L. o"'38. — V'emc AUou-Erler, Appartient ù M. Charles Havc
février - Cat.
Toile. — H. o™4 1872 : 3,85o h.
A. Moreaii, p. 23.^.
Nous n'avons pas besoin de rappeler que Lélia est un des premiers romans de George Sand. Celle-ci a rendu un précieux témoignage de son amitié pour Eugène Delacroix, le jour oii elle écrivit à Théophile Silvestre : 0 II y a vingt ans que je suis liée avec lui, et par conséquent heureuse de pouvoir dire qu'on doit le louer sans réserve, parce que rien, dans la vie de l'homme, n'est au-dessous de la mission si largement remplie du maître ; et je n'ai probablement rien à vous apprendre sur la constante noblesse de son caractère et l'honorable fidélité de ses amitiés. Il jouit également des diverses faces du beau par les côtés multiples de son intelligence. Delacroix, vous pouvez l'affirmer, est un artiste complet. Il goûte, il comprend la musique d'une manière si supérieure, qu'il eût été très probablement un grand musicien, s'il n'eût pas choisi d'être un grand peintre. Il n'est pas moins bon juge en littérature, et peu d'esprits sont aussi ornés et aussi nets que le sien. Si son bras et sa vue venaient h se fatiguer, il pourrait encore dicter, dans une très belle forme, des pages qui manquent à l'histoire de l'art, et qui resteraient comme des archives à consulter pour tous les artistes de l'avenir. Ne craignez pas d'être partial en lui portant une admiration sans réserve. La vôtre, comme la mienne, a dû commencer avec son talent et grandir avec sa puissance, année par année, œuvre par œuvre. « (Th. Silvestre, Les Artistes vivants.) — Notre croquis a été fait de souvenir.
N" 1054 : Mise au tombeau
Toile. — H. i'"6o, L. i'"3o. — Signé à gauche, daté 1848. — Salon de 1848. — Exposition universelle de i855. — Gravé à l'eau-forte par Boilvin, dans les dimensions de : H. o"'i25, L. o"'ioo, pour la collection Durand-Ruel et le catalogue de la vente Faure. — Vente Faure, juin 1873 : 60,000 fr. à M. Durand-Ruel. — Cat. A. Moreau, pp. i83, 188.
Ce tableau, qui fut peint à l'origine pour le comte de Geloës, est un de ceux dont le maître parlait comme d'une de ses plus belles œuvres. A ce titre, il mérite une description complète, et nous reproduisons celle qu'a donnée le catalogue de la vente Faure : « Le Christ a été détaché de la croix et placé, par deux disciples et les trois saintes femmes, sur une dalle de pierre. Son bras droit pend h terre; sa poitrine découverte laisse voir la blessure béante du soldat romain. Une douce lumière resplendit sur cette belle nudité, sur cette noble enveloppe d'un cœur qui fut si compatissant aux hommes. La tète est soutenue par une des saintes femmes qui, à genoux, pleure et s'appuie sur une des Marie dans une attitude désespérée et touchante. Une autre sainte femme, Marie-Madeleine, lève le linceul qui couvre les pieds sanglants, regarde les plaies et les baise. Un jeune homme demi-nu, avej draperie rouge, .est assis par terre et courbé; il tient dans ses mains la couronne d'épines, qu'il fixe dans un muet accablement. Joseph d'Arimathie et Nicodème sont debout et fixent le mort avec un profond sentiment de douleur; l'un d'eux tient un vase de parfums. Deux soldats romains descendent le chemin du calvaire, percé dans une suite de rochers gigantesques qui se perdent au loin. Trois autres soldats, au loin, s'éloignent des trois croix du Golgotha ; l'une est nue, c'est celle du Christ ; aux deux autres sont encore appendus les deux larrons. C'est la fin du jour, la nuit C'^t venue. "
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" lO]^ : Mise au tombeau
Toile. — H. o"'55, L. o"'46. — Signé à gauche, non daié. — Exposition Durand-Ruel, 1878. — Lithographie par J. Laurens, dans les dimensions de : H. o""454, L. o'"332. — Gravé à Teau-forte par F. Flameng pour la Ga-^ette des Beaux- Arts. dans les dimensions de : H.o'"226, L.o'"i84. — N'ente Laurent Richard, 7 avril 1873 : 29,100 fr. à M. Durand-Ruel. — A appartenu à M. Frémyn. — Cet. A. Moreau, pp. q8, 265. Delacroix a fait plusieurs répliques ou analogies du tableau précédent, qu'il aimait particulièrement. Il a laissé, au sujet de cette œuvre, des notes inédites qui, nous l'espérons avec tous les amis de l'art et de la littérature, seront un jour publiées. — C'est h tort que le catalogue de la vente Faure dit que la lithographie de J. Laurens est la reproduction du grand tableau qui appartint au comte de Gelocs (voirie n" précédent) jusqu'en 1S70. 11 nous a été facile de faire la comparaison à différentes reprises, et nous pouvons affirmer avec certitude que cette lithographie r<.-produit bien le tableau du présent numéro.
N" 1036 : Mise au tombeau
Toile. — H. o'"3o, L. o'"42. — Signé à droite . non daté. — Vente E. S., 22 janvier i855 : 890 fr.; vente du i5 mai 1857 : 800 fr.; vente Marmontel, 11 mai 1868 : 4,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 260.
« Le travail lui-même n'est qu'un étourdissement passager, qu'une distraction; et toute distraction^ comme dit Pascal en d'autres termes, n'est qu'un moyen inventé par l'homme pour se cacher l'abime de ses maux. C'est dans les moments où l'âme se trouve en face de ce cruel néantque tous les secours sont impuissants pour lui porter la consolation. » (Eugène Delacroix.)
N° 10^7 : Mise au tombeau
Toile. — H. o™54, L. o'"44. — Lithographie par X., pour la collection Moreau, dans les dimensions de : H. o'"225, L. o"M87. — Cat. A. Moreau, p. 124.
I' 11 faut voir le beau où l'artiste a voulu le mettre. Ne demandez pas aux vierges de Murillo l'onction chaste, la timide pudeur des vierges de Raphacl : louez dans les traits de leur visage et dans leur attitude, l'extase divine, le trouble vainqueur d'une créature mortelle élevée vers des splendeurs inconnues. Si l'un et l'autre de ces peintres introduit dans ces tableaux, où ils nous montrent la Vierge dans sa gloire, quelques-unes de ces figures de pieux dona'taires ou de saints personnages de la légende, nous sommes charmés chez Raphaël de leur noble simplicité et de la grâce de leurs mouvements; chez Murillo, nous admirons avant tout l'expression dont ils sont pénétrés. Ces moines, ces anachorètes qu'il nous montre au désert ou dans leurs cellules, prosternés devant le crucifix et tout meurtris de pieuses macérations, nous remplissent à notre tour d'un sentiment d'abnégation et de croyance, u iQiiestions sur le beau.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" iO)8 : Mise au tombeau
Toile. — H. o'"74, L. on^Sp. — Vente Davin, i863 : 4,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 26?.
N° 1039 : Mise au tombeau
Deux dispositions sur la mcme feuille. — Dessin à la mine de plomb. — H. o"23, L. o"'35. ^Reproduit en fac-similé par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o™23, L. o™35. — Extrait en fac-similé inédit, par Charles Desavary, dans les dimensions de : H. o'"20o, L. o"23o. — Appartient à M. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau. l'idée remuée, retournée en tous sens » par ce cerveau lumineux et aux fraîches inspirations. Dans le premier trait, la scène se passe sous un grand portique; dans le second, c'est entre des rochers et h la lueur des torches que circule le groupe imposant.
N" 1040 : Un bouquet de fleurs dans un vase
Toile. — H. o"'3i, L. o'"43. — Signé au bas à droite et daté. — Vente posthume n" 92 : 820 fr. à M. Choquet. — Non catalogué par M. Moreau.
Un seul rouge franc pique sa note hardie sur la droite, en ces quatre pétales de géranium; il est d'ailleurs soutenu très heureusement par ' \ des variétés de tons très multiples, tantôt douces, tantôt vigoureuses,
et de tout cela se dégage une harmonie exquise. — Voir la belle suite d'études de fleurs à l'année 1849. O" >' trouvera la citation d'une lettre dans laquelle le maître expose sa manière de comprendre la peinture de fleurs. Avec une grande richesse d'arguments techniques, il prouve que ce genre exige un parti pris décoratif, une facture large et une observation parfaite des principaux plans de lumière et d'ombre.
N° 1041 : Corbeille de fleurs posée sur un socle
Toile. — H. i™o5, L. 1^40. — • Salon de 1849. — Exposition universelle de i855. — Gravé à Teau-forte par La Guillermie, pour la collection Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o"'o89, L.o"Mo8. — N" 90 de la Vente posthume : 7,000 fr. à M. Piron. — Vente Piron, i865 : 3, 000 fr. — A appartenu à M. Fanien. — Se trouvait chez M. Petit en [884. — Cat. A. Moreau, pp. 192, 314.
Le catalogue delà Vente posthume désignait l'œuvre en ces termes: Corbeille posée dans un jardin, contenant des raisins, des pêches, etc. » Le fond du laysage est une allée bordée de roses trémières.
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L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 1042 : Fleurs mélangées
Aquarelle. — H. o'"63, L. o™6o. — N" 614 de la Vente posthume : 2,000 fr. à M. Piron. — Vente Piron, i865 : 3oo fr. à M. Choquet. — Non catalogué par M. Moreau.
C'est à la fin de l'été 1848 que Eugène Delacroix peignit ces belles étuJes de fleurs et de fruits en sa maison de Champrosay, comme en témoignent les lettres de cette époque h madame de Fôrget. Ces lettres en même temps nous disent quel était son état moral, à cette date de politique troublée. « Champrosay. vendredi, août 1S48. Bonjour, chère amie, me voilà ici depuis quelques jours, essayant de me remettre h quelque chose. Il y a si longtemps que je n'ai touché a ma pauMs. pemture que je ne sais pas par quel bout la prendre. Je ne suis pas non plus ties bien poitant. Le:> matinées surtout sont d'une lourdeur et d'une maussaderie extrêmes, et la vie n'en passe pas moins ! Voilà ce qui me désespère... «
N° 1045 : Etude de paysage — Champrosay ou Augerville
Toile. — H. o'"37, L. o'"45. — Partie du n'^ 2\q de la Vente posthume : 295 fr. — Vente Belly, 1878:355 fr. — Appartient à M. Dollfus. — Non cauilogué par M. Moreau.
« Je visa la campagne presque continuellement... Je me trouve bien de ce régime au physique et au moral. 0 'Lettre à M. Lasallc-Bordes. septembre 1848, édition Burtv.)
N" 1044 : Comédiens bouffons arabes
Toile. — H. o"\)3, L. i"'3o. — Daté. — Salon de 1848. — Gravé sur bois pour l'Illiistratinn et l'ouvrage de La Madelè'ne, dans les dimensions de: H. o'"ii5, L. o'"i53. - Appartient au musée de Tours. — Voir l'aquarelle à 1 année i836. — Cat. A. Moreau, pp. 184, 202.
X^quis par l'État et donné par lui h la ville de Tours, ce tableau Lst, au point de vue de la couleur, où chantent les verts et les I )Ui^i-s^ un des plus beaux tableaux de chevalet que le souvenir du Maroc ait inspirés à Delacroix. 11 faut reprendre et citer à son sujet les réflexions et les comparaisons que la Noce juive inspirait à Théophile Gautier : <i Quiconque a visité seulement l'Algérie sera frappé du talent extraordinaire d'appropriation que montre M. Delacroix dans cette scène. Aucun de ses personnages n'a une attitude européenne. Les voyageurs ont remarqué, pour peu qu'ils soient attentifs, que les musulmans, arabes, turcs,' asiatiques, ont des mouvements sans rapport avec les nôtres. L'habitude de vivre dans des vêtements amples et libres, de s'accroupir ou de se coucher partout où le caprice leur en prend, de quitter et de reprendre leur chaussure, de se courber pour la prière ou l'ablution, de croiser les jambes sur les divans, de rester des heures entières enroulés par le tuyau de cuir du narguilé, de monter à cheval presque à genoux avec des étriers larges et courts, leur donne des plis particuliers d'articulation, auxquels n^tre corps ne peut se soumettre. » (^e,s- Bejii.v-Aris en Europe.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 104^' : Femmes d'Alger
Toile. — H. o"'32, L. o"'24. — N" 70 de la Vente posthume. — Vente Hermann, 10 février 1871): i,65ofr. à M. Charlet. — Non catalogué par M. Moreau.
Ce tableau est très peu poussé comme dessin. Richement vêtue, la jeune femme est assise sur un divan recouvert d'étoffes brillantes et caresse son lévrier. Le corsage est vert bleuâtre clair garni d'or, une étoffe jaune passe sur la jupe, également brodée d'or; l'éventail est jaune clair, les coussins du divan, vert garni de rouge, et le coussin des pieds rouge avec cordonnet vert ; la draperie, est brune. « Comme un rêve est placé dans une atmosphère qui lui est propre, de même une conception, devenue composition, a besoin de se mouvoir dans un milieu coloré qui lui soit particulier. 11 y a évidemment un ton particulier attribué à une partie quelconque du tableau qui devient clef et qui gouverne les autres. Tout le monde sait que le jaune, l'orangé, le rouge inspirent et représentent des idées de joie, de richesse, de gloire et d'amour; mais il y a des milliers d'atmosphères jaunes ou rouges, et toutes les autres couleurs seront atTectées logiquement et dans une quantité proportionnelle par l'atmosphère dominante. « (Baudelaire )
N° 1046 : Un marocain, soldat de la garde de l'empereur
Toile. — H. o'"33, L. o"'4i. — Signé au bas à droite, et daté '( 1848.» — Musée de Bordeaux. — Voir la variante, aquarelle reproduite à l'année i833. — Cette toile a été léguée à la Ville par le général Delacroix. — Cat. A. Moreau, p. 200.
Cette toile offre des différences très sensibles avec l'aquarelle à laquelle nous renvoyons le lecteur. Ici, la composition est plus chargée, a moins d'air, et le premier plan est embarrassé d'accessoires. La date de 1848 ne concorde pas avec le legs fait par le général
Delacroix, qui mourut en 1843. Nous signalons au lecteur cette anomalie, que la mise sous
presse ne nous permet pas de contrôler et de rectifier.
N" 1047 • Christ en croix
Peinture sur bois. — H. o'"2o5, L. o'"if'5. — Signé au pied de la croix, E. D. — Don du maitre à madame la baronne de Forget. — Non catalogué par M. Moreau.
Dans cette petite toile, qu'il destinait à une amie sincère, femme d'un goût très délicat et d'un esprit très éclairé, le maître mit toute la magie de son exécution. L'effet est très doux. — Fils d'ancien fonctionnaire, il ne haïssait pas les grandeurs officielles et désira pendant quelque temps obtenir la direction delà manufacture des Gobelins. II trouva un appui très empressé auprès de madame de Forget, avec laquelle il entretint à ce sujet une correspondance suivie; mais il changea rapidement d'idée et pria son amie de suspendre toute démarche. La place fut donnée au frère de l'orateur chrétien Lacordaire. (Voir Lettres', édition Burtv-I
tyS
LŒLVRE DE DELACROIX
N° 1048 : Officier grec assis sur un tertre qui domine la mer
Toile. — H.o'"34, L. o'"28. — Vente de feu M. Albert, i5 mai 1866 : 1,240 tr. — Voir le numéro suivant. — Cat. A. Moreau, p. 273.
N" 1049 • Officier grec
Dessin à la mine de plomb. — H. o'"i4, L. o"M6. — Don de Jenny Le Guillou à Constant Dutilleux. — Non catalogué par M. Moreau.
Ce joli croquis, si net et si rapide et plus ancien que le tableau précèdent, en est la première pensée. Baudelaire parlant de Eugène Delacroix a très bien dit : « Pour ce grand peintre, toutes les parties de l'art, dont l'un prend celle-ci et l'autre celle-là pour la principale, n'étaient, ne sont, veux-je dire, que les très humbles servantes d'une faculté unique et supérieure. Si une exécution très nette est nécessaire, c'est pour que le langage du rêve soit très nettement traduit; qu'elle soit très rapide, c'est pour que rien ne se perde de l'impression extraordinaire qui accompagnait la conception, n
N" lo^'o : Lion couclié
Toile. — H. o'"37, L. o"'70. — Vente, 29 février i853 : igq fr. — Voir à l'année i856 la vignette offrant la même disposition. — Vente Marmontel. 11 mai 1868 : 6,400 fr. à M. Brun. — Cat. A. Moreau, p. 276.
N° lop : Lions à la source
Toile. — H. 0^41, L. o'"52. — Signé au bas. — Gravé à l'eau-forte parF. Milius, pour le catalogue de la Vente Sabatier, i883, dans les dimensions de : H. o^iog, L. o"M37, avec le titre : Deux lions près d'une source. (Il existe trois états de cette planche.) — Vente Couteaux, 21 avril i858 : 1,125 fr.; vente Marmontel, 11 mai 1868 : 7,000 fr.: vente Sabatier, 3o mai i883 : i5,ioo fr.
Le catalogue Moreau, p. 279, décrit en une ligne un tableau, qui doit être le même que celui-ci, d'après les dimensions : « Ils s'avancent pour boire à une source ombragée d'arbres. » Le catalogue de la vente Sabatier le désigne ainsi : « Dans un site sauvage, au milieu de rochers, deux lions se sont rencontrés près d'une source. Le premier arrivé rugit et paraît vouloir défendre sa place; l'attitude menaçante du second animal laisse prévoir qu'une lutte terrible va s'engager entre les deux fauves. Par une échappée à travers les rochers, on aperçoit vers la droite le ciel encore éclairé par les dernières lueurs du jour. »
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 10^2 : Un lion à la source. — Esquisse
occupèrent certitude q
alors ue ce
Toile. — H. 0^46, L.o'"56. — Légué au musée de Bordeaux par le général Delacroix, frère du maître. — Cat. A. Mnreau, p. 200.
Quelques indications de montagnes accusent les fonds; le lion est couché par devant sur des jungles, au bord de l'eau oii il est venu se désaltérer. Il détourne la tète comme s'il avait entendu un bruit soudain. Les pattes de devant signalent déjà l'intention du départ. — Faute d'une date précise, nous avions d'abord cru pouvoir classer ce tableau h l'année 1848, h côté de sujets analogues qui pré-
l'esprit du maître. Au moment de mettre sous presse, nous acquérons la
lion fut peint en 1844.
N" 10^'^ : Lions à la source
Aquarelle. — H. o'"265, L. o™36o. — Signé au bas à gauche. — Appartenait à madame la baronne de Forget. — Non catalogué par M. Moreau.
Delacroix a fait cette composition en se servant beaucoup de l'étude peinte en 1828 ('voir n" 264). Mais ce que son savoir et son goût seuls ont pu lui fournir, c'est l'entente des lignes et la lorce de cohésion qui lui font relier son groupe d'animaux au paysage. — Quelle belle opposition dans l'attitude variée des deux lions, l'un actif, l'œil grand ouvert, prêt à bondir, l'autre nonchalamment couché sur le flanc. La composition est absolument différente de celle du n° io5i, tant pour les lions que pour le paysage, qui représente ici une ligne de montagnes avec une gorge au milieu. — Cette importante aquarelle est d'une exécution très soignée.
iO)4,
Lion déchirant un cadavre
i'^ Aquarelle. — H. o'"2i5, L. o"'270. — N° 461 de la Vente posthume : 35o fr. à M. Normand. — Appartient à M. Donatis. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Toile. — H. o"'28, L. o'"lî5.
— Vente Weill, 20 janvier i858 :
5oofr.; vente du 26 janvier 1861 :
Cat. A. Moreau, p. 278.
La seconde de ces compositions est l'une des plus belles variantes de ce sujet, vers lequel le
maître se sentait comme un attrait irrésistible. M. A. Moreau l'a confondue avec le tableau
600 tr.
620 fr.; vente M. D., 29 mars il
La seconde de ces compositions est 1 maître se sentait comme un attrait i qui fut peint en 1847, et qui ne montre pas l'arabe au bord du précipice. (Voirie n" ici 7.
LŒUVRE DE DELACROIX
N° iO)6 : Tigre assis grognant
Toile. — H. o'"24, L. o"''3j. — Signé en bas à gauchie, non daté. — Vente Bonnet, 19 février i853 : 160 fr.; vente du 29 janvier i855 : i55 fr. à M. Van Praet, et aujourd'hui à M. Bellino. — Cat. A. Moreau, p. 276.
«La supériorité poétique, chez Delacroix, efface, comme un mirage, ses défauts plastiques les plus frappants. Il a des aperçus d'expression, d'attitude, de composition et d'effet qui parlent encore plus à notre imagination qu'à nos yeux; l'arabesque linéaire de ses dessins, aussi bien que l'harmonie de sa couleur, révèle, même à distance, le caractère du sujet et rend pour ainsi dire les onomatopées naturelles. » Cette excellente appréciation du talent de Delacroix par Théophile Silvestre trouve bien sa place en face de ce tigre h léchine souple, aux formes serpentines, et qui expriment si nettement la cruauté et la ruse.
N" 1057 • Tigre prenant son élan
: Pastel. — H. o'"i5, L. o™22. — Signé au bas a gauche. —
I^^^ — Voir le tableau variante, à Tannée 1862. — Vente baron
^!^S^ de C, 22 janvier i858 : i5o fr. ; vente Sensier, 12 décembre
^. •;'<:'. 1877 : 65o fr. à M. Brame; vente Marmontel, janvier i883 :
-^^T^^-rr^^^^^^^-^ 670 fr. à M. le docteur Goujon. — Cat. A. Moreau, n. 2q3.
■ .• Rien de plus souple que ce jeune animal qui s'apprête à bondir, rien de plus chatoyant que sa robe colorée rouge orangé, qui s'enlève sur une tonalité douce et chaude de gazons ensoleillés. Des collines brumeuses se perdent dans un ciel bleu. — Delacroix a reproduit plusieurs fois ce même mouvement en changeant les accessoires. La plus importante de ces variantes est le Tigre et le Serpent. (Voir à l'année 1862.)
N" 10^-8 : Etudes et sujets divers
Croquis à la plume. — Deux fragments mesurant ensemble : H. o'"3o, L. o'"2o. — Reproduit en fac-similé, par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o'"3o, L. o"'20. — Vente posthume. — Appartient à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.
« Le modèle vrvant, disait Delacroix, ne répond jamais bien à l'impression
f'J,. ou à l'idée que le peintre veut exprimer : il est incomplet, mesquin ou dé- -/, fectueux. Par une exception bien rare, le modèle pourrait se trouver d'une W beauté supérieure h celle que l'on a préconçue, alors les premières idées '" \ du peintre disparaissent et il s'absorbe dans une imitation pure et simple. Kotte père, magnifique modèle, était pourtant petit, rond et mesquin en posant pour Pline au Vésuve. Après avoir donné le mouvement pour des croquis, il a été tiède, languissant pour mon esquisse. Il faut donc arriver à se passer de modèle vivant, et pour cela acquérir de la facilité, meubler infiniment sa mémoire et dessiner beaucoup d'après les maîtres. Cette dernière manière de travailler fait surgir en nous des idées analogues à celles qui les animaient. « {Sotiyenirs de M. de Planet.)
N""" lO^'Q, 1060 : Deux croquis d'animaux
1" rigre en arrct prêt à s'élancer. — Dessin à la mine de plomb. — H. o'"2o, L. o^So. — Galerie Bruyas, au musée de Montpellier. — Voir le tableau à l'année i863. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Lionne se léchant la patte. — • Dessin mine de plomb. — Dimensions in-octavo. — Non catalogué par M. Moreau.
(1 Le premier venu s'écrie, en présence d'un tableau de Delacroix : il ne sait pas dessiner ! Dites plutôt qu'il ne dessine pas comme les autres!.. Il est savant, très savant dans son art, et, ce qui vaut mieux encore, doué de ce génie divinateur qui trouve souvent les choses du premier coup... Ne lui pardonnez rien; il sait à merveille tout ce qu'il fait. » (Th. Silvestre.) « Ce dessin (n" 1060) à la mine de plomb, minutieusement fini, est par cela même un morceau très rare de l'œuvre de Delacroix, l'ennemi naturel de la calligraphie prudhommesque dans le dessin » dit Silvestre. Pas si rare, à parcourir ce livre.
N" 1061 : Aigles, vautours, lions, lionnes
Croquis à la mine de plomb. — H. o'"2i, L. o'"35. — Vente posthume. — Appartient à madame veuve Paul Huer. — Non catalogué par M. Moreau.
Le paysagiste Paul Huet venait depuis quelques jours à l'Académie de Suisse, oii se donnaient rendez-vous la plupart des jeunes peintres. Un soir, Delacroix dit h Comairas, en entrant, qu'il venait de remarquer h la vitrine d'un marchand une étude de paysage tout à fait extraordinaire, qu'il n'avait encore rien vu de semblable : c: Qui diable a pu faire ça? n répétait Delacroix. Comairas le présenta aussitôt h Paul Huet. Dès le lendemain, Delacroix venait s'installer dans le pauvre atelier du paysagiste, qui travaillait alors h son célèbre tableau du Cavalier, et voulut le lui voir peindre jusqu'à la dernière touche. Les visites, qui se renouvelèrent chaque jour pendant un mois, fondèrent entre les deux artistes une amitié qui dura toute leur vie. iPeinires et statuaires romantiques. E. Chesneau.)
N" 1062 : Lions et lionne
Croquis à la mine de plomb. — H. o™22, L. o"'22. — Appartient à M. Ph. Burty. — Non catalogué par M. Moreau. Il n'est pas sans intérêt, devant ces multiples études de lions poursuivies avec tant d'énergie par Delacroix, de rappeler comment les peintres, les mieux doués dans tous les temps, ont compris la forme de ce roi des fauves. Les plus anciens artistes, Rubens et Rembrandt, par exemple, ont traité le lion au point de vue purement ornemental, et, comme s'ils ne l'avaient connu que par tradition, lui ont donné une foce presque humaine. Géricault commence h revenir à la nature, que Delacroix surprend dans ses formes les plus capricieuses.
Il est sinon le précurseur, du moins l'émule de notre grand Rarye.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
Année 1849
Ugolin et ses fils
pour
tout nu contraire.
Toile de vingt environ. — Photograpliié par X. M. Francis Petit. — Non catalogué par M. Morcau. M. Paul Tasse, qui a possédé ce tableau, le considère comme une petite merveille. Delacroix le lui avait fait payer 1,200 francs. Peu après, on le revendait 3, 000 francs, ce qui est le dixième de la valeur actuelle. La modestie, qui n'exclut pas le sentiment de son propre talent, était grande et sincère chez Delacroix. Il n'était guère marchand, ne savait point vendre. Mais comme il se préoccupe de l'effet que ses tableaux font au Salon! Ce n'est pas de l'orgueil, cela, \'oir à ce sujet la lettre qu'il écrit le 9 juin à son ami Riesener.
N""" 1064, 106^' : Ugolin et ses fils
I" Croquis à la mine de plomb. H. o"'24, L. o™33. — Non catalogué par M.Moreau.
2" Croquis lavis. — Variante. — H. o™o5o, L. o'"o55. — Vente posthume, partie du n° 358, sept feuilles : 58 fr.— Vente Sensier. — Non catalogué par M. Moreau.
Le premier de ces deux croquis est la maquette du tableau précédent; le second croquis
offre une variante importante. La composition y est beaucoup plus svmétriqu
N" 1066 : Daniel dans la fosse aux lions
cette même
Toile.— H. o'^bj, L. 0^48. — Signé à droite : « Eug. Delacroix. « — Lithographie par Jules Laurens dans les dimensions de : H. 0^295, L. o"'2i3. — Fait partie de la galerie Bruyas, au musée de Montpellier. — Voir variante à l'année i853. — Cat. A. Moreau, p. l32.
Dans la variante de i853, les deux personnages qui ici regardent épouvantés par l'orihce de la fosse, sont remplacés par un ange qui plane. Les animaux sont disposés différemment. Sans qu'il soit nécessaire de connaître le tableau même, notre vignette donne l'idée d'une des plus nobles conceptions qu'ait inspirées ce motif biblique. Non seulement les terribles fauves sont domptés; mais l'un d'eux s'élance pour défendre le prophète contre les inconnus dont le visage terrifié apparaît. L'œuvre est admirable. L'idée est sublime. — Et le grand artiste, année, se présentait une fois de plus, à l'Institut, qui lui préférait ^i. L. Cogniet.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
Cavalier arabe attaqué par un lion
Toile. — H. o'"46, L. o'"36. — Signé à droite, non daté. — Gravé à l'eau-forte par Bracquemond, pour le catalogue de la vente Michel de Trétaigne, dans les dimensions de: H. o"'r3o, L. o™io5. — Gravé sur bois par Du vivier pour le Monde Illustré, dans les dimensions de: H.o™i5o, L. o"i2i. — Lithographie par Dufourmantelle pour les Célébrités contemporaines, dans les dimensions de : H.o'"275, L.o'"225. — Vente M. D., 29 mars 1862 : retiré à 1,200 fr.; vente du baron Michel de Trétaigne, 7 février 1872 : 17,0001V. — A appartenu à M. Febvre. — Cat. A. Moreau, pp. 104, 129, i5o, 279.
Il est impossible de ne pas songer à Rubens en présence de ces cohues d'hommes, de chevaux et d'aniir.aux ; il faut bien dire aussi, pourtant, que Delacroix serre la nature de bien plus près que le maître flamand dans l'étude des animaux. Chez Rubens, la face du Uon a toujours quelque chose de conventionnel et d'ornemental, très éloigne du vrai.
N° 1068 : Cavalier arabe attaqué par un lion
Dessin à la mine de plomb. — H. o"'44, L. o"'3 i . — Reproduit en facsimilé réduit par A. Robaut, n" i5, dans les dimensions de : H. o'"25, L. o'"i8. — Non catalogué par M. Moreau.
C'est le dessin avec peu de variantes du groupe précédent, n Ce que veut ,,^ ., Delacroix,» dit Silvestre, « ce sont des courants d'action qui entraînent le spec- « V ( i.^ tateur. Si vous prenez isolément chacun des personnages, vous serez frappé du l^jilS* développement exagéré, quelquefois monstrueux, de ses formes agissantes, ■ développement que le peintre a jugé nécessaire à l'énergie du mouvement, à l'intensité de l'expression. Si ce désordre ne se produit pas toujours dans la nature, il n'en existe pas moins pour cela dans notre imagination, et c'est surtout h notre imagination que l'artiste veut parler. Il dit que la peinture est l'art de produire l'illusion dans l'esprit du spectateur en passant par ses veux. » Noble définition qui révèle un idéaliste.
N° 1069 : Fleurs dans un vase bleu
et c jmme ]e
Toile. — H. i"'35, L. 1 m 00.^ Non catalogué par M. Moreau. On distingue, parmi ces fleurs, des reines-marguerites, des glaïeuls, de grosses giroflées, des digitales, des cinéraires, des campanules, des crêtes de coq, des pavots et des roses. Le vase de porcelaine bleue à anse dorée est placé sur une console dorée, avec marbre blanc. La draperie est grisverdàtre clair, l'aspect général rouge vineux et violacé verdâtre. — Delacroix dit encore à Constant Dutilleux : 0 J'ai essayé de faire des morceaux de nature comme ils se présentent dans les jardins, seulement, en réunissant dans le même cadre et d'une manière un .peu probable la plus grande variété possible de fleurs. Je suis h présent dans l'inquiétude de savoir si j'aurai le temps de Hnir, car je n'ai pu encore m'y remettre, et il y a beaucoup h faire. S'ils sont finis à temps désire, je les mettrai probablement au Salon. » [Lettres, édition Burty.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 1070 : Marguerites et dahlias dans un parterre
Toile. — H. i'"o5, L. i"'4o. — Non signé ni daté. — Salon de 1849. — Exposition universelle de i855. — N° 87 de la Vente posthume. — Appartient à ladv Ashburton.
Hortensias sur le bord d'un étang
Toile. — H. i'"o5, L. i "'40. — Non signé, non daté. — N" 89 de la Vente posthume — Appartient à lady Ashburton. — Cat. A. Moreau, pp. 184, 192.314.
N" 1072 : Corbeille de fleurs renversée dans un
parc
Toile. — H. i'"o5, L. i"4o. — Salon de 1849.- — Exposition universelle de i855. — N° 88 de la Vente posthume: 7,55o fr. à M. Sourigues. — Vente Sourigues, 28 février 1881 : io,3oo fr. à M. Durand-Ruel. — Cat. A. Moreau, pp. 184, 192, 314.
I)utilleux avait demandé au maître son avis sur deux tableaux de tlLurs peints par Baptiste Monnoyer. Delacroix répondit: «J'ai été voir, presque aussitôt après avoir reçu votre lettre, les deux tableaux de fleurs; j'en ai exactement la même opinion que vous m exprmiez. Ils sont pleins de talent : la touche, surtout, en est surprenante ; ils ne me semblent pêcher que par le défaut qui est commun à presque toutes ces sortes d'ouvrages faits par des hommes spéciaux. L'étude des détails, poussée à un très haut point, nuit un peu a l'ensemble. Je crois aussi que l'effet du temps est d'augmenter cette imperfection. Comme l'artiste, en exécutant, a moins procédé par de grandes divisions locales de lignes et de couleurs que par une attention extrême à exprimer les différentes parties, les objets qui dans le tableau servent en quelque sorte de fond à chacun de ces détails, mis en relief avec une trop grande complaisance, disparaissent h la longue, et il ne reste que cet éparpillement qui nuit un peu à l'effet. » [Lettres, édition Burtv.)
N° 107^ : Études pour la u Corbeille de fleurs »
iJ^-, Deux croquis de liserons au crayon noir et pastel. — In- *" folio. — Vente posthume : 210 fr.; vente Paravey, avril 1 878.
Dans la suite de la lettre à Dutilleux, dont nous venons de citer la [iremière partie, Delacroix parle de ses propres études de fleurs : «Vous ivez la bonté de me parler des tableaux de fleurs que je suis en train d'achever. J'ai, sans parti pris, procédé d'une façon toute contraire à celle des deux ouvrages en question, et j'ai subordonné les détails à l'ensemble autant que je l'ai pu. J'ai voulu aussi sortir un peu de l'espèce de poncif qui semble condamner tous les peintres de fleurs à faire le même vase avec les mêmes colonnes ou les mêmes draperies. »
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" iO"4 : Le giaoïir poursuivant les ravisseurs de sa maitresse
ciel, que la fusion
Toile. — H. o"45, L. o"'38. — Signe et daté au bas à gauche. — Salon de i85o. — Acheté par M. Vacquerie à cette exposition. — Cat. A. Moreau, p. 186.
Delacroix,» disait Baudelaire en i846,«estle seul aujourd'hui dont l'ori- .^inalite' n'ait pas été envahie par le système des lignes droites; ses personnages sont toujours agités, et ses draperies voltigeantes. Au point de vue de Delacroix, la ligne n'est pas; car, si ténue qu'elle soit, un gLomètre taquin peut toujours la supposer assez épaisse pour en contenir mille autres; et pour les coloristes qui veulent imiter les palpitations éternelles de la nature, les lignes ne sont jamais, comme dans l'arc-enmtime des deux couleurs. » (Cli. Baudelaire, Curiosités esthétiques.)-
N° 107^ : Arabe syrien et son clieval
Toile. — H. o"'33, L. o'"4(). — Signé à gauche, non daté. — Salon de 1849. — Vente Baron, 20 mars 1861 : 890 fr.; vente Diaz, 4 avril 1861 : i,5oo fr.; vente Edwards, 7 mars 1870: 7,200 fr. à M. Hartmann; vente M. A. H., 10 février 1873 : 10,010 fr. — Cat. A. Moreau, pp. i85, 272.
Ce tableau est un des meilleurs dans l'œuvre de chevalet de Delacroix , non seulement pour la beauté de la coloration où les ZÙ-^^^i gris lilas de la robe du cheval s'étalent sur le fond vert des montagnes, mais aussi pour le sentiment si pénétrant et la grandeur simple avec lesquels lé maître a rendu ici l'image delà vie pastorale.
N" 1076 : Arabe montant à cheval
quand
Toile. — H. o'»56, L. o"'46. — Photolithographié par Arosa dans les dimensions de: H. o"M2o, L. o'"ioo. — Vente A., 24 avril i858 : 1,000 fr. à M. Arosa; vente Arosa, février 1878 : 8,000 fr. à M. Desprez. — Cat. A. Moreau, p. 270. a Delacroix part de ce principe, qu'un tableau doit avant tout reproduire la pensée intime de l'artiste, qui domine le modèle, comme le créateur la création; et de ce principe il en sort un second qui semble le contredire à première vue, h savoirqu'il faut être très soigneux des moyens matériels d'exécution, 11 professe une estime fanatique pour la propreté des outils et la préparation des éléments de l'œuvre. En effet, la peinture étant un art d'un raisonnement profond et qui demande la concurrence immédiate d'une foule de qualités, il est important que la main rencontre, elle se met à la besogne, le moins d'obstacles possible, et accomplisse, avec une réa-
lité servile, les ordres divins du cerveau : autrement l'idéal s'envole. » (Ch. Baudelaire.
I, ŒUVRE DE DELACROIX
Femmes d'Alger dans leur intérieur
1 1 H rjfJiBFM-gyi Toile. — H. o"'84, L. i'"ii. — Signé à droite : « Eug. iff!'''A I fTAf4 Delacroix, 1849. » — Variante du tableau du Louvre. — I trii.tj U^'.' Lithographie deux fois par Jules Laurens : 1" en sens inverse du tableau dans les dimensions de : H. o"i85, L. o"^25o; 2°dans le sens du tableau, dans les dimensions de : H. o™i8o, L. 0^240. — Fait partie de la galerie Bruyas, au musée de Montpellier. — Cat. A. Moreau, pp. i?2, i85.
Notre vignette est. comme la première lithographie de J. Laurens, en sens inverse de l'original. La disposition des bras de la négresse n'est pas tout à fait la même que dans le tableau du Salon de 1834, appartenant au Louvre. Ici le bras droit Jle gauche dans la vignette^ est complètement levé pour soutenir la draperie. L'arrangement du fond est aussi un peu diffèrent, moins envahi par le rideau, et il y a plus d'espace occupé par un petit meuble entre la femme assise au premier plan et la bordure du tableau. — Delacroix avait envoyé, au Salon, des Fleurs et des Fruits, une variante des Femmes d'Alger. Othello et Desdémone, et VArabe syrien et sou cheval, que plus tard caricatura le Journal pour rire. M. Arsène Houssaye lui demande, pour ÏArliste, une lithographie des Femmes d'Alger. Delacroix lui répond de Champrosay, le 20 juin, qu'il est malade et dans l'impuissance de'satisfaire à son désir. — Voira l'année i833.
N" 1078 : Femmes d'Alger dans leur intérieur
Pastel. — H. o'"35, L. o'"5o. — Signé en haut, à droite : E. D. — Vente Carrier, 5 mai 1875 : i,3oo fr. à M. Diot. — Non catalogué par M. Moreau. Lourd d'exécution. Physionomies insignifiantes et sans accent.
N" 1079 : Othello et Desdémone
Toile. — H. o'"5o, L. o'"6o. — Signé en bas, à droite. — Salon de 1849. — Lithographie par Emile Vernier dans les dimensions de : H. o"3io, L. o"'390. — Vente M. J., 20 mars i852 : 5io fr.; vente du 9 mai i856 : 73o fr. ; vente Arosa, 24 avril i858 : i,3oo francs; vente Marmontel, II mai 1868 : 12,000 fr. ^ Appartenait à M. Brun. — Cat. A. Moreau, pp. 114, 245.
Est-ce un vieux souvenir des représentations que Ch. Kemble vint donner à l'Odéon. en 182S, avec une troupe anglaise, et au sujet desquelles Delacroix écrivait à M. Victor Hugo: « Eh bien! Envahissement général : Hamlct lève sa tète hideuse. Othello prépare son poignard essentiellement occiseur et subversif de toute bonne police dramatique. Qui sait encore... Le roi Lear va s'arracher les yeux devant un public français. Il serait de la dignité de l'Académie de déclarer incompatible avec la morale publique toute importation de ce genre. Adieu le bon goût! Apprétez-vous, dans tous les cas, une bonne cuirasse sous votre habit. Craignez les poignards classiques, ou plutôt immolez-vous courageusement pour nos plaisirs à nous autres barbares. »
N° 1080 : Othello et Desdémone
tait à la mise e
Dessin à la mine de plomb. — H. o'"26o, L. o'"395. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut dans les nîémes dimensions. — On lit quelques notes manuscrites de Eugène Delacroix sur des modifications à apporter dans la composition : « Baisser ceci pour descendre le lit. » " Plus bas la femme. » — Appartenait à M. G. Arosa. — Non catalogué par M. Moreau.
Ces notes, pleines d'intérêt, prouvent à quel point Delacroix était sévère pour lui-même et le soin scrupuleux qu'il apporn place du moindre accessoire dans ces compositions.
N" 1081 : Chasse au tigre
Tuile. — H. o™74, L. o'"q2. — Vente Weill, i856 : 2,100 fr.; vente Charles Blanc, 22 avril 1861 : 2,590 fr. — Voir à l'année i833, n" 485. — Cat. A. Moreau, p. 278.
N° 1082 : Paysage vu en plan
Toile. — H. o'"3j, L. o'"45. — Partie du n° 219 de la Vente posthume : 295 fr. à M. Belly; vente "Belly, 1878 : 355 fr. à M. Dollfus. — Non catalogué par M. Moreau.
La variété de l'esprit chez Delacroix est insatiable. Au moment où il multiplie, sur nature, à Champrosay, les études de paysage et de fleurs, il relit Dante et compose quelque épisode de l'Enfer, ou se reporte par la pensée au temps de son voyage sur la terre d'Afrique et peint une variante des, Femmes d'Alger, où Gustave Planche, qui analysait avec une^impartialité sympathique le talent de Delacroix, ne découvrait qu'une « incorrection facile h redresser. » Il y louait le dessin, le caractère des tètes et des attitudes, la couleur et l'effet.
N° 108) : Arabe et son cheval
Aquarelle et pastel. — H. o'"i9, L. o'^aq. — Vente 9 mars 1864 : i5o fr.; vente du 22 janvier 1872 : 405 fr. — Cat. A. Moreau, p. 290.
Le cheval est blanc moucheté de gris. L'homme porte une coiflure rose, une veste rouge, une jupe et des manches jaunes, sous un manteau bleu; les chaussures sont jaunes citron. Nous croirions volontiers que cette aquarelle est la première pensée du tableau intitulé : Arabe Syrien et son cheval. Le cheval a la même robe, et le mouvement, très différent comme dessin, est cependant le même au point de vue réel.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N""" 1084, 108; : Ciels :iu soleil couchant
Lorsqu' exécuté nature,
i"PasteL — H. o"M8o, L.o"235. — Vente posthume. — Extrait d'un album qui contenait neuf études de ciel. — Appartient à M. .A. Robaut.
2" Pastel. — H. o"'iSo, L. o™235.
— Vente posthume. — Extrait d'un album. — Appartientà M. A. Robaut.
— Non catalogué par M. Moreau.
il avait à composer un ciel, Delacroix employait plus volontiers l'aquarelle; il en a par ce procédé un certain nombre. Au contraire, lorsqu'il se trouva en face de la il employa de préférence le pastel, qui est plus expéJitif.
N" 108Ô : Ciel. Etude de nuages au soleil couchant
Pastel. — H. o"M8o, L. o"'235. — Vente posthume. — Extrait d'un album. — Appartient à madame Constant Dutilleux. — Non catalogué par M. Moreau. Cette étude et les précédentes furent faites, croyons-nous, en vue du plafond d'Apollon. — « Le champ idéal et infini des couleurs et des effets ouvre une vaste carrière à l'inspiration créatrice... C'est une langue qui se prête à l'expression de tous les sentiments. » (L. Peisse.)
N° 1087 : Soleil couchant
-, Pastel. — H. o'"25, L. o"'35. — Vente posthume. — Extrait ^^^ d'un album. — Non catalogué par M. Moreau.
On ne peut se figurer qu'en le voyant, l'effet h la fois doux et vigoureux de cette étude, admirable par la variété des tons et la É. souplesse de l'exécution. Nous l'avons réunie aux précédents pas- '~ tels, quoique nous la croyions de quelques années plus ancienne. Du moins ne nous paraît-il pas impossible que Delacroix l'ait eue sous les yeux lorsqu'il peignit le nuage fantastique de sa fresque d'Attila. (Voir à l'année 1844, Bibliothèque du Palais Bourbon).
N° 1088 : Ciel au soleil couchant
Aquarelle. — H. o^i-o, L. o^^SSo. — Vente posthume : à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.
0 En matière d'art, » a dit Théophile Silvestre. « quiconque ne sent pas profondément la vie, le mouvement et le caractère de la nature, sera toujours un aveugle-né. » Et ces qualités qui font les voyants, Delacroix ne les possède-t-il pas au plus haut degré?
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°^ io8q, ioqo : Le chemin des Petites-Dalles
1° Une gorge de Dieppe. — Croquis à l'aquarelle. — H. o'" i 2, L. o'^zj. — On lit, de la main du maître :
K Revenant des Petites-Dalles, dimanche, 14 octobre 184g. » — Non catalogué par M. Moreau.
2° Le chemin des Petites-Dalles. — Croquis à Taquarelle. — H. o"'i2, L. o"'27. — On lit au bas, de la main du maître : « Descente aux Grandes-Dalles, i5 octobre. >' — Non catalogué par M. Moreau.
N" 1091 : Falaises de Fécamp
Croquis à la mine de plomb. — H. o'"i 2, L. o'"37. — On lit, de la main du maître : <> Jeudi, 18 octobre. » — Non catalogué par M. Moreau.
Nous avons publié, aux années précédentes, plusieurs études de falaises; Delacroix ne manquait jamais l'occasion de prendre des
renseignements sur nature, et l'on peut se rendre compte, en parcourant ce livre, comment
il savait les utiliser dans ses tableaux.
N"*" 1092, 109J : Vue de l'abbaye de Valmont
1° Intérieur de la chapelle. — Aquarelle. — H. o'"2o, L. o'"i5. — Partie du n" 597 de la Vente posthume. : 400 fr. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Un coin des ruines. - Aquarelle. — H. o^iS, L. 0™2o. — Partie du n° 597 de la Vente posthume : 3go fr. — A M. Bornot. — ■ Non catalogué par M. Moreau.
M. Jules Claretie, qui s'est arrêté à Valmont, dit : « Tout est ici h regarder, je veux dire à admirer. En levant les yeux, on aperçoit les enlacements superbes d'un plafond composé d'arceaux qui soutiennent un dôme en forme de couronne d'une élégance et d'une hardiesse étonnantes, et là, dans la muraille qu'a fait bâtir, en i832, M. Bataille pour préserver cette chapelle, on voit encastrée avec goût une rosace composée d'anciens vitraux provenant de l'abbaye même et que réunit et agença ingénieusement un grand peintre. ... Cette rosace, qui surmonte ainsi l'entrée de la chapelle et qui représente le Père éternel entouré d'anges chantant sa gloire, est l'œuvre de Eug. Delacroix. L'admirable artiste traça sur un tableau en bois, avant d'achever ainsi cette rosace, un dessin, un croquis au lusain, de l'agencement de ces fragments de vitraux qui, grâce à lui, forment aujourd'hui un tout. Ce dessin existe encore. (Une journée à l'abbaye de Valmont. parJ. Claretie.)
N" 1094 : Vitrail de Valmont
Vitrail. — Composé avec des débris de verre colorié. — Dimensions inconnues. — Non catalogué par M. Moreau.
L'extrait que nous avons fait, au n" précédent, de la brochure de M. Claretie est absolument conforme aux déclarations de M. Bornot, parent de Delacroix et propriétaire de Valmont.
N" 109^ : Lionne déchirant la poitrine dim Arabe
Gravure au vernis mou. — H.o"M3o, L. o'^ajo. — Sans trait carré. — Daté. — Voir le tableau à l'année 1843. — Vente posthume, quatre épreuves (premier état) : 95 fr. — Vente Langlois (une épreuve du premier état et une épreuve en rouge du deuxième état), les deux : i5 fr.; Vente Philippe Buriy, 1874, 25 fr.; vente Villot , i8j5 (premier état) : 8 fr. 5o : à M. F'aul Meurice. — Cat. A. Moreau, p. 22.
i ■■- - - • » Premier état. Avant la publication dans l'Artiste.
Deuxième état. En haut VArtisle.
Troisième état. En bas à gauche : n Marchand, édit., Alliance des Arts, rue de Rivoli, 140. « Un certain nombre d'épreuves du deuxième état sont tirées en couleur sanjîuine. On sera sans doute frappé comme nous le sommes de l'insistance que met Delacroix à reprendre ce motif, où il montre tantôt un lion, tantôt une lionne, enfonçant avec une nonchalance superbe ses longues et fortes grifiès dans les chairs pantelantes d'un Arabe, que l'animal maintient sans effort sous le seul poids de ses pattes.
N" 1096 : Lionne déchirant la poitrine d'un Arabe
Dessin à la mine de plomb. — Sans changements avec le n" précédent, — Vente au profit des ouvriers cotonniers, 9 mars t863 : 145 fr. — Cat. A. Moreau, p. 29?.
N" 1097 '• Combat d'un lion et dune panthère
Dessin à la mine de plomb.— H. o'"i8o, L. o"'235. — .\ppartient à M. le comte Doria. — Non catalogué par M. Moreau. Nous retrouvons ici l'un des sujets aimes du maître, qu'il a traités soit h la plume, soit au crayon, soit à l'aquarelle [Voir à l'année i856). Ici
le combat se livre non point dans la solitude du désert, mais sous les
yeux d'Arabes, épouvantés d'assister à une lutte si terrible.
Sur un des agendas de Eugène Delacroix, Théophile Silvestre avait
relevé, dans une note sur le faire de Daniel dans la fosse, cette ligne : l'ocre jaune pur, ton
le plus vrai pour les lions.»
N" 1098 : Études de lionnes
__ /jç^ (j^^ Croquis à la mine de plomb. — H. o"M5, L. o'"25. — Reproduit
^'SsS^W \ y J) en fac-similé par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o'"i5,
^-^^^^^;J '■^jiq L. o'"25. — Vente posthume : à M. René-Paul Huet. — Non
=s^,^!(^^ i catalogué par M. Moreau.
Ces études ont été faites pour le Daniel dans la fosse aux lions, dont Eugène Delacroix a pi.-int deux très belles variantes. (Voir le n" 1066 et à Tannée 1 833.1
N°^ 1099, iioo, iioi : Etudes de lions et d'hommes
Trois dessins à la mine de plomb. — ■ In-quarto.
— Tirés d'un album qui appartient à M. Hevrauld, artiste peintre.
— Non catalogué par M. Moreau.
Delacroix avait donné à une dame cet album, où se trouvent répétés, presque tous à la mine de plomb, bien des dessins d'animaux qui ont passé h la Vente posthume, exécutés soit à la plume, soit au crayon. — Et ne nous lassons pas, à propos de toutes ces études de fauves, d'un caractère, ici, particulièrement féroce, de signaler l'aspect sculptural du dessin de Delacroix.
N" II02 : Saint Jérôme entendant la trompette du Jusement dernier
Dessin à la mine de plomb. — H. o™2i, L. o"''2j. — Vente posthume. — Appartient à M. Andrieu. — Non catalogué par M. Moreau.
Nous donnons ici un extrait de l'étude de Delacroix sur le Jugement dernier de Michel-Ange, qu'il avait, croyons-nous, présent à l'esprit en traçant cette composition : «Le style de Michel-Ange semble donc le seul qui soit parfaitement approprié à un pareil sujet. L'espèce de convention qui est particulière à ce style, ce parti tranché de fuir toute trivialité, au risque de tomber dans l'enflure et d'aller jusqu'à l'impossible, se trouvaient h leur place dans la peinture d'une scène qui nous transporte dans une sphère toute idéale.... Michel-Ange, avec ses dix ou douze groupes de quelques figures disposées symétriquement, et sur une surface que l'œil embrasse sans peine, nous donne une idée terrible de la catastrophe suprême qui amène aux pieds de son juge le genre humain éperdu; et cet empire immense qu'il prend h l'instant sur l'imagination, il ne le doit h aucune des ressources que veulent employer les peintres vulgaires : c'est son style seul qui le soutient dans les régions du sublime et nous y emporte avec lui. » {Le Jugement dernier^ par Eugène Delacroix.)
L'ŒL'VRE DE DELACROIX
N"'' 1105, 1104, iio^ : Cavaliers
I " Cavalier arabe passant un gué.
— Dessin à la plume. — H. o'"32, L. o'"22. — Reproduit en facsimilé par M. A. Robaut, dans les dimensions de : H. o'"32o, L. o'"2 2o. — Gravé sur zinc pour V Illustration, septembre 1864. — N" 420 de la Vente posthume : 36o fr. à M. le baron de Laage. — Cat. A. Moreau, p. 148.
L. o'"22 5. — Reproduit en tac-sîmilé par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o"'290, L.o'"225. — Vente posthume, à M.Arosa. — Non catalogué par M. Moreau 3° Cavalier mameluck au galop. — Dessina la plume. — H. o"'32, L. o'"2o. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o"'320, L. 0^200. — N" 419 de la Vente posthume : 460 fr. à M. de Laage.— Non cataloguépar M. Moreau. Le premier dessin et le troisième prouvent combien Delacroix fut préoccupé toute sa vie de rompre sa main au maniement des tailles en vue de la gravure. En effet, pour exécuter
pensée.
2° Cavalier arabe. — Croquis à la mine de plomb. — H. o'"290, produit en fac-similé par A. Robaut, dans les dimensions
ue rompre sa mam au maniement des taUies en vue de la gravure. En effet, pour exécii un dessin en des dimensions pareilles, il faut une souplesse de main toute particulière, la pratique du métier s'impose forcément, quand elle ne prend pas le dessus sur la pen?
N° 1106 : Cavalier fantaisie
Croquis plume. — H. o'"i7, L. o™i8. — Vente posthume. — Vente Pils, 1876. — Non catalogué par M. Moreau.
Les moindres croquis faits par un homme de génie sont précieux à recueillir, non h titre de modèles de dessin bons à mettre entre les mains des débutants, bien entendu, mais comme témoignage de leur activité. Mieux, souvent, que des œuvres plus parfaites, ces simples ' ,-^^' traits donnent l'émotion de la vie. C'est en nous inspirant de cette idée que nous avons recueilli, avec un soin qui peut paraître excessif, les improvisations qui naissaient avec tant de facilité sous le crayon de Delacroix.