‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 6 sur 97 · I^' INTRODUCTION A · texte numérisé non relu

I^' INTRODUCTION A

Othello et Desdémone; V Arabe Syrien et son cheval, uneparle incomparable; — iS5o-5i, La-are; le Giaoïir; Macbeth; le Bon Samaritain, si doux, si tendre; — 1853-57, Saint Etienne; les Disciples d'Enunaus; Pirates enlevant une femme; — 1859, son dernier Salon, où il semble réunir comme dans un dernier et magnifique effort huit chefs-d'œuvre : la Montée au Calvaire; le Christ au tombeau; Saint Sébastien; Ovide che:; les Scjthes; Herminie et les Bergers; ïEnlèvement de Rébecca; Hamlet tuant Polonius; les Bords du fleuve Sebou.

Je n'ai pas mentionné ici l'Exposition universelle de i853, où nous retrouvons un choix de trente-cinq tableaux empruntés aux musées, aux églises, aux collections particulières. Ce fut un triomphe sans précédent, le triomphe de l'art vivant sur Fart embaumé de l'école académique. Je ne me suis pas encore arrête, mais j'y arrive, à ses admirables peintures décoratives : au Salon du Roi et à la Bibliothèque de la Chambres des députés, à la Bibliothèque du Palais du Luxembourg, à la Galerie d'Apollon du Louvre, à la chapelle des Saints- Anges de l'église Saint-Sulpice, au Salon d'Hercule ou de la A7/'.vde l'ancien Hôtel-de-Ville, brûlé en 1871. Dans cet œuvre décoratif immense, Delacroix tour à tour fait passer sous nos yeux tous les drames qui s'agitent dans l'àme hilînaine et dans la nature, et les revêt d'un somptueux vêtement de formes et de couleurs, varié à l'infini, avec une fécondité que rien n'épuise ni ne lasse, la fécondité sereine du génie.

On ne peut imaginer la somme énorme d'études, de préparations, de projets de compositions qu'il prodigua dans ces travaux gigantesques. On connaît un dessin du char d'Apollon pour le plafond du Louvre (voir page xxv). Ne restàtil du maître que ce croquis où il a fixé en quelques coups de crayon le vertige du mouvement, cela suffirait pour révéler le génie absolum.ent original du maître français. Jamais l'art d'aucune époque n'a exprimé avec une égale puissance l'emportement d'allure des coursiers héroïques que la Fable attelait au char d'Apollon. Avec quelle facilité d'invention pittoresque le grand artiste a varié l'attitude des nobles animaux: deux d'entre eux sont lancés à l'allure du trot tellement allongé, que les deux autres, pour les suivre, s'enlèvent au galop. La différence du mouvement engendrcles plus curieuses combinaisons de lignes décoratives. Malgré le prestige de la couleur dans l'œuvre achevée, nous considérons l'étude de ce dessin, dont les moindres hachures ont un

L'ŒUVRE DE DELACROIX

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