune ; — tous ceux qui vivent doivent mourir, et passer de la nature à l'éternité, d

N° ^78 : Hamlet veut suivre l'ombre de son père

Lithographie. — i835. — H. o"'26o , L. o"'2o5. — Cat. A. Moreau, p. 62.

Signé en bas, à gauche, sur l'image : «Eug. Delacroix, i835.» En légende : K Mon destin me crie de le suivre. Lâchez-moi, messieurs, ou, par le ciel, je ferai un fantôme du premier qui m'arrêtera. — Hamlet, acte I, scène IV. 1) — Hamlet, sur la plate-forme du château, retenu par Marcellus et Horatio, veut s'élancer vers le fantôme qui retourne la tête en s'éloignant. — Marcellus et Horatio, en faction sur l'esplanade d'Elseneur. ont à plusieurs reprises aperçu l'ombre du feu roi et prévenu Hamlet. A minuit, le fantôme se montre en effet, et, par trois fois, fait signe h son fils de le suivre. Celui-ci obéit, malgré sa propre terreur et la résistance de ses amis. Quelle force, quelle impétuosité dans l'élan du jeune prince!

N° ^70 : Le fantôme sur une autre partie de la terrasse

Lithographie. — 1843. — H.o'"258, L.o"'i93. — Cat. A. Moreau, p. 62.

Signé en bas, à droite, sur l'image : <i Eug. Delacroix, 1843 ». En légende: « Je suis l'esprit de ton père. Venge-le d'un meurtre infâme et dénaturé. — Hamlet, acte I, scène V. » — Hamlet, l'êpée h la main, est debout sur le rempart, son manteau soulevé par le vent ; il jette un regard d'effroi sur l'ombre de son père qui s'avance vers lui. — C'est la terrible scène où Hamlet apprend comment son père a été empoisonné. L'ombre prélude à la révélation par quelques paroles dont Delacroix traduit le sens mot à mot : <i ... Je te ferais un récit dont le moindre mot déchirerait ton âme, glacerait ton jeune sang, ferait jaillir tes yeux de leurs orbites comme deux eurs sphères, détruirait l'harmonie de ta chevelure symétriquement rangée et tout droit chacun de tes cheveux comme les dards d'un porc-épic irrité. »

iS34

N" ,-8o : Polonius et Hamlet

prunier, et qu i

Lithographie. — Sans date. — H. o'"248, L. 0"'i82. — Cat. A. Moreau, p. 62.

En légende : «Que lisez-vous, monseigneur?... Des mots, des mots, des mots. — Hamlet. acte II, scène II. » — Hamlet, les yeux regardant dans le vide, tient à la main un livre ouvert; Polonius, debout à ses côtés, lui parle. Il vient de déclarer au roi que Hamlet est fou, fou d'amour pour sa fille Ophelia, qui lui a remis une lettre du prince. C'est alors qu'il aborde Hamlet. Celui-ci feint de ne pas le reconnaître et le berne. — « H.amlet. Le coquin de satirique dit ici que les vieillards ont des barbes grises, que leurs faces sont ridées, que de leurs yeux découlent l'ambre épais et la gomme du !s ont une riche pénurie d'esprit en même temps que de très faibles jarrets. »

N''^ 581, 582 : Hamlet et Ophelia

1" Lithographie. — Sans date. — H. o"'243, L. o"'i98. — Cat. A. Moreau, pp. 62, i 14.

Signé à gauche : « Eug. Delacroix. » — Non daté. — En légende : (( Nous sommes tous d'insignes vauriens, ne crois aucun de nous, entre (.n un monastère. — Hamlet, acte III, scène I. » — Hamlet, debout, fait un geste d'adieu à Ophelia, assise dans l'attitude du désespoir. — (Voir le tableau à l'année 1840.)

Le premier état sans lettre est une épreuve d'essai; le deuxième a la li-gendc et le nom de l'imprimeur. Cette planche n'a été publiée que dans la seconde édition (1864'.

2 M Paul iMeunce possède un croquis à la mine de plomb de cette même scène ; il n'y a

qu'une différence, c est que la composition est retournée.

N° ^8} : Hamlet fait jouer aux comédiens la scène de l'empoisonnement de son père

Lithographie. — i835. — H. o™248, L. o'"323. — Cat. A. Moreau, p. 63.

Signé à droite sur l'image : nEug. Delacroix, i835.» En légende: 0 C'est une intrigue scélérate, mais qu'importe ! Votre majesté et nous, avons la conscience libre; cela ne nous touche en rien... Vous voyez, il l'empoisonne dans le jardin pour s'emparer de son royaume; l'histoire est réelle, écrite en bel italien. — Hamlet, acte III, scène II. » — Au premier plan, Hamlet tenant un éventail à la main est étendu sur des coussins aux pieds d'Ophelia. Le roi et la reine sont assis ; derrière eux, debout, Rosencrantz et Polonius regardent la scène qui se joue sur le théâtre. A droite, se tient Horatio appuyé contre une colonne, il semble examiner le visage du roi. — La planche n'a fourni qu'un très petit nombre de bonnes épreuves, soutenues dans les demi-teintes.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 584 : Hamlet et Giiildenstern

Lithographie. — Sans date. — H. o"'252, L. o"'2o6. — Cat. A. Moreau, p. 63.

Sans signature ni date. — En légende : u Voudriez-vous jouer de cette flûte? — Monseigneur, je ne puis.... — Je vous en conjure. — Hamlet, acte III, scène II. » — Hamlet, ayant Rosencrantz à ses côtés, présente à Guildenstern une flûte que celui-ci repousse du geste. — Rosencrantz et Guildenstern ont été chargés par le roi de sonder Hamlet, de le faire parler, de découvrir si sa lolie est réelle ou seulement apparente, si elle est causée par son amour pour Ophelia ou si elle n'est qu'une feinte pour masquer de pires sentiments. Hamlet se moque d'eux et finit par s'emporter : c( Sang de Dieu! croyez-vous qu'il soit plus aisé de jouer de moi que d'une flûte? »

N° ^8^ : Hamlet tenté de tuer le roi

possède une pi

Lithographie. — 184?. — H. o'"263, L. o'"i8t. — Cat. A. Moreau, p. 63.

Signé à gauche sur l'image : « Eug. Delacroix, 1S43. » En légende: « A présent, je puis le tuer facilement... mais quoi! le surprendrai-je au milieu de ses prières, au moment où il purifie son âme? Non, non. — O conscience plus noire que la mort! âme engluée dans le crime! Je ne puis prier!... mes paroles s'adressent là-haut, mes pensées demeurent ici-bas. — Hamlet, acte III, scène III. » — Le roi est à genoux, les mains jointes, au pied d'une colonne, dans un appartement du château. Debout derrière lui, Hamlet, qui vient d'entrer, tire son épée du fourreau. — M. Paul Meurice inture du même sujet. CVoir à l'année 1843.)

N""* 586, 587 : Le meurtre de Polonius

H i" Lithographie. — Sans date. — H. 0^241, L. o"M92. — 'Vente Dubois, 1866 ( premier étati : 18 fr.; vente Villot, décembre 1875 (premier état) : 5 fr. à M. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 64.

Sans signature ni date. En légende : « Qu'est-donc? un rat? — Hamlet, a^te III, scène IV. » — Hamlet, l'épée à la main, se précipite vers le rideau derrière lequel est caché Polonius. Sa mère le retient par le bras. (Voir le tableau à l'année 1843.)

Le premier état est avant toute lettre et sans trait carré. Le deuxième état a la légende, mais n'a pas de nom d'imprimeur ni trait carré. Le troisième état porte la légende et le nom de l'imprimeur. Pour un véritable amateur, les nuances s'apprécient, sur la planche même, par des différences très sensibles et non par les marges, c est-a-dire que quand bien même on mettrait au carré et on rognerait cette planche en premier état, on la distinguerait toujours du deuxième état par les coups de grattoir très clairs au-dessus de la reine ; en outre, l'ombre portée sur le rideau n'a pas les taches claires qui sont signalées dans le deuxième état. 2" A la vente posthume, le dessin du même sujet fut adjugé pour 290 fr. à M. Vasselot.

N" 588 : Hamlet et k reine

Lithographie. — 181^4. — H. o'"26o, L. o"'i8o. — Vente posthume (premier état et deuxième) : 23 fr.; vente Soleil (premier état) : 2g fr. — Cat. A. Moreau, pp. 64, i36.

Signé en haut.h droite: « Eug. Delacroix, 1834. »En légende : « N'ajoute rien de plus, cher Hamlet. Ces mots pénètrent jusqu'à mon oreille comme autant de poignards ; rien de plus, cher Hamlet. — Hamlet, acte III, scène iV. » — Hamlet vient de quitter son siège ;il fixe des yeux hagards sur le portrait qu'il tient à la main. Sa mère, assise à ses côtés, fait un geste d'effroi et veut le retenir.

Le premier état présente sur les marges de gauche, en croquis, une femme, le sein nu; le deuxième n'a ni croquis ni lettre. Le troisième a la légende et le nom de l'imprimeur. — Dans le croquis préparatoire (voir le n» 67 1) la composition est en sens inverse, parce que Delacroix n'a pas retourné son dessin pour le lithographier. Il a d'ailleurs agi de cette manière pour presque toute la suite. En outre, le sujet n'est pas exactement le même.

N° 589 : Hamlet et le cadavre de Polonius

Lithographie. — 1845. — H. o"'255, L. o"'i77. — Partie du n" 407 de la vente posthume (quatre feuilles) : 102 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 64, 252.

Signé au bas, h droite, sur l'image : « Eug. Delacroix, iS35 ». En légende: (( Vraiment, ce conseiller est maintenant bien silencieux, bien discret, bien grave, lui qui dans sa vie était le drôle le plus bavard du monde. — Hamlet, acte III, scène IV. » — Hamlet soulève la draperie derrière laquelle s'était caché Polonius et considère son corps étendu par terre. — Voir le tableau à l'année 1845. ^On se rappelle que, pendant son entretien avec sa mère, Hamlet,, entendant une voix derrière la tapisserie,ct croyant

que c'est la voix du roi, frappe de son épée et tue Polonius par méprise : « Je t'ai pris pour

un plus grand que toi, » dit-il, hautain et méprisant.

N° ^90 : Le chant d'Ophelia

Lithographie. — 1834. — H. o'"259, L. o™2o8. — Vente Burty ( preniier état ) : 25 fr.; vente Villot, 1875 (premier état avec un autre) : 55 fr. — Cat. A. Moreau, p. 65.

Signé à gauche : « Eug. Delacroix, 1834. » En légende : « Son linceul blanc comme neige était parsemé de fleurs. — Hamlet, acte IV, scène V.» — Ophelia, devenue folle, chante devant la reine dans une salle du palais d'Elseneur. Elle est presque à genoux, tenant une écharpe à la main ; au fond, debout, derrière elle, la reine et Horatio. C'est le meurtre de son père par son amant qui a causé la tolie d'OpheHa. Le premier état est sans aucune lettre, c'est une épreuve d'essai.— Le

deuxième état avec la légende et le nom de l'imprimeur. Cette planche n'a été publiée que

dans la seconde édition que M. Paul Meurice fit faire en 1S64.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N°^ ^91, ^92 : Mort d'Ophelia

1° Lithographie. — 1843. — H. o"'i86, L. o™255, — Cat. A. Moreau, pp. 61, 25i, 252.

Signe a gauche, en bas : n Eug. Delacroix, 1843.. » En légende ; « Ses vêtements appesantis et trempés d'eau ont entraîné la pauvre malheureuse. — Hamlet, actelV, scèneVII.n — Ophelia vient de glisser dans les eaux du ruisseau. D'une main, elle se soutient encore à la branche d'un saule, tandis que de l'autre elle presse sur sa poitrine les fleurs qu'elle avait cueillies. C'est la reproduction littérale du récit

de la mort d'Ophelia tait par la reine. — Voir les tableaux aux années i83S, 1844 et iSSg.

2» Il faut signaler aussi un dessin de ce même sujet qui lit partie de la vente posthume et

qui fut adjugé, sous le numéro 402, pour 55 i fr. à M. Boignes.

N°' 59^, 594 : Hamlet et Horatio devant les fossoyeurs

1° Lithographie. — 1843. — H. o"'283, L. o'"2i4. — Cat. A. Moreau, pp. 66, 1 12, 178, 25i.

Signé en bas, sur l'image : « Eug. Delacroix, 1843. » En légende : n Ce crâne, monseigneur, était celui d''Yorick, le bouffon du roi. — Hélas ! pauvre Yorick. — Hamlet, acte V, scène I. » — Hamlet, qu'accompagne Horatio, regarde le crâne que lui présente l'un des deux fossoyeurs. — Voir le tableau refusé au Salon de i835.

2" A la vente posthume, on a pu voir plusieurs productions du maître sur le même sujet etd'abord sous le nuniéro 403, un dessin adjugé pour 465 fr. à M. Lecomte. Ensuite sous le numéro 404 on a vendu une peinture, que nous reproduisons plus loin, à l'année 1840, et qui fut adjugée 'pour ■. Enfin sous le numéro 104 bis fut produite une sépia, qui fut acquise par entrée dans la collection de M. Monnerot. (Voir plus haut, n" 575.)

N"^^ 59)5 59<^ • Hamlet et Laertes dans la fosse d'Ophelia

i°Lithographie. — 1834. — H. o"'284, L. o'"iq5. — Cat. A. Moreau, pp. 65, I 36.

Signé à gauche : a Eug. Delacroix, 1S34. « En légende : « Ne me serre pas ainsi h la gorge, l'ami, il y a quelque danger à courir avec moi. — Hamlet, acte V, scène I. » — Hamlet et Laertes luttent corps à corps au fond de la fosse ouverte pour recevoir Ophelia. Ils ont sauté dans la fosse tour à tour en présence du roi, de la reine et de leur suite, accompagnant le cortège funèbre, et se prennent à la gorge : « Me voici, moi, Hamlet le Danois ! — Le diable prenne ton âme! — Ta prière est mauvaise... » (Voir à l'année

1842.) Le premier état sans lettre est une épreuve d'essai. Le deuxième a la

lettre et le nom de l'imprimeur. — Cette planche, comme celles que nous

avons cataloguées sous les n"* 58 1 et 590, n'a été publiée que dans la seconde édition.

2" M. A. Robaut possède un dessin du même sujet. Il en a fait un fac-similé (troisième série

de sa publication). Ce dessin est plus simjile d'effet que la lithographie originale.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 597 : Mort d'Hamlet

dis pa

Lithographie. — 1843. — H. o"'289, L. o^soS. — Cat. A. Morcau, pp. 66, i36.

Signé à Jroite, en bas, sur le dessin : « Eug. Delacroix, 1843 ». En légende : « Ah ! je meurs ! Horatio, justifie moi et ma cause auprès de ceux qui m'accuseront... Quelle vaste curée a faite la mort! que de princes frappés par le trépas! — Hamlet. acte V, scène IL» — Hamlet, tenant encore son épée à la main, vient de tomber mortellement frappé. Horatio essaye de le soutenir. Derrière eux, Osric et deux autres seigneurs emportent Lacrtes. Au fond, la reine qui se meurt, après avoir bu la coupe empoisonnée. (Voir à l'année 1842.) — Delacroix a fondu ici, je ne fondu, tous les mouvements de la dernière scène du drame.

Année i835

N° 598 : Joueurs d échecs à Jérusalem

Toile. — H. o'"455, L. o™55o. — Eau-forte de Ferdinand Lefmanpour r^r/wfe,tiansles dimensions de o'"i46 sur o"'i 75. — Eau-forte d'Hédouin pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions dé o"'o92 sur o'"io5. — Cat. A. Moreau, p. 100.

Les deux joueurs sont accroupis devant un échiquier posé par terre, au pied d'un grand mur dont le faite est couronné de végétations et au delà duquel on aperçoit des terrasses arabes. Une femme qui soutient des deux mains un vase sur l'épaule droite s'est arrêtée debout pour les regarder. L'un des joueurs est coiffé d'un turban. Le titre que nous reproduisons est celui qui a paru dans V Artiste. On sait que Eugène Delacroix n'est jamais allé à Jérusalem, il est donc permis de supposer que ce titre fallacieux est une invention capricieuse du directeur de VArtiste.

N° 599 : Retour de l'Enûint prodigue

Toile. — H. o"'26, L. o'"34. — Vente Sensier.

Non cataloaué

En ce sujet biblique à peine indiqué, Delacroix avait trouvé les plus touchantes attitudes du pardon. H. de la Madelène l'a dit très justement : Il La peinture religieuse exige avant tout une grande âme et un cœur profond ! L'artiste peut ne pas avoir la foi des maîtres primitifs; mais qu'importe qu'il s'apitoie sincèrement devant la Passion du Sauveur ou le désespoir de Marie! Le premier but de l'art est d'émouvoir les âmes, et les tableaux ne sont pas faits pour soutenir des thèses de philosophie. » [E. Delacroix au boulevard des Italiens.]

L ŒUVRE DE DELACROIX

N°' 600, 601 : Le combat du Giaour et du Pacha

Toile. — H. o'"73, L. o"'6o. — Daté i835. — Exposition universellede i855.

— N° 76 de l'Exposition du Pavillon de Flore, 1 878. — Vente CoUot, #8 janvier I 85o : 1 ,600 fr.àM. Davin; vente Davin, 14 mars i863 : 7,35o fr. à M. Péreire; vente Laurent Richard, mai 1 878 : retiré à 27,000 fr. — Gravé à Teau-forte par ~^^, Massard pour le catalogue Laurent-

Richard dans les dimensions de o"'i3i sur o™! 08; sur bois, pour le Monde Illustré, d'après Edmond Morin, dans les dimensions de o'" 197 sur o" 137. — Appartient au baron Gérard. — Cat. A. Moreau, pp. iSg, 190, 244, 276. 2° Dessin à la sépia. — H. o"M6, L. o'"i6. — Variante du précédent. — Voir aussi le tableau et la lithographie de 1827.

(I Quel i;oùt passionné n'a-t-il pas pour le cheval, et comme on sent qu'il aime profondément celte noble bète! Le cheval de Delacroix est presque une créature humaine : il l'associe à toutes les actions de ses héros; il lui prête leurs passions, il lui fait partager leurs rivalités ou leurs périls. Dans les mêlées, le cheval est toujours à la place d'honneur et sa vaillance s'affirme par l'éclat des prunelles et la fumée des naseaux. Le giaour et le pacha fondent l'un sur l'autre avec furie ; mais qui est le plus furieux, des chevaux ou des cavaliers ? »

N" 602 : Le Christ entre les deux Lirrons

Toile. — H. i'"85,L. i'"35. — Signé en bas à gauche et dite i835. — Salon de iS35. — Exposition posthume. — Appartient à la ville de Vannes. — Cat. A. Moreau, pp 175, 221.

M Robaut a vu ce tableau h Vannes en 1S73 et transcrit les lignes suivantes peintes sur la toile même, à droite au bas : 1 Donné à la ville de Vannes par S. AL le roi Louis-Philippe I<"', 101 des Français, sur la demande de M. Vigier, député du premier arrondissement électoral et membre du Conseil gênerai du département du Morbihan. » Si l'on y tenait, la \ phi.e de cette inscription était sur le cadre et non sur la loile. i\L Robaut a protesté contre ce vandalisme et cette mutihtion inqualifiables, danslenuméro 23i du journair^4r/|i'"' juin 1 S7 |\ — La scène représente le sommet du calvaire. Le Christ L-it en avant. La croix de l'un des larrons n'est pas encore diessée. La Madeleine, étendue à, terre, lève les yeux vers le Chi ist. — Ce tableau, acheté par l'État au prix de 2,000 francs, et donné par lui à la ville de Vannes, est resté dans l'église Saint-Paterne jusqu'en i865. A cette époque, comme il avait beaucoup souffert par suite des mauvaises conditions dans lesquelles il s'était trouvé placé, il fut envoyé à M. Andrieu, qui le restaura. 11 est maintenant à l'Hôtel de Ville de Vannes, dans le cabinet du maire.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N" 603 : Jeune religieuse

Toile. — Esquisse. — H. o"'42, L. o'"3 i . — Non signé. ■ à M. Christophe. — Non catalogué par M. Moreau.

Appartient

ue tous les

«On se rappelle ce que Diderot dit à ce peintre qui lui apporta le portrait de son père, et qui, au lieu de le représenter tout simplement dans ses habits de travail (il était coutelier), l'avait paré de ses plus beaux habits ; « Tu m'as tait mon père des dimanches, et je voulais avoir mon père de tous les jours." Le peintre de Diderot avait fait comme presque tous les peintres, qui semblent croire que la nature s'est trompée en faisant les hommes comme ils sont; ils fardent, ils endimanchent leurs figures : loin d'être des hommes ours, ce ne sont pas même des hommes. ( Delacroix, Questions sur le beau.)

N° 604 : Madame Delaporte

Toile. — H. on'20, L. o"'i5. — Cat. A. Moreau, p. 236.

M. Laporte ou Delaporte était encore consul de France à Tanger en 1S46, lors du voyage de Dumas en Afrique; il en est maintes fois question dans le Veloce.

N" 60^ : Félix Guillemardet

Toile. — Salon de i835. — Cat. A. Moreau.

M. F. Guiljemardet était un des meilleurs amis du maître, peut-être celui qu'il ',a le plus regretté. (Ecrits poslJiumes.) Son nom a passé maintes fois sous les yeux du lecteur.

N" 606 : Portrait de madame Riesener

Ni signé, ni daté. — Cat. A.

Toile. — H. o"'7o, L. o'"5 Moreau, p. 236.

Au moment même où Delacroix faisait ce beau portrait de sa tante maternelle, madame Riesener, mère du peintre Léon Riesener, il écrivait, en faveur de ce dernier, une lettre dont le destinataire est inconnu :i. N'ayant pu presque sortir depuis près d'un mois, h cause d'une indisposition assez grave qui m'est survenue, je n'ai pu, comme je le désirais, aller rappeler à votre souvenir que vous m'aviez tait espérer qu'il pouvait se trouver quelque occasion d'employer le jeune Riesener dans les travaux de Versailles. Je prends le parti d'en appeler encore à votre obligeance sur ce sujet. Un encouragement venu du gouvernement, si peu important qu'il soit^ serait un motif d'émulation pour un jeune homme dont le talent n'a pu être encore

suffisamment apprécié. » Delacroix travaillait lui-même alors pour le musée de Versailles

au portrait du maréchal de Tourville, que nous allons décrire.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N"'' 607, 608 : Le maréchal de Tourville

!° Toile. — H. 2"^2i. L. r"44. — Gravé au burin pour les Galeries historiques de Versailles, dans les dimensions de o'"2o6 sur o™i33. — Au muse'e de Versailles. — Cat. A. Moreau, pp. 91, 2o5.

2° Toile. — Esquisse. — H. o"'34, L. o"^27. — N° i38 de la Vente posthume : 160 fr. à M. Arosa. — Vente Arosa, février 1878 : 410 fr. à M. d'Anthouart. — Photolithogrâphié par Arosa dans les dimensions de o"' 1 20 sur 0^091 . — Non catalogué par M. Moreau.

Faut-il rappeler que Anne-Hilarion de Cotentin. comte de Tourville, marm célèbre, ne en 1642, nomme marei-hal en lôqS, mourut en 1701? — Le rapprochement des deux compositions prou^e quelle réflexion Delacroix apportait h tout ce qu'il faisait.

N° 609 : Nature morte

Toile. — H. o'"27, L. o'^ig. — Signé en haut à gauche. — Vente posthume : 600 fr. à M. Haro. — Non catalogué par M. Moreau. Voilà un sujet que les amants du u style noble » trouveront bien peu digne d'occuper un grand artiste. Delacroix pensait à eux, quand, dans les quelques belles pages intitulées : Des critiques en matière d'art, il écrit : n .A force de voir ajouter ou retrancher h la création et parer les objets de tant d'imaginations fantasques, on a cru véritablement que rien n'était plus simple que de remettre à sa place et de polir soigneusement ce qui ne semblait qu'ébauché dans l'ordre commun. Il s'en est suivi une espèce d'aristocratie dans les êtres qui sont du domaine des arts. Telle innocente bête a été déclarée commune, peu présentable, triste, hideuse à voir; ou bien il a fallu tant de façons pour suppléer en elle au laid ou à l'ignoble, tant de détours pour lui donner droit "de bourgeoisie et l'offrir du côté honnête, qu'elle n'est plus entrée en scène que toute rebâtie et proprement accommodée au goût du jour. »

N° 610 : Cheval arabe au piquet

Toile. — H. 0^345, L. o"'434. — Eau-forte de Bracquemond, 1857, inédite dans les dimensions de o'"345 suro"'434. • — Cat. A. KIoreau, p. 10 1.

M. Edmond About avait communiqué la gravure de ce tableau à Delacroix, qui lui en envoya une appréciation sévère, trop sévère. Nous la reproduisons cependant, car elle montre bien ce que le maître exigeait de ses graveurs : <i On ne peut méconnaître un sentiment très vif dans cet ouvrage. La tête du cheval surtout a beaucoup d'expression et tout annonce d'heureuses dispositions; mais l'inexpérience du lavis et

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du modelé des plans se fait trop sentir en général Vous me trouverez peut-être sévère,

monsieur, et il n'est pourtant personne à qui j'eusse désiré davantage d'être agréable en cette occasion. Mais vous comprendrez plus facilement que qui que ce soit que j'ai plus à perdre que tout autre dans une interprétation incomplète. Il me faut absolument un homme qui sache dessiner tout à fait, non pas à la manière d'un prix de Rome, mais avec une connaissance de la ligure et une habileté de main capables d'interpréter avec sûreté là où il n'y aurait que des indications légères, etc., etc. Cette science, je ne me dissimule pas qu'elle ne peut être que le fruit de longues études que la plupart des peintres eux-mêmes ne font pas. Des graveurs, les uns ne savent que calquer timidement un original, faute d'une connaissance suffisante de la gravure; les autres, par la même raison, déguisent comme ils peuvent cette insuffisance h l'aide des travaux du métier. » [Lettres, édition Burtv.) — Nous reproduisons cette lettre telle que ladonne M. Burty.On nous dit cependant qu'elle est adressée àM.Champfleurv et non à M. E. About, et qu'au lieu du mot « lavis » (ligne 6) il faut lire « dessin. »

N°^6ii, 612 : Arabes d'Oran

parler. Con

i" Toile. — Salon de i835. — H. o"'4r, L. o"'3i. — Vente Jacob de Vos, à Amsterdam, mai i883, sous le titre : « Orientaux assis à la porte d'une maison » : 9,600 fr. à M. Langenhuiscn, à Huisen.- — Cat. A. Moreau, p. 176.

2° Croquis mine de plomb. — In-quarto. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.

Le tableau représente, assis à terre, à la porte d'une maison, un Arabe, et devant lui, vu de dos, un Turc qui fume une longue pipe. Auprès d'eux se tient assis sur une margelle de puits un jeune nègre qui les écoute muraille, h droite, est accrochée la tète d'un homme de couleur.

N^'^éij, 614 : Côtes normandes

1° Falaises de Fécamp. — Toile. — H.

o^Sô, L. o'"45. — Ni signé, ni daté. — Etude, effet de pluie, commencé par madame Dalton. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.

2° Ruines du château d'Arqués, près Dieppe. — Aquarelle. — H. o'"i8, L. o"'i5. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix a toujours aimé les côtes normandes. En 1854, il écrit de Dieppe à madame de Forget : « Je me lève de très bonne heure, parce que je ne trouve pas le temps long et que je ne suis pas embarrassé de ma journée. J'ai trouvé par hasard une ressource pour certains moments, dans la rencontre que j'ai faite, sur la plage, de mon ami Chenavard, le peintre. C'est un homme de beaucoup d'esprit et qui a une vraie conversation. Nous n'abusons pas l'un de l'autre, et cela renouvelle les sensations. » (Lettres, édition Burty.)

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N"^ 615, 616 : Falaises d'Étretat

i" Aquarelle. — H. o'"i5, L. o"'2o. — Appartient à M. de Courval-Piron. — Non catalogué par M. Moreau.

2° Aquarelle. — H. o"o8, L. o'"i4. —

-=- -*i— Vente posthume. — Appartient àM. Al-

fred Robaut — Non catalogué par M. Piron.

\otre numéro i représente les falaises d'Etretat du côté de I (.camp le numéro 2, les mêmes falaises du côté du Havre, avec leur dei-oupure et leur aiguille romanesque tant de fois reproduites par les peintres. — Dans une vente d'autographes du i'"' juin i883, nous avons trouvé la plus ancienne lettre connue de Eugène Delacroix; elle est datée du 10 janvier 1814. Il y parle de son premier voyage en Normandie, de son premier séjour à Valmont, tout près d'Étretat, de ce Valmont, ancienne abbaye de Bénédictins, qui lui a inspiré une foule d'idées « romantiques. » Le mot y est, en 1814!

N"^ 617, 618 : L'église de Therouldeville, près de Valmont

',^~ à M. Bornot.

1° La sacristie — Aquarelle. — H.

o"M25, L. o"'i6o. — Vente posthume à

M. Lambert-Bornot. — Non catalogué

par M, Moreau.

'-■'''^'/' 2° L'Eglise. — Mine de plomb. — ^ H. o'"i35, L. o"'240. — Vente posthume Non catalogué par M. Moreau.

En septembre 1834, Delacroix écrit à F. Villot : 0 Je suis devenu si paresseux ici, que le plaisir de causer un peu avec vous ne m'empêche pas de songer h la fatigue extrême de tailler une plume et de chercher du papier pour le faire. Je ne sais, pour ainsi dire, que végéter. Quelques excursions rares aux environs et à la mer complètent mon existence, qui est adaptée aux mœurs de la province. » {Lettres, édition Burty.)

N" 619 : Le Roi des Aulnes

ton visage? u — L'enfant: i spectre noir !! » — Le père

Sépia. — H. o"'2io, L. o^SoS. — Appartient à madame Pierret. — Non catalogué par M. Moreau.

Nous ignorons si Delacroix a jamais repris ce projet et s'il en a fait un tableau. Nous ne trouvons pas dans son œuvre d'autre trace de composition d'après la célèbre ballade de Gœthe, que la musique de Schubert a rendue si ^populaire : a Voyez ce cavalier hâtant le pas. — 11 tient son fils, qu'il réchauffe en ses bras; ... la nuit est noire, au loin gronde l'orage, ... le vent mugit avec fracas. — Le père : « Mon fils, pourquoi me cacher 0 Mon père!! là!! Je viens de le voir, ... le roi des Aulnes, le 0 Mon fils, c'est un brouillard du soir. »

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N" 620 : Parc de Valmont

Aquiirellc— H.o'"i5o, L. o"235. — Partie du n° 597 delà Vente posthume : 120 fr. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.

La vue est prise de l'habitation d'où Delacroix e'crit à Frédéric

^ ___^ Villot : « Je suis ici fort désappointé par ce temps effroyable qui ne

ï,^5^'«?«v=r^='=:; .i:==--=--i.v, cesse de^ régner. Les ouragans se succèdent continuellement, et la

pluie n'a eu de relâche qu'un jour à peu près. Vous concevez combien cela est attristant, quand on se trouve au milieu d'un pays charmant, dont la verdure est encore comme au mois de mai et qui offrirait de si jolies promenades. La mer est bouleversée; j'ai eu le plaisir de la voir dans un fort bel état de fureur, mais il a fallu me faire tremper pour y aller et pour en revenir, u

N" 62 1 : Paysan de Frépillon

Aquarelle. — In-quarto. — Appartient à madame Théophile Silvestre. ^ Riesener en avait fait un grand tableau — Non catalogué par M. Moreau.

En regard de ce type si curieusement étudié, il est intéressant de placer les ironies du maître écrivant : « Les écoles modernes ont proscrit tout ce qui s'écarte de l'antique régulier; en embellissant même le Faune et le Silène, en ôtant des rides à la vieillesse, en supprimant les disgrâces inévitables et souvent caractéristiques qu'entraînent, dans la représentation de la forme humaine, les accidents naturels et le travail, elles ont donné naïvement la preuve que le beau ne consistait pour elles que dans une suite de recettes. Elles ont pu enseigner le beau, comme on enseigne l'algèbre, et non seulement l'enseigner, mais en donner de faciles exemples. Quoi de plus simple, en effet, à ce qu'il semble? Rapprocher tous les caractères d'un modèle unique, atténuer, effacer les diff'èrences profondes qui séparent, dans la nature, les tempéraments et les âges divers de l'homme, éviter les expressions compliquées ou les mouvements violents, capables de déranger l'harmonie des traits ou des membres, tels sont en abrégé les principes à l'aide desquels on tient le beau comme dans sa main ! Il est facile de le faire pratiquer à des élèves et de le faire transmettre de génération en génération, comme un dépôt. » (Questions sur le beau.)

N** 622 : Le connétable de Bourbon

sociale

Croquis mine de plomb. — H. o"i24, L. 0'"2o. — Non catalogué par M. Moreau.

Ce dessin est extrait d'un album donné par Jenny Le Guilleu à M. Constant Dutilleux. Le motif, représentant le connétable de Bourbon poursuivi par sa conscience, est emprunté au Sac de Rome du mvstique, doux et ^ laid Ballanche, un des timides soupirants de madame Rècaniier, un des > caudataires de Chateaubriand, qui a dit de lui : « Ce génie théosophe ne nous laisse rien à envier h l'Allemagne et à l'Italie. » Les grands hommes ont de ces mots écrasants. Comparer l'auteur de la Palingénésie à Goethe et à Dante! Le pavé était trop lourd. Le pauvre Ballanche en reste'écrasé.

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N^^ôz^, 624 : Croquis à la plume

1° Courrier espagnol. — H. o"'22, L. o'^ij. — Daté « i3 janvier 35 ». — Vente Pierret, mai 187g. 2° Femme assise. — H. o^^o, L. o"'i7. — Daté « i 3 janvier i835. » — Appartient à madame Jules Michelin. — Non catalogué par M. Moreau.

<( On a raison de trouver que l'imitation de l'antique est excellente, mais c'est parce qu'on y trouve observées les lois qui régissent éternellement tous les arts, c'est-à-dire l'expression dans la juste mesure, le naturel et l'élévation tout ensemble ; que, de plus, les moyens pratiques de l'exécution sont les plus sensés, les plus propres à produire l'effet. Ces' moyens peuvent être emplovés à autre chose qu'à reproduire sans cesse les dieux de l'Olympe, qui ne sont plus les nôtres', et les héros de l'antiquité. Rembrandt, en faisant le portrait d'un mendiant en haillons, obéissait aux mêmes lois du goût que Phidias sculptant son Jupiter. »

Lion regardant marcher une tortue

Dessin à la plume. — H. o"'i7, L. o"'24. — Vente posthume n° 474; acheté 400 fr. par M. le baron de Laage. — Reproduction facsimilé par A. Robaut dans les dimensions de o'"i7 sur o"'24. — Gravé sur zinc pour V Illustration du 29 octobre 1864. — Cat. A. Moreau, pp. i36 et 325.

0 A chaque tentative audacieuse de ceux qui veulent qu'on donne aux choses leur figure véritable, et non une tournure de bonne compagnie ou d'opéra comique, les critiques se prévalent d'un certain type, enfant de leur cerveau, courent à la défense des principes avoués par les gens de goût, et, tenant fort à l'étroit les téméraires et les novateurs, démontrent de même comment la nature tombe aussi dans de grandes divagations. Ils ont en cela merveilleusement aidé l'essor de la médiocrité dans tous les genres. » [Des critiques en matière d'art.] Article de Delacroix dans la Revue de Paris, 1829.

N° 626 : Toit de chaumière et groupe d'arbres

Lithographie, croquis sur une feuille avec trois autres croquis, par madame Dalton.

— H. o'"i33, L. o™i22.| — Vente De La Combe : 8 fr.; vente posthume : 7 fr.; vente \illot, décembre 1875 : 4 fr. à M. Robaut.

— Cal. A. Moreau, p. 33.

Ce dessin se trouve à droite dans le bas d'une

teuille contenant trois autres croquis de pavsage exécutés par

■ madame Dahon. élevé de Delacroix, et non pas par Paul Huet.

comme l'indique le catalogue de la vente De La Combe. — Nous donnons le fac-similé de la page et la reproduction en plus grand du croquis de Delacroix.

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Année i836

N° 627 : Saint Sébastien secouru par les saintes femmes

Toile. — H. 2"'i5, L. 2"^46. — Gravé à i'eau-forte par

Salmon, dans les dimensions de : H. o"'ioo, L. o"^i2q.

Eau-forte de Boilvin, dans les dimensions de : H. o'^gq, L. o'"i28. — Salon de i836. — Appartient à l'église de Nantua. — Cat. A. Moreau, pp. 96, 176, 222, 264. Acheté par l'Etat au prix de 3, 000 fr., ce tableau a été vendu par la fabrique de Nantua en 1869, pour lasommede 23,ooofr., à M. Brame. L'affaire fit grand bruit. Le conseil municipal, qui n'avait pas donné son autorisation, assigna la fabrique et demanda contre M. Brame la nullité de la vente. Le tribunal de Nantua maintint le marché. Appel fut interjeté et la cour de Lyon a annulé la vente consentie a M. Brame. La cour de Lyon a ainsi consacré ce principe que les objets d'art donnés aux fabriques font partie du domaine public et ne peuvent, en conséquence, être aliénés. L'arrêt est de décembre 1873. — Outre les eaux-fortes ci-dessus mentionnées, il faut, pour être complet, citer aussi une lithographie de Menut Alophe. Delacroix, en effet, écrivait le 25 mars iS36à M. de Cailleux, sous-directeur des musées royaux du Louvre : « Je vous serais bien reconnaissant s'il vous était possible défaire mettre momentanément mon tableau de Sa/«« Sébastien dans un lieu où il pût être dessiné par M. Alophe, qui vous remettra cette lettre. »

N" 628 : Saint Sébastien. — Esquisse

Toile. — H. o"'24, L. o'"32. — Photolithographie Arosa : H. o"'098, L. o'"i24. — Vente Arosa, février 1878 : i,3oo fr. à M. Rouart. — Non catalogué par M. Moreau.

N° 629 : Tête d'homme à barbe. — Étude

Toile. — H. o"'44, L. o'"36. — Epreuves lithographiques obtenues 'par cliché sur verre, essai de M. A. Robaut, dans les dimensions de H. o'"i42, L. o™i 16. — Vente hôtel Drouot, 28 décembre 1874: io5 fr. — Non catalogué par M. Moreau.

Tête avec emmanchement de buste; la tête seule est terminée. Delacroix avait donné cette étude à M. Jules Garipuy, professeur de peinture à Bordeaux, en i838. La singulière indication des épaules, en cette étude, n'estelle pas sortie de la brosse du peintre dans une de ces heures d'ennui et de découragement, dont il se plaint dans une fort belle lettre à Villot en cette même année i836 ? « Un des caractères du découragement est de vous faire considérer votre profession comme inutile à vous et aux autres. La paresse, d'accord en cela avec l'humeur noire qui teint tout à vos yeux, dépouille de son charme le plus grand la possibilité de travailler, lequel charme est cette possibilité même... » (Lettres, édition Burty.)

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N° 630 : Musiciens arabes

Aquarelle. — H. o'"4o, L. 0^70. — Signé, et daté i836.

— Voir à l'année 1848. — Gravé à l'eau-forte par Laguillermie, pour le catalogue de la vente Faure, dans les dimensions de : H. o^oSS, L. o""! 22. — Vente Demidoff,

i3 janvier i863 : 2,100 fr. à M. Bouruet-Aubertot ; vente Duval, i3 Juin 18-3, retiré à 1,000 fr. ; vente Faure, juin 18/3: 8,5oo fr.; vente de madame R. F.,

I 7 mars 1876 : 3,5oo fr.; vente Marmontel, i883 : 700 fr.

— Cat. A. Moreau, pp. 184 (note), 290, 292.

La composition est la même, à peu de chose près, que celle du tableau du musée de Tours, Musiciens et bouffons arabes. L'aquarelle est très soignée, mais dure et manquant d'air. Le tableau de 184S, au contraire, est un joyau dans l'œuvre de Eugène Delacroix.

N°63i : Arabe assis au coin dune rue

Lavis. — In-quarto. — Vente posthume; vente Sensier, 1877. — Non catalogué par M. Moreau.

On est stupéfait de l'immense quantité de motifs que Delacroix a rapportés de son rapide voyage au Maroc. Il n'exagère donc pas quand il dit, dans une lettre publiée '^o.v Y Autographe : u En fait de compositions tout arrêtées et parfaitement mises au net et prêtes pour l'exécution, j'ai de la besogne pour deux existences humaines, et quant aux projets de toute espèce, c'est-à-dire à de la matière propre à occuper iesprit et la main, j'en ai pour quatre cents ans: jugez si j'ai le temps de me promener comme mes honorables confrères qui, je pense, pour la plupart, trouveront du temps de reste pour tout ce qu'ils ont à tirer de leur cerveau. »

N"'" 6p, 633 : Un astronome en observation

1° Sépia. — H. o'"2o, L. o"'i8. — Appartient à M. Chenavard. — Non catalogué par M. Moreau. 2° Crayons de couleur. — H. o'"20, L. o'"22. — Appartient à M. Chenavard. — Non catalogué par M. Moreau.

Nous avons eu occasion de citer une lettre de Delacroix où il parle, dans les meilleurs termes, de son ami Chenavard, chomme de beaucoup d'esprit et qui a une vraie conversation.» M. Chenavard, philosophe autant que peintre, sinon plus, est l'auteur de compositions historiques destinées à la décoration du Panthéon et qui ne reçurent pas leur destination, ainsi que d'une vaste peinture philosophique intitulée Divina Tragedia.Ch.AT\&x., Delacroix, Chenavard, Comairas, Lelièvre se réunissaient quelquefois le soir pour dessiner et causer chez Poterlet, leur ami commun, qui, plus tard, s'empoisonna avec de l'opium.

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N" 6^4 : George aifublé d une armure

Plume et lavis encre de Chine. — H. o'"i9, L. o"'25. — Appurfe^ "S tenait à M. G. Arosa. — Non catalogué par M. Moreau.

/ji^-fi^-'- Scène deGœtz dcBerlichingen. (Acte I, scène IL) Une auberge au milieu

.&K-à-<7 ^'^^ ''°'^' — Gœtz : a George ! II n'entend pas. George! George!» —

il'^fli'y 1 ^'7 '-'' ^'^°'"?^ arrive, affublé de l'armure d'un homme fait. — George :

•'IHl rrtt \wJ-- ". Monseigneur! — Gœtz. Où étais-tu donc.'' As-tu dormi? Que

/p=^\yi^----. Jilji j' >' diable signifie cette mascarade? Mais sais-tu bien que tu as fort bonne

façon? Approche, mon enfant, ne rougis donc pas; ce n'est pas la

bravoure qui te manque, c'est plutôt un peu de taille... Cela viendra. C'est la cuirasse de

Jean? — George. Oui, monseigneur. Il l'a ôtée pour dormir un instant. — Gœtz. 11 est

plus délicat que son maître. — George. Ne vous fâchez point, je la lui ai prise sans bruit,

j'ai décroché du mur la vieille épée de mon père, j'ai couru dans la prairie, et là, je l'ai

tirée hors du fourreau. — Gœtz. Et tu as frappé d'estoc et de taille tout ce qui était autour

de toi, n'est-ce pas ? Tu as dû bien arranger les buissons ! Jean dort-il ? — George. Vous

l'avez réveillé en m'appelant, et c'est lui qui m'a crié que vous me demandiez. Je voulais

d'abord me débarrasser de cette armure, mais vous m'avez appelé deux ou trois fois de suite.»

N° 6^ ^ : L'Évêque et Adélaïde jouant aux échecs

Croquis à la mine de plomb. — H. o™!/, L. o"^22. — Appartient à M. Burty. — Non catalogué par M. Moreau.

Scène de Gœtz de Berlichingen. (Acte II, scène I.) Château de Bamberg. — Un salon. Adélaïde : « Vous n'êtes pas à votre jeu. Echec au roi! — L'ÉVÊQUE. Il y a encore de la ressource... — Liebetr.\ut. On appelle cela un jeu royal; on prétend qu'il fut inventé pour un roi et que ce roi inonda l'inventeur d'une mer de générosités ! Si ce n'est pas un conte, il me semble que je vois ce prince-là. Pauvre d'esprit... ou d'années, sous la tutelle de sa mère ou de sa femme, il avait un peu de duvet au menton et quelques poils d'un blond fade autour des tempes; frêle comme un jeune saule, il jouait volontiers aux dames avec les dames, non par passion, Dieu l'en' garde ! mais par passe-temps. Son gouverneur, homme trop actif pour être un savant, trop roide pour être courtisan, inventa « ad usuni Delphini » ce jeu où Sa Majesté se trouvait si dignement représentée... et ainsi du reste. »

N° 636 : Adélaïde congédiant Weislingen

(\ it) f^ y''\ Croquis à la mine de plomb. — H. o"'i6, L. o"'2 i. M- zi! P>- f V à^- Burty- — Non catalogué par M. Moreau.

Appartient

yr" Scènede Gœtz de Berlichingen. (Acte II,scèneVI.) La chambre d'Adélaïde.

— Adélaïde. 0 Avez-vous encore quelque chose h me dire? — Weislin- GEN. Je... dois... partir... — Adélaïde. Eh bien! partez, Weislingen. — Weislingen. Gracieuse dame... je ne puis. — Adélaïde. Vous le devez.

— Weislingen. Sera-ce là votre dernier regard ? — Adélaïde. Allez ! je suis indisposée fort mal à propos. — Weislingen. Ne me regardez pas ainsi. — Adélaïde. Veux-tu être notre ennemi et que nous te souriions? Pars! — Weislingen. Adélaïde! —

lyo

Adélaïde. Je vous déteste ! » — Entre Franz. — Franz. «Gracieux seigneur, l'évèque vous fait demander. — Adélaïde. Allez ! allez! —Franz. Il vous prie de venir au plus tôt. — Adélaïde. Allez, vous dis-je! — Weislingen. Je ne vous fais pas mes adieux, je vous reverrai. — Il sort. — Adélaïde. Me revoir... nous y mettrons bon ordre. Marguerite, s'il vient, tu le renverras. Dis-lui que je suis malade, que j'ai une migraine, que je dors... repousse-le. S'il est possible de le gagner, ce n'est que par ce moyen. «

N° 6^7 : Lerse

-T?>^., ^y?^. Aquarelle. — H. o"'24, L. o^MS. — Appartient à madame Pierret. .-^'^-'-'■.^'f-j — Non catalogué par M. Moreau.

Scène de Gcetz de Berlichingen. (Acte III, scène VI.) Jaxthausen. — George, o II veut vous parler à vous-même. Je ne le connais pas ; c'est un homme de haute taille, avec des yeux noirs et flamboyants. — Gœtz. Faites-le entrer.» — Entre Lerse. — Gœtz. « Que Dieu vous garde ! Que nous apportez-vous? — Lerse. Ma personne! Ce n'est pas grand'chose; mais telle qu'elle est, je vous l'offre. • — Gœtz. Vous êtes le bienvenu, doublement le bienvenu. Un brave homme, au moment où, au lieu de gagner de nouveaux amis, je craignais de perdre les anciens! Dites-moi votre nom? — Lerse. Franz Lerse. — Gœtz. Je vous

remercie, Franz, de m'avoir fait connaître un brave. — Lerse. Je me suisdéjà fait connaître

à vous. Mais cette fois-là vous ne m'en avez pas remercié... »

N° 638 : Gœtz et les paysans

tête ennem

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"270, L. o'^aiS. — Appartient à M. Burty. — Non catalogué par M. Moreau.

Scène de Gœtz de Berlichingen. (Acte V, scène V.)— Arrivent les chefs. — LiNK. (. En avant, seigneur capitaine! il n'y a pas un instant à perdre; 'ennemi est en force près d'ici. — Gœtz. Qui a brûlé Miltenberg? — Metzler. Si vous voulez faire des façons, on vous montrera que nous n'en faisons pas, nous! — Kohl. Sauvez notre vie et la vôtre; allons, marchons! — Gœtz, à Metzler. Tu me menaces, je crois, misérable vaurien ! Penses-tu que j'aie peur de toi parce que le sang du comte Helsenstein souille tes habits? — Metzler. Berlichingen ! — Gœtz. Oui, tu peux dire mon nom ; mes enfants n'en rougiront pas. — Metzler. Toi! tu n'es qu'un lâche! un valet de princes!» — Gœtz lui décharge sur un coup qui l'étend h terre. Les autres les séparent. — Kohl. (>'"' '' '

li débouche ici de tous côtés, et vous vous querellez ? — Link. En av;

Kohl. <> Etes-vous fousr i-ant ! en avant!

N° 639 : Adélaïde donne le poison au jeune page

Croquis mine de plomb rehaussé de lavis. — In-folio. — Appartenant au comte Doria. — Non catalogue par M. Moreau.

Cette composition, qui a servi de modèle à la lithographie (voir plus loin, n" 644), diffère cependant par quelques détails. Le gant n'est pas encore à terre. Le dessin est retourné.

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