Aspasie la Mauresque
Toile. — H. 0^27, L. o"'22. — Non signé. — A appartenu à M. L. Riesener. — Vente F. Villot, i865: 141 francs. — Appartient à M. Rouart. — Cat. A. Moreau, p. 23 1.
Delacroix a repris par trois fois cet intéressant modèle en cette même année 1826. L'un des portraits où la Mauresque est représentée de grandeur nature jusqu'aux genoux, mesure i™oo sur o'"70. Le second, dont les dimensions sont de o^So sur o™26, la montre avec les cheveux relevés, enroulés au sommet de la tête et retenus par un peigne de haute forme. Le troisième, que nous reproduisons, a appartenu à M. Frédéric Villot, puis à M. Léon Riesener. Le modèle ici est vu de face, la poitrine largement découverte ; la tétC;, inclinée à sa droite, couronnée de cheveux noirs comme du jais et disposés en bandeaux négligés, se détache sur un fond rouge.
N° 163 : Portrait du duc de Blacas
Lithographie. — H. o"'i40, L. o'"i65. — Vente posthume (premier état) : 8 fr. — Vente Villot (même état): 21 francs. — Cat. A. Moreau, p. 29.
Il y a deux états de cette lithographie; le premier est celui que nous reproduisons; dans le second, les croquis des marges ont disparu. Elle a été exécutée d'après une miniature. — Le duc de Blacas (Pierre-Louis-Jean-Casimir) de la famille des Blacas d'Aulps duVar, né en 1770, avait émigré h vingt ans et était revenu servir quelque temps en Vendée sous le drapeau royaliste. Il s'attacha à la tortune du comte de Lille, Louis XVIII. A la Restauration de 1814, il fut nommé ministre de la maison du roi et pendant son ministère créa le Musée égyptien du Louvre. Après avoir rempli diverses ambassades, il suivit le roi Charles X en exil. Grand amateur des arts, collectionneur d'antiquités, associé libre des Académies des Inscriptions et des Beaux-Arts ; il fut le protecteur zélé de Champollionle jeune. On voit que le duc de Blacas n'était pas le premier venu.
N° 164 : Un roulier à l'auberge
Lithographie. — H. o'^igô, L. o"'i45. — Signé. — Cat. A. Moreau, p. 322.
Le trait carré qui délimite notre reproduction n'existe pas dans l'original. Cet original est signé dans le bas d'un monogramme formé d'un L majuscule à gauche et d'une croix à droite. Assis en plein air dans une cour d'auberge, auprès d'une table chargée d'un pot et d'un verre, le roulier, coiffé d'un bonnet de coton, vêtu d'une blouse longue et de hautes guêtres, fait le geste d'appeler quelque servante. Sur une feuille de papier à demi roulée et tombée h terre, on lit le mot « Passavant. » Derrière lui on voit l'arrière-train d'un camion chargé et recouvert d'une bâche. — On a pu croire, à en juger seulement d'après ses grandes compositions, que Delacroix reculait devant les manifestations de la vie moderne; notre lithographie prouve au contraire que son génie n'était réfractaire à aucune des formes du réel et de l'actuel. II est difficile d'imagmer rien de plus vrai, de plus caractéristique, de plus expressif. A coup sûr, Charlet, que Delacroix prisait si haut, Charlet n'eût pas fait mieux.
M. le baron de Schwiter a affirmé à M. Robaut qu'il n'a pas l'épreuve le Roulier, dont parle M. Moreau. C'est sans doute chez M. Leblond que celui-ci aura vu l'épreuve en question; — M. Leblond possédait en effet la série complète et presque l'historique de cette planche. Il avait de ce sujet :
1° Le dessin, crayon et sépia, signé au bas à gauche : o^zoo sur o""oi4 . 2° Deux épreuves en noir de la lithographie qui en est la copie intégrale avec addition, sur la bâche de la charrette, des lettres OP (retournéesjN" i, et sur le sol à droite, une lettre de voiture du roulier, avec le mot «Passavant.» Comme signature il y a au bas, à gauche, un L et à droite une croix, à droite et au bas seulement un trait carré : o™i95, o™i40.
3° Une épreuve coloriée de cette planche, blouse bleue, culotte de peau jaune et raies rouges sur le bonnet de coton.
Cette épreuve, qui a été rognée fortement, d'un centimètre environ en haut et en bas et d'un
demi-centimètre à droite, ne mesure plus, par suite de cette mutilation, que o^iSosur o^iSô. 40 Deux épreuves très intéressantes de cette même planche à l'état inachevé et ne donnant que la partie supérieure jusqu'à la naissance des jambes.
A la fraîcheur du crayon, qui diffère ici complètement des épreuves précédentes, il est aisé de voir que Delacroix s'est décidé à la terminer, après qu'on a fait subir à la pierre l'opération nécessaire, qui consiste à la dépréparer pour aciduler de nouveau après les retouches et ajoutés. De même qu'au dessin (n" i] on ne voit ni lettres, ni numéro sur la charrette. La vignette mesure en cet état o'" 142 sur o™ 144, et le râteau de pression a écrasé le grain du papier sur o™i5o sur o'"i68.
Enfin sur l'une de ces deux épreuves, Delacroix a esquissé au crayon lithographique, en bas à gauche, la feuille de papier roulée avec le mot «Passavant» écrit à l'envers, comme il se proposait de le faire sur sa pierre pour l'avoir définitivement à l'endroit sur le tirage. C'est cette même épreuve que Delacroix a eue sous les yeux pour reprendre sa pierre. L'épreuve inachevée n" 4 a reçu aussi quelques coups de crayon lithographique sur la figure, notamment à l'œil gauche et sur la lèvre supérieure.
On ne connaît pas d'autres épreuves que celles indiquées ci-dessus, qui sont par conséquent de la plus grande rareté.
N° 165 : Le roulier à la cuisine
Dessin mine de plomb. — H. o"^23, L. 025. — Appartient à M. Huet. — Non catalogué par M. Moreau.
On remarque dans ce dessin la solidité et la simplicité de la composition. Le roulier, son fouet passé dans le bras droit, la pipe à la bouche et assis à califourchon sur une chaise, écoute le récit que fait un homme coiffé d'un haut bonnet et familièrement assis sur un baquet retourné. Dans le fond une vieille femme prête aussi l'oreille et sur le devant une jeune fille approche du feu un vase en terre; un chien lévrier nonchalamment couché paraît se chauffer. Les attitudes sont indiquées avec tant de naturel qu'on prend à cette scène le plus vif intérêt.
N°' 166, 167 : Le soir d'une bataille
1° Toile. — H. o"'44, L. o'"55. — Signé à droite. — Gravé à Teau-forte par Martial pour le catalogue de la vente La Rocheb.:o™i24 suro'"i48. — Vente posthume, 17 février 1864 : 3, 100 francs. — Ventes P. Demidoff, 1868: 5,800; de La Rocheb., 1873: 6,200; Hôtel Drouot, 1875 : 2,400. — Cat. A. Moreau, pp. qS, 283, 3i2.
2" Sépia. — Etude pour le numéro précédent.
Dans le numéro i , un cuirassier, tête nue, blessé, se soulève entre deux cadavres de chevaux et interroge du regard le champ de bataille abandonné, éclairé par les dernières lueurs du soleil couchant. Admirable tableau d'un effet moral saisissant; en outre, merveilleux morceau de peinture. Le cheval gris à crinière blanche, couché au premier plan, avec une large blessure au flanc, est un chef-d'œuvre d'exécution brillante, libre, souple, d'une saveur exquise et d'une adresse incomparable.
1826 L'ŒUVRE DE DELACROIX 5l
N""^ 168, 169 : Mort de Sardanapale — Esquisses
i" Toile. — H. o"'78, L. o"'97.
' c;-' ' Non signé. — Esquisse du tableau de 1827. — Appartient à ;^i-4y;) ' madame la baronne Rivet. — if^ê)', Cat. A. Moreau, page 170.
db^'^y 2° Croquis plume et crayon. — ' ^ ' H. o"^28, L. o">4o. — Non signé. — Première pensée du ^27. — Vente Saucède, 14 février 1879 : )n catalogué par M. Moreau.
En se reportant à l'année 1827, on remarquera les nombreuses variantes que le maître a introduites dans la composition définitive de ce tableau qui devait être pour lui l'occasion de tant de blessures d'amour-propre.
N" 1 70 : Le comte Palatiano
Toile. — H. o'"4i, L. o"'33. — Salon de 1 827. — Gravé à la manière noire par Frédéric Villot, dans les dimensions de o"'2io sur o'"i4o. — Cat. A. Moreau, pp. 99, 168, 23i.
Le modèle est repre'senté debout dans le costume de Palikare, si cher à Delacroix. La tète seule au-dessous de la coiffure mesure o"'o35 sur o"'02t). On distingue dans le fond deux figures vaguement indiquées. — M. Villot qui a gravé ce tableau en avait fait aussi une copie de petites dimensions qui appartient à son tils. Dans la gravure la composition est retournée, M. Villot ayant tracé son dessin sur le cuivre dans le sens de l'original. Constamment, au cours de l'année 1823, c'est-à-dire aux approches du Salon de 1824, où il allait exposer le Massacre de Scio, nous voyons Eugène Delacroix multiplier les études de costumes grecs. Il fallait que la fièvre de l'hellénisme l'eût bien profondément atteint, puisque deux ans après le Massacre, il a conservé la passion pittoresque des vestes brodées et des fustanelles.
N° 171 : L'Aveugle de Jéricho
Toile. — H. o'"87, L. o"'56. — Non signé. — N" m delà vente posthume : 1,400 francs à M. Dauzats. — Vente du marquis du Lau, 5 mai 1869:2,085 francs à M. F. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 3 1 6.
Même en ce croquis de très petites dimensions que nous en donnons, l'Aveugle de Jéricho, qui n'est pourtant qu'une simple étude d'académie, nous apparaît comme une des plus nobles inventions du maître. La grandeur du style ne doit rien ici aux conventions d'école; comme toujours chez Delacroix elle résulte de l'admirable justesse de l'observation et donne la synthèse d'une expression; dans cette toile, cette expression est celle de la cécité qui se manifeste dans la douloureuse hésitation de ses pas incertains.
N° 172 : Jeune Turc caressant un cheval
Toile. — H. o^S i , L. o'"4o. — Non signé ni daté. — Salon de 1827. — Appartient au Musée de la ville de Luxembourg (Grand-duché de Luxembourg) par legs de M. J.-P. Pescatore de Paris. — Photographié par Braun. — Gat. A. Moreau, p. 1 69.
Malgré l'extrême simplicité du motif, ce tableau est à coup sûr un des plus charmants que l'étude du cheval ait inspirés à Eugène Delacroix. L'animal, de noble race, très doux, est surpris et fixé par l'artiste, non seulement dans l'exquise beauté de ses formes, dans la naturelle aisance de son mouvement, mais aussi dans son intelligente et tendre intimité avec son cavalier habituel.
N° 17^ : Turc assis
amateur passionne
Toile. — H. o'"45o, L. o'"3y5. — Non signé. — Appartient à M. P. Tesse. — Non catalogué par M. Moreau.
« Si vous n'êtes pas assez habile pour faire le croquis d'un homme qui se jette par la fenêtre, pendant le temps qu'il met à tomber du quatrième étage sur le sol, vous ne pourrez jamais produire de grandes machines.» C'est Delacroix qui a écrit cette note sur un de ses carnets et il a bien prouvé dans l'œuvre que nous reproduisons, son habileté à saisir les mouvements rapides, car le personnage qu'elle représente n'est déjà plus assis et n'est pas encore debout. Il s'ajoute à cette pièce un autre intérêt, on croit que le maître a fait ici le libre portrait du chanteur Baroilhet qui n'était pas seulement un grand artiste lyrique, mais fut toute sa vie un de peinture. Baroilhet, né en i8o5, mourut en 1871.
N° 1 74 : Nature morte
Toile. — H. o'"8o, L. l'^oo. — Signé, non daté. — Salon de 1827. — Exposition d'Alsace-Lorraine au Palais - Bourbon, en 1874. — Appartient à M. Ad. Moreau. — Gat. A. Moreau, p. 169.
Ce tableau a été peint à Betîes, en 1826, pour le général de Coètlosquet, dit M. A. Moreau qui le décrit ainsi : « Des homards, un faisan doré, un lièvre, un fusil et un carnier au premier plan; au fond, un paysage avec des cavaliers en habit rouge. »
Les natures mortes d'animaux ne sont point nombreuses dans l'œuvre de Delacroix. 11 était cependant singulièrement sensible à leur beauté pittoresque. Après une visite au Jardin des Plantes, il achète un agenda et l'étrenne par une description de ce qu'il vient de voir. Ne pouvant la reproduire ici, nous renvoyons à notre volume Peintres et statuaires romantiques.
N° 175 : Odalisque
Toile. — H. o'"24, L. o'"34. — Non signé. — N° 72 de la vente posthume : 410 fr. à M. Haro. — Non catalogué par M. A. Moreau.
On ne confondra pas cette Odalisque avec celle qui figurait à la vente posthume sous le n» 69. Cette dernière est l'esquisse du tableau qui a été lithographie par Debacq (voir année 182 5). La figure ici n'est point drapée, les bras sont relevés et la composition est vide d'accessoires.
N° 176 : Le Christ au Jardin des Oliviers
Toile. — H. 2'"94, L. 3"^62. — Salon de 1827. — Exposition universelle de i855. — Exposition universelle de 1878, pavillon de la Ville de Paris. — A Téglise Saint- Paul- Saint-Louis de Paris (rue Saint-Antoine). — Lithographié par Hip. Poterlet. — Cat. A. Moreau, pp. 124, 168, 220.
Nous ne saurions sincèrement mettre ce tableau au rang des autres sujets religieux de Eugène Delacroix. C'est une peinture opaque, lourde, noire, que l'humidité de l'église a sans doute rendue plus sombre encore qu'elle ne l'était primitivement. Cependant l'artiste a longuement et fréquemment cherché l'attitude du Christ agonisant au Jardin des Oliviers, comme on peut le voir par les nombreuses études que nous reproduisons. C. Dutilleux avait vingt ans lorsqu'il écrivit en 1827, au sujet de ce tableau: « Je voudrais un peu plus de majesté dans le Christ, mais les anges sont composés comme par Raphaël.» Le Christ au Jardin des Oliviers a inspiré des compositions que. malgré leur peu de mérite, nous mentionnons par excès de scrupule. C'est d'abord une lithographie signée A.B. (Auguste Bouquet), haute de 0^148, large de o'"i95, parue dans le n° i 9 1 du journal 1,(7 Car/ca^ire, et représentant « l'Agonie delà Liberté ». Ensuite, il a été fait d'après le même tableau une mauvaise lithographie, exécutée dans les dimensions de o>"23o sur o™320,pour un titre de Chemin de croix édité sur papier de couleur par Basset, rue Saint-Jacques, 64.
177, 178 : Le Christ au Jardin des Oliviers
1° Aquarelle.— H. 0^205, L. o™28o.
— Collections du docteur Baude et de Alphonse Royer. — Appartient à M. Charles Narrey.
2° Pastel. — H. o'"25, L. 0^34. — Appartient à M. Haro.
Un autre pastel du même sujet a été exécuté en 1847 et offert par Delacroix a madame Roché « en souvenir de ses bontés». Il la prie « de lui donner une place dans son oratoire » (voir correspondance, édition Burty). Nous le plaçons ici pour épuiser le sujet; mais nous aurons soin de le rappeler à
l'année 1847. L'envoi d'ailleurs ne parvint à destination qu'en i85o.
N°' 179, 180, 181, 182, 183 : Le Christ au Jardin des Oliviers
1° Croquis mine de plomb. — H. o'"25, L. o'"35. — Lith. en fac-similé par A. Robaut.
H. o"^095, Appartient à M. Ch. Narrey.
3° Toile. — H. o'"25, L. o™35. — Signé au bas à droite. — Robe rosàtre, draperie bleue. — Appartient à M. Auguste Yacquerie.
4° Aquarelle. — H. 0^^240, L. o"M97.— i^^^S^r^^^sà^^i Appartient à M. le comte Doria.— Gravé îte^^^S^gg-^^-j] à Peau-forte en mêmes dimensions, par F. Villot.
5° Toile. — H. 0^24, L. o"'34. — Signé au bas à droite. — Vente Paravey, 1878 : retiré à 910 fr. — A appartenu d'abord au chanteur Nourrit, qui lui-même le tenait de Eugène Delacroix.
N° 184 : Tête dlndienne
Toile. — Dimensions inconnues. — Cat. A. Moreau, p. 169.
Nous ne trouvons trace de cette tête d'étude qu'au livret du Salon de 182701 dans le catalogue de M. A. Moreau.
N° 185 : Le Tasse en prison
ques traits campagne Pierret : «
Sépia.— H. o"^2oo, L.o'"i65.— Non signé.— Appartient à M.Choquet. — Non catalogué par M. Moreau.
On voit avec quelle persistance Delacroix revient à ce sujet c^ui l'avait si douloureusement impressionné dans ses lectures de jeunesse. J ai déjà cité un fragment d'une lettre à M. Pierret (septembre 1819) où il exprime son émotion avec tant de véhémence. Voici la fin de ce passage sur le Tasse: «On pleure sur lui.... On s'agite sur sa chaise en lisant cette vie; les yeux deviennent menaçants, les dents se serrent de colère. Un de mes regrets est de n'avoir pu lire la belle élégie de lord Byron ; je dis belle parce qu'il a l'àme trop brûlante et que le sujet lui convient trop bien pour qu'il ne l'ait pas saisie dans le bon sens. Je n'ai pu en apercevoir que quel- Dis-moi ce que tu en penses et quel effet elle t'a produit.» Delacroix était à la lorsqu'il écrivit ce qui précède et il ne s'y amusait guère, car il dit encore à son ami Je ne suis vraiment heureux ici que lorsque je lis. »
iS'lG l'fFTIVRK nFDFIArROIX 55
N° i86 : Tête de jeune fille
■/.'''^'fy^^^'f.-'-y : Croquis à la plume. — H. o"'io, L. o"'or). — Non signe. — ^'■^^^T^ Appartient à M . Alf. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau. • '^'^"^^^M^ C'est là un de ces vifs croquis où Delacroix en quelques traits de plume -'^ 'ÏVîrv^^ ; ,' ' exprimait la synthèse d'un visage, d'un personnage, d'une époque. En le 'vï^^k-' 1 vuyant on se rappellera la belle pensée recueillie dans ses agendas par • ' l^iron et publiée par lui : « Qui dit un art dit une poésie, il n'y a pas '^\ï»i'''1'vJ^'^^^^' '^^'^^ ^''"^ ^"-'^ poétique... Devant la nature elle-même, c'est notre /v^ww^'lUt^^^^' ''■'■''iS'nî^tion qui fait le tableau : nous ne voyons ni les brins d'herbe A paysage, ni les accidents de la peau dans un joli visage. Notre œil dans l'heureuse impuissance d'apercevoir ces infimes détails ne fait percevoir à notre esprit que ce qu'il faut qu'il perçoive; ce dernier fait encore it notre insu un travail particulier... sa jouissance dépend de sa disposition présente. »
N° 187 : Cheval en liberté
v^=Sr-^£^^^^^.\ Aquarelle. — H. 0™ 1 5, L. o""! 3. — Signé au bas à droite. —
l"-^' "..^ï^*'^'' S^ç^^i Non catalogué par M. Moreau.
! ^^âr^ l-^^i L'énergie du mouvement et l'ampleur de la forme font songer h 1 'J^^Vy^'^^y 1 Rubens dont Delacroix disait : « J'aime son emphase, j'aime ses formes 1 "^^^^li^^s^- outrées et lâchées. Je les adore de tout mon mépris pour les sucrées et • "NSy Ji^j^iW^ les poupées qui se pâment aux peintures à la mode et à la musique de
■^^J>-r^ IL ki^'-l M. Verdi J'ai fait quelques croquis d'après les chasses de Rubcns;
'ɧL^'^~'--'-r=S^^\ il y a autant à apprendre dans ces compositions, dans ces formes
^ ''-"^^^^^^^^ boursouflées que dans des imitations exactes II y a beaucoup d'aca-
1^3.= ' démique dans I^ubens, surtout dans son ombre systématiquement peu
empâtée et marquant sur le bord. Titien est plus simple sous ce rapport et surtout IMurillo.... Rubens à travers ses couleurs crues et ses formes, arrive à un idéal des plus puissants. La force, la véhémence, l'éclat le dispensent de la grâce et du charme. »
188, 189 : Portraits du baron Schwiter
..... , Lithographie. — H. o'"22o, L. o'"i95. — Signé ^SSk ^'^^ ^ gauche. — Dans le fond, à droite : ^ÈT* .Jî'7^?-"''^Éfe^'^.-*''. flP^a XXL — Ventes Parguez, 1861 : 10 francs; De .^^^J'^p^nip^ La Combe, i863 : 8 francs; Dubois, 1866 : 8 fr. ^'^^^^^ i- «^^jj. Vente posthume, 1864, sur chine : 6 francs. —
^Kp"' MWf^i' ^PlL^^ft Dessin à la plume. — H. o'"i8, L. o'"i6. — ^^^^^■ '^'^•Jwê Photolithographié par Lcfman (cinq épreuves). — ■Ï^-^^%MJW " Appartient^ M. Schwiter.
" " ""^ ■ Delacroix, écrivant en i832 à M. Villot, lui parle de M. Schwiter: « Pierret n'est pas ici; il est parti ex abrupto pour suivre Schwiter à Nancy et de là à Strasbourg, où il va voir du gothique et des oncles qui lui donneront à dîner et à coucher.» (Lettres, édit. Burty.)
Portrait du baron Schwiter
Toile. — H. 2™3i,L. i"'5o. — Signé au bas, à gauche. — Refusé au Salon de 1827. — Cat. A. Moreau, p. 23 I .
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons déjà dit de la lointaine et longue amitié qui unissait Delacroix et M. le baron Schwiter. — M. Moreau nous fournit un détail intéressant sur l'exécution du grand portrait en pied. Le fond de paysage aurait été peint en partie par Paul Huet. — Ce tableau ayant été refusé au Salon de 1827, Delacroix le reprit un peu plus tard et le termina définitivement en i83o. Ce portrait, qui était connu à l'atelier sous le sobriquet : la boîte à violon, est certainement, de tous les portraits de M. Schwiter, le plus ressemblant, et c'est ce qui nous a induit à donner le détail de la tète dans des proportions qui permettent d'en apprécier les traits. Dans une lettre de iBzS à M. Pierret, je trouve le passage suivant : « M. Louis Schwiter, à qui je prends la liberté de me rappeler, sera assez bon pour me faire savoir par ton moyen et en l'informant de la délicieuse M"<= Sophia, dans laquelle des
Prince's street habite la nymphe pour laquelle ; Prince's street, et Londres est fort grand. »
'ai un anneau. Ily a à Londres une dizaine de
N° 191 : Proteus et Julia déguisée en page
Sépia. — H. o"'22, L. o"M6. — Non signé. — Appartenait à M. Leblond. — Non catalogué par M. Moreau.
C'est la scène iv du quatrième acte des Z)ezvjr gentilshommes de Vérone où \a douce Julia, l'amante abandonnée de Proteus, après avoir offert ses services à celui-ci, accepte de porter un message d'amour à la chaste Sylvia. PROTEUS : Dis à ma dame que je lui rappelle la promesse qu'elle m'a faite de son divin portrait. Ton message achevé, reviens dans ma chambre où tu me trouveras triste et solitaire. (Il sort.)
JULIA : Combien y a-t-il de femmes qui voudraient faire un pareil message ? Hélas, pauvre Proteus ! tu as pris un renard pour gardien de tes brebis. Hélas ! pauvre fou! pourquoi est-ce que je le plains, lui qui me méprise de tout son coeur.''
N° 192 : Croquis divers
Lithographie. — H. o'"2io, L. o"'340. — Vente posthume : g fr. — Ventes Dubois, 20 fr.; Villot : 22 fr.; Parguez : 5o fr. — Cat. A. Moreau, p. 29.
C'est une pierre d'essais, car les motifs y sont disposés dans l'ordre le plus arbitraire; le Turc et l'homme d'armes dans un sens, les ruines romantiques en sens opposé, et dans une autre direction deux portraits, ceux de deux amis du maître, Frédéric Soulier et Horace Raisson. Nous ne connaissons pas d'autre portrait de ce dernier.
N° 19) : Le Message
^^^^^^^ ^^^^^^^^^^j Lithographie. — Dimension de la
■-"^^^^ croix d'après 'une aquarelle de Boning-
ton. Nous donnons par surcroît le motif principal dans des dimensions plus étendues et propres à le rendre plus lisible.
N° 194 : La Fuite du contrebandier
Lithographie. — Trois états : premier et deuxième: H. 0"^ 102 <vl*^ '^ "^^^ "'■•^ ^" °'"'9°î troisième: H. o'^ogo, L.o™i5o. — Signé : E. Lacroix.
~ Vente posthume (premier état): 10 fr. — Vente De La ' Combe :^27^r. — Ventes Langlais et Dubois (deuxième étatl :
" ~" ','^-.7 - Cette lithographie accompagnait une Ballade de Bétourné, musique, de Th. Labarrc, comme l'indique la lettre du troisième état avec la ncntion: « Prix : 2 fr., h Paris, chez Troupenas, éditeur du répertoire des opéras français, -ue Saint-Marc, 23.» Le premier état sans aucune lettre; le second avec l'indication en bas' i droite : « Lith.de Engelmann, rue du Faubourg-Montmartre, n° 6. » '
Année 1827
N"^ 19^', 196: Assassinat de Tévêque de Liège
josthume : 2,125 francs. —
i ^^%'4H\\û'\k'-'\\f'\\À Esquisses et variantes du tableau 1 !^ ^ WPirr mm 1829, exposé en i83r.
1^ II (iM Toile. — H. 0-27, L. 0-39.
' • ^''\^1r — Lithographie en sens inverse, 'Ù^^p'&f^^^^ par Mouilleron, notre vignette le '■^WA' '"^^^^^"^^ reproduit de ce même côté": o'" 1 53 vVJ^^-'^^'^^isfw^^ sur o'"2 1 3. Eau-forte parCh. Couriry: o"'09o sur o"'i3o pour la galerie Durand-Ruel. — Cat. A. Moreau; p. ii3. 2° Toile. — H. o"'59, L. o'"72. — N° 55 de la Vente • A appartenu à M. Rœderer, du Havre, et à M. Binant.
N° 1 97 : Tarn O'Shanter
Toile. — H. o"'26, L. o'"3o. — Signé en bas à droite. — Salon de i83i. — Ventes B., i855 : 8o5 fr.; marquis de L., i865 : 2,3od fr.; Khalil-bey, 1868 : 3, 750 fr. — Cat. A. Moreau, p. 248.
Nous avons reproduit l'esquisse de ce tableau à l'année 1825. Delacroix a dû exécuter au moins deux fois ce même sujet, ainsi que le dit M. Moreau; en 1825, d'abord, pour madame Dalton, et ensuite pour un autre ami, en 1S27, ainsi que le constate une lettre inédite qui nous est passée sous les yeux : « Mon cher ami, je vous envoie... C'est une ballade écossaise très célèbre de Burns, le poète populaire du pays. Tam O'Shanter est un fermier qui passe la nuit près du sabbat des sorciers. Ceux-ci se mettent à ses trousses, et en tête une jeune sorcière qui prend la queue de son cheval jusqu'à ce que ladite queue lui reste à la main. J'ai omis cet épisode. Ne le vernissez que dans quelque temps. »
N° 198 : La Mort de Sardanapale
Toile. — H. 3"^95, L. 4^95. — Salon de 1827. — Gravé à l'eau-forte par F. Régamey : o™95o sur 0^109; par Greux : o'"ioo sur o'"i26. — Lithographié par Sirouy : 0^427 sur 0^537. — Bois du Monde illustré : o'"223 sur o'"287. — Voir l'esquisse à Tannée 1826 et la réduction à Tannée 1844. — Cat. A. Moreau, p. 169.
En février et mars 1828, Delacroix écrit à son ami Soulier, le 6 février 1828 : « J'ai effectivement fini mon Massacre n" 2 (la Mort de Sardanapale). Mais j'ai eu à subir des tribulations assez nombreuses de MM. les très ânes membres du Jury. J'en aurai long à te dire sur ce chapitre . Je continue ma lettre à deux jours d'intervalle. C'est ce matin qu'on a rouvert le Salon. Ma croûte est placée le mieux du monde. De sorte que, succès ou non succès, ce sera à moi qu'il faudra rh'en prendre. J'ai éprouvé, en arrivant là-devant, un effet abominable, et je ne souhaite pas que l'excellent public ait mes yeux pour juger mon chef-d'œuvre. C'est malheureux que je tombe à t'écrire un jour où je suis aussi vexé. Mais ce sera pour toi la peine de m'avoir écrit si peu de chose. Quel exécrable métier que de faire consister son bonheur dans des choses de pur amour-propre 1 Voilà six mois de travail qui aboutissent à me faire passer la plus foutue des journées. Du reste, je suis habitué à ces choses-là, et ne t'alarme pas trop pour l'amour de moi. C'est peut-être, comme toutes les autres fois où le premier aspect de ma sacrée peinture accrochée à côté de celle des autres me jugule complètement. Cela me fait l'effet d'une première représentation où tout le monde sifflerait. » 1 1 mars 1828 : « Je ne fais pas encore grand chose, je suis ennuyé de tout ce Salon. Ils finiront par me persuader que j'ai fait un véritable fiasco. Cependant, je n'en suis pas tout à fait convaincu. Les uns disent que c'est une chute complète; que la « Mort de Sardanapale » est celle des romantiques, puisque romantiques il y a; les autres comme ça que je suis inganno, mais qu'ils aimeraient mieux se tromper ainsi que d'avoir raison comme mille autres qui ont raison si on veut et qui sont damnables au nom de l'âme et de l'imagination. Donc, je dis que ce sont tous des imbéciles, que ce tableau a des qualités et des défauts, et que s'il y a des choses que je désirerais mieux, il y en a pas mal d'autres que je m'estime heureux d'avoir faites et que je leur souhaite... Tout cela fait pitié et ne mérite pas qu'on s'y arrête. »
N° 199 : Le Tasse dans la maison des fous
Toile. — H. o™6o, L. o™5o. — Lithographie par Mouilleron
dans les dimensions de o'"i8o sur o"M53, et par un anonyme dans les dimensions de o"'40 sur o"'3o. — Signé au milieu en bas. — Refuse au Salon de 1839. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 118.
Cette nouvelle variante du Tasse n'est pas la moins émouvante de toutes les compositions que ce sujet a inspirées à Delacroix et que nous avons déjà rencontrées dans son œuvre (voir année 1824^ Ce que Th. Gautier a dit de l'une d'elles s'applique également à celle-ci : « Le malheureux poète est assis, triste et songeur, au milieu d'une bande de fous; il n'écoute pas leurs cris insensés, il ne regarde pas leurs gestes extravagants, mais il s'interroge lui-même avec effroi. Serait-il fou, en efict? Question terrible et qu'il n'ose résoudre. " — Ici, le poète est seul dans sa chambre, l'aliéné à barbe rousse a disparu, mais " d'autres grimacent et gambadent au fond, secouant les grelots de leur démence aux oreilles du poète qui bientôt sera fou comme eux. » On ne peut rien imaginer de plus saisissant.
N° 200 : Épisode de la guerre en Grèce
Toile. — H. 0^65, L. o"^8o. — Vente Hôtel Drouot, 20 avril 1874 : 25,3oo fr. ■ — ■ Gravé à Teau-forte par Bouruet : o'"26 sur o"'32. — Cat. A. Moreau, p. 8 1 .
Le prix de ce tableau en 1874 en dit assez toute l'importance. Voir la variante à l'année i856. La peinture de 1827 est entièrement exécutée au vernis copal, nous dit M. Moreau, et le cavalier principal porte le costume de Palikare du comte Palatiano, dont Eugène Delacroix avait fait le portrait en pied reproduit par nous à l'année 1826. — La gravure de M. Bouruet est exécutée en sens contraire, telle que nous la donnons ici. Comme elle ne porte ni lettre ni signature, elle fut indiquée au catalogue de la Vente posthume comme pièce originale, sous le n" 686, avec le titre de : « Cavalier turc poursuivant des Grecs sur un champ de bataille. »
N° 201 : Mort de Hassan
Toile. — H. o"'32, L. o"^40. — Signé en bas à gauche. — Ventes Didier, 3 mai 1849 • ^^-'^ ^- ^•■> ^9 ^^^^ 1854 : 55o fr.; X., 8 mai 1861 : gSo fr.; Barthélémy, 14 décembre 187 1 : 5,600 fr.; Ad. Liebermann, 8 mai 1876: 7,100 fr.; Beurnonville, avril 1880 : 7,900 fr. — Appartient au baron de Beurnonville. — Cat. A. Moreau, p. 244.
Ce motif, emprunté au Giaourde lord Byron, est aussi connu sous le titre de « Grec mort » et de « Épisode de la guerre de l'Indépendance ». L'attitude de la mort violente est saisissante de vérité et contraste en même temps que le feu sinistre de l'incendie avec l'éclat joyeux du costume.
N"" 202 : Combat du Giaour et du Pacha
Toile. — H. o'"58, L. o"^72. — Salon de 1827. — Signé en bas à gauche. — Gravé par Bouruet-Aubertot. — A appartenu à M. Alexandre Dumas père et appartient aujourd'hui à M. Mah- 1er. — Cat. A. Moreau, pp. 82, 169.
Le vrai titre, celui du Salon de 1827, est 0 Scène de la guerre actuelle des Turcs et des Grecs ». Mais nous lui laissons le titre romantique consacré par Théophile Gautier dans les Beaux-Arts en Europe : « Il existe un autre Combat du Giaour et du Pacha, que nous nous souvenons d'avoir vu jadis chez Alexandre Dumas, et que nous aurions bien voulu retrouver à l'Exposition universelle de i855. Nous regrettons que M. Delacroix n'ait pu se procurer le chef-d'œuvre d'après lequel Poterlet avait esquissé une magnifique pochade, aussi chaude de ton que l'original. » — Cette copie, retouchée par le maître, appartenait à Th. Gautier et fut achetée à la ventede ce dernier par madame Alice Ozy.
N° 203 : Combat du Giaour et du Pacha
Lithographie. — H. o™36, L. o"^25. — Premier état. Ventes Parguez, 1861 : 3y fr.; posthume, 1864 : 3o fr.; Gihaut, 1873 : 3o fr.; Burty, 1874 • 82 fr.; Villot, 1875 : 40 fr. — Deuxième état. Ventes De La Combe, i863 : i5 fr.; Dubois, 1866 : 16 fr.; Langlais, 1 868 : 1 1 fr. 5o ; Soleil, 1 872 : 3 i fr.; Sensier, 1 877 : i o fr. — Cat. A. Moreau, p. 3o.
Nous reproduisons le premier état. Dans le second, les croquis de la marge inférieure ont disparu. En outre, les demi-teintes existent à peine et les blancs sont durs, autrement dit, le modelé du premier état est plus velouté. Les croquis de la marge représentent une tête de lévrier et une étude pour la figure du pacha. — Les dimensions du deuxième état sont : H. o"^3o, L. o'"24.
Cette composition, qui diffère absolument de la précédente, n'a rien de commun non plus avec le tableau exposé au Salon de i835, rien que la grandeur tragique du combat.
N° 204 : Porte-Étendard
\''^7if: ' Aquarelle gouachée. — Format in-i 2. — Vente Villot, 1 865 : 210 fr. ' " ^' — Appartient à M. Villot fils. — Cat. A. Moreau, p. 295.
Le cheval gris pommelé est lancé à cette grande allure de galop qu'affectionnait Velazquez en ses portraits de l'infant. Le cavalier est coiffé d'un casque couronné par un cimier en forme d'aigle. — Peut-être trouvera-t-on la tète du cheval un peu petite; mais il est clair que Delacroix n'a cherché là que le mouvement, et que l'aquarelle a été faite seulement pour la belle ligne de l'élan, prise par le dessous du ventre, ligne qu'il a tant cherchée, dont nous trouvons le premier effort dans le Waverley de 1822, et qu'il a depuis si magnifiquement réalisée dans ce Choc de cavaliers maures refusé au Salon de 1834.
N"' 20^, 206 : La Grèce expirant sur les ruines de Missolonghi
i" Toile. — H. 2"'i3, L. r"42. — Au musée de Bordeaux. — Lithographie par Alf. Robaut dans les dimensions de o"'ii2sur o"'o73. — Cat. A. Moreau, p. iqq.
2" Esquisse peinte. — H. o™4ij L. o'"28. — Appartient à M. Alf. Robaut.
La Grèce, représentée par une jeune femme en costume hellène, est debout parmi les ruines. Elle va succomber et montre ses mains désarmées. Derrière elle, un soldat turc plante un étendard sur les décombres de la cité.
Ce tableau a été acheté par la ville de Bordeaux à Eugène Delacroix en i853, à l'exposition de la Société des Amis des Arts; il tut payé 2,500 tV. D'une lettre à Théophile Silvestre du ii décembre i858, il résulte que le maître l'exposa à Londres avec le Marino Faliero, deux ou trois ans après son voyage en Angleterre.
N" 207 : Jeune femme au grand chapeau
Toile. — H. o"'26, L. o'"2i. — Appartient au statuaire Christophe- — Non catalogué par M. Moreau.
Cette petite toile n'est pour ainsi dire qu'une ébauche, mais elle est marquée au sceau de la plus exquise distinction et comme couleur et comme composition. Il semble qu'on retrouve là le souvenir d'une femme que Delacroix a aimée et qu'il se serait plu à costumer dans le goût des portraits de Lawrence qu'il avait vus en Angleterre. Trente ans plus tard (1 858), il écrit à Théophile Sdvestre : « Peut-être trouverais-je dans Lawrence une exagération de moyens d'effet qui sentent un peu trop l'école de Reynolds; mais sa prodigieuse finesse de dessin, la vie qu'il donne à ses emmes, qui ont l'air de vous parler, lui donnent, comme peintre de portraits, une sorte de supériorité sur 'V'an-Dyck lui-même, dont les admirables figures posent tranquillement. L'éclat des yeux, les bouches entr'ouvertes sont rendus admirablement par Lawrence. «
N° 208 : Cavalier
Aquarelle gouachée. — H. o'"r47, L. o"*! 16. — Gravé à Teau-forte de mêmes dimensions par M. "Villot. — 'Ventes Villot, i865 : 3o5 fr.; Diaz, 1877 : 800 fr. — Cat. A. Moreau, p. 295.
L'eau-forte de M. Villot a été exécutée en 1847; c'est d'après elle que nous reproduisons ici ce cavalier, qui a la fière tournure du Gattamelata. Cependant nous devons dire que le graveur en a agi très librement avec le modèle, où le fond est occupé par des montagnes et est tenu dans une gamme de tons très clairs ainsi que le terrain. Il ne subsiste ici de l'œuvre originale que la grande allure de l'ensemble, comparable à celle des plus belles statues équestres de la renaissance italienne, comme le Gattamelata que nous rappelions tout à l'heure, ou ce Colleone,dont Bonington a laissé une si brillante aquarelle bien connue des familiers du Louvre.
N° 209 : Deux hommes d armes en costume Louis XII
Aquarelle. — Vente Villot, i865 : 200 fr. — Cat. A. Moreau, p. 295.
N° 210 : La Prière
Aquarelle, — Vente Du Sommerard, 1843: 36 fr. — Vente Binant, 1844 : 21 fr. — Cat. A. Moreau, p. 287.
N° 211 : Jane Shore
Aquarelle. — H. 0^27, L. o"'32. — Signé, daté « 1827».— Lithographié en 1828. — Vente Villot, i865 : i55 fr. à M. Lecesne. — Cat. A. Moreau, pp. 42, 286.
N° 212 : Seigneur vénitien assis
Sépia. — H. o^igS, L. o'"i67. — Gravé à l'eau-forte par F. Villot dans les mêmes dimensions. — Cat. A. Moreau, p. 109. L'eau-forte, qui date de 1845, et dont il existe deux états, n'a jamais été terminée. La planche a été adjugée à la vente Villot à M. Maheu, qui en a fait tirer quelques épreuves. — Le premier état est d'eau-forte pure et n'a été tiré qu'à trois épreuves. Le second état porte des retouches au burin dans les vêtements du personnage debout. — Ce personnage, que M. Moreau présente comme un page, nous fait l'effet d'une femme, à en juger par l'ampleur des vêtements et par les bras à demi nus. Delacroix a transporté
à Venise une de ces scènes de maison galante qui furent chères aux Hollandais.
213, 214, 21^ : Portraits de la famille Pierret
i** Madame Pierret mère. — Dessin à la mine de plomb.
— H. o'"25, L. o'"2i. — Non signé, mais daté ainsi:
« 23 avril, vendredi saint, 1827. )) — Cat. A. Moreau,
2° Mademoiselle Victoire Pierret. — Dessin à la mine
de plomb. — H. 0^24, L. o'"22. — Cat. A. Moreau, p. 232.
3° Mademoiselle Juliette Pierret. — Toile. — H. o'"39, L. o'"3i. - Non
Appartient à madame veuve Pierret. — Cat. A. Moreau, p, 232.
N° 216 : Portrait de Bonington
Dessin à restompe. — H. o'"25, L. o"'22. — Appartient à M. P. Lcgrand, gendre de M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.
Richard-Parkes Bonington, ne au village d'Arnald, près de Nottingham (Angleterre), le i5 octobre 1801, mourut à Londres le 23 septembre 1828. Venu en France à l'âge de quinze ans, il étudia à l'école des Beaux-Arts et dans l'atelier de Gros, où il rencontra une partie des peintres romantiques. La France avait le droit de revendiquer la gloire de son talent. C'est pourquoi le nom de l'artiste anglais figure avec honneur dans le livret de l'École française au Louvre. Ce dessin, exécuté à la lumière de la lampe, est d'un effet très heureux. — Dans sa lettre de i858 à Th. Silvestre, Delacroix parle avec sympathie de son camarade Bonington, mort dans sa fleur.
Portraits de MM. Leblond et Guillemardet
Cat. A. Mo-
1° Dessin àlaminede plomb. — H. o — Appartenait à madame Leblond. reau, p. 233.
2° Dessin à la mine de plomb. — H. o""! 9, L. o"M 5 . — Appartient à madame Pierret.- — Cat. A. Moreau,
C'est par erreur que M. Moreau donne comme exécuté « jusqu'aux genoux >> le portrait de AL Leblond, qui n'est absolument qu'un buste. Si Delacroix n'admettait qu'un très petit nombre d'amis dans son intimité, il leur était profondément attaché, comme le prouvent les portraits si fréquents qu'il en a laissés.
N°2i9 : UAlchimiste
Sépia. — Vente Villot, i865 : 100 fr. à M. Lecesne. — Cat. A. Moreau, p. 296.
N° 2 20 : Tête de vieillard
Croquis à la plume. • — H. o"'093, L. o"'oj5. — Gravé à l'eau-forte par F. Villot dans les mêmes dimensions. — Cat. A. Moreau, p. 1 10.
Nous conservons la désignation donnée par M. Moreau, sans trouver que cette tète soit absolument celle d'un vieillard. Nous y voyons plutôt une sorte de type à la Baudelaire. L'homme est vu de face; la tete inclinée à sa droite montre un front dégarni ; le visage s'encadre dans une longue chevelure flottant sur les épaules. La gravure ne porte pas le trait carré de notre vignette. Elle est signée en bas à gauche des initiales E. D.; on lit à droite : « F. V., se. 1847. » Le modèle, en quelques traits, a une allure sculpturale.
N°' 221, 222 : Frontispice pour « Les Tournois du roi René
1° Lithographie à la plume. — H. o'"5o5, L. o'"398. — Hauteur des figures, o^^iSo.
2° Aquarelle d'un autre projet sur le même motif. — H. o'^iy, L. o'"2i.
Cat. A. Moreau, p. 41.
Seules, les deux figures debout tenant un écu armorié dans le n° i sont de Eugène Delacroix. C'est un ornemaniste nommé Dubois qui a dessiné le rideau décoratif au bas duquel on lit entre les deux personnages : « Publié par MM. Champollion, Dubois et Ch. Motte — M DCCC XXVII — Chez Ch. Motte, hthographe de S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans et de S. A. R. Monseigneur le duc de Chartres, R. des Marais, 1 3, Paris. » — Toutes les planches du volume sont le plus souvent coloriées.
N°'22 3, 224: Méphistophélès dans les airs
1" Toile. — H. o'"48, L. o'"40. — Salon de 1827. —Cat. A. Moreau, pp. 54, 70, 147, 2" Aquarelle sur papier hleu. — Cat. A. Moreau, p. 286.
Dans ces deux ouvrages, Delacroix, reprenant le motif de sa hthographie, a introduit d'insignifiantes variantes dans l'aquarelle. (Voir plus loin la suite du Faust.)
N° 22^ : Première apparition de Méphisto à Faust
Aquarelle. — Variante du n° 234. — H. o™i65, L. o™225. — Vente posthume.
« M. Delacroix, dit Gœthe dans ses conversations avec Eckermann, est un grand talent qui a, dans» Faust », précisément trouvé son vrai aliment. Les Français lui reprochent trop de rudesse sauvage, mais ici elle est parfaitenient à sa place... — De tels dessins, reprend Eckermann, contribuent énormément à une intelligence plus complète du poème. — C'est certain, dit Gœthe, car l'imagination plus parfaite d'un tel artiste nous force à nous représenter les situations comme il se les est représentées à lui-même. Et s'il me faut avouer que M. Delacroix a surpassé les tableaux que je m'étais faits de scènes écrites par moi-même, à plus forte raison les lecteurs trouveront-ils toutes ces compositions pleines de vie et allant bien au -delà des images qu'ils se sont créées. » [Conversations, traduction E. Delerot.)
N° 226 : Méphisto apparaissant à Faust
7oile. — H. o'"48, L. o'"40. — Salon de 1827. — Cat. A. Moreau, p. 170.
N'' 227 : Faust, Méphisto et Marguerite
Croquis divers.
Ailleurs, sur le même sujet, Gœthe dit encore, en parlant de la traduction in-folio de Faust : «...Si mon « Faust» a eu pourtant un succès dont je vois la preuve en ce moment même dans ce luxe de typographie, c'est qu'il renferme, fixe là pour toujours, le tableau du développement d'un esprit pareil au nôtre, qui a souliert de toutes les peines qui tourmentent l'humanité, qui a éprouvé toutes les agitations qui la troublent, qui a partagé toutes ses haines, qui a joui de toutes les félicités auxquelles il aspire... Il est bien curieux que l'esprit d'un artiste ait trouvé dans I cette œuvre obscure tant de plaisir et se soit si bien assimilé tout ce qu'elle renfermait de sombre dans sa conception première, qu'il a pu tracer les principales scènes avec un crayon aussi tourmenté que la destinée du héros. M. Delacroix est un peintre d'un incontestable talent, mais il est accueilli comme le sont souvent les jeunes gens par nous autres vieillards. Les connaisseurs et les amis de l'art ne savent pas trop, à Paris, ce qu'il faut dire de lui, car il est impossible de ne pas lui reconnaître des qualités, et, cependant, on ne peut louer sa manière désordonnée. » Il sied vraiment a Goethe, dont je cerveau a conçu le tohu-bohu apocalyptique d'une œuvre comme Le second Faust, de blâmer ce qu'il appelle « la manière désordonnée « de Delacroix.
N"" 228 : Marguerite en prison
Aquarelle. — Signée au bas à droite. — H. o"'25, L. o"'i5. — Vente Bourlon de Sarty, i865 : 100 fr. — Appartient à M. Alf. Robaut. —
C'est là une des nombreuses pensées pittoresques que ce motif inspira à Eugène Delacroix, alors tout occupé de ses lithographies du Faust. Le maître, avec une parfaite justesse d'observation, ou bien avec une intuition de son génie, a rendu ici, d'une façon poignante, le doux égarement d'esprit de l'amante abandonnée. — « Je suis pourtant si jeune encore' si jeune! et déjà mourir 1 J'étais belle aussi, et ce fut ma perte. Le bien-amié était près de moi, maintenant il est loin, ma couronne est arrachée, les fleurs dispersées... Jamais je ne serai plus joyeuse. Ils chantent des chansons sur moi. C'est méchant de leur part.»
N" 229 : Faust et Méphisto galopant dans la nuit du Sabbat
Croquis. — Variante du n° 245.
Ici, les cavaliers se dirigent vers la droite du spectateur. On remarquera le beau mouvement du cheval de Méphistophélès et des quatre jambes rassemblées comme pour franchir un obstacle. C'est, à coup sûr, le mouvement le plus hardi que l'on connaisse dans toute l'hippographie artistique. — Il importe d'ajouter que cette audace a été récemment justifiée par les expériences de photographie instantanée faites en Amérique et reproduisant les mouvements successifs du cheval à toutes les allures. — Les croquis de toutes sortes que Delacroix a faits pour cette composition sont innombraiiles. Nous reproduisons ici l'un des plus caractéristiques.