‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 48 sur 97 · L'Envie · texte numérisé non relu

L'Envie

vfT-^ .-a .-3.-j^ --^î^A-^^ '° Croquis à la mine de plomb. #^4'^'l^'^-- H. o-iq, L. 0-2.S. - Non cataloi; trm^^r'^ par M.-

par M. Moreau.

2° Croquis à la plume et à la mine de plomb. — H. 0^28, L. 0^37. — Reproduit en fac-similé à deux tons par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Vente posthume à M. Sensier. — Non catalogué par M. Moreau. Delacroix a beaucoup travaillé ce motif allégorique de l'Envie, où il montre, sous l'image de Dante, dans le second croquis « le mérite arrivant à la renommée, malgré les mauvais génies. » Assurément, pendant que sa main traçait les lignes de cette allégorie, il avait au cœur l'amertume des injustices dont il devait re'ster l'objet jusqu'à sa mort, et qui lui firent écrire les quelques pages intitulées : « Des critiques en matière d'arts, » où nous lisons ceci : <( Les arts sont un vaste domaine dont ils ont tous la clef dans leur poche, et où ils n'admettent personne ; seulement ils disposent des lunettes au travers desquelles on se fait, si l'on peut, une idée sommaire de ce qui s'y passe. Ces dragons vigilants sont là pour vous avertir, vous, public, comment vous devez jouir ; vous, musiciens, peintres et poètes, pour vous diriger sur la scène au moyen de fils dont ils tiennent le bout, et pour encourager vos efforts, s'il y a lieu. Ne perdez pas trop courage si, au milieu du plus doux accès de vanité et quand vous vous croyez assuré du triomphe, vous vous sentez tiré rudement par votre chaîne. C'est pour vous avertir que vous allez trop loin, que vous perdez le respect, ou que vous manquez de grâce. Baisez la main de ces vizirs du public, gardiens de l'honneur del art.»

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N°® 729, 7JO : Études de nu

1° Torse d'homme vu de protiL — Croquis aux deux crayons. — H. 0^27, L. o"22. — Daté : « 3o décembre 1840. » — Non catalogué par M. Moreau. 2° Torse de jeune homme vu de face. — Croquis aux deux crayons. ■ — H. o"'3o, L. o"'26. — Daté du 22 aoiàt 1840. — Non catalogué par M. Moreau.

« Le beau ne se transmet ni ne se concède comme l'héritage est le fruit d'une inspiration persévérante, qui n'est qu'une suite de labeurs opiniâtres; il sort des entrailles avec des douleurs et des déchirements, comme tout ce qui est destiné h vivre ; il fait le charme et la consohition des hommes, et ne peut être le fruit d'une appHcation passagère ou d'une banale tradition. Des palmes vulgaires peuvent couronner de vulgaires efforts; un assentiment passager peut accompagner, pendant la durée de leur succès, des ouvrages enfantés par le caprice du moment; mais la poursuite de la gloire commande d'autres tentatives; il faut une lutte obstinée pour arracher un de ses sourires. » (Eugène Delacroix, Questions sur te beau.)

d'une ferme ;

N°73i : Études d'hommes nus

Croquis à la plume. — H. o'"20, L. o™3i. — Daté au bas: «25 décembre 1840. » — Publié en fac-similé par A. Robaut, n" 5j, dans les dimensions de: H. o'"2o, L. o^Bi. — Vente posthume. — Cat. A. Moreau, p. i36.

Ce sont là de ces notes prises sur le vif, que Delacroix multipliait dans ses cartons, et qu'il consultait ensuite, pour la mise en oeuvre de ses compositions. Je ne sais, en effet, si j'ai dit que jamais il ne faisait poser le modèle quand il exécutait un tableau. « Le modèle, avait-il coutume de dire, n'entre jamais dans le mouvement que vous avez vu avec l'œil de votre imagination; loin de se passionner, d'accuser le geste avec énergie, il se fatigue et devient de plus en plus glacial. D'un autre côté, la nature a une telle puissance, un tel attrait, que si elle pose devant vous quand vous tenez le pinceau, vous ne pouvez résister au charme de la copier. Vous faites peut-être une série de belles études, mais vous rtnissez, à coup sûr, par produire un détestable tableau. »

N°''7p,7}} : Études de lions

H. o^iS, L. o"2;

1° Lion tenant un lièvre dans ses pattes. — Croquis à la plume. — H. o'"2 10, L. 0^340. — Publié en fac-similé par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Vente posthume n° 475 : 280 fr., à M. le baron de Laage. — Non catalogué par M. Moreau.

2" Lion emportant une femme. — Croquis à la plume. — — Publié en fac-similé par A. Robaut, dans les mêmes di-

mensions. — Vente posthume à M. Dutilieux. — Non catalogué par M. Moreau.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

Année 184

N° 734 : Prise de Constantinople par les Croisés

Toile. — H. 4"'i3, L. 5'"oo. — Daté au bas. — Lithographie par Jorel et par Lassalle, dans les dimensions de : H. o"'i76, L. o'"2i5, et de : H. o"'i63, L. o'"2oi. — Gravé au burin par Frilley, en deux dimensions, pour les « galeries de Versailles « : i" H. 0^234, L. o'"28o; 2" H. o'-'ogg, L. o™i2i. — Reproduit à l'aquatinte, par Desniâdryl, dans les dimensions de : H. o'"i64, L- o"'2oo. — Gravé sur bois pour le Magasin pittoresque dans les dimensions de : H. o'"i3o, L. o"'i5o, et, pour le Monde illustré, dansles dimensions de: H. 0^224, L. o'"32o. — ■ Salon de 1S41. — ■ Voira Tannée i852. — Appartient au Musée de \'ersailles. — Cat. A. Moreau, p. 75, 90, 179, 2o5, 258.

Le ministère des Beaux-Arts a commandé une copie de ce tableau à AL Charles de Serres, avec l'intention de la substituer à l'oeuvre originale qui viendrait au Louvre.

N°73) : Épisode de l'entrée des Croisés

Dessin. — H. o'"i2o, L. o"'i 55. — Signé en bas à droite. — Gravé sur bois pour le Magasin pittoresque (1841I, dans les dimensions de : H. o™i2o, L. o"M5 5 — Photolithographié par Arosa, et reproduit en fac-similé inédit par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Cat. A. Moreau, p. 75.

C'est le beau groupe des deux femmes qui occupent le premier plan à droite de la composition, aux pieds du cheval de Baudouin. Le dos de la jeune femme blonde, échevelée, à demi-nue, accroupie sur le sol, rappelle, par la splendeur nacrée de la carnation, celui de la femme debout dans la Mort de Sardanapale.

N° 736 : Les miracles de saint Benoit. — D'après Rubens

Toile. — H. i'"3o, L. i^'gS. — N° 162 de la Vente posthume : 6,5oo fr. à M. Emile Péreire. — Vente Péreire, 6 mars i852 : 18,000 fr. à M. Brame. — Collection particulière du roi des Belges. — Cat. A. Moreau, p. 3ig.

Delacroix, à ce que i;ipporte M. Tencé, avait fait cette copie chez M. George, expert, en 1841, rue de la Fontiiine-Moliére. Cette copie est très librement faite, l'artiste ne s'est pas attaché à être exact autrement que d'aspect et d'impression.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° ']')']'■ Suzanne au hain. — Esquisse d'après Rubens

Toile. — H. o'"27, L. o'"35. — Lithographie à la plume par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o"'o85, L. o"Mi3, et cliché pour le catalogue de la vente C. Dutilleux. — Vente Duiilleux, mars 1874 • 4°° fr. à M. Michel Cerf. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette esquisse a été faite de souvenir d'après une des plus énergiques compositions de Rubens, au retour d'un voyage en Belgique et avec l'aide d'une ancienne gravure sur bois de Christoffel legher. Le grand caractère de cette composition avait dû séduire Delacroix. C'est qu'ici Suzanne se défend sérieusement, alors que dans la plupart des compositions faites sur ce sujet, elle a l'air d'une victime complaisante.

N" 7)8 : Cavaliers marocains au bord du fleuve Sebou

Panneau de carton. — H. o'^ab, L. o"'33. — Appartient à M de Courval-Piron. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix avait offert ce petit paysage, œuvre d'une délicatesse exquise, à mademoiselle Piron, fille aînée de l'exécuteur testamentaire du maître. Celle-ci plus tard étant entrée en religion, le donna i son beau-frère, M. de Courval. — Une haute montagne éclairée par le soleil couchant jette sa grande ombre sur de vastes terrains qui descendent par degrés jusqu'au bord du fleuve, où une troupe de cavaliers pénétre pour faire baigner les chevaux à la fin d'une journée chaude.

Cavalier arabe se chauffiint

Toile. — H. o'"34, L. o'^sg. — Signé à droite, non daté. — Vente D., 23 janvier 1 85o : 38o fr. à M. Soultzener. — Cat. A. Moreau, p. 267.

M. Moreau catalogue ce tableau sous le titre de : «Arabe et son coursier «, titre qui rappelle trop les romances et le roman sentimental de la Restauration, Malek-Adel et consorts, avec lesquels l'esprit de Eugène r/.;oïv \.' /;,(■/; BT Delacroix n'a rien de commun. — Ici le cavalier descendu de son cheval f^ ^^^j^J*. '^ bai brun est assis, tenant son fusil entre les jambes, et se chauffe à un feu de broussailles. Dans sa description, M. Moreau dit que l'homme tient le cheval par la bride. C'est une erreur, une très légère erreur à rectifier.

W y^o : Chevaux au piquet

Toile. —Vente Binant, 6 février 1844 : 35o fr. à M. Meffre. —Vente Durand-Ruel

28 janvier 1845 : 460 fr. à M. Tedesco. — Cat. A. Moreau, p. 266.

« Des Arabes tiennent leurs chevaux par la bride ; l'un d'eux plante un piquet en terre.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N"'" 741, 742,743 : Sainte Victoire et saint Jean

i°et 2°Toile s. — H. S^Sj, L.o"'87. — Cartons camaïeu pour des vitraux destinés à l'église paroissiale d'Eu. — Gravé sur zinc d'après un dessin au trait de A. Robaut, pour l'Art, dans les dimensions de : H.o"'268, L.o"'6o3. — Appartenant à la manufacture de Sèvres. — Cat. A. Moreau, p. 223.

Derrière chacun de ces deux cartons, on a collé deux étiquettes. On lit sur l'une : « Sainte Victoire, par M. Eugène Delacroix. — Pour les fenêtres latérales du portail de l'Eglise d'Eu 1841 . .> On lit sur l'autre : « Manufacture royale de porcelaine de Sèvres. — I™ division, i'" classe, i^'' ordre. — Section D. § 11. An 1841, 11» 6.» Pour le saint Jean, il n'y a de différence que dans le numéro qui est coté « n° .^. B. » Tous les deux portent la date de 1841, époque h laquelle le maître les a faits. — Les cartons sont peints à l'huile en camaïeu et sont légèrement rehaussés de couleurs dans les ornements du haut et du bas. L'exécution en verre ne rend que d'une façon bien insuffisante le grand caractère sculptural de ces deux figures.

3° Nous avons vu chez M. le comte Doria, à Orrouy (Oise), un croquis de ces deux figures, première pensée de ce double sujet qui faisait partie du n" 34^ de la Vente posthume.

N'"" 744, 745 : Études de fauves

,g0j^/^^^ 1° Une lionne qui se lèche. — Sépia au trait. — ^i^^M^'V^m^ • H. G'"! 5, L. o'"2i. — Reproduit en fac-similé inédit s^^t ''"spsé^^^'ÊC^ '^ par Emile Vernier, en 1 864, dans les dimensions "*-'" de : H. o'^iSo, L. o'"2io. — Cat. A. Moreau, p. 92.

2° Un jaguar. — Dessin au crayon. — H. o"'i26, L. o'"200. — Partie du n° 196 de la Vente posthume. — Reproduit en une photolithographie inédite par Arosa, dans les mêmes dimensions. ■ — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix a conservé jusqu'à sa dernière heure l'amour des grands félins. Il n'est pas d'année où il n'en ait reproduit quelqu'un. Un de ses derniers tableaux représentera une panthère.

N"'' 746^ 747 : Musicien juif de Tanger

1° Dessin à la plume. — H. o'"i i5, L. o'"i5o. — Signé à gauche en bas. — Gravé sur bois pour le Magasin pittoresque (1842), dans les dimensions de : H. o"'i i5, L. o'"i5o. — Cat. A. Moreau,

2° Aquarelle. ■ — In-quano. — Vente Baroilhet, 12 avril 1862:

355 fr. — Appartient à M. Choquet. — Cat. A. Moreau, p. 290.

Assis à terre, les jambes croisées, le musicien promène l'archet sur une sorte de violon à deux cordes. Un tambour de basque est posé près de lui. On reconnaît là une des figures du tableau de la Noce juive. ( Voir plus haut, n" 687. )

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 748 : Bataille de Taillebourg. — Carton de vitrail

Toile camaïeu. — H. 3"55, L. i'"8o. — Reproduit au trait par A. Robaut pour VAft (1879). — Voir le tableau et une variante à l'année iS?-. — Appartient aux collections de la manufacture de Sèvres. — • Non catalogué par M. Moreau. La disposition en hauteur a conduit l'artiste h modifier sensiblement la composition primitive de ce motif telle que nous l'avons vue à l'année iSSy. — On lit derrière la toile : » Section D, § Il — I — 1842 n'^ 2.— Bataille de Taillebourg, par M.Eugène Delacroix; pour un vitrail de la chapelle sépulcrale de Dreux. » Ce carton a, paraît-il, été dessiné par M. Lassalle-Bordes. d'après un croquis de Delacroix. M. Lassalle-Bordes, qui cite ce fait dans les notes qu'il a communiquées à M. Burty, pour la seconde édition des Lettres, désigne sans doute sous le mot de croquis l'une des aquarelles dont nous parlerons tout à l'heure. Nous n'aurions donc pas reproduit ici ce carton, qui n'est pas de la main de Delacroix, s'il ne donnait une idée approximative de l'aquarelle. En modifiant la première composition, le maître en fait une œuvre toute nouvelle. A Versailles, le pont est parallèle à la bordure; la bataille est montrée de profil. A Sèvres, la mêlée, ardente, furieuse, se présente de face; elle descend à pic et comme une avalanche, de l'arête du pont en dos d'âne, dont les arches gothiques allongent leurs hautes ogives dans la profondeur du tableau. On se bat corps à corps, visière contre visière, s'épiant du regard, le fer croisé, attendant un faux mouvement. Des hommes d'armes tombent lourdement, les bras en avant, avec leurs montures qui s'abattent. D'autres, soutenus par un écuyer, veulent mourir debout à côté de l'ennemi gisant affaissé, renversé sur le sol, immobilisé à jamais. Là on s'assemble par groupes, et, de la pointe des piques, on rejette dans le fleuve les guerriers culbutés avec leurs chevaux par-dessus les parapets de pierre, en essayant de reprendre pied sur la rive. L'un d'eux y a réussi. Il fait quelques pas en remontant vers le centre de l'action. Un coup de talon ferre porté de haut en bas lui écrase la face comme une grenade et l'arrête court. Autour du roi saint Louis, h l'ombre d'une forêt de lances, la mêlée redouble de fureur. Tout l'effort du combat se concentre dans le rayon de sa formidable épée. Du haut de son cheval blanc superbement caparaçonné, il domine la bataille, menacé, frappé, rendant blessure pour blessure. D'un coup de lance, ^l'un de ses barons le débarrasse du plus proche de ses adversaires. Un jeune page, glissant à travers les combattants, empoigne les rênes de la monture royale, déjà saisie à la nuque par l'effroyable coup de dents d'un cheval enivré. A droite, à gauche, c'est un pêle-mêle sanglant d'hommes frappant et criant, de chevaux hennissant et se cabrant. Au loin, le paysage verdoyant et doux s'étend vers les montagnes, embrassant les silhouettes grises des forteresses. Dans le ciel d'un bleu d'azur, de grandes nuées blanches, mollement balancées, nagent, opposant leurs formes claires h l'intensité vigoureuse des flammes et des pennons qui flottent au vent. Le vitrail proprement dit, tel qu'il a été exécuté à la manufacture de Sèvres et tel qu'on peut le voir dans la chapelle de Dreux, est une assez triste interprétation de l'œuvre de Delacroix; par la disposition et la crudité des teintes, les groupes sont divisés et manquent de cette solidité dans les masses, de cette harmonie générale dont le maître s'est toujours montré si ardemment préoccupé. ( Voir, sur la préparation de ce carton, les n"^ suivants.)

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N"*" 749, ")0 \ Bataille de Taillebourg. — Projet de vitrail

1° Aquarelle. — H. o'"44o, L.

maie. — Voir le carton 11° 705.

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