KUVRP: de DELACROIX
Année 1862
N" 1428 : Diane surprise par Actéon, ou FÉté
Toile ébauche. — H. 2™o3, L. i''"63. — Gravé à Peau-forte par La Guillermie, pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o"Mi9, L. o'"io3. — N" 102 de la Vente posthume : i,55o fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 i6.
Assise sur le repli du terrain qui borde la rivière, Diane sèche son chaste corps que le regard d'un homme n'a pas encore profane. Elle a pris inconsciemment une pose lascive, qui sied mal à sa rigide vertu. Actéon, apparaissant sur l'autre rive, la regarde, et son geste traduit à la fois la douceur de cette apparition et la terreur du sacrilège.
N° 1429 : Diane et Actéon
Toile. — H. o™56, L. o"^6. — N" 106 de la Vente posthume : 320 fr. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 1430 : Bacchus rencontre Ariane, ou l'Automne
Toile ébauche. — H. 2"'o3, L. i'"63. — Gravé à Feau-forte par La Guillermie, pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o™i22, L. o'"io5. — N" io3 de la Vente posthume : 85o fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 16."
Ariane, encore sous le coup de l'abandon qui la fait si cruellement souffrir, peut à peine se soulever pour saisir la main consolatrice que lui offre le dieu au sein duquel s'ouîjlient tous les maux. Bacchus dirige son regard attendri vers celle dont il fera sa compagne, qui le suivra dans ses voyages et partagera son triomphe. Les quatre compositions auxquelles ce sujet se rattache firent partie de la Vente posthume et furent adjugées à M. Haro. Elles passèrent peu d'années après aux mains de M. Durand-Ruel, qui lui-même les céda, vers 1875, à M. Emile de Girardin. Vendues après la mort de celui-ci, elles atteignirent le prix de 3o,ooo francs. L'opinion publique désigne ces quatre toiles comme ayant été retouchées par une main étrangère.
N" 145 1 : Bacchus et Ariane. — Légère variante
Toile. — H. o™56, L. o"'46. — -N° io5 de la Vente posthume : 5io fr. à .M. Dauzats. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 1432 : Junon implore Éole. ou l'Hiver
Toile ébauche. — H. ^'"lo, L. i^ôS. — Gravé à l'eau-forte par La
Guillermie, pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de :
H o"'i22, L. o"Mo4. — N" 104 de la Vente posthume : 1,000 fr. —
Cat A. Moreau, p. 3 16.
Ces quatre grandes pages allégoriques sont écrites dans la dernière manière
^ ^ de Delacroix,"d'un stvle impétueux et heurté. L'impression qui en demeure
^^"tiJIS dans l'esprit n'en est' pas moins d'une sérénité singulière, prise à la nature
' — ^^ ' même de ces sujets héroïques, dont l'essence est une impérissable majesté.
On \ ti(ju\i. le pa-\snge historique tel qu'il l'avait inventé à nouveau pour les besoins de son propre gcnie, >, est i-dire large, profond, tourmenté, comme les scènes mêmes qu'il encadre, un accesbone M\ant vibrant, animé, et qu'un grand souffle panthéiste traverse. Nul ne sut j-nieu\ que lui taire Mvre le décor de cette grande vie, indifférente aux douleurs humaines, mais qui est comme le tourbillon où elles passent et se lamentent. <> (Armand Silvestre.)
N° 14^3 : Junon et Éole. — Légères variantes
Toile. — H. o"'56, L. o"'46. — Vente posthume : 540 fr. — Appartient à M. ,Iohn Saulnier. — Non catalogué par M. Moreau.
(. Je tourmente mon esprit pour en arracher quelque formule qui exprime bien la spécialité de Eugène Delacroix. Excellent dessinateur, prodigieux coloriste, compositeur ardent et fécond, tout cela est évident, tout cela a été dit. Mais d'où vient qu'il produit la sensation de nouveauté? Que nous donne-t-il de plus que le passé? Aussi grand que les grands, aussi habile que les habiles, pourquoi nous plaît-il davantage? On pourrait dire que, doué d'une plus riche imagination, il exprime surtout l'intime du cerveau, l'aspect étonnant des choses, tant son ouvrage porte fidèlement la marque et l'humeur de sa conception. »(Ch. Baudelaire.)
N° 1434 : Eurydice cueillant des fleurs^ ou le Printemps
Toile ébauche.. — H. 2™o3, L. i'"63. — Gravé à Teau-forte par La Guillermie, pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o'"i2i, L. o"'i04. — N° 101 de la Vente posthume : i,5oo fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 16.
(I C'est aux sources pendues aux cimes les plus élevées, que ce grand génie puisait ses inspirations coutumières , et son ceu\ re tout entier témoigne des hauteurs qu'habitait sa pensée. Les poètes de race, Byron, Goethe, Shakspeare, étaient ses familiers, et, s'il se mesurait à la légende antique, c'était pour en égaler les plus admirables inventions. Je n'en veux pour preuves que les quatre panneaux décoratifs beaucoup moins connus qui nous montrent les Quatre Saisons des scènes mythologiques : le Printemps, dans un souvenir d'Orphée, courant au secours d'Rurvdice qu'un serp'ent a mordue-, — l'Eté, dans la métamorphose d'Actéon surprenant Diane dans la fraîcheur du bain ; — l'Automne, dans la douleur d'Ariane, que vient consoler le doux Bacchus. couronné de pampre; — l'Hiver, dans les fureurs de Borée, que Junon soulève contre la flotte trovenne : Cavum conversa cuspide montem, Inipulit in latus. » CArmand Silvestre.)
iN62
L'ŒUVRE DR DELACROIX
N" i/\j<f : Eurydice. — - Légère variante
Toile. — H. o"'6i, L. o"'5o. — Vente posthume : 640 fr. à M. Andricu. — Galerie Bruyas au musée de Montpellier. — Non catalogué par M. Moreau.
Cette toile a dû être agrandie, car les dimensions, lors de la Vente posthume, étaient uniformes pour les quatre sujets qui se font suite: H. o'"56, L. o™46. La seule diflérence qu'il y ait avec l'autre esquisse, de plus grand format (voirie n" précédent), c'est qu'ici, les terrains qui forment le grand appui à droite sont encore plus importants et lesdeux arbres manquent; Orphée est vu alors plvis haut et en pied dans la percée de pavsage à gauche.
N° 1456 : Médée furieuse. — Variante
Toile. — H. i"'2i, L. 0^98. — Signé à gauche et daté : « 1862. » — Gravé à rcau-fortc par Feyen-Perrin, pour le catalogue de la vente Laurent- Richard, dans les dimensions de : H. o'^ijS, L. o'"i2o.
— La même planche parut à la même époque dans la Ga'^ette des Beaux-Arts. — Répétition avec variante du tableau du musée de Lille. — Voir le n° 668, à l'année i838. — • Vendu par Delacroix en 1862 : 10,000 fr. à M. Emile Péreire. — Vente Laurent-Richard,
- avril 1873 : 59,000 fr. à JVI. Durand-Ruel. — Cat. A. Moreau, pp. 177 (note), 202, 253.
Delacroix avait fixé à huit mille francs le prix de cette toile avant de l'avoir achevée. Surpris par des difficultés d'exécution, il crut pouvoir demander à M. Emile Péreire de l'indemniser des efforts inattendus qu'il avait dû faire. M. Péreire s'empressa de modifier les conditions primitives. Mais Delacroix, pris de scrupule, retira ses nouvelles prétentions. M. Péreire les maintint quand même et porta ainsi à dix mille francs le prix du tableau, qui fut cédé plus tard pour trente mille à M. Laurent- Richard, et atteignit le chiffre de cinquante-neuf mille francs à la vente faite par cet amateur. Ce n'est pourtant qu'une répétition qui, suivant M. Philippe Burty, a conservé très peu des beautés de l'original et qui ne présente que des variantes peu importantes.
N" 1437 • Médée furieuse. — Variante
Toile. — H. o'"54, L. o'"44. — Signé à droite, daté : ■< 1862. » — Photographié par Charles Desavary. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 177 (note).
Dans cette nouvelle variante, que M. Moreau date par erreur de i853, la tête de Médée est plus petite et le dessin de la grotte un peu différent. « Le caractère le plus frappant de l'œuvre de Delacroix, est l'invention. Ses drames n'ont qu'une vérité poétique; ce sont des évocations fixées sur la toile. Il fait presque tous ses tableaux sans modèles, après bien des années d'études d'après nature. Il lui arrive de faire poser un homme, une femme, un enfant, devant lui, si sa mémoire hésite; encore ne prend-il de leurs formes et de leurs expressions que le côté le plus sympathique à son humeur et les voit-il selon ses rêves. Pour lui, toute peinture est la combinaison de types qu'il a vus et dont il se souvient avec ses propres passions; il éclaire ses tableaux des lueurs de son âme. "
N" 1438 : L'Éducation d'Achille
Toile. — H. o"'38, L. o'"46. — Lithographie par A. Robaut, dans les dimensions de : H. ()'"38, L. o™46. — Daté. — Légué a M. Francis Petit. — Non catalogué par M. Moreau.
Admirable variante en largeur du sujet de l'un des pendentifs de la Bibliothèque du palais Bourbon. (Voir à l'année 1844, n°' 840, 899.) A cheval sur le Centaure Chiron^ emporté par une course furibonde, le fils de The'tis tendant la corde de l'arc qui, suivant l'expression d Homère, va lancer la flèche avec un bruit semblable au cri de l'hirondelle, vise un aigle que du doigt lui désigne son maître. La scène se passe sous un ciel gros de nuages, qu'empourprent les derniers reflets du soleil couchant; à l'horizon, perdu dans les profondeurs de l'espace, s'étagent et se confondent les grandes lignes des montagnes de la Phthiotide ; au second plan se déroule une lande accidentée, embroussaillée, dans un pli de laquelle on distingue un fauve qui fuit effarouché l'approche de ces redoutables sagittaires. » (Constant Le Gentil.)
N" 1439 : Ovide chez les Scythes
Peinture sur bois. — H.o"''-'i, L. o"'5o. — Signé à droite, daté : « 1862 ». — "Voir aux pendentifs de la Bibliothèque du Corps législatif, année 1844, n°* 845, 846, 900, et les dessin et tableaux de Tannée i85q, n°^ 13/4, i^-S, 1376. — Vente du 5 mars i863: 1,000 fr. — Appartient à M. Choquet. — Cat. A. Moreau, p. 257.
Delacroix, que son imagination anxieuse entraînait à peindre sans cesse le trouble de la vie et l'horreur du carnage , savait trouver, aux heures de calme, des compositions empreintes d'une admirable poésie et d'une profonde douceur. La vie des pasteurs nous apparaît ici dans sa simplicité tranquille et repose notre esprit, comme celui du maître, dans l'exécution de son œuvre, toute de mouvement et de violence.
N" 1440 : Chef arabe visitant une tribu
Toile. — H. o"'73, L. o'"qi. — Signé et daté à droite. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Voir la variante à Tannée 1837, n° 647. — Cat. A. Moreau, p. 2o3, note.
Un chef arabe s'arrête pour recevoir du lait de chèvre que des femmes, suivies d'enfants, lui apportent. Au premier plan, h droite, des chèvres, et près d'elles les chevriers dans l'ombre, assis sur un talus. Dans le fond, un groupe de cavaliers. L'effet se concentre sur le chef, dont le cheval blanc pommelé de gris noir, se détache en vigueur claire, entre l'herbe, les collines et le ciel qui poudroie sous les rayons du soleil. Le harnachement vert, d'or, avec un dessus de selle rouge, donne la note intense.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 1441 : Muley-Abd-el-Rhaman
Toile. — H. o'"8i, L. o^ôS. — Signé en bas, vers la gauche, daté: «1862». — Variante du tableau de 1845, n" 927. — Appartient à M. Tabourier. — Exposition Durand-Ruel, "1878, n° i5i,sous le titre: « Abd-el-Rhaman passant la revue de sa garde. — Non catalogué par M. Moreau.
Sur une page d'album de Delacroix, M. Robaut a relevé des notes qui sont des mémentos de son voyage au Maroc, une sorte de liste de sujets à traiter, et puis des noms arabes de vêtements ; « Caschaba, Monsoria, Mjaroued, Sarouel. » Sur la même ft.-uille, Delacroix avait tracé le ^ triangle des couleurs mères et de leurs complémentaires accompagné de la note suivante : « Des trois couleurs primitives, se forment les trois binaires. Si au ton binaire vous ajoutez le ton primitif qui lui est opposé, vous l'annihilez, c'est-à-dire vous en produisez la demi-teinte nécessaire. Ainsi, ajouter du noir n'est pas ajouter de la demi-teinte, c'est salir le ton dont la demi-teinte véritable se trouve dans le ton opposé que nous avons dit. De là les ombres vertes dans le rouge... La tète des deux petits paysans. Celui qui était jaune avait des ombres violettes; celui qui était le plus sanguin et le plus rouge, des ombres vertes, 'i — Voir aussi les n"^ 798 et 799.
N°^ 1442, 1443 : Chevaux à l'abreuvoir
i" Toile. — H. 0^76, L.o"'9i. — Signé à droite, et daté : « 1862». — Vente M. G., 23 avril 1866 : 5,3oo fr. à M. Khalil-Bey. — Vente Khalil-Bey, 16 janvier 1868: i5,ooo fr. a M. Constant Say. — Cat. A. Moreau, p. 273.
2° Croquis à la mine de plomb. — Partie du n° 453 de la Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
Notre vignette représente le croquis ; d'ailleurs, la toile doit en différer fort peu. La composition est simple et tranquille. On pourrait croire, à voir certaines des dernières productions du maître,
que son esprit se rassérénait en touchant à la vieillesse.
N° 1444 : Naufrage à la côte
mais seulement d'aprc
Toile. — H. o'"o46, L. o"'54. — Signé au bas, à droite: « 1862». — Appartient à M. Choquet. — Non catalogué par M. Moreau. Au premier plan à gauche , deux hommes s'etforcent d'aborder au rivage. En cette année 1862 , Delacroix ne fit pas de voyage à la mer.*^ Il visita M. Berryer à Augerville et fit surtout un long séjour à Champrosay. Il avait « ébauché un projet de voyage en Italie », mais une aggravation de sa maladie de vessie l'obligea d'ajourner ce projet, que la mort l'empêcha bientôt de mettre à exécution. La toile décrite ici ne fut donc pas exécutée sur nature, s d'anciennes études; le maître travaillait beaucoup de souvenir.
N" 1445 : Tigre et serpent
Toile.
H. o'"32, L. o'"4i. — Signé à gauche et daté : «1862». — Gravé à Teau-forte par La Guillermie pour le catalogue de la vente Hermann, 1879, dans les dimensions de : H. o'"092, L. o™[ ig. — Vente marquis de L., 4 février i865 : 1,820 fr. — Vente Van Cuyck,7 février 1866 : 2,705 fr.; vente du comte d'Aquila, 21 février 1868: 8.020 fr.; vente Hermann, 10 février 1879 : 7,000 fr.; vente Th. Leroy, i3 mai 1882: i3,5oofr. — Cat. A. Moreau, p. 280.
Voir à l'année 1848, sous le n° io5j, un pastel offrant exactement le même mouvement.
Mais dans l'œuvre de 1848, le tigre est seul, il se rase contre un ennemi placé hors de la
composition. La présence du serpent, ici, complète le drame.
N" 1446 : Cavalier démonté
Croquis à la plume. — H. o'"i4, L. o™20. — Daté au bas à droite : « 25 oct. 1862 ». — Reproduit en fac-similé par A. Rohaut, n° 3, dans les dimensions de : H. o"'i4, L. o"'20. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
Ce petit croquis est une reprise, sous un tout autre aspect, de l'admirable tableau intitulé : Un Soir de bataille, et dont Th. Silvestre, après avoir parlé du Pont de Taillebonrg, dit : « La valeur moderne est aussi énergiquement sentie et rendue que la vieille valeur française dans le Soir d'une bataille, peint h l'instar de Géricault. Un cuirassier blessé se soulevé au milieu des chevaux morts sous la caaonnade, et dont les flancs sont déchirés par les boulets. La nuit profonde, mais transparente, laisse voir autour des pauvres bêtes et du malheureux soldat, jusque dans le lointain , toute la funèbre jonchée que les oiseaux et les chacals dévorent. » On peut comparer à ce croquis le cavalier renversé au premier plan du n" 144S.
N" 1447 : Divers croquis de figures nues
Croquis à la plume. — H. o'"2o5, L. o^'oo. — Daté : « 1 i nov. 62, Champrosay.» — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau. Delacroix, souffrant d'un rhume chronique, se vit imposer un repos et un silence absolus : « Je ne puis être mieux qu'à Champrosay pour suivre l'ordonnance », disait-il à M. Guillemardet; « mais, du moins, au lieude ne voirque les cheminées de Paris, j'ai sous les yeux la plus belle campagne. Tu le vois, repos, silence et surtout silence. C'est pour avoir été, dans ces derniers temps, engagé souvent dans des conversations que, le rhume aidant, j'en suis venu a ne pouvoir prononcer une parole sans tousser. » On voit par la date tracée sur ce croquis, que Delacroix prolongea son séjour à la campagne; comme s'il avait le pressentiment de ne plus y revoir l'automne; il écrivait à la même époque à son ami Soulier : n Les saisons peuvent changer, mais plus elles se succèdent, plus elles augmentent la cause des mille souffrances qui nous assiègent et nous attendent encore. Notre saison à nous est la vieillesse, dont l'injure se fait sentir à tous les moments du jour. » (Lettres, édition Burty.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
Année i863
N" 1448 : La perception de l'impôt arabe
Toile. — H. o'"go, L. o'"72. — Signé et daté en bas, au milieu. — Photographié in-quarto par Goupil. — Exposition du pavillon de Flore, en août 1878, sous le titre : « Combat d'Arabes ». — Appartient à M. Edouard André. — Non catalogué par M. Moreau.
Dans un pays ravine et propre aux escarmouches, des Arabes se sont cachés pour échapper à l'impôt. Ils ont été traqués et se défendent vigoureusement. Le combat est des plus vifs, le sol est couvert de blessés et de cadavres. Ce tableau, un des derniers qu'ait peints le maître, résume, par le concours des qualités qui s'y rencontrent, tout son génie. Delacroix était alors épuisé par le travail, surtout par la longue lutte qu'il avait dû soutenir. Il écrivait, le 23 mai, à M. Andrieu : «Je n'ai pas eu à me louer de ma santé et je n'ai pour ainsi dire rien fait depuis que je vous ai vu. Le rhume que j'ai depuis près de trois mois est aussi violent, et j'y ai ajouté les inconvénients d'une chute que j'ai faite sur l'angle d'un meuble, et qui m'a causé un grand ébranlement. J'ai aussi les yeux en mauvais état pour avoir trop lu, ne pouvant travailler. Je fais mes paquets pour changer d'air, et j'espère que la campagne me remettra en état de travailler avec suite, ce qui chassera l'ennui et la tristesse. »
N" 1449 : Le lion au caïman
Toile. — H.o"'275, L. o"362. — Lithographie par Emile "Vernier dans les dimensions de : H. o'"275, L. o'"362. — Lithographie à la plume par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o'"o85, L. o™ii6, pour le catalogue de la vente Dutilleux. — Vente C. Dutilleux, mars 1874: 10,000 fr. à M. Brame. — Non catalogué par M. Moreau.
Ici, le paysage est éclairé par le soleil couchant. Le lecteur ne confondra pas cette toile avec celle que nous avons cataloguée au n" 1281. Au sujet de celle que nous reproduisons ici, Delacroix écrit à Dutilleux, le 8 mai i863 : « Mon cher ami, quand j'ai vu avant hier, dans vos mains et sous vos yeux, la petite esquisse de Tobie, elle m'a paru misérable, quoique cependant je l'eusse faite avec plaisir. Enfin, quoiqu'il en soit de cette impression, je me suis rappelé après votre départ que vous aviez regardé avec plaisir le petit lion qui était sur un chevalet. Je souhaite bien ne pas me tromper en pensant qu'il a pu vous plaire; .... recevez-le avec le même plaisir que j'ai à vous l'envoyer, et vous me rendrez bien heureux. »
LŒUVRE DE DELACROIX
N" i4^'o : Tobie et l'Ange
Toile. — H. o'"400, L. o'"325. — Signé en haut à droite. — Lithograpiiic à la plume dans les dimensions de : H. o"'i lo, L. o"'o88, pour cliché typographique, et au crayon par A. Rohaut, dans les dimensions de roriginal. — Vente Constant Dutilleux, mars 1874: 3,goo fr. à M. A. Robaut. — Exposition Durand-Ruel de 1878. — Non catalogué par M. Moreau.
Delacroix disait encore, dans sa lettre à M. Andrieu ( citée plus haut, n" 1448) : 0 La mauvaise campagne que je viens de faire ne me dispose guère à me lancer pour le moment dans les grandes entreprises, malgré la passion que j'ai pour elles. Mais il faut que la passion cède à la raison, il faut s'habituer aux privations. »
1451, 1452, 14)^, 1454: Les quatre saisons
- Appartenaient à M. Frédéric Jouet lorsqu'elles 154 et i55 du catalogue à l'Exposition posthume.
Toiles. — H. o'"44, L. o"'84 figurèrent sous les n"'^ i52, i:
— Cat. A. Moreau, p. 3 16.
M. Frédéric Jouet contia également, à cette Exposition, quatre projets de peintures pour la salle à manger de Talma, dont nous avons donné -le dessin (voir les n"*' 332 à 335). — C'est dans le salon du baron Gros que Delacroix avait connu Talma.
N""" 14^^, 1456 : Lion, panthère
1° Lion Jouant avec un lézard. — Croquis à la plume. — H. o"'o8o, L. o^iSo. — Don de Jenny Le Guillou à Constant Dutilleux. —
Non catalogué par M. Moreau.
2° Panthère prête à bondir. — Toile. — H. o°^29,L. o,"'39. — Signé à
droite et daté : « i863 ». — Vente Carlin, 29 avril 1872 : 9, 100 fr.
à M. de Camondo. — Cat. A. Moreau, p. 281 .
Notre vignette reproduit le n» 1455; le n» 1436 offre les mêmes dispositions que le n^ioSg.
N" 14^7 : Cavalier étendu à terre
Croquis à la mine de plomb. — H.
— Non catalogué par M. Moreau.
o'"2o, L. o"'20. — Vente posthume.
Un cavalier, emporté par le galop de son cheval, se détourne vers un homme étendu à terre et qui l'implore. Nous ne savons à quelle oeuvre du maître ni à quel sujet rattacher ce croquis, d'une allure si vive, et qui, dans ses petites dimensions , contient un drame entier.
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L'ŒUVRE DE DELACROIX