GOETZ DE BERLICHINGEN
Suite de sept lithographies. — Nous réunissons ici à la même date, comme nous l'avons fait pour la suite de ÏHainlet, les sept lithographies exécutées par Eugène Delacroix sur des motifs de Gœt:; de BerUchinge>i. On vient de voir de quelle façon il s'y était préparé. II y iravailla sans suite de"i836 à 1843 et en fit tirer quelques épreiives, en même temps que VHamlet. En décembre 1843, il écrit à l'imprimeur Villain qu'il voudrait en avoir cinq ou six épreuves, car » une fois la planche tirée, les finesses sont entièrement perdues. » Il désire pouvoir en donner et en conserver.
N° 640 : Frère Martin serrant la main de fer de Gœtz
Lithographie. — H. o"'255, L. o^ipS. — Gravé sur bois, sur un dessin du maître, pour le Magasin pittoresque, voir aux années 1842 et 1843. — Vente posthume 1 premier et deuxième étatsi : 17 fr.; vente Forget, décembre 1873 [deuxième état": 7 fr.; vente Villot, décembre 1873 i premier étati : 20 fr., à la Bibliothèque nationale. — Cat. A. Moreau, p. 36, jj.
Premier état: Le fond, à gauche, très soutenu de ton. Deuxième état : Le fond, surtout près de la faux, très affaibli. Scène de Gœtz de Berlichingen. (.A.cte I, scènelL) — n Martin. Votre nom, je vous prie. — Gœtz. Excusez-moi... Adieu, ill lui tend la main gauche.) — M.\rtin. Pourquoi me tendez-vous la main gauche .'' Ne suis-je pas digne de la droite d'un chevalier? — Gœtz. Et quand vous seriez l'empereur, il faudrait bien vous en contenter. Ma main droite, bien qu'à la guerre elle ne me soit pas inutile, est insensible aux serrements de l'amitié. Elle et son gant ne font qu'un : elle est de fer. »
N" 641 : Weislingen attaqué par les gens de Gœtz
Lithographie. — H. o"'3o5, L. 0^270. — Voira l'année i85o. — \'ente posthume deuxième état), deux épreuves, 22 fr.: vente Forget, 1873: 12 fr.; vente Villot (deuxième étati ; 26 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau. p. 36.
Premier état : H. o™370, L. o"'3oo. Sans trait carré. Avec deux croquis dans la marge inférieure, représentant des têtes. Deuxième état : H. o™3o5, L. o™270. Sans les croquis. Scène de Gœtz de Berlichingen. [.Acte I. scène IIH • — « Lecav.\lieb. Nous nous enfonçons dans la forêt de Hasiach. Rien de plus curieux que ce qui nous est arrivé. Imaginez-vous que pendant que nous marchions dans la nuit, un pâtre s'est trouvé là avec ses moutons; et voilà que cinq loups sont venus fondre tout à coup sur le troupeau, s'en donnant à cœur joie. Notre maître se prit à rire et dit : « Bon succès, chers camarades! bon succès [lOur tout le monde et pour nous aussi ! <> Comme nous nous réjouissions d'un si favorable augure, voilà Weislingen qui arrive avec quatre cavaliers.... Mon camarade et moi, suivant l'ordre de notre maître, nous le prenons par le milieu du corps et nous nous v cramponnons. «
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 642 : Weislingen prisonnier de Gœtz
Lithographie. — H. o'"28o, L. o"'2io. — Vente Forget, décembre 1873 (premier état) : lo fr. — Cat. A. Moreau, p. 3-.
Premier état. Avec deux eroquis, l'un de Marsyas sur Li marge de droite, l'autre de lion sur celle du bas; le lion est retourné. Deuxième état. Sans les croquis.
Scène de Gœtz de Berlichingen. (Acte I, scène IV.) — 0 Weislingen. Je voudrais que vous me laissiez seul. — Gœtz. Pourquoi cela? Mettez-vous à votre aise, je vous en prie. Vous êtes en mon pouvoir et je n'aurai garde d'en abuser. — Weislingen. Ce n'est pas là ce qui m'inquiète, c'est votre devoir de chevalier. — Gœtz. Et vous savez qu'il m'est sacré. — Weislingen. Je suis prisonnier; le reste m'est indifférent... Oh 1 si je m'éveillais et que tout cela ne fùtqu''un songe !... Au pouvoir de Berlichingen ! dont je venais de secouer le joug, dont je craignais la pensée comme le feu ! lui que j'espérais vaincre !... Et cet ancien ami, ce loyal Gœtz IDieu ! Grand Dieu! Quelle tin aura tout cela?... Adelbert, te voilà donc de retour dans cette salle, théâtre des jeux de notre enfance... où tu l'aimais... où ton âme se confondait avec la sienne !... Qui peut l'approcher et le ha'ir ? Hélas ! maintenant, je ne suis plus rien ici ! Vous avez passé, jours de bonheur où le vieux Berlichingen était aussi là, près de la cheminée où nous jouions ensemble, où nous nous aimions commedes anges... L'évêque va être bien en peine, ainsi que tous mes amis. »
N" 64^ : Gœtz de Berlichingen écrit ses mémoires
I ithographie. — H. o"'265, L. o^'igo. — Gravé sur 'bois, sur un dessin du maître, pour le Magasin pittoresque. — Voir aux années 1S42, 1843 et 1845. Vente De La Combe, i863 (premier état), avec tiois autres pièces de la même suite : 62 fr.; vente posthume, deux Lpieu\es ideuxième étati : 44 fr.; vente Dubois, 1866 (premier cttt 26 fr.; vente Forget, décembre 1873 (deuxième état' : 10 fr.; \ente Villot, décembre 18-5 (deuxième étati : 17 fr.,à M. Vignères. — Cat A. Moreau, pp. 35 et -j.
Premier état. Croquis d'une tète sur la marge gauche; bords non rectifiés.
Deu\ii.me état. Sans les croquis, bords rectifiés.
Troisième état, avec la mention de l'imprimeur 0 Imp. Bertauts. » Scénede Gœtz de Berlichingen. (Acte IV,scèneV.) — «Au château de Jaxthausen, Gœtz devant une table ; Elisabeth auprès de lui h son ouvrage ; sur la table, une lumière, de l'encre et du papier. Gœtz. Jamais je ne pourrai me faire à l'oisiveté. Ma prison de jour en jour se rétrécit. Je voudrais pouvoir dormir, ou au moins me figurer que le repos a quelque chose d'agréable. — Elisabeth. Eh bien, achève d'écrire l'histoire de ta vie que tu as déjà commencée. Ce sera entre les mains de tes amis un témoignage qui pourra leur servir un jour à confondre tes ennemis. Lègue à une noble postérité la jouissance de ne pas te méconnaître. — Gœtz. Ecrire, ce n'est qu'une oisiveté affairée : ce métier me fatigue et m'ennuie. Pendant que j'écris ce que j'ai lait, j'enrage de perdre un temps que je pourrais employer à faire autre chose.» — Gœthe, mort en i832, n'a pasconnu cette suite de lithographies. Lui qui avait tant admiré celles du Fausl, il eût retrouvé dans le Gœt^ de Berlicliiugeii les grandes qualités de son interprète singulièrement ennoblies. Je ne sais si dix ans plus tôt, à l'époque du Faust, Delacroix eût rencontré cette grandeur simple en même temps que cette force d'expression qui était nécessaire pour rendre l'énergie et la rude vertu du vieux Gœtz.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N'' 644 : Gœtz blessé recueilli par les Bohémiens
Lithographie. — H. o"'3io, L. o"'2?o. — Gravé sur bois, sur un di-ssin du maitrc, pour le Magasin pittoresque. Voir aux années 1842, 1843 et i85o. — Vente Dubois (premier état) : 25 fr.; \ente posthume (premier étal) : 21 fr.; vente Villot (deuxième (.tati : 26 fr. à M. Robaut; vente Sensier, 1877 (deuxième état) : 10 h., à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 36 t\.-j.
Premier état. Bords non rectifiés.
Deuxième état. Avec bords rectifiés.
SLLne de Gœtz deBerlichingen.(Acte V, scène VL) — 0 La nuit obscure dans une foret sauvage. — Camp de Bohémiens. — Gœtz, à cheval. Dieu soit loué ! j'aperçois du feu. Ce sont des Bohémiens. Mes blessures saignent; l'ennemi me poursuit. Grand Dieu ! quelle horrible fin < Hii-. Est-ce la paix que tu nous apportes? — Gœtz. Je vous de-
en grâce de me secourir. Mes blessures m'épuisent. Aidez-moi à descendre de cheval !
N" 645 : Adélaïde donne le poison au jeune page
Lithographie. — H. o"'240, L. o'"i85. — Vente Villot, catalogué: u Hamlet et Ophélie »: 55 fr. à M. Meurice. — Cat. A. Moreau, p. 87.
Scène de Gœtz de Berlichingen. (Acte V, scène VIIL) — «Adélaïde. Il m'arrachera de son château pour m'enfermer dans un cloître. — Fr.\nz. Enfer et mort! — Adélaïde. Me sauveras-tu? — Franz. Tout! tout, plutôt que cela! — Adélaïde en pleurs, l'embrassant. Franz! ah! Franz! pour nous sauver! — Franz. Oui, il tombera... De mon pied je lui briserai les reins!
— Adélaïde. Point d'emportement. Tiens, remets-lui plutôt un billet plein ^ de respect oii je lui dis que j'obéis, et cette fiole... vide-la dans sa boisson.
— Franz. Donnez. Vous serez libre! — Adélaïde. Libre... oui, quand tu ne seras plus obligé de te glisser jusqu'à moi tremblant, sur la pointe du pied... »
N" 646 : Weislingen mourant
Lithographie. — H. o'"28o, L. o"'220. — Vente De La Combe deuxième état, avec trois autres pièces de cette suite) : 62 tr.; vente Dubois (premier état) : 27 fr. ; vente Langlais (premier état , avec la pièce de « Goetz écrivant ses mémoires », 26 tr.; vente posthume (premier état, sur chine) : 32 fr.; vente Villot (premier état) : 26 fr., à M. Alfred Robaut. — Cat. .'\. Moreau, p. 37.
Premier état ; Les bords non rectifiés.
Deuxième état : .Avec les bords rectifiés.