ÉTUDES POUR LE PLAFOND D'APOLLON
N" 1107 : Études diverses
Près de deux cents feuilles de dessins et croquis pour le sujet même et les ornements ou motifs qui l'entourent. — Figurèrent sous les n"** 292, 298, 294, à la Vente posthume, et furent vendues ensemble 1.427 fr. — Non cataloguées par M. Moreau.
LŒUVRE DE DELACROIX
N" II 08 : Apollon vainqueur
Dessin à la mine de plomb. — H. 0^29, L. o'"45. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut, dans les dimensions de : H. 0^290, L. o"'45o. — Héliograve par Dujardin pour les Dessins de décoration, publiés par Quantin,dans les dimensionsde : H.o™i9o, L. o™3o8. — Partie du n" 29? de la Vente posthume : 3oo fr. à M. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau. Ne restât-il du maître que ce croquis, où il a fixé en quelques coups de crayon le vertige du mouvement, cela suffirait . , . . pour révéler le génie absolument original du maître français.
Jamais 1 art d aucune époque n'a exprimé avec une égale puissance'l'emportement d'allure des coursiers héroïques que la fable attelait au char" d'Apollon. Avec quelle facilité d'invention pittoresque, le grand artiste a varié l'attitude des nobles animaux: deux d'entre eux sont lancés à l'allure du trot tellement allongé, que, pour les suivre, les deux autres s'enlèvent au galop. La différence du mouvement engendre les plus curieuses combinaisons de lignes.
N° 1109 : Esquisse du plafond
Toile. — H. o™7o, L. o"'65. — N" 3o de la Vente posthume : r,ooo l'r. à M. Dauzats.
— Non catalogué par M. Moreau.
N° II 10 ; Esquisse pour le plafond d'Apollon
Toile. — H. i'"o5, L. i'"40. — N° 28 de la Vente posthume, retiré. — Vente après décès de M. Piron, i865 : 6,100 fr. — Appartient au Musée de Bruxelles, qui la payé 22,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 25-8.
Quoique portée au numéro 28 de la Vente posthume, cette esquisse n'y fut pas mise aux enchères, le légataire, M. Piron, l'ayant conservée. — C'est plus qu'une esquisse; mais ce qui donne à cette œuvre l'apparence de l'a peu près et la déprécie aux yeux des amateurs, ce sont les coins en accessoires représentant l'encadrement du sujet lui-même. Delacroix avait beaucoup travaillé à cette toile, afin que son praticien pût préparer avec certitude. C'est du moins ce qu'il écrivait à C. Dutilleux, le 10 avril i85i. — Dans le haut, une teinte grisâtre formant cadre; dans le bas, l'indication des figures sculptées d'après Le Brun. (Voir le n» 1117.I
N° 1 1 1 1 : Esquisse ébauche du plafond d'Apollon
Toile. — H. i"'o5, L. i'"40. — N" 29 de la Vente po.sthume : 5,i5o Ir. à M. Cadart.
— Appartient à M. Petit. — Cat. A. Moreau, p. 3 10.
La lourdeur de cette peinture nous interdit d'en attribuer l'exécution, au moins complète, à Delacroix. Cependant, elle figurait à la Vente posthume, et nous avons dû la cataloguer.
'ŒUVRE DE DELACROIX
N" II 12 ; Le serpent python
■H Croquis à la mine de plomb. — H. o™3i, L. o"'5o. — V' Vente posthume, partie du n" 294 : à M. Pérignon. — Non ^', catalogué par M. Moreau.
^'W.^-v?), Dans une lettre du 5 octobre iSjo, à Constant Dutilleux, Delacroix ï?(-nj^Ç/ parle précisément de ce plafond : « Je n'ai pu encore commencer ^iS^i^ à Saint-Sulpice. quoique mes compositions soient arrêtées. Le ^"^-'"^ travail qu'on me demande, et dont je vous ai parlé, est un plafond
qui doit figurer dans la restauration de la galerie d'Apollon, au Louvre. C'est un ouvrage très important, qui sera placé dans le plus bel endroit du monde, à côté des belles compositions de Lebrun. Vous voyez que le pas est glissant et qu'il faut se tenir ferme. Je commence à avancer dans ce travail. » (Lettre à C. Dutilleux, édition Burty.l
N" II 1 5 : Le serpent python
Croquis à la mine de plomb. — H. o'"o8, L. o'"r2. — Appartient à M. Chenavard. — Non catalogué par M. Moreau.
^1!^^ Delacroix, qui ne peignait point d'après le modèle, consultait cependant
,,^^, la nature avec un soin scrupuleux. Au moment d'exécuter les monstres
''^^^>-"="'^'^ et les animaux du plafond d'.-\pollon, il allait au Jardin des Plantes, pour
y faire des études, comme en témoigne le billet suivant, adressé à M. Pierret : « Ce jeudi
rnatin. Cher ami, j'ai oublié de te demander hier de me procurer, s'il est encore possible,
une entrée au M usée d'histoire naturelle, les jours non publics, afin d'y faire quelques croquis
dont j'ai besoin. Autrefois, tu en avais facilement. Tu me les mettrais à la poste E. D. "
Dans un album du maître, on trouve une note sur « le corps énorme du boa avec sa petite tête.»
N" II 14 : Hercule et Cacas
Dessin à la plume. — In-quarto. — Gravé sur bois pour ÏAutnffniphe, mars 1864, dans les dimensions de : H. o"'ig5, L. o'"i5o. — N° 291 de la Vente posthume : 2o5 fr. à M. Ch. Yriarte. — Cat. A. Moreau, p. 144.
Dans une lettre de 1828, à M. Pierret, Delacroix parle de dessins d'animaux qu'il a empruntés et négligé de rendre à un M. Barry. M. Philippe Burty accompagne la publication de cette lettre de la note suivante ; « Le M. Barry, sculpteur paysagiste, n'est autre que Barye, si peu communicatif à tous les âges de sa vie, qu'il n'est nullement surprenant que Delacroix se soit trompé sur l'orthographe de son nom. Ils avaient fait, en compagnie, m'a dit M. Delacroix, des études au crayon ou à l'encre, des lions, des lionnes, des tigres, dans une superbe ménagerie c^ui s'était établie à la foire de Saint-Cloud, et aussi des études d'écorché , d'après une lionne morte, au Jardin des Plantes; un de ces croquis est devenu, dans le plafond d'Apollon, le monstre qu'assomme Hercule. » La nature est la source inépuisable de toute invention. Delacroix y retournait, c'est pourquoi il est original, quand tant d'autres décorateurs s'immobilisent dans la banalité des inventions antérieures.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°* III), 1116 : Etudes pour la partie inférieure
Deux croquis à la mine de plomb. — Inquarto. — Appartient à M. Devrez, architecte. — Non catalogué par M. Moreau.
Il suffit de se reporter à notre vignette d'après l'ensemble du plafond pour reconnaître que ces belles études de sangliers n'ont pas été utilisées pour cette grande composition. Ils n'en sont pas moins précieux par l'admirable décision du trait, toujours indiqué dans le sens du mouvement montrant toutes les énergies de forme de l'animal.
N" 1 1 17 : Bordure de Le Brun
Dessin à la mine de plomb. — H.o"'3i5, L. o"'58fi. — Photogravé par Dujardin pour les Dessins de décoration, publiés par A. Quantin, dans les dimensions de : H. o"'i4i, L. o'"265. — Vente posthume. — Appartient à M. le docteur Verdier. — sf^ Non catalogué par M. Moreau.
^V'^^ Voulant maintenir la plus parfaite unité entre son ^~^^ œuvre propre et le milieu destiné h la recevoir, Delacroix commença par dessiner l'ordonnance architecturale où son plafond allait s'encadrer, interprétation magnifique de la somptueuse bordure restaurée d'après les modèles fournis par Le Brun, motif magnifique, d'ailleurs, et dont l'éclat et les complications fastueuses ont déterminé les formes mouvementées et les colorations puissantes auxquelles s'est arrêtée la volonté réfléchie du maître. — Delacroix a dû faire le dessin de cet encadrement en regardant dans une glace, afin de n'avoir pas h lever les yeux sans cesse, car la disposition est en sens inverse des figures et de l'ornementation. Notre vignette rétablit le tout dans son vrai sens.