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on passerait volontiers devant sans s'arrêter. En effet le jeune artiste, alors âgé de vingt et un ans, n'a pas osé s'affranchir de la tradition. 11 a préféré interpréter une composition de Raphaël. — Les accessoires et les fonds, cependant, accusent bien la uianière de Eugène Delacroix.
N" 26 : Même sujet
Toile. — H. o"'4i, L. o"'37. — Esquisse du tableau précédent.
Cette esquisse n'a pas été modifiée dans l'exécution définitive de la grande composition.
N" 27 : Même sujet
Papier. — H. o"'32 , L. o'"22. — Variante légère. — Appartient à M. Choquet.
Il existe aussi une aquarelle de o"'34 sur o"'28 et possédée par le même amateur.
l8l9 L'ŒUVRE DE DELACROIX H
N° 28 : Môme sujet
Papier. — H. o"'o86 , L. o"'o58. — Vente posthume. — Appartient à M. Robaut.
Toutes ces compositions ont cité visiblement exécutées sous la préoccupation des Vierges de Raphaél. Et c'est à cette intention qu'il fit la copie (v. n" 24) de l'Enfant Jésus de la Belle Jardinière. On raconte à ce propos une anecdote qui mérite d'être rapportée. Cette copie resta pendant quelques semaines dans l'atelier de M. Haro, chargé de la restaurer. M. Ingres, familier de la maison, Ty vit et fut frappé de sa beauté. 11 se montrait intrigué d'en connaître l'auteur. Comme on savait quelle était son horreur pour le talent de Delacroix, on le laissa chercher d'abord, et, sur son insistance, enfin on le lui nomma: « Le misérable! s'écrie-t-il. Et il fait sa peinture! » Les anecdotes de ce genre sont nombreuses dans la \ ie des deux peintres dont l'antagonisme est resté célèbre. La mort de M. Alfred Bruyas, le généreux amateur qui légua sa magnifique collection au musée de Montpellier, a privé le public du très important catalogue de cette galerie, qu'il avait rédigé avec la collaboration de Théophile Silvestre, mort, lui aussi. — Le premier volume si intéressant de ce catalogue a été imprimé, mais n'est pas dans le commerce. Nous en détachons un extrait des agendas de Eugène Delacroix sur Raphaël : « Raphaël — Admirable balancement de lignes. Sans doute c est à cela qu'il doit sa plus grande beauté. Hardiesses, incorrections que lui fait faire le besoin d'obéir à son style et à l'habitude de sa main... Le Jugement de Paris de Raphaël, dans une épreuve affreusement usée, m'apparaît sous un jour nouveau depuis que j'ai admiré son admirable entente des lignes... «
N" 29 : Étude d enfant
Dessin aux deux crayons. — H. o'"43, L. o"'2j. — Provient de la vente posthume et appartient à M. Alfred Robaut.
Tout en reconnaissant, comme nous l'avons fait plus haut (v. n" 28), que Eugène Delacroix a composé la Vierge des moissons sous l'empire de Raphaéf. nous devons dire aussi cependant qu'il fit, en vue de ce tableau, des études nombreuses et très sévères d'après le modèle vivant. — Le dessin aux deux crayons que nous reproduisons ici, est une étude de l'Enfant Jésus qui ligure dans la composition. Le jeune artiste avait fait poser une petite fille", n'ayant pas, sans doute, de jeune garçon à sa disposition. Très beau dessin, d'ailleurs, d'une exquise élégance d'attitude et de geste, et très achevé, malgré la grande simplicité du moyen.
N° 30 : Cheval au pâturage
Toile. — H. 0^1 5, L. o"'2i.
La première étude de cheval peinte par Delacroix d'après nature. Déjà le type élégant et fin de l'animal appartient à la race de prédilection de l'artiste. Il a fait aussi sans doute quelques études de chevaux de travail; M. René-Paul Huet en possède une fort belle. Mais il n'y apportait point la même curiosité constante que Géricault, dont l'influence pourtant est très sensible en cette sorte d'œuvres.
Année 1820
N° 3 1 : La Consultation
Lithographie. — H. 0^190, L. o™247. — Ventes Parguez, 22 avril 1861 : 35 fr.; — Demolombe, 2 février i863: i5 fr. — Vente posthume Delacroix, février 1864: 7 fr. (cinq épreuves); Langlois, juin 1868: i fr. yS; Villot, décembre 1875 : i5 fr. — Gat. A. Moreau, p. 68.
Auprès d'un agonisant couché dans un grand lit à rideaux, quatre médecins, réunis en consultation, sont assis en cercle et dans les attitudes les plus grotesques, au milieu de la chambre. Ils discutent avec énergie. L'un d'eux surtout, placé de profil, h droite, et dont les cheveux se hérissent, fait de grands gestes pour convaincre un de ses confrères, assis en face de lui, le chapeau sur la tête et la canne entre les jambes. Derrière ce dernier, la Mort accroupie, symbolisée par un squelette, aiguise sa faux sous les yeux du malade. — Cette satire, ni signée ni datée, lithographiée chez Motte, parut en mars 1820, dans le journal le Miroir. Il existe de cette pièce des épreuves en couleur dont le coloris a certainement été indiqué par le maître lui-même.
Année 1821
N° 32 : Portrait de L.-P. Louvel
Lithographie. — H. o'"i70 , L. o™i4o. — A la Bibliothèque nationale.
Louis -Pierre Louvel, employé à la sellerie du roi, né à Paris en 1783, assassina le i3 février 1820, à la sortie de l'Opéra, le duc de Berry, fils du comte d'Artois depuis Charles X. Condamné à mort par la Cour des pairs, Louvel fut exécuté le 7 juin. En quelles circonstances Delacroix, un an après l'attentat, fut-il conduit à faire ce portrait? Sans doute il céda à quelque obsession de sa pensée. Ce regard de fanatique tenta la prodigieuse activité d'esprit de l'artiste qui fut l'un des plus grands travailleurs de ce siècle. Le travail était chez lui autre chose que cette pénible corvée dont Gros, par exemple, un grand artiste pourtant, calculait la durée montre en main. Delacroix travaillait avec passion et sans trêve autre que celle de la maladie, de la fièvre. Le travail était la vie même de cette organisation ardente à toute jouissance, parce qu'il était pour elle l'occasion de jouissances perpétuelles. Peut-être aussi ce portrait lui fut-il demandé par quelque éditeur. Quoi qu'en dise Delacroix dans une lettre à M. Pierret (du 3o août 1822), il n'était rien moins qu'entendu en affaires, et les éditeurs le savaient bien, qui oubliaient de le rémunérer et parfois même signaient ses planches d'un autre nom que le sien.
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N" 3} : Pierres gravées et médailles antiques
\ ''i Feuille de croquis à la plume. — H. o'"25o, L. o'"2i5. — Reproduit V niais inédit en fac-similc de même dimension par A. Robaut dans sa publication de Dessins et croquis originaux, i865. — Provient de Tun des albums du maître et appartient à M. Philippe Buriy.
Jusqu'aux miettes même tombées de la table de Eugène Delacroix, tout ce que sa main a touché est digne d'être recueilli et mérite d'être étudié. Nulle > Q^- * P'""^ procédé de synthèse particulier à ce puissant dessinateur n'est aussi
/ saisissant que dans ces feuilles de croquis d'après l'antique. Non seule-
ment il détermine d'un accent rapide et ferme tout le caractère d'une tète; mais on ne saurait trop admirer l'admirable décision de cette plume qui, d'un seul trait, fixe toute l'anatomie d'un mouvement, comme dans la première tête à gauche de la troisième rangée.
N" 34 : Moine en prière
Dessin à la mine de plomb. — H. o'"io6, L. o'"i9o. — Vente Villot, i i février i865: 55 fr. — Grave à Teau-fortc par F. Villot en i8-(.3. — Cat. A. Moreau, pp. 965 29".
Etendu à l'intérieur d'une grotte, les mains jointes dans un mouvement d'extase, l'anachorète baise un crucifix posé sur le sol, à quelque distance d'une tète de mort. Pour s'isoler dans la prière, il
a tourné le dos à la lumière et rabattu son capuchon sur ses yeux.
N° 3 p Vierge du Sacré-Cœur
Toile. — H. i'"3o, L. i"'70 — Au couvent des Dames du Sacré- Cœur à Nantes (?) — Cat. A. Moreau, p. 220.
L'œuvre ne porte pas de signature. Elle avait été commandée par le comte de F'orbin îi Géricault qui, malade, en abandonna l'exécution à son ami. L'Etat paya cette toile i,5oo francs.
Nous avons eu quelque peine à obtenir des renseignements précis sur le lieu où se trouve actuellement ce tableau. Aucune des Dames du Sacré- Cœur ne le connaissait, n'avait souvenir de l'avoir vu. Il n'était non plus dans aucune autre église de Nantes. D'une nouvelle enquête, il résulterait que l'œuvre est restée dans une ancienne chapelle dépendant^ il est vrai, du couvent du Sacré-Cœur, mais depuis longtemps abandonnée. N'y aurait-il pas lieu de la déplacer et de lui donner asile dans la chapelle cctuelle du couvent Pour ne rien déguiser de la vérité sur ce point, jcdois dire que les recherches faites à notre sollicitation par divers habitants de Nantes n'ont abouti qu'à des o«-if//, etque personne n'a pu voir le tableau.